V. Sylviculture
En 1900, les forêts couvraient le 20,437o du territoire suisse ou le 28,537© du sol productif, soit 847,284 ha. Q-râce à son sol moins accidenté, TAllemagne n'a que le 21 7© du territoire productif couvert de forêts; TAutriclie, avec un relief semblable au nôtre, accuse le 34 7©- Les montagnes arrondies du Jura, les Alpes calcaires et le canton des Grisons au sol accidenté sont les mieux boisés. Sur le Plateau, le sol est utilisé pour les cultures d'un rapport plus élevé. Le canton de Fribourg (197© du sol productif) et la Suisse du nord-ouest sont les régions les plus pauvres en forêts. Tandis que St-Gall, Appenzell et Thurgovie n'ont que le 207© de leur territoire occupés par les forêts, Schaffhouse, Argovie, Bâle-Campagne, Soleure, Neuchâtel et le Jura bernois en ont de 31 à 427©. — Selon la tradition germanique, la plupart des forêts (66,97©) sont la propriété des communes ou des corporations; 4,4®/o appartiennent à l'Etat, en grande partie par suite de la sécularisation des biens des couvents, et 28,77© seulement ont passé à des particuliers — spécialement dans la Suisse orientale — à l'époque de Napoléon 1er, lorsqu'on enleva les forêts aux communes.
Grâce aux conditions particulièrement favorables à la végétation forestière, et grâce aussi au prix élevé du bois, la production annuelle des forêts de la Suisse peut être estimée à 40 millions de francs. Nous avons exporté pour 2V2 millions de francs de bois en 1898 et pour 4 millions en 1901 ; durant ces mêmes années, nous en avons importé pour 22 et 18 millions de francs. Les besoins croissants de l'industrie du papier et l'activité intense qui a régné dans l'industrie du bâtiment de 1895 à 1899, sont la cause principale de cette augmentation de l'importation. La Suisse orientale, pauvre en forêts, fait venir du bois d'œuvre d'Autriche et d'Allemagne, tandis que les cantons jurassiens en expédient en France. La Suisse méridionale vend du bois de chauffage et du charbon de bois à l'Italie.
Depuis 1892, notre exportation de bois en France a beaucoup diminué, conséquence naturelle des droits protecteurs et de Taugmentation de nos propres besoins. Pour ces mêmes raisons, comme aussi à cause de la construction de la digue des forces motrices de Eheinfelden, on ne voit presque plus, malgré les avantages de ce moyen de transport, de radeaux descendre TAar, le Rhin et passer dans le canal du Rhône au Rhin (1900: 25, 1901: 13, 1902: 34 radeaux).
Nous ne pouvons ici que signaler en passant l'importance de la sylviculture en tant qu'elle s'applique à boiser les pentes abruptes de nos montagnes, à assurer une protection efficace contre les éboulements, les dévastations des torrents et des avalanches. Nous n'insistons pas non plus sur les avantages que les forêts nous procurent au point de vue du climat, etc. (Utilité des forêts à ban de la haute montagne; surveillance de la Confédération sur les forêts des hautes régions, et prochainement sur toutes les forêts, selon l'article constitutionnel du 11 juillet 1897 et la loi fédérale du 11 octobre 1902.)