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CHAP. II. EMPLACEMENT DES BRANCHES DE L'INDUSTRIE

les transactions ont été, à peu près chez tous les peuplesindépendants, favorisés par la proximité de débouchés abondants et certains. Ce sont, notamment, les villes sises avantageusement au point de vue commercial, qui ont été le siège de l'industrie la plus ancienne quant à son importance (1). Le trait longtemps caractéristique de cette dernière, en dehors des grandes places de commerce en question, est son éparpillement à peu près uniforme à travers de vastes contrées, coïncidant d'une façon précise avec une dissémination des débouchés non moins égale (2). Les précieux articles de luxe, en raison de l'extension relativement faible de leur marché, n'atteignent que fort tard, ou même jamais, un degré élevé dans l'organisation de leurtravail (Vol. I, § 60). Leur production réussit donc de préféience dans les capitales grandes et riches. Pareille chose se produit à l'intérieur de presque toutes les villes importantes, où les magasins d'artic-es de luxe se pressent surtout dans le voisinage des palais des souverains, des hôtels et théâtres de premier rang, et généralement des habitants les plus riches et les plus distingués. Paris est la capitale de l'industrie de luxe pour la terre entière (3) ; de même, * mais dans une mesure moindre, Londres, Berhn, Vienne, Madrid, Saint-Pétersbourg et Moscou jouent ce rôle pour le territoire propre de leurs Etats (4). La marche du développement se reproduit pour des industries nombreuses i celles-ci demeurent, en effet, presque exclusivement renfermées dans la capitale, presque aussi longtemps que l'usage de leurs produits est contraint de se limiter aux riches ; mais ensuite, lorsqu'elles commencent à livrer des articles à l'usage de la masse, elles transportent leurs établissements à des endroits où les avantages de production sont prépondérants. Des exemples en sont fournis par l'histoire de la fabrication des tentures, de la porcelaine et

des miroirs, par celle de l'ébénisterie de luxe, et d'une façon particulièrement nette, par celle de l'industrie anglaise de la soie (5, 6). La fabrication des chapeaux de luxe, des châles, des voitures, celle de la pelleterie, de la passementerie et de l'orfèvrerie sont principalement de même cantonnés dans les capitales (7). Mais, par contre aussi, la mercerie cherche le plus volontiers l'emplacement de sa production à proximité des avantages de consommation (8, 9). En effet, elle ne se prête pas à une organisation du travail très développée, parce que ses dépôts de vente doivent être assortis d'une quantité considérable de petits objets de détail qui, pas plus au point de vue de leur production qu'à celui de leur consommation, ne possèdent entre eux de liaison bien grande. C'est également d'ailleurs pour ce motif, que ses débouchés continuent, pendant un temps fort long pour l'esprit de notre époque, d'être assurés par le colportage. Enfin, i'obhgation de se maintenir à proximité de leurs débouchés subsiste encore pour les branches d'industrie dont l'organisation du travail est élémentaire, en raison de ce qu'eues ne procurent à la matière brute très répandue et difficilement transportable qu'elles mettent en œu\Te, qu'un surcroît de valeur d'une importance minime (10) (Voir plus loin, §§ 118, 120).

(1) Lindustrie lainière anglaise était encore, sous Henri IV, principalement concentrée à Londres. Dans la suite, elle émigra sccessivement, en raison du meilleur marché de la vie, dans les comtés de Surrey, de Kent, d'Essex, de Berkshire et d'Oxford, puis, plus loin encore, dans ceux de Dorset, de Wilt, de Gloucester, de Somerset, et enfin dans le comté d'York, où l'attiraient des avantages de production prépondérants. C'est également à Londres qu'eurent lieu la première fabrication du savon fin en 1521, des miroirs en 1557, la première impression sur calicot en 1676. A un degré élevé de civihsation, les avantages

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éminents d'un emplacement commercial n'ont pas toujours et absolument favorisé la prospérité de l'industrie. Ainsi, par exemple, la situation de Newcastle n'a incité d'une façon prédominante qu'à l'exportation de la houille, tandis que les agglomérations les plus importantes de fabriques se trouvent en Angleterre sur le charbon même, que l'on ne pouvait guère employer utilement d'une autre façon que pour ces fabriques.

(2) Le fer limoneux de qualité inférieure a fait autrefois, en ibien des lieux où on le dédaigne aujourd'hui, l'objet d'une exploitation et d'une fabrication intenses : ainsi dans le Jütland, en Scandinavie, en Islande (Weinhold, Altnordisches Leben, "96 ; Tharup, Daenische Statistik, 1, 52, 303). Aux derniers siècles du moyen âge, la Flandre et les pays du Bas-Rhin ont été les sièges principaux de l'industrie d'exportation des draps. Toutefois, dans presque toutes les autres régions de l'Allemagne, surtout dans le Nord-Est, où abondent les moutons, il a existé à côté, une industrie lainièl-e locale {Jahrb. f. Not., 6, p. 228 et suiv.).

(3) Paris est, depuis de nombreux siècles, la capitale du plus centralisé des grands États européens. Il est précisément aussi, pour cette raison, la capitale du monde européen de la mode, et ceci, dès l'époque de François I®^ Des avantages considérables €t absolus sont apportés, par la possession d'un semblable empire de la mode, à l'endroit ainsi favorisé, et par là même, des ■erreurs peuvent, de temps à autres, s'y transformer en des succès retentissants (Voir Comptes rendus, 1863, IV, 144 et suiv., i864, II, 460). Rome avait, depuis le moyen âge, presque seulement une industrie de luxe à laquelle coopéraient sa situation de capitale religieuse, ses trésors et parfois aussi ses efforts artistiques.

(4) En Angleterre, les boutons de métal sont dorés à Londres, en moyenne trois fois plus fortement qu'à Birmingham (Jacob, Consumption and production of the precious metals, ch. xxvi). La plupart des plumes d'acier viennent de Londres et de Birmingham, mais les meilleures sont faites à Londres. Une situation semblable existe entre l'industrie des armes de Birmingham

et celle de Londres, entre l'industrie de la serrure de Wolverhampton et celle de Londres. En France, les montres de luxe ^ont, pour la plupart, confectionnées à Paris, celles ordinaires dans le Jura, le Doubs et l'Ain. Les fusils de luxe sont fabriqués à Paris, ceux destinés à Tarmée à Saint-Etienne et à Tulle.

(5) En Angleterre, jusqu'en 1824, la soie^ à cause de l'élévation des droits de douane sur la matière brute, était si bien l'apanage des classes riches que le meilleur remède aux crises de la consommation passait pour être la fixation d'une fête à la Cour. Aussi sa fabrication se trouvait-elle à peu près seulement domiciliée à Londres et ses environs, à la- rigueur encore dans le comté de Somerset, à cause du luxe de la ville d'eaux de Bath, et jusqu'en 1800 à Dublin, en raison de la présence du Parlement d'Irlande. Lorsque la soie perdit en 1821, par suite de l'abaissement considérable des droits de douane, son caractère d'objet de luxe, les nouvelles et nombreuses fabriques s'établirent de préférence dans les régions qui offraient déjà aux autres branches de l'industrie textile des avantages de production si précieux. Par contre, l'industrie de la soie n'a guère d'importance, en Autriche, qu'à Vienne ; en Russie, qu'à Moscou, Saint-Pétersbourg et Varsovie. [H. Deutsch, Die Entwickelung der Seidenindustrie in Œsterreick, 1660-1840, (1909) ; H. Koch, Geschickte des Seidengewerbes in Koeln, 1907].

(6) Aussi longtemps que les tentures en cuir, en soie, etc., ont été principalement un article de luxe à l'usage des riches, leur fabrication a été surtout liée à la présence des Cours : citons comme exemple les tapisseries de Raphaël, des Gobelins, Dans ces derniers temps, cette industrie se porte de plus en plus à proximité des lieux où s'opère l'impression. — Les fabriques de porcelaine se trouvent presque partout aux débuts dans le voisinage de la Cour du souverain, à Sè^Tes, Meissen, Berlin, Nymphenbourg, Cassel, Vienne, Londres et Saint- Pétersbourg. Lorsque la civilisation devient plus avancée, la prépondérance passe aux régions où abondent les riches gisements de kaolin en même temps que le combustible : Derby et Worcester, la Haute- Vienne, la Gironde et le Var, la Thüringe

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et la Silésie, la Bohême. — Les glaces de grandes dimensions ne pouvaient autrefois, en raison déjà de leur fragilité, être, en général, étamées que non loin de leurs lieux de vente, à Paris, Saint-Pétersbourg, Venise, Saint- Ildefonse, etc. [Depuis le perfectionnement des moyens de transport et de la division du travail, des régions comme les départements de l'Aisne et de la Saône-et-Loire en France, du Lar.cashire, de Birmingham et de Newcastle en Angleterre, des montagnes de Bohême, des villes de Berlin, Francfort-sur-Mein et Aix-la-Chapelle en Allemagne, sont devenues des centres principaux de fabrication. Dès 1801, Nuremberg était un lieu de vente d'une certaine importance pour les glaces brutes, en même temps qu'un centre de production pour leur affinage. Les expéditions s'étendaient au Portugal, à l'Espagne, à la Russie, au Danemark, à l'Angleterre, à la Hollande, au Levant et à l'Union nord- américaine (Roth, Geschichte des N umher gischen Handels, 1801, 2, p. 162). Aujourd'hui, la capitale de la production des miroirs au mercure, qui régente le marché mondial est, en Bavière, la ville industrielle de Fürth, où ne se rencontrent pas moins de trentedeux établissements d'étamage (Schoenlank, Dit Fürther Quecksilber-Spiegelbelegen, 1888, 46)]. — En France, Yéhétiisierie d'art, antérieurement à la Révolution, n'existait guère qu'à Paris. Depuis, les classes moyennes s'étant mises à utiliser ses produits, elle s'est répandue dans beaucoup d'autres villes (Chaptâl, Industr. Fr., II, 199). Elle est représentée, en Allemagne, en dehors de Berlin, également à Munich, Stuttgart, Mayence, Hambourg, Erfurt ; enfin, à Vienne et à Londres. La confection en lingerie et vêtements a été tout d'abord provoquée par de riches marchands ne faisant qu'un séjour temporaire à Paris, à Berlin, à Vienne ; elle a été plus tard en Saxe, dans le Vogtland, l'objet d'une imitation couronnée de' succès. [J. Feig, Hausgewerbe und Fabrikbetrieb in der Berliner Waescheindustrie, 1896]. Bein, Die Industrie des saechsischen Voigtlandes, 1884, II, 401), etc.

(7) Paris, qui dès l'époque de Colbert, fournissait de chapeaux tout le monde de la mode, produit presque la moitié des cha-

peaux français. En Angleterre, les chapeaux sont fabriqués à Bristol, Manchester, Liverpool, Glasgow, et surtout à Londres ; en Autriche, à Vienne et Prague ; en Saxe, à Dresde, Leipzig, Chemnitz ; [en Prusse, en 1907, sur 5.110 confectionneurs de chapeaux de feutre et de casquettes, il en existait, à Berlin, 4.417]. L'Amérique du Nord exportait encore, aux environs cle 1800, toutes ses peaux de castor en Angleterre ; dans tout le sud des États-Unis, il n'existait de fabriques de chapeaux <ju'a Baltimore (Ebelixg, Geschichte und Erdbeschreibung von Nord-Amerika, 4, p. 401, 5, p. 414). Les chapeaux de paille, qui n'avaient aucunement été, à l'origine, un article de luxe, s'étaient répartis, suivant les avantages de leur production, dans les régions riches en grains de Buckingham, Essex, Hertford, de rArgo\'ie, du Tessin, de Fribourg, de la Toscane, ainsi qu'à Venise et sur le sol crayeux de Maëstricht. Les chapeaux dits « Panamas », dont Guyaquil exportait, en 1855, pour plus -de 830.000 pesos (Wappaeus, Mittel-und Süd-Amerika,^. 550 et suiv.), s'étaient développés, en raison des besoins du climat et de la grande richesse locale en paille de palmi«* propre à leur fabrication, sur la côte nord de l'Amérique du Sud. [En Allemagne, la fabrication des chapeaux de paille est, depuis 1882, en recul marqué comme industrie à domicile, mais elle s'est aujourd'hui implantée de préférence en -Vlsace-Lorraine. Elle occupe, dans ce pays, sur un total pour l'Allemagne de 8.946 ouvriers, 263 d'entre eux, contre 1.839 pour la Saxe et 1.636 pour la Ba- . .ère méridionale]. — En France, les châles fins sont, en général, fabriqués à Paris, ceux de qualité moj^enne à Lyon, ceux ordiires à Nîmes. L'industrie des chapeaux de paille, autrefois :3 prospère à Vienne, est,- depuis 1840, en forte décadence, rallèle à celle de la souveraineté viennoise en matière de modes {Œsterr. Ausst. Bericht von 1873, 54, p. 36 et suiv.). Une grande prospérité de la pelleterie se manifeste à Leipzig, où elle occupait, en [1895: 1.161 personnes du métier sur 3.443 pour l'ensemble du royaume de Saxe, et, en 1907, 1.886 sur 4.643]. La région n'offre cependamt pas d'avantages de production notables, et cette prospérité n'est que la conséquence, et non la

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cause, de ce que Leipzig est le centre du commerce continental des fourrures. [Buddevs, Leipzigs Rauchwarenhandel und Industrie^ 1891 ; J. H. Heiderich, Das Leipziger Kürschnergewerbe, 1897]. — Pour la passementerie, Paris en produit les cinq septièmes, ainsi qu'au moins les trois cinquièmes de l'orfèvrerie. Parmi les nombreux exposants de bronzes en France, en 1867, il n'y en avait qu'un qui n'appartînt pas à Paris {Œsterr. Ausst. Bericht, 4, B, p. 92, 103).

(8) La bimbeloterie est fréquemment l'apanage des grandes villes d'eaux, comme le montrent, en Angleterre, la Tunhridgeware^ et, en Belgique, les ouvrages de Spa. Les baigneurs fortunés tiennent particulièrement à rapporter un « souvenir ». Il en est de même pour les lieux de pèlerinage. C'est ainsi que la Mecque, avec la foule de ses pauvres visiteurs, a une production industrielle à peu près limitée aux cruches, pour l'eau sainte de Zemzem, aux suaires, aux coussins pour les innombrables malades ; il y existe également beaucoup de graveurs, parce que chaque pèlerin fait graver sur son cachet le mot « Hadji ».

(9) A Nuremberg, Roth {Gesch. des Nürnberger Handels, II, 293 et suiv.) comptait déjà 414 articles différents de mercerie.

(10) Il en est ainsi de l'industrie des fours à chaux, de celle de la brique, de la poterie grossière, de la cidrerie, par exemple, dans le sud-ouest de l'Angleterre et le nord-ouest de la France, et de la plupart des fabriques d'engrais divers. Dans l'antiquité, il existait toujours pour la poterie commune une raison principale déterminant l'emplacement de sa fabrication, dans le fait que toutes les régions fortement exportatrices de vin devaient tirer de leur voisinage les récipients destinés à le contenir (Marquardt, Roem. Altert., I, 166).

Les avantages de production, lorsque rorganisation du travail est plus avancée, décident de remplacement de l'industrie. Parmi eux figurent les services inimitables et

intransportables que peut rendre un climat spécial. En dehors de ces derniers, les plus importants sont l'abondance de la matière brute, de la main d'œuvre humaine et surtout de ce qu'on appelle les capitaux. Il faut, à ce propos, étabhr une distinction entre le meilleur marché des prix en présence d'une quahté à peu près égale, et la meilleure qualité en présence d'un prix sensiblement identique. Lorsque les trois facteurs qui précèdent ne désignent pas le même emplacement de production, le facteur qui doit l'emporter est celui duquel la détermination du prix du produit dépend le plus (1). La proximité de la matière brute (2) possède, toutes choses égales d'ailleurs, pour le choix de l'emplacement, une importance d'autant plus grande que la perte de poids résultant de la fabrication, de la séparation des déchets en d'autres termes, est elle-même plus considérable. Ainsi l'industrie des métaux précieux est moins liée à la proximité de la mine que celle des métaux communs ; le tissage peut se trouver plus éloigné des centres de production de la matière première que la filature ; la fabrication de la dentelle au fuseau que celle de la toile à voile. L'abondance de la main-d'œuvre ne dépend pas seulement de la densité de la population et de la civilisation de la société, mais fréquemment aussi de ce que les hommes peuvent, en dehors de la branche industrielle dont il s'agit, avoir ou non encore d'autres occasions de s'occuper d'une façon lucrative (3). Sous l'idée de capifaZ se rangent enfin, en dehors des circonstances générales dont dépend l'élévation du taux de l'intérêt usuel dans le pays, tout particulièrement encore deux espèces de capitaux particuhcres et essentiellement productives, les machines et les moyens artificiels de communication. Il faut y ajouter les éléments et les forces delà nature que requiert leur utihsation, notamment les chutes d'eau et les approvisionnements en combustibles (4, 5).

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(1) D'après le livre de Ciiaptal, V Industrie française (1819), (vol. II), la valeur de la soie brute, par sa mise en œuvre et par sa filature, augmente dans le rapp ort moyen de 15 à 23 ; ce capital est lui-même ensuite, par le tissage et la fabrication au métier ordinaire, à nouveau doublé, et même au moins triplé si l'ou- ATage présente plus de finesse. Le travail sans teinture de la laine augmenterait la valeur du produit brut dans la proportion de 3 à 5. La valeur du lin brut serait triplée dans la toile commune. La fabrication du papier porterait la valeur du chiffon très fin au triple, celle du chiffon très grossier au sextuple. Toutefois, des tableaux de ce genre ne peuvent vraiment avoir d'exactitude que pour un degré de développement déterminé. Tandis que, d'une part, la plus grande habileté de la maind'œuvre, et surtout le perfectionnement du machinisme diminuent l'augmentation de valeur de la matière brute par suite de sa fabrication, chaque progrès de l'éducation consommatrice, d'autre part, augmentant la prétention humaine à la qualité de la marchandise, doit forcément produire un résultat opposé (Comparer B. Hildebrand, Jahrb. f. Nat., I, 249 ; VON Schulze-Gaevernitz, Der Grossbetrieh, sein wirtschaftlicher und sozialer FortschrUt, 1892).

(2) L'industrie espagnole n'a d'importance que presque seulement sur les côtes, parce que la mer y constituait autrefoisl'unique bonne route. La zone d'inactivité se rapproche d'autant plus du rivage que la valeur de la matière première est spécifiquement moindre. Le minerai de fer à 50 0/0 de teneur est susceptible d'un transport atteignant à peine deux kilomètres à dos d'âne, et cinq kilomètres en voiture, si une bonne route fait défaut {Journal des Economistes, janvier 1869, 65). En Angleterre, la fabrication de la laine (Worsted) est située en pleine région des troupeaux de moutons à longue laine.

(3) Le développement précoce de l'industrie de tant de contrées montagneuses dépend essentiellement du fait que la densité de la population y a, de bonne heure, atteint la limite où l'agriculture n'est plus susceptible d'aucun développement, lï faut encore y ajouter l'influence. des mois d'hiver pendant les-

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