‹ Economie industrielle;Chapitre 66 sur 72 · ÉCOLE DU LIBRE-ÉCHANGE INTERNATIONAL · texte numérisé non relu

ÉCOLE DU LIBRE-ÉCHANGE INTERNATIONAL

fabricants de chandelles, de lampes, etc., aux fins d'éloigner de toutes les maisons, pour relever leur industrie et, par ce moyen, presque toutes les autres en même temps, la formidable concurrence étrangère du soleil (Sophismes économiques, ch. vu). D'après cet auteur, le protectionnisme est précisément le système de la misère, le libre échange celui du superflu (ch. i). L'économie politique aurait accompli le côté pratique de sa mission, en réussissant à écarter, par le libre échange universel, tous les restes d'un sj'stème qui exclut les marchandises étrangères en raison de leur bon marché, c'est-à-dire de la grande proportion d'utilité gratuite qu'elles renferment {Harmonies, p. 174, 306). Selon l'expression favorite de Cobden « le libre échange est la loi internationale du Tout Puissant » {free trade the international law of the Almighty !) {Polit. Writings, II, p. 110). K. S. Zachari« appelle le protectionnisme le premier degré du communisme {Staatsw. Abh., p. 100), ne serait-ce que parce qu'il mène presque toujours au surpeuplement ; le système de List est, selon lui, un ridicule économique {Vierzig Bücher vom Staate, 7, p. 23, 92). Au rang des libre échangistes les plus naïfs, nous citerons Bula.u, pour lequel tout doit se passer dans le « monde des biens suivant la loi naturelle » ; il n'y existe surtout « aucune différence entre l'intérieur et l'étranger » {Staatsivirtschaftslehre, 1835, p. 319 ; Staat und Industrie, 1834, p. 71).

(2) De nombreux plaidoyers, dont quelques-uns soulèvent l'étonnement, se sont produits du côté des industriels désireux de légitimer leur demande de protection douanière. Parmi les plus caractéristiques, on peut citer ceux survenus dans les circonstances suivantes. La lutte prolongée des fabricants anglais contre la Compagnie des Indes orientales avait débuté vers la fin du xvii^ siècle.' En 1697, Pollexfen publia son attaque England and East India inconsistent in their manufactures. En réponse, Davenant, à la demande de la Compagnie, écrivit, en 1697, son Essay on the East India trade. A la fin du règne de Guillaume III (1689-1702), les marchandises des Indes orientales furent prohibées (11 et 12, Will. III, c. 10). Encore

en 1712, une loi jor the encouragement of arts imposa sur chaque aune de calicot non produit dans le pays un droit de trois pence. La lutte ne se termina que vers le milieu du xviiie siècle, lorsque l'Inde fut dépassée par les manufactures anglaises. Plus tard, en 1785, alors que Pitt entreprenait de supprimer les barrières douanières élevées contre l'Irlande, certains propriétaires de fabriques anglaises, entre autres Robert Peel, déclarèrent qu'ils se verraient contraints de transporter partiellement leurs fabriques dans cette île. Voir, à ce propos, Macculloch, Literaliire of political Economy, p. 55 ; Walcker {op. cit., p. 475) parle de fabricants qui ne cessent de se plaindre, mais qui, pourtant « de pertes en pertes, deviennent millionnaires ». Say (/. c.) reproduit une requête des fabricants de chapeaux de feutre marseillais, aux fins de prohiber les chapeaux de paille exotiques, etc.

(3) {Wealth of Nations, ch. ii). Le rapport des frais au profit immédiat est ici aussi peu décisif que lorsqu'il s'agit de manœuvres militaires ou de constructions de forteresses (§ 91). Ad. Smith approuve, pour la même raison, les primes anglaises à l'exportation pour la poudre à canon et la toile à voile (IV, ch. v). Malgré cela, Bulau (Staatswirstchaftslehre, p. 339, Staat und Industrie, p. 220 et suiv.) a cru devoir combattre toutes ces exceptions proposées par Adam Smith.

(4) Les industries qui exportent la plus grande partie de leur production sont difficilement dédommagées par l'établissement de droits compensateurs. Celles, au contraire, qui ne travaillent que pour le marché national peuvent, par ce moyen, rejeter sur les consommateurs tout le fardeau de l'impôt (Leroy-Beaulieu, Science des finances, I, p. 608).

Page 1