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III. Groupe bâlois

Depuis des siècles déjà, l'industrie textile s'est aussi implantée aux confins du nord-ouest de la Suisse. On pratiqua d'abord le tissage des rubans de soie, puis, à partir de 1820, le retordage de la filoselle et depuis 1856 une industrie florissante de couleurs.

a) St-Etienne et Baie sont depuis longtemps les centres de l'industrie des tissages de rubans. De Bâle-Ville, cette industrie s'est répandue dans les cantons de Bâle-Campagne et de Soleure, où elle est pratiquée à domicile. A partir

de 1879, les droits protecteurs allemands ont pour ainsi dire forcé l'industrie bâloise à émigrer partiellement au delà de la frontière, pour conserver les positions acquises sur le marché allemand (St-Louis en Alsace ; Lœrrach, Grenzacherhorn, Saeckingen, dans le grand-duché de Bade; en Autriche: Bregenz). La ville de Barmen, qui tisse simultanément sur toute la largeur de la pièce des rubans à détacher et qui par cela même fait une concurrence sensible à Bâle, se voit renforcée dans ses positions par ces mesures prohibitives. De leur côté, les Etats-Unis protègent les fabriques de Patterson (New-Jersey) et cherchent à fermer leur grand marché par des droits exorbitants (50 % de la valeur). La France en fait de même pour favoriser les rubaneries de St-Etienne. L'industrie bâloise a su vaincre ces obstacles, mais non sans crises ni grands sacrifices. Dans cette lutte elle a trouvé en Angleterre et dans les colonies de ce pays un débouché précieux pour ses produits. La valeur totale de la production annuelle des usines sur sol suisse s'élève en chiffres ronds de 40 à 50 millions de francs, et l'exportation de 35 à 45 millions. En 1901, l'exportation a été exceptionnellement faible (29 '/, millions), en 1907, par contre, elle a atteint son apogée avec 45 73 millions. Au delà de ces sommes de production indigène, la production de la fabrique bâloise en Allemagne et en Autriche peut être évaluée de 20 à 25 millions de francs par an.

En 1902, les fabricants suisses disposaient en Suisse d'environ 7800 métiers à tisser les rubans, dont 5800 sont utilisés à domicile. A l'étranger, 4000 métiers environ marchent pour leur compte (1250 en Alsace, 2570 dans le grand-duché de Bade [1350 à domicile] et 200 à Bregenz). Ce qui donne un total d'environ 11,800 métiers, dont 7150 fonctionnent chez les particuliers et 4(350 dans les fabriques. Depuis 1905 bon nombre de métiers à main établis en Suisse et dans le grand-duché de Bade ont été pourvus de moteurs électriques et ont gagné en rendement dans une mesure considérable.

D'après le recensement du 1er décembre 1900, l'industrie des rubans occupait en Suisse 13,687 personnes. Si Ton ajoute à ce chiffre celui des personnes occupées dans les ateliers de teinturerie, d'impressions, d'apprêts et de filatures, il se monte à 14,500 personnes dont i/3 du sexe masculin et */a du sexe féminin. A Bâle-Ville même il y avait, en 1900, 6723 personnes occupées dans les industries de la rubanerie et de la schappe, et 11,787 personnes en vivaient (1888: 9336).

b) Bâle est aussi le centre de la fabrication de la filoselle. Lyon et Bâle se disputent la royauté dans ce domaine. Il y avait, en 1888, à Bâle et dans ses environs immédiats, 9 filatures de filoselle occupant 3000 ouvriers; 15 fabriques avec 1750 ouvriers étaient disséminées dans les autres parties de la Suisse. Mais depuis ce temps et en 1906 surtout l'on a vu un mouvement prononcé vers la concentration, de sorte que maintenant ce ne sont plus guère que les deux groupes de la fabrication bâloise et lyonnaise (Kriens et Emmenbrticke) qui, en Suisse, se disputent le marché universel. Deux petites fabriques établies à Gersau et à Altorf et deux maisons bâloises ne dépendent pas de ces deux entreprises de premier ordre. Enfin, 4 maisons bâloises fabriquent en dehors des limites de la Suisse. Nos exportations de filoselle s'élèvent en chiffre rond à 25 millions de francs par an. Cette marchandise alimente entre autres les fabriques de velours de Crefeld.

c) Pour Y industrie des couleurs, voir «Industries chimiques», p. 97 et suivantes.

d) A Bâle, comme à St-Gall et à Zurich, Y industrie des machines s'occupait d'abord exclusivement de la construction des appareils utilisés dans l'industrie textile, mais elle n'a pas tardé à s'étendre à d'autres branches : machines à vapeur, pompes, compresseurs, ventilateurs, constructions en fer de tout genre, et il existe dans la cité du Ehin une industrie florissante de machines et appareils électriques.

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