DEVELOPPEMENT DE L INDUSTRIE EN GE>'ERAL
V industrie proprement dite suppose une civilisation déjà en progrès dans ses besoins comme dans ses facultés. Elle appelle notamment un développement de la production des subsistances qui crée un excédent sur les besoins du producteuT* lui-même. Elle demande un raffinement dans la consommation, à laquelle les produits domestiques accessoires ne suffisent plus (1). Ceux-ci sont d'ordinaire l'œuvre du personnel féminin de la maison, le travail principal demeurant l'affaire des hommes (Vol. II, § 7). Aussi semblet-il bien qu'à titre de professions indépendantes se sont manifestés tout d'abord les métiers généralement trop durs pour des femmes (2, 3). Toute industrie suppose en outre une certaine densité de population sans laquelle on ne saurait songer à une division convenable du travail, ainsi qu'une certaine quantité de capital, à l'égard de laquelle
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^n particulier les moyens de communication jouent um grand rôle. En effet, la division du travail entre la production brute et l'industrie au sens étroit commande toujours une certaine concentration de cette dernière, et impose de la sorte aux produits finis, comme aussi et plus encore aux subsistances et aux matériaux à transformer, toutes sortes de difficultés de transport. — C'est une opinion totalement erronée que de croire, comme surtout au xviii^ siècle de si nombreux économistes (4), que la marche naturelle du développement des principales branches de l'économie sociale amène tout d'abord l'agriculture à la maturité ; puis ensuite, lorsque l'agriculture elle-même est pour ainsi dire parvenue à un état de saturation, que les forces nouvellement constituées par le capital et le travail affluent habituellement vers l'industrie ; puis enfin que le commerce extérieur forme le stade final. En réalité, la plupart des peuples ont suivi des voies différentes. L'agriculture, après avoir atteint un certain degré, toujours fort peu élevé d'ailleurs, est restée pendant des siècles immobile. Dans l'intervalle, à des places spéciales favorablement situées, le commerce extérieur et le commerce d'entrepôt sont devenus florissants. A ces débuts d'une vie urbaine supérieur« s'est rattachée dans la suite la première industrie proprement dite. Puis, les villes à leur tour ont réagi sur l'agricul"ture en réveillant celle-ci de son sommeil prolongé et en ont provoqué la croissance grâce à leur création de forces de capital et de travail (5). Bien souvent, la « sainte nécessité » apparaît comme « l'éducatrice des arts ». C'est yrai tout particulièrement de l'industrie qui, de tout temps, s'est trouvée, plus que l'agriculture, éloignée de l'âge de Saturne, où la nature offrait ses présents sans contrainte (Vol. II, § 22) (6). [On peut admettre en gros, que le métier proprement dit, c'est-à-dire le travail professionnel de ma-