CHOIX DE l’emplacement DES VILLES
1160, Goldberg, en Silésie, d’où l’on a extrait l’or]. En Angleterre, les gisements de houille et de fer, tous situés à l’ouest delà ligne Sunderland-Doncaster-Nottingham-Leicester-Coventry- Bath-Frome, n’ont donné naissance que depuis le milieu du. XVIII® siècle seulement, à des villes industrielles importantes.. Antérieurement, cette moitié nord-ouest de l’Angleterre étail^. à tous points de vue, restée en arrière et d’une population bien plus clairsemée, plus pau^Te et plus inculte, que la moitié orientale. C’est seulement depuis lors que le centre de gravité de la* vie sociale en Angleterre a commencé à se déplacer vers le nord et l’ouest. La réforme parlementaire de 1832 et l’abrogation des lois sur les céréales, en 1846, sont des victoires que cette Angleterre, désormais nouvelle, a remporté sur cette Angleterre désormais ancienne.
(16) Comme capitale du Latium, Rome était désignée par sa position centrale, ses collines, son fleuve, qui formait aussi antérieurement un port maritime. Elle’ était également indiquée comme capitale de l’Italie ancienne, parce que, du côté occidental de l’Apennin, plus susceptible de se développer, le Tibre est de beaucoup le fleuve le plus remarquable, et que son bassin occupe une situation moyenne entre toutes les plaines un peu importantes de la péninsule proprement dite. Lorsque toutes les côtes méditerranéennes se trouvèrent réunies en un empire, la situation centrale de l’Italie vint encore agir en ce sens. (Comparer déjà Tite-Live, V, 54). C’est ainsi encore qu’il a été d’une grande importance pour Paris, dans le système moderne des Etats de l’Europe, de se trouver plus en moyenne qu’aucune autre grande ville, rapproché de toutes les principales places européennes, et surtout d’être situé sur les routes de Saint-Pétersbourg et Stockolm à Lisbonne et Madrid, ainsi que de Londres vers l’Italie. Berlin, à chaque accroissement do l’État auquel il appartient, a développé admirablement les avantages correspondants de sa situation géographique (Voir Kohl, dans la Berliner Vierteljahrschrift, 1866, III. Antérieurement déjà, Kloden, Entstehung, Aller und friiheste Ges^ €hichte der Staedle Berlin und Koeln (1839), pp. 17 et suiv.).
§ 1. CHOIX DE l’emplacement DES VILLES ^
(17) Pour le royaume actuel d’Italie, il est fâcheux de n’avoir aucune capitale à l’encontre de laquelle n’existent les plus sérieux inconvénients. Rome deviendra difficilement aujourd’hui une grande ville d’industrie et de commerce.
(18) Pour le présent paragraphe on a considéré principalement les ouvrages ci-après : J. G. Kohl, der Verkehr und die Ansiedelungen der Menschen in ihrer Abhaengigkeit i>on der Gestaltung der Erdoberflache (1843), spécialement pp. 18-170- 221 et suiv., 238-468-566 ; du même. Die geographische Lage der Hauptstaedte Europas (1874); l’étude de Roscher dans les Ansichten der Volkswirtschaft (3® édition, 1878, I, 317 et suiv.), paru pour la première fois en 1871. [*Fr. Ratzel, Die geographische Lage der grossen Staedle {Die Grosstadl Vortraege und' Aufsaetze zur Staedteausslellung, 1903, pp. 33 et suiv. réimprimé; Kleine Schriften, vol. II, 1906); K. HAssERT,Z>ie Staedle geographisch betrachtet, 1907 ; A. Penk, Die Lage der deutscheni Grosstaedte {Siaedtebauliche Vortraege, vol. V, fasc. 5, 1912)].
C’est également pour la configuration intérieure des villes qu’il ne faut recourir au seul arbitraire comme raison explicative que d’une manière exceptionnelle. Lorsqu’une ville, dès l’origine, est fondée à des fins urbaines, sa forme, dans l’hypothèse où le sol offre une facilité de construire et une viabilité partout égales, sera, le plus naturellement, la forme circulaire. Chaque point de l’établissement se trouve alors le plus près possible de tous les autres, et de plus, les frais de construction, d’entretien et de surveillance de l’enceinte extérieure sont relativement les moins élevés (1). Le point central est occupé par l’endroit qui a déterminé à l’origine la fondation de la ville. Chacun doit souhaiter, en raison même de l’organisation du travail, de demeurer dana le voisinage immédiat de ce centre, et c’est là, par consé-
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INTRODUCTION
quent, que le terrain prend le plus de valeur. On cherche par suite, à utiliser celui-ci pour le mieux, par analogie avec le procédé de la culture intensive, en y augmentant la iauteur et la profondeur des maisons (2). L’accroissement <ie la ville a lieu, dans l’hypothèse qui précède, de façon circulaire. S’il existe des voies d’eau et des routes commodes, il se produit naturellement suivant leur longueur, en forme rayonnante, à l’encontre des chemins de fer, qui provoquent dans le voisinage de leurs stations la construction de groupes de maisons disposés en forme de réseau. Dans les deux cas, les vides entre les bâtiments nouveaux ne se comblent que progressivement, en commençant en général par la périphérie. Beaucoup de villes du moyen âge sont issues de villages (3), dont elles ne se sont bien longtemps distinguées que par la circonstance qu’elles étaient entourées de murailles (4). Elles consistaient intérieurement, en dehors d’églises, de couvents, etc., en un certain nombre de domaines seigneuriaux (Fronhoefe) enclos de haies et souvent fortifiés (5), avec les champs, les maisons de vassaux, etc. de leur dépendance. Les étrangers qui venaient s’établir, de même que les industries naissantes, groupaient d’ordinaire leurs demeures par rues, et assez souvent à part (6).
Il faut cependant distinguer en Allemagne, entre le nord et le midi. Dans l’Allemagne du Sud et du Sud-Ouest, l’irrégularité de la disposition des villes est particuhèrement caractéristique. Il y règne un enchevêtrement de rues et de places tel qu’on peut y voir un manque absolu de plan (7). L’Allemagne du Nord et l’Allemagne Occidentale ou, plus exactement, les contrées situées à droite de l’Elbe et de la Saale, présentent, par contre, des villes fondées suivant un plan déterminé et très fréquemment, en outre, par l’entremise d’entrepreneurs (locataires du sol) ;
un plan normal, très distinctement reconnaissable, y a prévalu. Tandis qu’à l’ouest et au sud, c’est la ligne courbe qui l’emporte, le nord est l’empire de la ligne droite. Même dans les plus petites villes, les rues, de largeur différente, s’alignent, tirées au cordeau ; elles .sont coupées à angle droit par les autres ; les îlots de maisons sont souvent de grandeur égale et carrés, les rues contournées et sinueuses n’existent guère que dans le voisinage des murs de la ville (Fritz, 8-9-10). A l’époque moderne, certaines villes et certains quartiers de villes sont désormais disposés suivant un plan mathématique, employé d’abord quand il s’agit de la table rase des colonies, et qui prévaut ensuite dans les créations favorites de la monarchie absolue (11).
En ce qui concerne la répartition des classes, des professions et des établissements divers dans les différentes régions de la ville, chaque établissement tend naturellement à occuper l’endroit le plus rapproché de la majorité de ceux qui i’utihsent. Ainsi les établissements d’un usage général sont attirés vers le centre de la ville (12). Les riches aspirent à l’emplacement où il est le plus agréable de demeurer : c’était, au moyen âge, d’ordinaire aussi le centre de la ville, à proximité du château du prince, de la cathédrale, etc. ; depuis la transformation des fortifications en jardins, c’est non moins habituellement le pourtour de la vieille ville (13). Les pauvres tendent vers la région la moins chère, par suite vers les extrémités de la ville ; ou, si leur profession les contraint de demeurer dans le voisinage de leur clientèle urbaine, vers les demeures situées dans les caves et sous les toits, les maisons de derrière, les ruelles latérales. Le petit commerce recherche partout les rez-de-chaussée, le commerce de luxe, les rues principales, surtout celles du centre, le grand commerce, la proximité <les gares de chemin de fer et des voies navigables ; les fa-
12 INTRODUCTION
briques sont attirées si possible vers la périphérie et lesmétiers ayant un débit local se dispersent au voisinage de leur clientèle (14)^, Au nombre des phénomènes -les plus ordinaires de nos grandes villes se trouve la formation de ce qui, à Londres, constitue la Cité {City). Les maisons d’habitation disparaissent de plus en plus des parties centralesr pour céder la place aux besoins du commerce, qui s’y entasse précisément de plus en plus fort (15). Ce n’est surtout pas un mince inconvénient pour les villes à croissance rapide, que la reproduction continuelle des circonstances précitées : elle rend en effet nécessaire une masse de transformations des plus coûteuses (16). Les environs immédiats de ces villes donnent eux-mêmes ordinairement l’impression d’un désert de bâtisses (17). Pourtant, comme dans toute vie, s’arrêter serait commode, mais ne ferait qu’engager la décadence. Dans les villes complètement tombées,, le reste de vie qu’elles possèdent encore persiste le plus longtemps à l’endroit où celle-ci avait originairement commencé (18).
(1) La forme circulaire est entravée par l’existence d’endroits impraticables, comme des marais, des étangs, des bois ou des parcs que l’on veut conserver, ainsi que par celle d’endroits particulièrement engageants comme des eaux navigables, ou pouvant servir à des besoins industriels. C’est aussi naturel que la formation, dans les ports, d’un demi-cercle au lieu d’un cercle.
(2) Sur la hauteur prodigieuse des maisons dans la ville mondiale de Rome, (voir Vitruve, II). Aussi l’État défendit-il de les élever plus haut que 70 pieds, ensuite plus haut que 60, A Cai'thage, entre le port et la citadelle de Byrsa, les maisons paraissent avoir généralement eu sept à huit étages (Voir Niebuhr, Vorlesungen über roemische Geschichte, II, 241).
(3) C’est toujours un indice d’une civilisation déjà plus
•avancée, lorsqu’une ville vient à prospérer à un endroit où il n’aurait jamais été possible de créer des villages. II en est ainsi de Gibraltar et d’Ormuz. Il y a beaucoup d’histoire de la civilisation dans ce fait de l’histoire linguistique, que le mot grec «ùXi5, à l’origine, claie à bétail tressée, a servi plus tard à nommer le château d’un prince ; son proche parent latin, villa, a désigné les somptueuses maisons de campagne ainsi que les plus grandes villes (Voir Ahrens, Za Kühners Jubilaeum, 1874).
(4) L’expression : iirbem condere, ne veut dire souvent que i entourer de murs un lieu ouvert, (Maurer, Geschichte der Staedteverf., I, 44) ce qui, à la vérité, jusqu’au xii« et même jusqu’au XIII® siècle, se faisait généralement au moyen de bois (Maurer, loc. cit., 112).
(5) C’est seulement Frédéric I®*" qui défendit, en 1180, la construction, et même l’entretien, sans la permission du prince, d’une telle munitio, wicborc in civitate. [A Lübeck, il y avait, vers la fin du xiii® siècle, neuf grands domaines ruraux avec étables et granges,dans la ville elle-même (Voir Zeitschrift des Vereins fur Lübeck. Geschichte, b, p. 141]*. [L’étendue considérable des agrandissements fréquents des villes au xii® et xiii® siècles est confirmée par le fait que, pour beaucoup de villes, le territoire urbain atteint à cette époque n’est devenu trop étroit qu’au début du xix® siècle (Voir K. Th. V. Ina.\ia-Sternegg, Staedtische Bodenpolitik in neuer und aller Zeit, 1905, pp. 12 et suiv. ; H. Keuszen, Topographie der Stadt Koeln im Mittelalter (Mémoire couronné par la fondation Mévissen), 1910 ; A. Pus- CHEL, Das Anwachsen der deutschen Staedte in der Zeit der mittelalterlichen Kolonialbewegungen {Abhandlung zur Verkehrs-und Seegeschichte, vol. IV, 1910) ; R. Eberstadt, Hundbuch des Wohnungswesens, 2® éd., 1910, pp. 22 et suiv.].
(6) [Pour Lübeck, voir : W. Brehmer, Beitraege zu einer Baugeschichte Lübecks dans la Zeitschrift des Vereins fur Lübeckische Gesch., 5, pp. 141-142. Sur les causes de cette réglementation voir C. Mayer, Kaufmannschaft und MarktzwischmRhein und Loire dans la Germanische Abhandlung zum 70 Geburtst. Konr. V. Maurers, p. 412-413].
14 INTRODUCTION
(7) [H y a pourtant ici aussi des exceptions. En Italie déjà^ de vieilles villes de colonies romaines, comme Florence, Turin, Vérone, montrent un type tout à fait semblable ; dans les pays jlu Rhin et du Danube, un certain nombre des plus anciennes villes manifestent une indéniable tendance à la ligne droite et à l’angle droit. Telles sont Strasbourg, Metz, Cologne, Constance, Vienne, et peut-être aussi Coblentz, Bonn, sûrement cependant Trêves ; dans ces villes, au milieu du dédale des rues tortueuses ou irrégulières, on peut reconnaître plus ou moins les contours et le tracé des rues des anciens camps romains. Il en est de même des villes fondées par la dynastie de Zaehringen, comme Fribourg en Brisgau, et des villes saxonnes comme Brême, Hildesheim, .\aumbourg, Magdebourg].
(8) [D’après des recherches récentes (en particulier Joii. Fritz, Deutsche Stadtanlagen, 1894), on peut reconnaître que, non seulement pour des villes petites et moyennes, chez lesquelles des agrandissements anciens de la cité et des créations modernes de faubourgs n’ont pas effacé l’aspect primitif, mais aussi pour de grandes villes actuelles comme Berlin, Breslau, Posen, Dresde, Leipzig, etc., on a employé à peu près partout la même disposition. « Une aire de construction approximativement circulaire ou ovale présente en son centre une place carrée ou oblongue. Des quatre coins ou du milieu des côtés de celle-ci, des rues généralement larges conduisent à la périphérie. Ces rues sont, à leur tour, reliées entre elles par d’autres rues transversales non moins droites, souvent un peu plus étroites, et se coupant suivant la perpendiculaire. De sorte que l’aire tout entière de construction se trouve partagée en un certain nombre de blocs réguliers de bâtisses, carrés ou à angles droits. Une, ou parfois deux rues d’enceinte, concentriques aux murs de la ville, relient entre elles les issues sur ces murs de toutes ces rues principales et transversales » (Fritz). L’aire circulaire ou ovale possédait un diamètre de cinq à six cents mètres, ou un grand axe de cinq cents mètres et un petit de trois à quatre cents. Elle présentait une superficie d’environ cinquante ou cent journaux. Au milieu du cercle, on laissait libres une ou deux places car-
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§ 2. configuration intérieure des villes 1&-
rées, pour y édifier plus tard l’hôtel-de-vUle et l’église et pour avoir l’espace nécessaire au marché. En Silésie, des places du meu-ché avaient des dimensions particulièrement étendues et étaient appelées, d’après un mot slave : Ring. Les portesétaient habituellement au nombre de quatre et fréquemment servaient d’issues aux rues médianes, qui, delà, se continuaient au dehors sous la forme de deux à quatre routes importantes; elles partageaient le mur d enceinte eu autant de parties. Il existai., toujours une étendue de terre arables mesurant d’ordinaire de cent à cant cinquante « charrues », dont les trois quarts, destinés à être cultivés, faisaient l’objet d’un lotissement entre tous les citoyens. Les débuts proprement dits et la construction de la ville à l’intérieur peuvent dès lors, par analogie avec ce qui passe dans nos agrandissements modernes de villes, s’être dans beaucoup de cas accomplis d’une façon progressive, mais aussi bien peuvent-ils avoir marché avec une vitesse considérable. Joh Fritz, Deutsche Stadtanlagen, 1894 ; P. R. Kotzschke, Dos Unternehmertuni in den ostdeutschen Kolonisation des Mittelalters, 1894 ; Dr. Heil, Die Griindung der nordostdeutschen Kolonialsiaedte, 18%; Dr. Rieck, Siaedtisches Leben in Mecklemburg in den Zeiten des Mittelalters, 1896]. *[P. J. Meier, Der Grundriss der deutschen Stadt des Mittelalters in seiner Bedeutung als geschichtliche Quelle {Korrespondenzblati des Gesamtvereins der deutschen Geschichts-und Altertumsvereine, 1909, p. 10 et suiv.) ; Warschauer, Lageplan der osteuropaeischen Kolonialstaedte {Korrespondenzblatt, 1909, p. 121 et suiv.) ; Neumann, Der Stadtplan als geschichtliche Urkunde, Müteilungen ans der livlaendischen Geschichte, vol. II, 1911, p. 87 et suiv.].
(9) Les constructions, dans les villes allemandes, furent pendant longtemps de bois et d’argile : ainsi à Hambourg, Zürich, Berne, encore au xii® siècle ; à Lübeck et Magdebourg, encore au xiii® siècle ; à Goerlitz, Breslau, Spire, Münich, encore au XIV® siècle (Voir Maurer, Geschiehte der Staedteverfassung, II,
5 et suiv.). Sur les six mille maisons que comptait Cologne au ’ XIII® siècle, il y en avait un tiers de si petites qu’elles ne com-
Ib INTRODUCTION
portaient chacune que deux ou trois pièces, et se trouvaient réunies par groupes allant jusqu’à dix et même seize, sous un toit unique fait de bois ou de paille (Voir spécialement pour Strasbourg, Schmoller, Jahrbuch fur Gesetzgebung^ VI, 375 et suiv.). [A Lübeck, on faisait une distinction à la fin du XV® siècle entre les maisons à pignon donnant sur le côté et celles à pignon sur rue. Les premières ne consistaient généralement qu’en un rez-de-chaussée bas, sui- lequel les poutres du toit reposaient immédiatement. Des murs transversaux les divisaient en petites habitations pour artisans et ouvriers, lesquelles n’offraient chacune que l’espace nécessaire à une pièce d’entrée et à une chambre adjacente (Voir Brehmer, dans les Hansische Geschichtsblaetter, 18S6, p. 7)]. Wetzlar ne comptait
encore, en 1689, que très peu de maisons entièrement cons-
truites en pierre, ou même seulement avec un rez-de-chaussée en pierre ; un petit nombre avaient des murs réfractaires ; la plupart ne possédaient même pas de cheminées dans leurs murs et étaient couvertes en paille (Voir von Ulmenstein, Gesch. v. Wetzlar, II, 261).] Comparer aussi R. Hennings, Das deutsche Haus in seiner historischen Entwickelung, 1882 ; Troels Lund, Das taegliche Leben in Scandinavien waehrend des 16 Jahrhnndert, 1882 ; Meitzen, Wanderungen, Anbaii und Agrarrecht der Voelker Europas, vol. III, p. 464-520]. *[M. HEYNE,Z)a5 deutsche Wohnungswesen von den aeltesten geschichtlichen Zeiten bis zum 16 Jahrh., 1899 ; K. G. Stephani,/)^/- aelteste deutsche Wohnbau und seine Einrichtung, vol. II, 1903 ; O. Stiehl, Der Wohnbau des Mittelalters, Handbuch der Architektur, 4, 2, 1908].
(10) Les rues contournées et tortueuses, les nombreuses impasses, cours, etc., constituaient pour l’air et la lumière, en bien comme en mal, un obstacle aussi considérable que les privilèges des familles et des corporations en étaient un pour la police. Même à Cologne, ce n’est qu’au xiii® siècle qu’apparaissent les noms propres de rues (Voir Ennen, Gesch. V. Koeln, 1,667 et suiv.) ; [à Lübeck, c’est au milieu du xiii® siècle, au moins pour toutes les rues principales (Voir Brehmer dans la Zeitschr.d. V. /. Lübeckische Gesch., 5, p. 227)]. A Vienne, Véclairage des
rues n’est introduit qu’en 1687 (Beckmann, Beitr., I, 82) ; d’après Nicolaï {Reise, III, 211), ce ne serait même qu’en 1704 ; c’est à Hambourg, en 1678 [(Amsixk’s, Familiengeschichte, p. cxxxi)] ; à Berlin, en 1679 ; [à Leipzig, en 1702 ; à Dresde, - bien qu’une commission instituée par l’Électeur Jean Georges II en 1677, l’ait déjà recommandé à cette époque, ce n’est qu’en 1705 (Otto Richter, Kerfassungs-und V erwaltungsgesch. d. Stadt Dresden, 1891, 2, p. 127) ; en Hesse, c’est seulement par ordonnance de 1721 {Saemtliche fiirstliche hessische Landesordnungen. II, 852) ; à Lübeck, en 1732 (Hajisische Geschichtsblaetter, 1886, p. 7)J. Le pavage des rues existe à peine avant le XIII® siècle, ainsi, par exemple, à Cologne, Worms, Aix-la-Chapelle. Le roi Philippe-Auguste, en France, est regardé comme l’ayant, en 1184, introduit à Paris, ainsi que le rapportent curieusement les Chroniken der deiitschen (Lübeck), XIX,
263. A Lübeck, le début du pavage peut être placé à la fin du XIII® siècle. Mais l’exécution en fut poursuivie avec une lenteur telle, qu’elle se termina au plus tôt au milieu du xiv® siècle (Voir Brehmer, dans la Zeitschrift d. V. f. Lübeckische Gesch., 5, p. 234). A Hambourg, où également depuis le milieu du xiii® siècle, le pavage commence à s’introduire, on était parvenu, un siècle plus tard (1370-1.387), à assurer systématiquement son exécution ainsi que le nettoyage {Hamburger Kaernmereirechnungen, éd. Koppmann, vol. I, p. xcv). Pour plus de détails, voir W. Varges dans les Preussische J ahr bûcher, p. 250 et suiv. et von Below dans la Historische Zeitschrift, neue Folge, 39, p. 396 et suiv. ; die staedtische Vervvaltung des Mittelalters, ainsi que Ernst Gasner, Zum deutschen Strassenwesen, 1889, p. 123-143. Le numérotage des maisons n’existait pas encore à Berlin en 1788 (Voir Nicolaï, I, 56).
(11) A Rome, qui, après l’incendie des Gaulois (?) avait été reconstruite nulla distinctione passim, on discuta, sous Néron, les avantages et les inconvénients des deux systèmes, comme on le fait aujourd’hui (Tacite, Annales, XV, 43).
(12) Ceci est surtout vrai des places de marché. Leur situa-
tion proche du centre (comme pour les
nombreux et beaux
Roschcr
INTENTIONAL SECOND EXPOSURE
rues n’est introduit qu’en 1687 (Beckmann, Beitr., I, 82) ; d’après Nicolaï {Reise, III, 211), ce ne serait même qu’en 1704 ; c’est à Hambourg, en 1678 [(Amsink’s, Familiengeschichte, p. cxxxi)] ; à Berlin, en 1679 ; [à Leipzig, en 1702 ; à Dresde, bien qu’une commission instituée par l’Électeur Jean Georges II en 1677, l’ait déjà recommandé à cette époque, ce n’est qu’en 1705 (Otto Richter, Kerfassungs-und Verwaltungsgesch. d. Stadt Dresden, 1891, 2, p. 127) ; en Hesse, c’est seulement par ordonnance de 1721 (Saemtliche fürstliche hessische Landesordnungen, II, 852) ; à Lübeck, en 1732 {Hansische Geschichtsblaetter, 1886, p. 7)J. Le pavage des rues existe à peine avant le xiiie siècle, ainsi, par exemple, à Cologne, Worms, Aix-la-Chapelle. Le roi Philippe-Auguste, en France, est regardé comme l’ayant, en 1184, introduit à Paris, ainsi que le rapportent curieusement les Chroniken der deutschen Aiacd/c (Lübeck), XIX, 263. A Lübeck, le début du pavage peut être place à la fin du xiiie siècle. Mais l’exécution en fut poursuivie avec une lenteur telle, qu’elle se termina au plus tôt au milieu duxiv^ siècle (Voir Brehmer, dans la Zeitschrift d. V. /. Lübeckische Gesch., 5, p. 234). A Hambourg, où également depuis le milieu du xiiis siècle, le pavage commence à s’introduire, on était parvenu, un siècle plus tard (1370-1387), à assurer systématiquement son exécution ainsi que le nettoyage (Hambiirger Kaemmereirechnungen, éd. Koppmaxx, vol. I, p. xcv). Pour plus de détails, voir W. \arges dans les Preiissische J ahr bûcher,^]., p. 250 et suiv. et von Below dans la Historische Zeitschrift, neue Folge, 39, p. 396 et suiv. ; die staedtische Verwaltung des Mittelalters, ainsi que Ernst Gasner. Zum dpnf>.'nh an r*/t c> {*rï VI
portaient chacune que deux ou trois pièces, et se trouvaient réunies par groupes allant jusqu’à dix et même seize, sous un toit unique fait de bois ou de paille (Voir spécialement pour Strasbourg, Schmoller, Jahrbuch fiir Gesetzgebung^ VI, 375 et suiv.). [A Lübeck, on faisait une distinction à la fin du XV® siècle entre les maisons à pignon donnant sur le côté et celles à pignon sur rue. Les premières ne consistaient généralement qu’en un rez-de-chaussée bas, sur lequel les poutres du toit reposaient immédiatement. Des murs transversaux les divisaient en petites habitations pour artisans et ouvriers, lesquelles n’offraient chacune que l’espace nécessaire à une pièce 4’entrée et à une chambre adjacente (Voir Brehmer, dans les Hansische Geschichtsblaetter, ISSd, p. 7)]. Wetzlar ne comptait
encore, en 1689, que très peu de maisons entièrement cons-
truites en pierre, ou même seulement avec un rez-de-chaussée en pierre ; un petit nombre avaient des murs réfractaires ; la plupart ne possédaient même pas de cheminées dans leurs murs et étaient couvertes en paille (Voir von Ulmenstein, Gesch. v. Wetzlar, II, 261).] Comparer aussi R. Hennings, Das deutsche Haus in seiner historischen Entwickelung, 1882 ; Troels Lund, Das taegliche Leben in Scandinavien waehrend des 16 Jahrhundert, 1882 ; Meitzen, Wanderungen, Anbaii und Agrarrecht der Voelker Europas, vol. III, p. 464-520]. *[M. HEYNE,/Jas deutsche Wohnungswesen von den aeüesten geschichtlichen Zeiten bis zum 16 Jahrh., 1899 ; K. G. Stephani, Der aelteste deutsche Wohnbau und seine Einrichtung, vol. II, 1903 ; O. Stiehl, Der Wohnbau des Mittelalters, Handbuch der Architektur, 4, 2, 1908].
(10) Les rues contournées et tortueuses, les nombreuses impasses, cours, etc., constituaient pour l’air et la lumière, en bien comme en mal, un obstacle aussi considérable que les privilèges des familles et des corporations en étaient un pour la police. Même à Cologne, ce n’est qu’au xiii® siècle qu’apparaissent les noms propres de rues (Voir Ennen, Gesch. V. Koeln, 1,667 et suiv.) ; [à Lübeck, c’est au milieu du xiii® siècle, au moins pour toutes les rues principales (Voir Brehmer dans la Zeitschr.d. V. /. Lübeckische Gesch., 5, p. 227)]. A Vienne, Yéclairage des
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marchés de Gand),est, il est vrai, au point de vue de l’économie privée, un lucnim cessans considérable. Mais elle est, pour l’économie sociale, un des placements de capitaux les plus lucratifs qui existent. Très caractéristiques à cet égard sont les « passages » modernes, qui remplissent, en les réunissant, le rôle de la rue, surtout même de la rue coupant au court, et celui du marché.
(13) Les boulevards de Paris sont devenus, sous Colbert, des promenades. A Bruxelles, les classes francisantes supérieures se séparent des classes flamandes inférieures et moyennes d’une façon très tranchée suivant qu’elles habitent la ville haute ou la ville basse. Celle-ci a l’avantage, au point de vue industriel, de la proximité des routes de terre et il’eau, la ville haute l’agrément du bon air et de la belle vue.
(14) Au sujet de la répnrtition de l’industrie à Paris, voir Léon Sx y dans le Journal des Economistes, XII, 137 et suiv. A Londres, où le trafic tend surtout vers l’est, nous trouvons à l’extrémité inférieure du fleuve les docks et les grands entrepôts, la Tour avec ses arsenaux et, toutes proches de là, les demeures des matelots, des portefaix, des charretiers, etc. Puis en remontant le fleuve, nous rencontrons la Cité, siège des comptoirs, avec la Banque, la Bourse, la Monnaie, la Poste, la Douane, les Cours de Justice. La noblesse a, depuis longtemps, transféré ailleurs ses palais (Anderson, Origin of Commerce, a. 1640) ; ici, les habitants actuels sont, en grande p;irtie, des agents, des commis, des forts, etc. Immédiatement après vient le quartier des théâtres, des musées, des boutiques d’articles de luxe, des hôtels ; plus loin sont les clubs, les palais des Parlements, les ministères, les palais royaux, enfin l’aristocratique Westend. Il faut considérer en quelque sorte comme des appendices, principalement les quartiers du nord-est, habités par les Irlandais, etc. (Spitalfields, Bethnalgreen, Whitechapel), ainsi que les quartiers du sud au delà du fleuve. Sur la formation des villes russes (V oir VON Haxthausen, Studien, II, 117 ; III, 136). Voir les excellentes études de Lxspeyres sur le groupement de l’industrie dans les grandes villes dans le Berliner stuedt. Jahrbiich, 1869.
(15) *[Le a creusement » de la Cité s’est manifesté d’abord,
' et jusqu’ici avec le plus de force, à Londres. Tandis que dans le comté de Londres, de 1801 à 1896, le nombre des maisons habitées est passé, de 119.198 à 548.551, et la population de 830.659 à 4.401.935, le nombre des maisons habitées dans la Cité a diminué de 17.190 à 5.329, la population de 128.129 à 31.083 (Voir Fuchs, Zur Wohnungsjrage, 1904, p. 121). Le développement progressif de la Cité comme quartier des affahes ressort, avec une particulière netteté, de la comparaison de la . population domiciliée avec le nombre des personnes présentes à l’heure habituelle des affaires. Les recensements auxquels il a été procédé, le 27 avril 1891 et le 28 avril 1911, de la population de la Cité à l’heure des affaires, ont établi la présence de 301.384 et 364.061 personnes, tandis que les recensements de la population domiciliée, effectués pendant les mêmes années, n’ont trouvé que 37.702 et 19.657 personnes (Voir H. Schmidt, Citybildung und Beooelkerungsoerteilimg in Grossstaedten, 1909, p. 26; The Statesman's Year-Book, 1912, p. 17)]. Manchester renfermait déjà, avant 1845, un district central, long d’un demimille anglais et presque aussi large, consistant presque exclusivement en comptoirs et en magasins, traversé de grandes rues magnifiques, animées et aux boutiques nombreuses, mais, pendant la nuit, d’une tranquillité absolue. Autour de cette « Cité » s’étendait une ceinture, large d’un mille et demi, de maisons ouvrières, au delà de laquelle se trouvaient les maisons de campagne des riches. Les grandes rues partant de la Bom-se vers l’extérieur de la ville étaient habitées par la bourgeoisie moyenne, dont les boutiques augmentaient toujours de richesse en se rapprochant du centre. Les fabriques s’étaient, le plus souvent, établies le long des rivières et des canaux (\'oir Engels, Luge der arbeitenden Klassen in England, p. 62 et suiv.). *[H. Schmidt a calculé {loc. cit., p. 66-67) pour une série de grandes villes la décroissance de la population dans la « Cité », par comparaison avec le chiffre le plus haut qu’elle ait atteint. Ainsi, la perte pour la Cité de Londres comporte, en 1901, 4/5 du chiffre le plus élevé ; pour la partie occidentale
de l’intérieur de Paris, elle est, en 1901, de 2/5 ; à Berlin, (1864-1900), on trouve pour la vieille ville (Berlin, Koelln, Friedrichswerder), 1/2, et pour la Dorotheenstadt et la Friedrichstadt, 1 /3 ; pour Breslau, vieille ville, 1900, 1 /5 ; pour Leipzig vieille ville, 190o, 2/5 ; pour Munich, vieille ville, 1905, 1/5 | pour Francfort-sur-Mein, ville intérieure, 1905 1 /7 • pour Dresde, vieille ville (1880-1900), 174. Comparer, d’autre part sur la question de la formation d’une « Cité » les travaux do S. ScHOTT,die Citybildung in den deutschen Grossstaedten seii 1871, Statistisches Jahrbuch deutscher Staedie, 14© année, 1907 p. 21-46 grossstaedtischen Agglomerationen des Deutschen Reichesmii-mO.Schrijten des Verbandes deutscher Staedtestafascicule I, 1912, p. 59 et suiv.j. L’Amérique du Nord, ou n existent ni banlieues, ni fortifications, ni octrois municipaux, connaît jusqu’ici beaucoup moins cette formation d’une « Cite ». Plus d’une ville nouvelle, là-bas, ne se compose que d une gigantesque voie trafiquante, d’où partent de petites rues adjacentes auxquelles des promenades, des jardins, etc. donnent un caractère presque champêtre. Les petits îlots de* maisons des villes de là-Las, qui permettent presque partout de circuler obliquement, font qu’il n’y a plus de centre proprement d^t. (Voir VON Studniss, Arbeiterverhaeltnisse, 1879,
p. 41, 76. *[Fr. Ratzel, Die vereinigten Staaten von Nord- Amerika, vol. II, 1893, p. 320 et suiv.)].
(16) Entre 1861 et 1871, à Londres, il y aurait eu, par suite
de la création de rues nouvelles, de chemins de fer et autres semblables improvements, plus de cent cinquante mille personnes chassées de leur domicile (Voir Quart. Rev.,CXXXll 275), ^
(17) La « détresse hypothécaire » de tant de villes à croissance rapide se manifeste principalement vers la périphérie ; c’est une suite de la surproduction locale, causée par le peu de solvabilité des classes qui viennent s’y établir. Souvent il existe au même moment, au centre de la ville, la plus grande « facilité
de crédit » (Voir Rodbertus, Erklaerung und Abhilfe der Krediinot^ I, p. 132 et suiv.).
(18) C’est par conséquent, au centre et dans les artères principales qui en partent. Ainsi, par exemple, à Louvain, sur le marché et dans les rues qui vont, de là, vers la gare et vers l’Université ; par contre, dans le rayon du reste de la ville, on rencontre beaucoup de culture.