pour les premières, et 3.529.531 pour les se- v
conds. Sur 100 personnes industriellement occupées, 15,5
en 1875, 20,5 en 1882, 22,8 en 1895 et 23 en 1907 appartenaient au sexe féminin. De 1875 à 1895, le nombre d’individus industriellement occupés du sexe masculin s’est accru de 45,1 0/0, celui du sexe féminin de 109,6 0/0 ; et, de 1895 à 1907, l’augmentation a été de 37,6 0/0 pour lesjjremiers, de 50,6 0/0 pour les seconds, tandis que l’ensemble du personnel des établissements s’accroissait luimême de 41,5 0/0. Les forces de travail de la femme ont
II donc trouvé, au cours des dernières dizaines d’années, un
Il emploi relativement plus fréquent que celles de l’homme..
1 Dans l’industrie au sens étroit, y compris les mines et le
J bâtiment, le nombre des individus occupés du sexe fémi- i
nin s’est augmenté de 39,5 0/0 entre 1895 et 1907, celui du sexe masculin de 34,6 0/0, tandis que la plus-value pour l’ensemble atteignait 35,6 0 /O ; les chiffres absolus- I étaient pour le sexe féminin: en 1895: 1.558.339; en 1907 :
2.173.038 ; et pour le sexe masculin : en 1895: 6.442.164; en 1907 : 8.679.835. La même constatation s’impose don& ici que pour l’ensemble de l’activité industrielle, et il est à ,
remarquer que la situation du sexe féminin dans le travail J
industriel ne s’est nullement améliorée. Le nombre des j
entrepreneurs, chefs d’exploitations ou fermiers, du sexe !
féminin a décru de 1,1 0/0, les chiffres absolus étant, pour |
1895 ; 503.875 ; pour 1907 : 499.645 ; celui des employés- i
! du sexe féminin a augmenté de 454,9 0 /O, leschiffres absolus [
étant, pour 1895 : 9.502; pour 1907 : 52.726; celui des 1 ouvrières a augmenté de 48,7 0/0, les chiffres absolus |
étant pour 1895 : 943.859 ; pour 1907 : 1.403.636 ; celui i
des individus faisant partie de la famille et l’aidant de
110 CHAP. VIII. RÉGLEMENTATION DE l’iNDTSTRIE PAR.l’ÉTAT
leurs gains a augmenté lui-même de 123,5 0 /O, les chiffres absolus étant pour 1895, de 101.103, et pour 1907, de 226.031. Les groupes d’industrie dans lesquels le travail des personnes du sexe féminin joue un rôle essentiel sont : 1° les industries du nettoyage, aA-ec 54,6 0/0 des individus occupés, soit 139.433 contre 60,3 0 /O en 1895 ; 2° le textile, avec 51,3 0/0, soit 558.381, contre 46,4 0/0 en 1895 ; 30 le A'êtement, avec 47,5 0/0, soit 619.599 contre 42 0/0 en 1895 ; 4° la papeterie, avec 34,4 0 /O, soit 79.486, contre 31,2 0/0 en 1895 ; 5° l’alimentation, avec 27 0 /O ou 335.551, contre 20,2 0/0 en 1895 ; 6° l’industrie de la pierre et des carrières, avec 10,9 0/0, soit 84.428, contre 9,4 0/0 en 1895 ; 70 la métallurgie, avec 8,8 0/0, soit 83,182, contre 6,9 0/0 en 1895. Le nombre total des personnes du sexe féminin occupées dans toutes sortes de professions à l’exception des services domestiques, était, en 1882, de 4.259.103 ; en 1895, de 5.264.393 ; en 1907, de 8.243.498, et le sexe féminin était représenté dans le pourcentage général à cet égard, en 1882, par 24,15 0/0 ; en 1895, par 25,34 0/0 ; en 1907, par 30,72 0/0. Parmi les personnes professionnellement occupées du sexe féminin, on comptait, en 1907, 2.808.864 femmes mariées ou séparées, 1.000.472 veuves ou divorcées, c’est-à-dire 46,2 0/0 du total général féminin.
Une comparaison internationale publiée par le Reichsarbeitsblatt, et portant sur les établissements assujettis à’ l’inspection de l’industrie a montré qu’en 1907 : en Allemagne, 21,2 0/0 ; en Grande-Bretagne et Irlande, 32 0/0 ; en France, 22,5 0/0, de toutes les personnes occupées dans l’ensemble des branches de l’industrie appartiennent -au sexe féminin. D’après les rapports des fonctionnaires -allemands de l’inspection de l’industrie, il existait, en 1902, 860.087 ouvrières de plus de 16 ans ; en 1908,
1.150.033 ; en 1909, 1.190.241. En considérant l’année 1902 comme égale à 100, le nombre des ouvrières était monté, en 1908, à 134, et en 1909, à 138. Dans le groupe des industries de l’alimentation, le nombre des ouvrières a, depuis 1902, augmenté sans interruption, passant de 126.905 à 168.310 en 1909, soit dans le rapport - de 100 •à 133. Dans le textile se manifeste également, abstraction ■faite de l’année 1908, un accroissement semblable, de 363.763 en 1902 à 412.089 en 1909, soit de 100 à 113. Dans l’industrie de la pierre et des carrières, le chiffre maximum des ouvrières occupées a été de 68.536 en 1908. Depuis, il -a diminué, un arrêté du 31 mai 1909 ayant restreint l’emploi des ouvrières dans les carrières et l’extraction de la pierre. D’ailleurs, les circonstances défavorables de l’année 1908 avaient provoqué d’elles-mêmes un recul de la main-d’œuvre féminine (1).
(1) Stat. d. Deutschen Reiches, p. 202, 203 (1910) ; J. SilberxiANN, Die Frauenarbeit nacli den beiden letzten Berufszahlungen, dans le Jahrb. /. Ges., 35, p. 721 et suiv. ; L. Pohle, Frauenfabrikarbeii und Frauenfrage, 1900 ; E. Gnauck- Kühne, Arbeiterinnenfrage, 1905 ; R. Wilbrandt, Die Fraiien- ■arheit als Problem des Kapitalismiis, 1906 ; Schr. d. standigen Ausschiisses z. Fôrderimg der Arbeiterinneninteressen, depuis 1909 ; A. Retzbach, Die gewerbliclie Arbeiterinnenfrage, 1910 ;
• Rose’ Otto, Ueber Fabrikarbeit verheirateter Fraiien, 1910 ; J. Simon, L'omrière, 1861 ; Stieda, Frauenarbeit, dans le Jahrb. /. Nat., 3« F., 2, p. 189 ; Leroy-Beaulieu, Le Traml des femmes au xix® siècle, 1873 ; Caroline Milhaud, L ouvrière en France, 1907 ; Le travail des femmes en France, dans le Musée social, 1902 ; Documents et Mémoires, p. 321 et suiv. ; Reichsarbeiterblatt, 8 (1910), p. 911 et suiv. ; 9 (1911), p. 104 <et suiv.].
112 CHAP. VIII. RÉGLEMENTATION DE l’iNDUSTRIE PAR l’ÉTAT
La fixation par l’État d’une durée maximum du travail, meme pour les adultes hommes, a été accueillie avec enthousiasme par la plupart des réformateurs sociaux catholiques. Elle repose sur l’idée exacte, qu’une société avee beaucoup de production et peu de loisirs est aussi barbare qu une autre avec beaucoup de loisirs et peu de production (Leroy-Beauheu). Même au point de vue matériel, la pemstance d’un travail excessif représente une violence - qui, à la longue, corrompt infailliblement le travail luimeme Mais une loi d’État en pareille matière ne me semble désirable que là où la classe ouvrière mène une existence trop restreinte ou trop 'dégradée pour songer à s’aider elle-meme par le moyen le plus immédiat de l’association (1). L’immixtion de l’État dans les libres mouvements de l’industrie est en soi un mal. Elle rabaisse l’ouvrier qui dépasse la moyenne, et restreint la possibilité des besoins extraordinaires. On ne devrait y avoir recours que s’il était nécessaire de prévenir, en y faisant appel, un mal autre et plus considérable (2). La journée normale de ira^ vail^ devrait, en tous cas, varier très fortement pour les métiers divers, en raison de la grande différence d’intensite des efforts qu’ils exigent (Vol. I, § 128,6). Plus un travail est mécanique, moins il doit être long, si on ne veut qu’il tourne à l’abrutissement de l’ouvrier. Cette consideration doit primer dans les occupations où il pourrait résulter de celui-ci un danger pour le bien général. Un maximum de la journée de travail offre donc le moins, d’inconvénients, se trouve même indispensable pour le service des chemins de fer par exemple (3). Si le maximum