‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 33 sur 155 · INFLUENCE SUR LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

INFLUENCE SUR LA PRODUCTION

1902 ; SiDNEY .1. Chapman, The Lancashire cotton indastry, 1904)]. La valeur du coton manufacturé anglais était évaluée,' en 1766, à 600.000 livres sterling environ (Postlethwayt) ; en 1824, a 33 millions 1/2 (Huskisson) ; en 1852, à 61 millions 1 /2 ; en 1873, à 104,6 millions; en 1878, à 180,7 millions (v. Neumann Spallart). Do façon tout aussi indiscutable, la valeur d’échange du capital des livres s’est augmentée par suite de l’imprimerie. Tandis qu’en 1328, la bibliothèque d’un avocat italien, composée de seize volumes, coûtait 3.979 francs de notre monnaie (Cibrario, Economia politica del medio evo), qu’une Bible manuscrite atteignait souvent 4 à 500 florins d’or', personne ne mettra en doute que nos bibliothèques publiques et privées d’aujourd’hui, les fonds de nos libraires, de nos bouquinistes, etc. n’aient ensemble une valeur marchande beaucoup plus elevée que les manuscrits du xive siècle. Il est vrai qu’on ne peut, en toute circonstance, imaginer un développement pareil. Si le prix des aiguilles à coudre venait à baisser de moitié, leur consommation n’en doublerait nullement, parce que la couture n’est pas un plaisir par elle-même et que ses produits n’éprouveraient pas une diminution de prix considérable du seul fait du bon marché des aiguilles. Mais, pour les objets de jouissance, on doit régulièrement s’attendre, lorsque l’économie nationale est saine, à ce qu’avec la réduction des

prix marche tout au moins de pair l’extension des débouchés.

(3) La toile tissée a la main présente une grande irrégularité. Les sortes de fil employées à la confection d’une même pièce proviennent peut-être de plusieurs villages à la fois. H faut ensuite, pour parvenir au tissage, le travail alternatif des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards de la familD. D’après des essais nombreux {D. Vierteljahrsschr., 1847. III, p. 106) les endroits les plus faibles d’un bon fil de lin mécanique atteignaient au moins moitié de la résistance des plus solides ; par contre, dans un bon tissu à la main, les extrêmes se présentaient sous ce rapport comme 2 à 7. Si l’on soumet un produit SI inégal à des épreuves qu’en moyenne il pourrait supporter, les

CH AP. IV. LES MACHINES

endroits supérieurs à cette moyenne ne s’entament pas, tandis que ceux inférieurs se trouent.

La question de l’avantage des machines est beaucoup plus grave lorsqu’il s’agit de répartir la production, c’est-àdire avant tout pour la classe des salariés (1). Dans les pays d’une civilisation avancée, où la division du travail poussée très loin oblige au choix d’une profession pour toute l’existence, il n’est presque aucune machine importante qui puisse se répandre sans que certains ouvriers n’y perdent leur gagne-pain accoutumé. Que d’habileté péniblement acquise devient désormais superflue ! Des paysans maladroits, des femmes et des enfants, vont désormais tenir la place de l’ouvrier instruit et vigoureux. La supériorité qui, jusqu’alors, était la sienne et constituait, pour ainsi dire, le plus fort de son capital, est perdue. [Il ne faut cependant pas oublier que trois quarts peut-être des forces en HP de la vapeur existant dans les pays civilisés servent uniquement aux transports, et remplacent ainsi les services de chevaux ou autres animaux de trait et les navires à voiles. Sur le dernier quart, non affecté aux transports, un tiers environ est employé à certains travaux relatifs aux mines, aux forges, à la construction de machines et aux divers usages des métaux. Ces travaux, même autrefois, étaient accomplis, non par les hommes, mais par les chevaux ou la force hydraulique (2). La force de la vapeur concurrençant immédiatement celle du travail humain à façon ne comporte peut être pas, en définitive, plus de 10 à 12 % de la capacité productive de tous les moteurs à vapeur. Ce qu’il y a d’exact, c’est qu’un petit nombre de HP peut mettre

Page 1