‹ Economie industrielle;Chapitre 36 sur 72 · AYA^•TAGES DE PRODUCTION · texte numérisé non relu

AYA^•TAGES DE PRODUCTION

quels, enfermés et bloqués par la neige, les hommes n'ont plus que le choix entre l'ennui de la paresse ou la consécration à rindustrie de leurs heures de loisir. Ce genre d'ou%Tages entrepris pour occuper celles-ci est d'ordinaire à bon marché (Vol. I, § 168). Dans l'Amérique du Nord, la supériorité dans le travail des Etats du nord-est tient en partie à ce que leurs ports sont les premiers à recevoir le flot considérable des émigrants.

(4) La concentration grandiose de la poterie anglaise dans le district de « Potteries » du Stafforsdshire repose sur la rencontre de trois avantages : un sol d'une infécondité effrayante pour l'agriculture, mais contenant, par contre, des gisements d'argile magnifiques autant qu'abondants en spécialités ; un excellent charbon de terre au-dessous ; enfin, depuis 1860, le génie de Wedgwood, originaire de ce pays même, qui fut nécessaire pour amener à leur pleine valeur ces richesses naturelles latentes. [K. V. Scherzer, Weltindustrien, 1880, 178].

(5) Lorsque les gisements de houille de r,\llemagne Moyenne seront épuisés, la Haute-Allemagne, grâce aux forces hydrauliques dont elle dispose, regagnera peut-être la supériorité industrielle qu'elle a perdu depuis le xvi^ siècle. L'emploi de lélectricité dans le machinisme pourra conduire à un résultat analogue.

h^ industrie du bois a d'ordinaire son siège principalement dans les régions montagneuses riches en forêts. C'est aussi bien l'industrie grossière, dans les produits de laquelle la matière brute est prépondérante, que la sculpture fine, qui exige un travail important et difficile, sans toutefois dépendre beaucoup des variations si rapides de la mode dans les capitales. (1) Les contrées forestières proches de la mer se prêtent notamment à la construction de navires, surtout lorsque leur nature coloniale les oblige, en outre, à une exr

152 CHAP. II. EMPLACEMENT DES BRANCHES DE l'iNDUSTRIE

portation considérable, vers les pays d'une civilisation avancée, de produits bruts d'un grand poids (2). Plus le travail des métaux communs présente de finesse, plus il peut s'éloigner des lieux productifs de minerai et de combustible. Il en est inversement de la mise en œuvre initiale, où la place des hauts-fourneaux, etc., est le plus sûrement indiquée aux endroits où les gisements de minerai et le combustible se trouvent réunis. [Les emplacements de la métallurgie du fer se sont développés en partant du minerai. Les feux catalans étaient de façon constante établis à même sur les terrains miniers. Le transfert des fonderies vers les vallées, pour utiliser les forces hydrauliques à mouvoir les machines soufflantes et les marteaux, n'a pas eu le caractère d'un déplacement d'importance, les minerais étant toujours restés d'accès facile. C'est le développement seul de l'extraction houillère et les transformations de la technique, qui préféra successivement les minerais de teneur phosphoreuse moyenne d'abord, puis faible, et enfin élevée, qui ont apporté dans les emplacements des modifications qui ne sont pas à notre époque encore à jamais exclues. L'industrie des hauts-fourneaux de la Haute-Silésie se trouve aujourd'hui contrainte d'une manière inévitable de recourir au minerai étranger ; elle ne peut se procurer d'ailleurs celui-ci, que moyennant des frais très élevés de transport. En 1908, sur 1.155.881 tonnes de fer, ayant subi la fusion, cette industrie en avait tiré de l'étranger 702.634 tonnes. L'industrie des hauts-fourneaux rhénane-westphalienne s'était fondée, vers 1850, sur la découverte de mines de fer qui furent épuisées au bout de peu de temps. Aujourd'hui, le minerai, provenant de la région même, ne joue plus qu'un rôle très restreint. Successivement on s'est adressé aux minerais hollandais, espagnols et suédois. Sur 2.031.418 tonnes passées par les hauts-fourneaux en 1882, dans l'arrondisse-

§ 17. TRAVAIL Dû BOIS ET DES MÉTAUX COMMUNS 153

ment minéralogique de Dortmund, 1.436.929 avaient été tirés de l'intérieur et 594.489 de l'étranger. En 1900, les quantités respectives ont atteint sur 5.917.726 tonnes, 2.858.153 de l'intérieur et 3.059.573 de l'étranger. L'avenir de la sidérurgie rhénane-westphalienne repose essentielle-, ment sur la minette lorraine et le minerai anglais. Les usines tout récemment créées sur la côte maritime allemande, chantiers de Stettin, aciéries de Dantzig et de Rendsburg, hauts-fourneaux de Lübeck, Emdem, Brème, ne peuvent avoir en perspective pour leurs besoins de minerais, que ceux de la Baltique et des régions méditerranéennes. Pour la Baltique, les Etats exportateurs de minerai sont la Suède, la IVorwège et la Russie. Les chantiers de Stettin tirent leurs minerais de leurs propres fosses sises à Graengesberg, sur des vapeurs leur appartenant, moyennant 3 marks à 3 1/2 marks par tonne. Les pays méditerranéens producteurs de minerai sont l'Espagne, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Grèce et la Russie méridionale. Le fret d'Espagne vers les ports de la mer du Nord atteint 5 ou 6 marks, vers les ports de la Baltique, 6 à 7 marks et celui de Poti à Stettin, 9 à 11 marks. La situation n'est pas aussi favorable pour les chantiers maritimes en ce qui concerne le charbon. V l'égard de la couverture des besoins de combustible brut, le bassin rhénan- westphalien constitue l'unique région industrielle qui possède dans son voisinage immédiat du charbon à coke de première qualité. Sur la mer du Nord, les charbons de la Ruhr rencontrent ceux de l'Angleterre et de la Belgique ; sur la Baltique se rejoignent ceux de la Silésie, de l'Angleterre et de la Ruhr (3).] Lorsque le minerai et le combustible se trouvent séparés par de longues distances, c'est, toutes choses égales d'ailleurs, le calcul des frais de transport qui tranchera la question de savoir s'il est plus avantageux d'amener le premier auprès du second

154 CHAP. II. EMPLACEMEKT DES BRANCHES DE l'iINDUSTRIE

OU inversement. Plus la valeur spécifique du minerai s'élève, plus celui-ci peut facilement faire à cet égard des concessions (4). Les fabriques qui travaillent les produits bruts (Toutre-mer ont tendance à s'établir à proximité des ports de débarquement de ceux-ci. C'est là que le fabricant peut lui-même acheter sa matière première, et par suite, choisir plus librement entre ses diverses sortes, tirer plus aisément avantage d'un niveau des cours exceptionnellement bas. Ses approvisionnements d'hiver lui immobilisent un moindre capital qu'à ses concurrents de l'intérieur et il n'a pas à supporter jusque sur les marchés de celui-ci les frais de transport des déchets (5, 6). Quelques industries se laissent guider dans le choix de leur emplacement par certaines relations avec Vagriculture encourageant la production. Ainsi, dans la plupart des pays, la fabrication de la toile continue à se localiser dans le voisinage immédiat des lieux où sa matière première est produite. Ce n'est pas seulement pour des raisons de transport, c'est encore bien davantage parce que les particularités du fil de lin ont conservé précisément dans cette industrie, pendant une durée fort longue, l'atelier domestique en face de la machine et de la grande fabrique (§ 30). Mais l'atelier domestique se rattache lui-même d'une façon d'autant plus naturelle à la culture du hn brut, que celle-ci, sans préjudice de tous ses caractères, se rapproche elle-même davantage de l'industrie urbaine que la plupart des autres branches de l'agriculture (7). La distillation de l'eau-de-vie se développe surtout dans le plat pays qui en fournit la matière première (8). Par contre, la brasserie, comme déjà au xvi^ siècle, conserve encore un caractère principalement urbain (9). Ce contraste s'explique pour la plus grande partie par des considérations de transport, mais jouant de différents côtés. Lorsqu'un poids très important de grain

Page 1