EFFETS DE L^CHANGE SUR LE CAPITAL ET SON REVENU.— BALANCE DU COMMERCE
Nous n’avons pu étudier l’effet de l’échange sur la production , la consommation , la distribution des richesses, sans constater son action sur le capital des nations , formé de produits mis en réserve , et constituant l’un des moyens les plus nécessaires de la création des objets utiles. Nous ne pouvons donc que résumer et rassembler ici ce que nous avons exposé, à ce sujet, dans diverses parties de cet ouvrage.
Il résulte de tous ce que nous avons dit , que la liberté commerciale , selon les divers modes d’échange qu’elle amène , peut tantôt rendre plus profitable le capital d’une nation, tantôt peut le compromettre, le réduire ou l’anéantir.
En effet , quand une nation achète , au moyen de ses produits , des objets qu’elle ne produisait pas , elle ne fait que donner une extension à son industrie et un meilleur emploi à ses capitaux ; si elle achète des produits qu’elle créait , elle peut remplacer ces derniers
produits par une création nouvelle, alors il y a un déplacement de capital ; d’une industrie supprimée il passe à une industrie qui prend de l’extension, ou bien il y a transformation de capital , destruction d’un capital ancien et création d’un nouveau. Il peut bien y avoir quelques pertes dans ces virements, mais en définitive une masse égale de capitaux se conserve et trouve emploi. Mais si une nation, en achetant au dehors, au moyen de ses produits, des objets qu’elle produisait déjà, ne fait que donner aux étrangers ce qu’elle donnait aux producteurs supprimés; elle détruit l’industrie de ces producteurs, elle anéantit leur capital ou le laisse sans emploi et sans revenu.
Ces circonstances se manifestent d’une manière plus fâcheuse encore, si les produits étrangers sont achetés au moyen du capital : si les objets achetés n’étaient pas créés, il y a simple remplacement de certains éléments de la richesse par d’autres éléments : cette opération peut modifier la consommation et appauvrir une nation qui dissipe ses capitaux, en s’accordant des satisfactions plus ou moins raisonnables; elle peut ainsi nuire indirectement à la production. De plus, la consommation de nouveaux objets peut empêcher celle d’objets autrefois fabriqués; mais ces échanges sont habituellement fort bornés, et l’on ne peut les considérer d’une manière absolue comme funestes.
La perte est bien plus évidente quand on demande à l’étranger des objets qu’on créait déjà, et qu’on les paye en lui donnant son capital. Alors on tend à l’alié-