MEILLEURE ESPÈCE DE MESURES PROTECTRICES
de rubans au métier mécanique. Ils avaient débuté avec trente métiers et le roi, qui désirait voir porter ce nombre à cent, leur accorda pour chaque mise en marche d’une unité nouvelle, une ])rime de 10 thalers, plus une autre de 20 thalers pour tout maintien en marche pendant une année et enfin une bonification à l’exportation de 8 0/0 sur les rubans tissés d’or et de 4 0/0 sur ceux de soie simple (O. Hintze, Ada borussica, III, p. 130)].
(4) On en trouve de très frappants exemples dans le Zollvereinsblatt de List, 1873, n® 47.
(5) Sous Colbert, la concession d’un monopole n’avait souvent d’autre résultat que de ruiner une industrie à domicile déjà existante, au profit d’une fabrique de ville. Le monopole conféré par Colbert, en 1665, au Hollandais de Robais, qui fabrique le premier, en France, des draps fins, ne fut pas aboli avant 1767 {Encycl. Méth. d. Arts et Manuf., II, p. 345). Et pourtant, les ouvriers de cette industrie étaient particulièrement mal payés (Comptes R., 1865, III, p. 429).
(6) [A cet égard, on peut constater un des fâcheux effets des privilèges dans la situation actuelle des pharmacies en Allemagne. Au cours de ces dernières années, il n’a été accordé que peu de concessions nouvelles du droit d’ou\Tir une officine. Aussi, les élèves désirant s’établir doivent-ils s’entendre avec un pharmacien en exercice voulant lui-même céder, ou au cas d’un décès, acheter aux héritiers l’établissement du défunt. Il est de notoriété publique que ce n’est pas tant l’immeuble, la maison ou les marchandises inventoriées, qui sont évalués au prix fort, mais la concession elle-même, délivrée au premier titulaire gratuitement ou moyennant une somme peu élevée, qu’on est obligé de payer très cher. D’après des rapports médicaux du Württemberg, dans lesquels le prix de vente des pharmacies de ce pays ont été exactement consignés depuis 1860, la valeur du droit atteint de 54 à 56 0 /O du prix total. Or, il faut se rendre compte que la valeur idéale de toutes les pharmacies allemandes, au dire d’experts, s’élèverait environ entre 153 et 162 millions de marks (Stieda, Zur Reform des Apo-
ihekenwesen in Deutschland, dans le Jahrb. /. Nat. 3e Folse 11, p. 564, 667)].
(7) Lorsque le Canada était sous le régime du libre-échange, et que les États-Unis avaient des ^droits protecteurs élevés, il arrivait aux fabricants américains, en période de surproduction, de vendre aux Canadiens 30 0 /O au-dessous de leur prixnormal, et même d’exiger de leurs concurrents canadiens le paiement d’un tribut, pour ne pas les submerger de leurs marchandises {Fortnightly Reaiew, 1879, p. 755 et suiv.).
(8) VonTHL-ENEN met en garde contre le danger, lorsque la surproduction réduit lamentablement le prix des grains, de faire, par des droits de douane sur ceux-ci, illusion au cultivateur sur le seul vrai remède, qui consisterait à diminuer la culture {Isol. St., 2, p. 2, 237). Toutefois il vante comme un avantage des droits à l’importation sur les produits fabriqués, le fait qu’ils donnent à l’État le pouvoir d’imposer des limites à une consommation nuisible à l’intérêt général, et de venir en aide a une branche d’industrie momentanément gênée par les circonstances (2, p. 2, 256). Une opinion fort exagérée est celle émise par Colton dans sa Public economy for the U. States de 1849 (p. 65, 178), selon laquelle les États-Unis ont besoin de droits protecteurs plus que tout autre peuple, en raison de la cherté du travail et des capitaux. En Europe, les classes supérieures dépouillent le travail de son produit, tandis qu’en Amérique, le travail en jouit lui-même. Le libre-échange rabaisserait l’Amérique au niveau de l’Europe. J. Leur, dans son ou vrage, Schülzzoll iind Freihandel (1877) admet parfois la protection « lors d’une période de transition économique », pour contribuer à « maintenir des entreprises importantes, pour en liquider d’autres de façon progressive et, par suite, moins rigoureuse, pour ménager le passage à des conditions nouvelles et inaccoutumées de l’industrie, pour assurer la vie économique de forces de travail existantes ».
(9) Aux États-Unis, l’industrie lainière a subi, vers 187
une crise des plus graves, malgré l’énormité des droits protecteurs. L’utilité de ceux-ci au point de vue financier peut diffi-