‹ Économie industrielle [microform]Chapitre 98 sur 155 · B. DURÉE DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

B. DURÉE DU TRAVAIL

dédoublement en deux équipes, de 10 heures de durée effective de travail, tel qu’il a été tenté dans une fabrique d’acide sulfurique à Engis, a fourni des résultats très dignes d attirer 1 attention. La question de la possibilité de généraliser la réduction à 9 ou 8 heures sans causer d’inconvénients économiques ne saurait être immédiatement résolue. Les méthodes d’appréciation physiologicopsycho logiques de la fatigue ne suffisent pas à établir nettement dans quelle mesure la durée du travail, ou d’autres circonstances, diminuent progressivement la capacité productive du travailleur. 11 est parfaitement exact que les progrès de la technique auront voix décisive ; ils permettront, en effet, de construire des machines d’un rendement supérieur, à l’aide desquelles il sera possible en un temps moindre, d’obtenir un même résultat. D’après les expériences anglaises, on constate un accroissement de la force productive, de la régularité, de l’application, une amélioration de l’état sanitaire des ouvriers. On possède, sur l’augmentation de la capacité productive après réduction de la durée de travail, des observations intéressantes dans le district charbonnier de Rossitz. En Italie, en février 1895, le ministère de la Marine a introduit dans tous les ateliers de son ressort la journée de 8 heures. On peut considérer comme toujours applicable à celle-ci ce que Gustave Cohn dit à propos de la journée normale de travail ; qu’elle est « un mot qui sonne la confiance, mais dont le contenu demeure problématique » (4).]

(1) La proposition de loi de lord Ashley, en 1833, a été restreinte, dans la loi de lord Althorp, aux femmes et aux enfants.

n fait, la liaison étroite du travail des hommes, des femmes et des enfants dans une même fabrique, a fait se répercuter e ces deux dernières catégories sur la première, la limitation

ail

116 CHAP. VIII. RÉGLEMENTATION DE L’INDÜSTRIE PAR l’ÉTAT

de la durée du travail. Les dispositions prescrites en faveur des unes touchant le nettoyage, la ventilation, etc., n’ont pas manqué non plus de profiter à l’autre. Aux Etats-Unis, la journée normale de travail, fixée à 10 heures depuis 1840 et à 8 heures depuis 1868, n’a trait qu’aux travaux entrepris pour le compte de l’Union. En Allemagne, ce serait normalement le premier pas dans une direction semblable, si l’Etat garantissait aux ouvriers occupés immédiatement par lui-même, au moins le repos du dimanche, que des motifs si nombreux rendent nécessaire ! En Suisse, Claris avait introduit, en 1864, un maximum de 12 heures, réduit à 11 en 1872. Le canton de Bâle- Ville fixait 12 heures en 1869, jusqu’à ce qu’en 1877, la journée de 11 heures soit devenue la loi pour la Suisse entière {Zeitschr. f. Staatsw., 39, p. 600).

(2) L’agriculture, par exemple, avec ses interruptions naturelles causées par les saisons, la température, etc., devrait être traitée tout autrement que la fabrique au point de vue du travail. La majorité des artisans tient pour inadmissible une fixation légale de la durée du travail. Les tailleurs pensent à ce propos à la « saison », au même titre que les fourreurs ; les bouchers et les boulangers ne peuvent se constituer de réserves à travailler. Les menuisiers doivent souvent fournir un cercueil sans délai. Les meuniers dépendent du vent ou de l’eau {Ber. der Zittauer Hendelskammer, 1890, p. 31 et suiv.).

(3) [En Angleterre, on avait reconnu, dans les chemins de fer, les inconvénients de la durée excessive du travail. En 1871 quatre ou cinq cents employés de la Compagnie du Midland, se plaignaient d’être obligés de travailler de 12 à 15 heures par jour, et le dimanche généralement jusqu’à 14 heures ; pour les chefs de train, c’était même de 15 à 17 heures. Cette constatation conduisit à l’institution par le gouvernement, entre 1870 et 1880, de deux grandes commissions d’enquête. Mais celles-ci décidèrent que c’était aux adultes de veiller euxmêmes à leurs intérêts, et on ne put aboutir à une loi. Les organisations syndicales des employés de chemins de fer d’Angleterre et d’Ecosse ne parvinrent pas davantage, pen-

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