CHAPITRE VII
Nous venons de voir que les antiprotectionistes , qui d’abord établissaient en principe que l’échange s’opérait dans tous les cas , en livrant des produits du travail actuel à ceux qui nous vendent des produits étrangers, confessent enfin qu’on achète aussi bien les produits exotiques en aliénant son capital qu’en exportant les produits ordinaires et réguliers des fabrications existantes. Selon nous, lorsqu’une nation achète, en dissipant sa richesse accumulée , elle peut porter une atteinte plus ou moins profonde à son travail. Elle peut lui nuire quand elle achète des produits qu’elle ne saurait créer , car elle diminue son capital reproducteur, et amène dans sa consommation un produit qui peut se substituer à un autre produit qu’elle s’appliquait à produire ; elle peut lui nuire plus encore quand elle achète des produits qu’elle ne créait pas , mais qu’elle pourrait produire par un apprentissage convenable; elle ôte à son travail l’ex-
Digilized by’Coogle
tension qu’il pouvait acquérir ; elle peut lui nuire surtout quand elle achète des produits que son industrie propre s’attachait à confectionner ; elle frappe directement les travailleurs occupés à cette production , et n’obtient pour compensation qu’un abaissement de prix absolu qui ne conserve bientôt plus son avantage relatif, parce que la valeur des choses qu’on donne en échange augmente , par cela même qu’on diminue successivement la quantité qu’on en possède.
On peut dire, avec assurance, que le mode d’échange, qui a pour objet d’obtenir des choses déjà produites par l’industrie nationale, mais trop chèrement, et de les obtenir par l’aliénation du capital , semble ruineux au plus grand nombre des hommes qui s’occupent des intérêt publics; il leur paraît, en effet, que l’acquisition des divers objets de consommation , au moyen du capital , doit nécessairement amener l’appauvrissement successif d’une nation , et la conduire définitivement à sa ruine. Ces transactions diminuent incessamment les éléments de la production; elles anéantissent la richesse capitalisée, les fruits d’une sage et lente économie ; elles ôtent à une nation sa puissance actuelle et les moyens de réparer les pertes qu’elles lui font subir incessamment ; elles minent sourdement la société, la réduisent au marasme et la tuent.
Les économistes , dont la foi aux principes absolus est pleine et entière, ne reculent pas devant ce mode d’échange ; nous venons de voir qu’ils acceptent le bénéfice immédiat procuré par tout échange; ils dénient les conséquences fatales de celui qui force à entamer le
EFFETS DE L’ÉCH. SUR LA RÉGÉNÉRÂT. DU TRAV. 91
capital ; ils disent : si l’un des éléments qui constituent la richesse accumulée d’une nation est concédé, à l’effet d’obtenir un produit étranger , c’est que cet élément était en trop grande quantité ; le produit étranger manquait ; on n’a donc fait que changer un produit dont on n’avait pas besoin pour s’approprier un produit plus grandement et plus actuellement utile ; on s’est enrichi en faisant une telle opération, car on a donné une valeur quon estimait moindre pour une valeur qu’on estimait plus grande; donc l’échange a été avantageux; donc il devait se faire. Il n’apporte aucun dommage, aucune perte n’est possible, car bientôt l’élément du capital dont une partie est exportée deviendra plus rare ; conséquemment il acquerra plus de valeur relativement aux produits importés, ou, ce qui revient au même, ces derniers deviendront plus chers; alors les producteurs nationaux se trouveront en position de lutter avec les produits des fabriques étrangères, puisque ces produits seront devenus plus chers pour eux ; ils pourront se contenter d’un prix moindre qu’ auparavant, parce que les choses qu’on leur donne en échange ont plus de valeur. Quant aux étrangers, au contraire , les marchandises qu’ils apportaient tendent à augmenter de prix, puisque, d’une part, la quantité qu’ils en possédaient est devenue plus petite, et que d’autre part ils sont mieux approvisionnés des objets qu’ils venaient chercher.
La production nationale exclura donc naturellement la marchandise étrangère ; son travail sera régénéré , et il ne restera plus pour les deux nations que les bénéfices faits sur les premiers échanges ;
donc le libre échange doit être accepté , même dans les circonstances qui paraissent le moins avanta- . geuses.
Précisons notre pensée, et suivons ce qui se passe dans de telles opérations. Supposons qu’une nation produise ses marchandises à un prix plus élevé qu’une autre nation : cela veut dire qu’elle donne aux producteurs nationaux une autre marchandise qui sera, si l’on veut, l 'argent , en quantité plus grande qu’elle n’en donnerait aux producteurs étrangers pour obtenir la même quantité de produits. En une telle occurrence, cette nation adopte la liberté du commerce, supprime les tarifs protecteurs , reçoit les marchandises étrangères , et remet aux étrangers pour les marchandises importées la quantité d’argent qu’elle donnait auparavant aux nationaux. Par le fait de l’exportation du numéraire , l’argent devient plus rare, sa valeur devient plus grande : donc une même quantité d’argent représente une plus grande quantité d’autres denrées; donc les producteurs nationaux , qui ne pouvaient céder leurs produits pour une certaine somme d’argent , pourront les livrer pour cette même somme , puisqu’elle a une valeur relative plus grande ; elle représente une plus grande quantité de denrées quelconques : ils reprendront donc leurs travaux.
Alors l’importation des marchandises étrangères et l’exportation des espèces métalliques s’arrêtent; l’équilibre est rétabli ; le seul changement qui s’est opéré , c’est que le capital national est diminué d’une certaine quantité d’argent qui était surabondant , et qu’il s’est augmenté d’une certaine quantité de marchandises
EFFETS DE l’ÉCH. SLR LA RÉGÉNÉRÂT. DU TRAV. 93
dont on avait besoin ; il y a évidemment amélioration dans le bien-être général.
Telle est la manière d’envisager les choses par ceux qui adoptent les principes dans leurs abstractions. Ces vues théoriques sont bien séduisantes ; seulement elles laissent en dehors du problème bien des données essentielles, et leurs conséquences deviennent, par cette raison, inacceptables; nous allons le démontrer; mais avant d’arriver à une démonstration complète , je tiens à constater un fait important.
De l’aveu même des hommes les plus attachés aux principes absolus, une vérité est constatée, qui détruit bien des illusions , c’est que , lorsque l’échange est effectué au moyen du capital , dans la supposition la plus favorable, il s’arrête, au moment où l’équilibre est établi entre les différents éléments qui composent la richesse publique ; il ne se perpétue pas ; il ne se renouvelle pas par un mouvement continu et périodique; il est limité : conséquemment le bénéfice est pareillement limité et non pas incessamment renouvelé ; dès que la relation entre les divers produits est changée , tout rentre dans l’état normal ; la production redevient ce qu’elle était; les prix sont ce qu’ils étaient; on donne moins d’argent pour les diverses marchandises; mais l’argent est plus rare, plus cher, il a plus de valeur; conséquemment, pour celui qui vend et achète, c’est exactement comme si une plus grande somme était donnée comme autrefois. Ainsi la liberté commerciale , en amenant le bon marché , ne donne pas une meilleure situation à celui qui l’admet ; elle ne peut faire qu’il soit aussi bien approvisionné ,
aussi bien pourvu , que celui qui produit avec plus d’habileté ; cette liberté dont on fait tant de bruit ne produit qu’un avantage spécial, restreint, non répété, c’est uniquement un changement dans les proportions des éléments constitutifs de la richesse sociale 1 et c’est pour cela qu’on bouleverserait l’industrie nationale, qu’on suspendrait les travaux, qu’on priverait de moyens d’existence des populations plus ou moins nombreuses , dussent-elles mourir avant le moment de la reprise des travaux ! ce seul résultat empêcherait d’adopter la théorie de la liberté absolue de l’échange.
Au point où nous avons réduit la discussion , l’échan ge n’a plus qu’un mince avantage ; il a permis de remplacer quelques objets surabondants par d’autres qui étaient trop rares, mais il a fait payer cela par la suspension de travaux et tous les malheurs qu’entraîne une interruption dans l’occupation des ouvriers , et de plus , il ne conduit pas au but qu’il avait promis , le bon marché! Il n’y conduit pas, car nous venons de voir que par le fait môme de l’exportation du numéraire, élément du capital habituellement livré, la valeur des choses importées augmente , et cette augmentation de valeur est telle qu’elle suffît pour arrêter l’échange, c’est au moins l’hypothèse la plus désirable. La liberté commerciale n’a donc pas, dans ce cas, l’importance qu’on lui attribue; il ne s’agit plus d’une série d’échanges successifs, se renouvelant par un mouvement régulier, et donnant à chaque opération un bénéfice nouveau, bénéfice si constant, si certain, si fréquent, qu’il constitue un revenu sur lequel on
compte et qui sert de base à la prospérité d’une nation. Il ne s’agitplusde transactions qui se perpétuent; l’échange n’est que momentané, il ne se fait, pour ainsi dire , qu’une fois; il s’arrête par le seul effet du changement de proportion dans les différents objets qui composent la richesse publique ; peut-être il s’étendra plus, mais il sera toujours borné comme le capital , puisqu’il ne s’effectue plus au moyen des produits du travail habituel. Ainsi disparaissent les brillantes espérances qu’on fondait sur lui ; il est limité et ne conduit pas au bon marché, le seul motif pour lequel on avait fait admettre la liberté absolue du commerce ; il n’y conduit pas , car il importe peu qu’on donne moins d’argent pour une chose, si cet argent a une plus grande valeur, si l’on a plus de peine à l’acquérir, s’il représente, en réalité, une plus grande masse des produits qu’on sait créer?
On se trompe donc grandement quand on croit que la suppression seule des entraves douanières va exalter la prospérité d’un pays et faire jouir tout un peuple de l’avantage de se procurer les objets nécessaires à bas prix. C’est là une erreur radicale , une erreur funeste ; c’est cette erreur qui a fait donner faveur à des abstractions dont l’application serait ruineuse. Pour être bien approvisionné, pour être bien pourvu de toute chose , il faut savoir produire avec perfection ; il ne suffit pas de trouver des marchés abondants et convenables , il faut savoir travailler et créer des objets échangeables : celui dont l’industrie est inférieure à celle des autres, restera plus pauvre que les autres ; celui qui achètera les produits étrangers avec
son capital, ne pourra prétendre obtenir, avec continuité, autant de satisfaction que les étrangers, car l’échange s’arrêtera : il faut perdre cette espérance que le bon marché va persister, que le facile approvisionnement sera constant, que les bénéfices de l’échange se continueront incessamment et se renouvelleront toujours. Si vos voisins sont plus habiles et plus laborieux , si leur industrie est plus perfectionnée ; si leur travail est plus assidu, plus ingénieux, mieux combiné; si, en un mot, ils vous sont supérieurs dans la production , ils obtiendront plus de richesse ; ce n’est pas uniquement parce que vous pouvez échanger librement avec eux , que vous serez leurs égaux ; ici , certainement, la liberté n’amènera pas l 'égalité! Vous serez bien ou mal pourvus, selon que votre production sera bonne ou mauvaise, savante ou grossière, supérieure ou dans un état d’infériorité palpable. Vous ne pouvez dépasser la limite de vos facultés industrielles: favorisez, autant que vous pouvez, les travaux dans lesquels vous avez des succès , mais n’allez pas croire que toujours, et quels qu’ils soient, ils peuvent suffire à tout, remplacer toutes les créations et vous faire obtenir toutes choses à bon prix. Le prix des choses pour vous est dans l’étendue de votre puissance industrielle : si vous prétendez exclure les travaux qui n’ont pas toute la perfection désirable, vous pouvez les détruire, vous n’aurez pas l’habileté qui vous manque; conséquemment vous n’obtiendrez pas la récompense de l’habileté, vous payerez cher ce dont vous avez besoin.
Ainsi, les magnifiques résultats qu’on a tant célébrés,
EFFETS DE L’ÉCII. Sl'R LA RÉGÉNÉRÂT. DU TRAV. 97
et pour lesquels on a entamé tant de discussions vives et prolongées t les voilà bien réduits. En mainte circonstance , il y a eu un bénéfice dans l’échange, mais temporaire, mais renfermé dans un acte, mais promptement éteint et non susceptible de se renouveler. Le bienfait qu’on espérait, l’abaissement du prix sera poursuivi vainement, on aura subi les chances d’une révolution industrielle et pas autre chose ; en admettant la supposition la plus favorable, on restera dans la situation relative dans laquelle on se trouvait. Mais cette supposition favorable , mais la reprise des travaux après l’établissement d’un certain équilibre entre les éléments du capital et les objets de consommation , se réalisera-t-elle? Rien ne nous paraît plus spécieux que le raisonnement employé pour faire croire à cette reprise des travaux : les faits qui lui servent de base sont vrais , la conséquence qu’on en tire n’est pas rigoureusement déduite. 11 est parfaitement évident que la valeur relative du numéraire augmente quand on l’exporte , que la valeur des marchandises importées se trouve ainsi augmentée; mais peut-on accepter, comme une conséquence certaine , la reprise des travaux abandonnés? cela reste douteux, et pourtant si les travailleurs nationaux ne reprennent leur ouvrage, tout l’échafaudage des déductions abstraites tombe , et avec elles le système qu’on veut substituer au système de protection.
Voyons donc si les industries suspendues peuvent reprendre leur activité ; c’est là le point essentiel , le pivot véritable de toute la discussion.
Aussitôt qu’on a accepté une marchandise étran-
98 ÉCONOMIE rRATIQLB GÉNÉRALE.
gère , qui se livre à meilleur marché que les produits analogues des manufactures indigènes , ces manufactures arrêtent leurs travaux. Les métiers et o utilsse détériorent ; les ateliers se détruisent ; les approvisionnements se consomment ; les capitaux s’absorbent et s’anéantissent ; les intérêts manquent ; l’habileté que donne une pratique assidue se perd ; la clientèle oublie ses habitudes ; les ouvriers souffrent , s’affaiblissent, se dispersent ou meurent ; la faim, le froid, les besoins de toute nature les tuent, car il n’est pas possible de faire attendre une population qui demande un salaire et du pain. Autant vaudrait, dans un temps de disette, dire aux hommes affamés : attendez la moisson prochaine! si la moisson vient trois, quatre jours trop tard , elle arrive sans utilité. Tous les éléments de la production s’anéantissent pendant l’interruption des travaux : au jour de les reprendre , aucun ne se retrouve ; il arrive que l’augmentation de la valeur de l’argent semble devoir rendre la production nationale possible , en abaissant nominalement les frais de fabrication ; mais la rareté des capitaux , l’élévation des intérêts , la mort des ouvriers , l’absence de toute aptitude industrielle, l’ignorance des procédés nouveaux avec lesquels on ne se familiarise que par la continuité de la fabrication , la perte de tout renom qui empêche la formation d’une clientèle, le sacrifice que sont prêts à faire des rivaux enrichis , dont les manufactures sont amorties, dont le capital énorme peut se contenter de faibles intérêts; les facilités qu’ils obtiennent en travaillant sur une échelle immense , depuis que vous leur avez ouvert de nouveaux débou-
EFFETS DE t’ÉCII. SUR LA RÉGÉNÉRÂT. DU TRAV. 99
chés , toutes ces circonstances viennent empêcher la résurrection de la production nationale ; ceux qui ont pratiqué les affaires savent avec quelle économie et quelle perfection travaille une nation chargée d’approvisionner tous les marchés de la terre : ses frais généraux sont réduits; elle a des appareils d’une puissance énorme ; elle peut diviser infiniment le travail , puisque chaque produit donne lieu à un commerce immense : de la sorte elle peut concentrer l’aptitude et le génie de tous ses travailleurs sur les moyens de perfectionner chaque industrie particulière, et les dispenser de faire de vaines dépenses pour satisfaire aux exigences incessamment variées de l’acheteur. Prenez si vous voulez pour exemple la construction des machines : qui pourra lutter avec un peuple, qui non-seulement aura les éléments de la production à bon marché , mais qui sera appelé à fournir en si grande quantité ses appareils, qu’un constructeur aura un vaste débouché en se contentant d’en préparer un seul ; son outillage sera colossal et parfaitement approprié, la dépense en modèle presque nulle, ses perfectionnements incessants ; tandis que le producteur, qui sera forcé, pour donner quelque étendue à ses ateliers, de tout embrasser, sera ruiné par les dépenses qu’occasionneront des demandes chaque jour nouvelles ; il épuisera son activité dans les conceptions variées auxquelles la multiplicité de ses œuvres l’oblige à se livrer.
Dès qu’une nation s’est laissée de beaucoup dépasser par un autre, elle ne peut reconquérir le terrain perdu ; si elle a été abattue , elle reste terrassée.
Évidemment elle ne peut reprendre sa position , elle se présente faible, débile, ignorante, dénuée de tout, devant une rivale à qui tout est facile , qui a acquis une puissance irrésistible. Il n’y a qu’un système de protection qui pourrait soutenir ses faibles efforts, elle aurait besoin pour affermir ses premiers pas d’une sollicitude toute maternelle , et précisément on a aboli toutes les lois protectrices! les rétablir ce serait rentrer dans le régime qu’on vient de détruire. Mieux valait y rester primitivement.
Le travail indigène reste donc suspendu , et, malgré la cherté des capitaux donnés pour obtenir les marchandises étrangères, l’achat se continue quand le besoin se fait sentir; il devient plus restreint, sans doute, et plus rare, mais la dépense qu’il occasionne est plus sensible, elle cause la perte d’un capital de plus en plus précieux. Ainsi s’écoule au dehors la richesse d’un pays , elle s’écoule comme le sang s’élance d’une volumineuse artère que l’instrument a ouverte , d’abord par un flot abondant et précipité , par saccades plus rares et plus faibles ensuite , par un jet insensible enfin , jusqu’à extinction de la vie. Ainsi les peuples perdent leur fortune acquise , leur population , leur industrie, la faculté même du travail ; ainsi s’évanouit leur puissance.
Les exemples manquent- ils pour confirmer ces tristes vérités? n’y a-t-il aucune nation qui soit descendue d’un grand degré de richesse à une extrême misère? L’Espagne et le Portugal avaient une splendeur , une opulence qui faisaient envie ; ces royaumes ont oublié ta production, et sont tombés dans
EFFETS DE l’ÉCH. SUR LA RÉGÉNÉRÂT. DU TRAV. 101
un absolu dénûment. L’Espagne, un jour, s’est vu enlever les sources qui réparaient les pertes de son capital ; elle s’est trouvée dénuée de travail , et pourvue d’un capital limité , elle a acheté les marchandises étrangères en dissipant sa richesse accumulée, et aujourd’hui , malgré l’adoption du système protecteur , son industrie se débat , sans pouvoir arriver à une régénération satisfaisante. Le Portugal s’est approvisionné chez la nation qui donnait au meilleur marché , et la Grande-Bretagne a sucé toute la substance du Portugal ; elle a absorbé toute sa richesse ; elle a pris ses champs , ses coteaux ; elle a pris , pour ainsi dire , ses ports, car elle est venue s’y installer pour ne pas même lui laisser le soin et le profit de la vente et de l’expédition de ses propres produits. Tels sont les résultats de la théorie absolue du bon marché.