‹ Economie pratique des nationsChapitre 3 sur 90 · BUT DE L’OUVRAGE · texte numérisé non relu

BUT DE L’OUVRAGE

» l’Angleterre possède tous les éléments de production , » quand elle a le fer, le charbon , lorsqu’elle a des dé- » bouchés immenses , des colonies innombrables , » quand elle a son commerce à l’abri d’une marine » formidable , quand elle possède tous les points qui » dominent le commerce du globe , quand elle a pour » elle toute la puissance du perfectionnement de la » mécanique, quand elle a des capitaux énormes dont » les intérêts sont très-abaissés , quand elle est dans » cette situation de produire tout à bas prix et qu’elle » n’a plus à. ajouter aux éléments de son commerce » que l’abaissement des salaires , et qu’elle tente , par » les mesures les plus énergiques , d’arriver à ce ré- » sultat , c’est-à-dire supprimer toute concurrence

* possible , c’est alors qu’on dirait qu’il faut que la

* France supprime les tarifs protecteurs et abaisse » ses barrières de douanes ! un tel système serait dé- » plorable et désastreux. »

M. le ministre des affaires étrangères, qui me faisait l’honneur de me répondre dans la séance du 1er avril , exposait les mêmes vues sur ce point , il s’exprimait ainsi (1) : « Il y a dans les mesures qui occupent en » ce moment l’Angleterre et que Sir Robert Peel a pro- » posées , deux choses bien distinctes. Il y a ce qu’on » peut appeler une réforme sociale qui s’adresse à l’or- » dre social intérieur de l’Angleterre, et une réforme » purement commerciale. » Et quant à cette dernière, l’honorable M. Guizot est bien loin de croire qu’elle puisse être radicale , même en Angleterre ; il est loin

(1) Moniteur du Z avril 1846.

de croire que le chef du cabinet anglais ait abandonné le système de protection : voici comme il s’explique à ce sujet : « Sir Robert Peel pense évidemment que les » industries nationales , lorsqu’elles peuvent sans dan- » ger, sans y succomber, supporter la concurrence ex- » térieure , doivent être appelées à la subir. Il pense » que cette épreuve de la concurrence extérieure est » commandée aux industries nationales qui peuvent » la supporter sans y succomber, par l’intérêt de l’ex- » tension des relations extérieures du pays et de son » influence, commandée par l’intérêt de l’alTermisse- » ment de la paix entre les nations, commandée enfin » par l’intérêt du public consommateur à qui cette con- » currence profite.

» Sir Robert Peel propose donc d’imposer cette » épreuve de la concurrence extérieure aux industries » nationales qui peuvent l’accepter sans y périr ; mais » ne croyez pas que, pour cela, sir Robert Peel ait » cessé d’être en économie politique un conservateur ; » ne croyez pas qu’il ait aboli ni qu’il veuille abolir » tous les droits protecteurs. Vous pouvez passer en » revue les droits établis dans le nouveau tarif..:., * bien des droits protecteurs y subsistent et très-efïi- » caces. Sir Robert Peel n’entend point livrer aveuglé- » ment le marché anglais à l’industrie étrangère ; il » n’est point un apôtre de la liberté de commerce illi- » mitée : il est un partisan de la concurrence étrangère » limitée dans certaines conditions. »

Ce sont cependant ces circonstances qui ont réveillé l’ardeur des théoriciens et de ceux qui s’adonnent particulièrement aux spéculations du commerce

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