‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 97 sur 155 · B. DURÉE DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

B. DURÉE DU TRAVAIL

■universel de la journée de travail a été tant vanté comme rendant la surproduction plus difficile et empêchant les crises de débouchés, ce ne peut être au plus exact que pour celles de ces crises qui ont à leur base un excès de la spéculation.

[On entend par journée normale de travail, \me institution de la politique de protection et de salaires, qui a pour but d’exiger de l’ouvrier une production déterminée dans une limite de temps, en lui garantissant pour celle-ci un certain salaire. Le maximum de la journée de travail doit avoir ce sens, que l’État fixe à l’exploitation de la force ouvrière de simples bornes, qui ne peuvent être franchies qu’à des occasions spéciales (Schaeffle). Il ne faut pas perdre de vue la raison pour laquelle l’expression « journée normale de travail » doit appeler nécessairement l’idée d’un salaire normal. C’était là la pensée de Rodbertus, qui distinguait la journée normale horaire de travail et la journée normale utile de travail. Mais la réalisation de cette pensée ne saurait se concevoir que dans l’État socialiste de l’avenir, tandis qu’il est possible néanmoins de se représenter une journée de travail, que la loi réglerait dans l’intention d’établir une situation, normale autant que possible, sur la base de la constitution actuelle de la société. Heinrich von Treitschke pouvait dire incidemment, qu’un ouvrier de fabrique n’avait besoin d’aucuns loisirs parce que celui-là seul les saurait employer, qui sait parler le langage des Muses. Mais en face de cette affirmation, il faut apercevoir la portée de la fixation universelle de la journée normale de travail, en ce qu’elle donnera à l’ouvrier l’occasion de diriger ses goûts, une fois sa dure tâche accomplie, vers quelque chose de plus élevé que la satisfaction de ses besoins corporels. En Allemagne, paraît être principalement passée dans les habitudes une Roscher II. 8

114 CHAP. VIII. RÉGLEMENTATION DE l’iNDUSTRIE PAR l’ÉTAT'

journée de travail effective de 11 à 12 heures, mais avec une tendance simultanée et prédominante à la raccourcir.. L’imprimerie a été la première à donner le bon exemple, et un tarif conventionnel du 1®^ juillet 1896 y a proclaméla journée de 9 heures. Les peintres, sculpteurs, lithographes, relieurs, cartonniers, ont aussi réalisé une diminution de la durée de leur travail, qui, il y a peu d’années encore, aurait été impossible. Le Conseil fédéral s’est vu conférer, par la novelle de 1891, le pouvoir de fixer, pour les industries où la prolongation excessive de la tâche journalière semblerait compromettre la santé des ouvriers, la durée, le début et la fin du travail autorisé. 11 en a fait usage le 4 mars 1896 pour les boulangers et pâtissiers. En Autriche, l’exécution de la mesure introduisant la journée normale de travail de 11 heures, pour les entreprises exploitées suivant le mode des fabriques, laisse à désirer. En Suisse, la journée normale de travail de 11 heures fonctionne à la satisfaction générale. On s’efforce de l’abaisser encore, en arguant des succès qu’elle a obtenus jusqu’ici. Toutefois, les rapports les plus récents de l’inspection du travail font connaître qu’il est encore assez souvent accordé des prolongations au delà de 11 heures de la durée journalière du travail. La Hollande, le 13 janvier 1894, a fixé à 11 heures la journée normale de travail pour les ouvriers au service des communes. Le mouvement en faveur de la journée de huit heures, qui existe dans les colonies d’Amérique et dans quelques-uns des États de l’Union, va en s’accentuant. En Allemagne et en Angleterre on en a fait des essais probants. En particulier, la journée de 8 heures, introduite dans les ateliers d’optique de la firme Cari Zeiss d’iéna, par le professeur Abbe, a donné de brillants résultats. Le système du tiercement de la journée en trois équipes, avec une durée de travail de 8 heures, au lieu du.

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