HYPOTHÈSES, DEBUTS
pidement puissant dans le commerce que dans la fabrique (voir Held, Soziale Geschichte, 566).
(5) Le grand commerce d'exportation des laines de l'Islande à la fin du moyen âge a son origine, d'une part, dans le superflu de Tile en laine brute et en heures de loisir durant l'hiver ; d'autre part, certainement aussi dans le besoin intense de m.archandises étrangères, que devait éprouver un peuple colonial relativement alors si cultivé au milieu d'une nature" si avare (K. Maurer, Island, 409, 421 et suiv.) ; [E. Baasch, Die Islandsfahrt der Deutschen, p. 58, 71 et suiv.]. — Aujourd'hui, le soutien le plus ferme de la grandeur industrielle de l'-Ajogleterre est sa richesse en houille. Mais la défense d'Edouard 1^^, de brûler à Londres ce combustible, parce qu'il corrompait l'air, a été renouvelée après lui et n'est tombée tout à fait dans l'oubU que sous Charles ï^^. En 1620 encore, les fonderies de fer de Lord Dudley, fonctionnant au charbon de terre, furent détruites par la populace. C'est seulement en 1740, qu'à la suite de la cherté croissante du bois, la consommation de la houille passa à 17.000 tonnes annuellement, eL à 22.000 en 1750. (MaccuLLOCH, Stat.Acc, I, 569, 579). C'est ainsi encore que l'industrie cotonnière saxonne date de la guerre de Sept ans, qui apporta des entraves à la fabrication du drap et de la toile et causa en même temps la rareté des cotonnades indiennes. [A. KoEMG, Die saechsische Baumwollindustrie, 1899 ; G. Groel- . LiCH, Die Baumwollueberei der saechsischen Oberlausitz, 1911]. L'industrie française a reçu de la Révolution une impulsion puissante : les nécessités de la guerre appelèrent dans les ateliers une foule de savants, et beaucoup de découvertes furent faites qui eurent une fécondité durable.
(6) L'opinion émise par K. Buecher dans son ouvrage Ueber Entstehung der Volksmrthschaft, 1893, p. 81 et suiv.), que la production salariée représenterait un échelon antérieur au métier proprement dit, ne peut se soutenir. Elle a été combattue, notamment par vo>- Below dans la Historische Zeitschrift, neue Folge, 50, et par W. Sombart dans Der moderne Kapitalismus, 1902. p. 92.
120 CHAP. I. DÉVELOP. DE l'iNDUSTR. EN GENERAL
L'industrie se rattache dans sa structure la plus intime à la vie de la cité, qui sans elle ne serait que très exceptionnellement en état de nourrir une agglomération d'hommes de quelque importance (voir ci-dessus, § 4, et vol. II, § 19 et suiv.) Les industries accessoires elles-mêmes, qu'on qualifie volontiers d'agricoles, prennent d'ordinaire naissance d'abord dans les villes, à cause du besoin restreint qu'on a de leurs produits et du prix élevé qu'ils atteignent. Elles émigrent ensuite vers la campagne, mais retournent finalement le plus volontiers à la ville lorsque leurs déchets viennent à y trouver un marché rémunérateur (1). [En outre, le développement industriel est placé sous la dépendance de la constitution agraire. Les régions de grande propriété sont industriellement moins développées que celles où la moyenne et la petite propriété occupent une place prépondérante. Les premières, en effet, ne manifestent pas un pouvoir d'achat et d'absorption des productions journalières égal à celui des secondes. En Allemagne, on peut observer que la Posnanie, la Prusse orientale et occidentale, la Poméranie, ainsi que le Mecklenbourg, dans lesquelles la grande propriété domine, ne témoignent que d'une industrie relativement peu importante]. L'industrie est en étroite réciprocité d'effets avec la liberté personnelle. Dès que la première se développe, s'affaiblit le principal soutien du servage, c'est-à-dire l'impossibilité de se nourrir où se trouvent, dans l'état agricole élémentaire, les non propriétaire3 du sol. D'autre part, c'est la liberté seule des classes inférieures qui crée les ouvriers habiles et laborieux en nombre suffisant aux besoins d'une importante industrie.