POLITIQUE DE TARIFS. DOUANES DE COMBAT
tisserands de coton à l’intérieur du Zollverein, a été terminée, peut-être sans plan préconçu, mais certainement pour le salut de l’industrie allemande, essentiellement d’après les principes qui précèdent. En présence d’une lutte semblable des différents stades d’une même production l’un contre l’autre, il est nécessaire de comparer, non seulement au point de vue mécanique, les chiffres des ouvriers et des capitaux occupés par chacun, mais encore au point de vue organique, la capacité de développement et l’influence de chacun également sur l’ensemble de l’économie sociale (5). Si, aujourd’hui par exemple, la plupart des demifabrications peuvent déjà s’exécuter en grand, la plupart des fabrications entières ne s’opérant encore qu’en petit, toute faveur artificiellement accordée aux premières, qui préjudicie à une fabrication intégrale capable d’exporter, revêt un caractère ploutocratique des plus dangereux au point de vue social (6). Les demi-fabrications, qui se distinguent par leur excellence, ne devraient pas être tenues à l’écart aux frontières parce que, en encourageant les marchandises de première qualité, elles exercent une influence éducatrice sur l’industrie tout entière. C’est ainsi qu’il ne faut pas oubher, en matière de douanes sur les fers, qu’elles font renchérir la matière fondamentale de tous les instruments in- ü
dustriels (7). Un danger non moins grand résulte des droits de douane sur les machines, ou même sur tous objets pouvant servir à l’éducation de l’esprit (8).
Les mesures prises par des Etats étrangers, qui préjudicient a 1 exportation nationale, peuvent provoquer ce que l’on appelle des douanes de combat (Kampfzôlle), à titre de l||
représailles. Comme disent les anglais, le fair-trade (le bon commerce) peut remplacer le free-trade, (le libre commerce, le libre échange). Cette manière d’agir qui, même en Angleterre, rencontre beaucoup d’approbateurs (9), ne peut offrir
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d’avantage certain, que si l’on est en droit d’espérer amener ainsi l’adversaire à abandonner son plan d’action (10). Elle suppose que l’on est, pour ainsi dire, son égal en puissance économique et politique (11). Autrement, il ne faut jamais oublier, pour la seule satisfaction d’un prétendu point d’honneur, que toutes représailles causent un dommage immédiat aux nationaux, et ne se justifient par suite, que lorsque l’on désire d’autre part imposer des barrières au trafic dans le but d’éduquer l’industrie ( 12) Si, par exemple, les fabricants allemands et leurs ouvriers se voient fermer leurs débouchés sur le marché russe, et si réciproquement l’Allemagne interdit l’importation des céréales de Russie, ces mesures ont certainement le sens, pour ceux auxquels elles rendent le pain cher, d’un double préjudice. Les paysans n’en éprouvent nul dommage, et en tirent au contraire un double profit, parce qu’ils peuvent, en même temps, payer moins cher les produits fabriqués, et vendre à plus haut prix leurs grains (13). Nous ne pourrions admettre l’existence d’un point d’honneur véritable, que dans le cas où l’Etat étranger infligerait à son adversaire un traitement moins favorisé qu’à d’autres nations n’ayant avec lui aucun traité spécial (§ 39) (14). L’Etat étranger pourrait entreprendre de modifier, au détriment de son adversaire, par des mesures nouvelles, la répartition internationale existante des métaux précieux (§ 38). Des douanes de combat destinées à parer le coup présenteraient, pour l’adversaire, cet avantage, que le remède aux perturbations de débouchés provoquées chez lui ne serait pas du moins contrarié par un affaissement général du prix des marchandises amenant le découragement du producteur (Vol. I, § 141) (15). Dans ce cas, mais d’une façon exceptionnelle et provisoire, la mesure, autrement irrationnelle (§ 135), d’une protection simultanée sur les importations de toute sorte, semble in*