‹ Economie industrielle;Chapitre 65 sur 72 · ÉCOLE DU LIBRE-ÉCHANGE INTERNATIONAL · texte numérisé non relu

ÉCOLE DU LIBRE-ÉCHANGE INTERNATIONAL

de l'étranger, il l'appelle néanmoins « le plus sage peut être de tous les règlements du commerce anglais «. Dans l'autre cas, le droit d'entrée n'est établi que pour équilibrer l'impôt spécial sur le produit indigène correspondant (3). Smith remarque ici avec raison que des taxes intérieures, universellement élevées et frappant également toutes les branches de la production, produisent l'effet d'une moindre fertilité naturelle, et ne rendent aucunement néc-essaires des taxes compensatrices pour le commerce extérieur (4).

Ceux qui n'ont de leur raison propre qu'une opinion modeste et jugent, par suite, avec équité de celle d'autres hommes et d'autres époques, n'admettront jamais qu'un système comme le protectionnisme, professé pendant des siècles par les théoriciens et les praticiens les plus éminents, en vigueur à certains âges de leur existence chez presque tous les peuples ayant, plus tard, atteint un haut degré de culture, ne soit en fin de compte que le résultat d'une erreur ou même d'une illusion. [On peut remarquer que les doctrines de l'école libre-échangiste n'ont été nulle part, à l'exception de la Grande-Bretagne, l'objet d'une application pratique durable, et que ce sont toujours bien plutôt les idées protectionnistes rénovées, qui se sont épanouies jusqu'au triomphe. On en concluera, comme Lexis, que ceux qui entreprennent de tirer parti des capitaux ou du sol qu'ils possèdent ont trouvé, de tout temps, des avantages plus considérables dans le protectionnisme que dans le libre-échange. Tel n'a pas été le cas en Angleterre, parce que le capital commercial, dont les intérêts vont dans un sens opposé, possède une force telle que sa voix est prépondérante dans la décision prise. Il ne faut réprouver que les exagérations du protectionnisme auxquelles ont donné lieu, tantôt une générahsation inopportune de la part des Roscher 27

418 CHAP. VI. PROTECTIONNISME ET LIBRE-ÉCHaNGE INT,

doctrinaires, tantôt l'avidité des privilégiés et l'inertie des; hommes d'Etat.

(1) P, DE LA Court a en vue, daas sa théorie du libre échange, non l'intérêt du consommateur et encore moins celui du monde entier, mais celui de la classe des commerçants [Zeitschr. f. Staatsw., 1862, p. 373). II en est de même de Sir J. Child, dans son Discourse of Trade (1690). Par contre, D. North, dans ses Discourses upon Trade (1691), peut être signalé comme libre échangiste au sens moderne du mot. « Les mesures imposéespar l'Etat n'ont jamais enrichi aucun peuple ; seuls la paix, le travail et la liberté, procurent commerce et richesse, et il ne peut en être autrement » (Postscr.). En France, le député de Lyon s'élevait bientôt, après la mort de Colbert, contre la maxime de celui-ci, « que la France pouvait se passer de tout le monde » ; il n'y aurait plus de commerce, si l'on entendait ne tirer des autres peuples que de l'argent et nulle marchandise (Clémeist^ Hist. du système protecteur^ p. 292). S^on la théorie des physiocrates, « la police du commerce intérieur et extérieur la plu* sûre, la plus exacte, la plus profitable à la nation et à l'État, consiste dans la pleine liberté de la concurrence » (Quesnay^ Maximes générales, n^ 25) ; « laissez aller et laissez passer ; le monde va de lui-même » (Mercier de la Rivièue, Ordre naturel). Cette manière de voir se rattache immédiatement à leursconceptions fondamentales du produit net et de V impôt unique, [D'après Onken {Die Maxime Laissez faire, etc., 1886), la première partie de cette proposition a été formulée, à l'époque de Colbert, par Legendre et, plus tard, plus amplement développée^' surtout par d'Argenson, mort en 1757. La seconde partie a été ensuite ajoutée par Gournay]. Turgot fait notamment valoir contre la protection douanière l'intérêt des ouvriers, pour lesquels aucune compensation n'est possible, tandis qu'une industrie fait, par la faveur qu'on lui témoigne, un gain équivalent à la perte que lui causerait la même faveur accordée à une autre {Sur la marque de fer, I, p. 376 et suiv., édit. Daire). Bastiat raille les protectionnistes sous la forme d'une supplique dea

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