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ont donné des avantages négatifs à la France , les rapports antérieurement existants ont changé à son préjudice. Dans chaque fait particulier les diminutions de la protection ont été funestes au travail national , et, d’une manière générale, les faveurs successivement accordées par nous î ux nations rivales ont successivement transformé une situation commerciale dans laquelle nos exportations dépassaient de près de 100 millions nos importations, dans laquelle par conséquent notre capital tendait à s’accroître , en une situation totalement inverse , nos importations dépassant maintenant de près de 100 millions nos exportations.
Il semblerait, à considérer les documents publiés par l’administration des douanes, que cette fâcheuse relation a une tendance à s’adoucir et que la différence entre nos ventes et nos achats va bientôt s’effacer. En 1845 l’importation ne s’élève au-dessus de l’exportation que d’une somme de 12 millions. Mais cette amélioration n’est qu’apparente ; elle est déterminée, non parce que nous conquérons des avantages chez les étrangers, en raison des facilités que nous leur donnons sur nos marchés , mais parce que nous nous sommes assurés des privilèges sur un territoire que nous avons conquis ; c’est par ce fait que l’exportation de nos produits a pu s’accroître, et que nous avons pallié l’infériorité à laquelle nous sommes condamnés sur les marchés extérieurs. Voici la marche de nos exportations en Algérie :
EXPORTATIONS KN
Ir. fr. fr. fr. fr. fr
Pendant les mêmes années les marchandises que nous avons tirées de l’Afrique septentrionale, n’ont eu qu’une valeur insignifiante , en voici le tableau :
IMPORTATION d’aLCÉME EK
ms rni 1842 1843 1844 184S
fr. tr. fr. tr. fr. tr.
Ainsi pendant que nous vendons dans l’Afrique française pour 89 millions de marchandises, nous en rapportons pour 3 millions. Ce fait s’explique : l’Algérie n’est pas colonisée ; elle ne peut ni recevoir nos produits ni nous envoyer les siens. Mais nous y entretenons 100,000 hommes et y dépensons 100,000,000 defrancs;par l’effet des ordonnances rendues pournous réserver le marché de l’Algérie, les Français consomment nos produits; ils les achètent avec les millions que nous leur donnons pour paye , salaire , etc. , et notre numéraire fait ainsi retour à la France. Nous ne faisons que reprendre l’argent que nous y avons porté, et qui nous serait même enlevé, si par des lois protectrices nous n’avions assuré nos ventes ; ce qui Se passe ne dilTère en rien de ce qui se passerait si notre armée était restée en France, avait été payée par les contribuables français et avait consommé des produits français. Nous avions donc raison de dire que rien n’est changé dans la balance générale de notre commerce extérieur, qui resté en notre défaveur de 100 millions.
Nous l’avons déjà dit, on s’est beaucoup moqué de l’importance qu’on a attachée à la balance du commerce : pour un moment, il était presque ridicule de s’en
occuper. 11 est indifférent, dit-on, d’acheter ses produits pour de l’or ou de l’argent , ces métaux ne sont que des marchandises; d’ailleurs si on donne les métaux précieux qu’on possède , c’est qu’on les a reçus d’une autre source, en donnant des produits; ils rentreront donc par cette voie ; enfin on regarde comme une folie, comme une chimère, la prétention des peuples qui veulent toujours vendre et ne jamais acheter. A cela nous avons répondu qu’évidemment on ne peut vendre sans acheter. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit : il est parfaitement clair que lorsqu’on reçoit on donne; quand on achète c’est qu’on vend; la question est de savoir ce qu’on achète et ce qu’on vend. Si une nation achète des produits consommables, en vendant son capital producteur, elle se ruine comme un particulier. Nous avons reconnu que la richesse accumulée, produite par un travail antérieur, mise en réserve par l’économie, consacrée à la reproduction, donnant rente et intérêt , bien que formée quelquefois d’objets analogues à, ceux qui constituent le revenu habituel , ceux que crée le travail régulier et actuel, n’avait pas le même caractère. Si on échange des marchandises périodiquement fabriquées pour en obtenir d’autres, on ne fait qu’un échange utile. Mais si pour satisfaire à la consommation journalière, on ne parvient pas à donner le fruit de son travail quotidien , il est évident qu’on diminue sans cesse la masse de sa richesse. Or, quand on voit que les importations dépassent considérablement les exportations, il faut bien que les produits du dehors soient soldés d’une façon ou d’une autre : les libre-échangistes lè reconnaissent eux-
mêmes, car s’ils disent qu’on ne peut vendre sans acheter, il faut bien qu’ils admettent qu’on ne peut acheter sans vendre , si on ne peut payer avec son revenu, on paye avec son capital. On en livre certains éléments, le numéraire, par exemple, lequel fait partie du capital de toute nation qui ne produit pas de métaux précieux.
On donne une valeur qui est une marchandise , il est vrai, qui ressemble aux autres, si l’on veut, mais qui a acquis un caractère spécial : elle n’est pas créée par le travail présent ; elle est un des éléments du capital productif ; elle sert à toute création de richesse parce qu’elle est le signe universel de tout échange, elle sert à acquérir les matières premières aussi bien qu’à solder le travail. La privation ou la diminution du numéraire appauvrit donc les nations qui ne tirent pas d’argent de leur sol.
C’est en vain qu’on pense que ce numéraire , qu’on a jadis obtenu pour ses produits, sortant pour aller payer les marchandises que nous livre un pays, rentrera nécessairement par une autre voie : il nous sera restitué , dit-on , quand nous livrerons certaines de nos marchandises à un pays qui nous payera en argent ; il nous reviendra comme il nous est venu. Il n’en est rien évidemment, si la balance commerciale est toujours défavorable à notre commerce ; si elle est, sans changement, pendant nombre d’années, favorable à nos rivaux; en effet, si l’argent qui s’écoule par un point , rentrait par un autre , il y aurait équilibre rétabli, et les documents publiés par notre administration des douanes , au lieu de montrer toujours
les exportations dépassées par les importations , les représenteraient comme égales entre elles, ou alternativement et respectivement inférieures et supérieures. Or, dans l’hypothèse que nous admettons, qui représente l’état réel de la France, la balance penche toujours dans le même sens; le chiffre de nos exportations est toujours dans un état d’infériorité.
Comme nous n’avons en aucune façon l’intention de grossir les faits , nous dirons que ce chiffre peut être amoindri, qu’il doit l’être même par plusieurs cause?. Ainsi les voyageurs qui viennent séjourner dans notre pays, y faire des dépenses plus ou moins considérables , rapportent des sommes d’argent dont il est difficile de supputer l’importance. La France dont le climat est doux et varié , dont la capitale se distingue par la splendeur de ses monuments, et particulièrement par le caractère si attrayant de sa société, la France doit recevoir plus qu’elle ne perd par les voyageurs. Ensuite il est possible que des vices d’évaluation aient présidé à la fixation des valeurs officielles des objets d’exportation ou d’importation : évidemment les prix fixés ne sont plus exacts après un certain temps; mais les marchandises étrangères diminuent de valeur comme les nôtres; il n’y a donc pas là de graves causes d’erreur. On a ajouté que les marchandises importées sont évaluées, à leur arrivée, c’està-dire chargées des frais de transports, tandis que les marchandises exportées sont estimées ce qu’elles coûtent au moment du départ ; les unes dépasseraient alors les autres de tous les frais de transports. Cela serait vrai si nous transportions nous-mêmes les marchan-
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298 ÉCONOMIE PRATIQUE DE La FRANCE.
dises que nous expédions à l’étranger : il faudrait alors ajouter les bénéfices de nos armateurs à la valeur des marchandises vendues par nos fabricants ; mais il faut noter que là plus grande masse de transports s’effectuent par les étrangers eux-mêmes; nous ne devons donc pas porter comme nous étant dus les frais qui ont été faits pour que les marchandises confectionnées par nos mains soient rendues aux lieux de consommation ; toutefois puisque nous opérons une certaine masse de transports, il y a quelque chose à récupérer sur les frais occasionnés par l'exportation. Il est Une dernière cause qui pourrait invalider les renseignements constatés par la douane : c’est la fraude. Une quantité de marchandises françaises pourrait être exportée à l’insu de la douane, et devrait grossir le chiffre des exportations. Mais aucun fait ne prouve que la quantité de marchandises exportées par la contrebande dépasse celle des marchandises importées jiar elle; conséquemment rien n’annonce que la relation entre l’importation et l’exportation générale doive être altérée par ce fait ; bien loin de là, on a de fortes raisons de croire que la fraude nous a donné plus de marchandises qu’elle ne nous en a enlevé, et que conséquemment elle est plus faite pour modifier encore à notre désavantage la balance commerciale, puisque nos Voisins ont plus à nous donner qu’à recevoir, et que, dit rêSte, bîi n’a aucun intérêt à cacher les marchandises ijil'ôn fait sortir; puisque rarement elles payent des droits. Nous ne savons pas quelle quantité de marchandises la France a expédiée par des voies irrégulières ; nous savons seulement que nous recevons des marchandises fraudées
en afesez grande quantité, puisque la valeur de celles qui ont été saisies à l’entrée, en 1845, a été de 427,061 francs; la valeur de celles saisies à l’intérieur a été de 92,422 francs, en tout plus de 1/2 million. Ce qui représente probablement une fraude de plus de 10 millions.
Rien n’annonce donc que des causes cachées rétablissent l’équilibre entre ce que la France achète et ce qu’elle vend. Cependant les documents publiés par l’administration des douanes révèlent un phénomènè bien singulier. Si nos importations dépassent nos exportations, le solde semble devoir s’opérer par le numéraire ; nous devrions donc exporter plus d’argent que nous n’en importons ; or c’est le contraire qui a lieu.
Les états de la douane , qui ne comprennent dans le chiffre des marchandises importées et exportées ni l’or ni l’argent , mais qui présentent dahs un tableau spécial l’importation et l’exportation de ces métaux , nous font connaître qu’en 1845 :
Nous avons importé en or brut. .... 2,700,000 fr.
En or monnayé. . . 2,600,000
En argent brut. . . 46,300,000
En argent monnayé; 114,900,000
Total. . 166,500,000 fr.
Nous avons exporté en or brut 12,300,000 fr.
En or monnoyé. » . 6,100,000
En argent brut. . 4 14,400,000
En argent monnoyé. 54.500,000
Total 87,300,000 fr.
Notre importation dépasse donc de 79,200,000
francs notre exportation. Ce chiffre est un peu atténué, parce qu’en moyenne nous exportons pour 6 millions de bijouterie et orfèvrerie , et 2 millions d’horlogerie.
Nous ajouterons que les quantités de numéraire exportées sont moins bien constatées que celles qui sont importées , la visite étant moins sévère au départ qu’à l’arrivée. Mais il est une raison plus générale, qui explique le singulier phénomène que nous avons signalé.
Ce n’est pas seulement le capital monnayé qui peut venir faire l’appoint de nos échanges, en passant dans les mains de l’étranger ; ce sont les titres de rentes fondées sur l’État, ce sont les actions des canaux , des chemins de fer, toutes les valeurs qui donnent un droit de prélever une part du revenu annuel du pays, c’est la terre elle-même et toutes les propriétés mobilières et immobilières. On nous apporte du numéraire parce que les besoins de notre circulation , telle qu’elle est constituée, l’exigent ; mais on ne nous le donne qu’en échange d’autres valeurs capitalisées, si nous ne fournissons pas de marchandises. Ainsi une nation peut aliéner la plus grande masse de son capital, devenir tributaire et vassale d’une autre; elle peut être réduite à travailler pour sa suzeraine ; elle peut perdre la plus grande partie de sa population , la plus grande somme de son bien-être , et jusqu’à l’influence que la propriété donne sur l’administration d’un pays et conséquemment sur sa liberté et son indépendance. ...
Assurément la France n’en est pas là , et ce serait
une exagération condamnable que d’avancer que sa prospérité est périlleusement engagée ; mais on peut dire que son système de douanes est arrivé à la limite de ce qu’il est possible de faire, non pour chaque produit en particulier, il en est assurément qui pourront être mieux taxés , mais pour l’ensemble de ses transactions en général , puisque tous les ans elle achète pour 100 millions de plus qu’elle ne vend.
Les faits généraux et particuliers nous paraissent donc établir incontestablement que le système protecteur n’a pas empêché le développement progressif de notre production , sur une large échelle , et qu’en même temps il nous a permis d’accroître immensément le mouvement de notre commerce extérieur. Ils prouvent que dans nos transactions avec l’étranger nos tarifs laissent primer leur vente sur la nôtre : l’importation des marchandises achetées à l’extérieur dépasse l’exportation de nos produits; l’achat au dehors des matières fournies par l’agriculture augmente comme celles des objets manufacturés. Ces faits sont dus aux abaissements que nous avons fait subir à nos tarifs , aux perfectionnements de certaines productions étrangères ou aux avantages que nous concédons ; aussitôt qu’une grande production se perfectionne chez nos rivaux, qu’une concession leur est faite, ou qu’une rigueur est exercée contre nous, nous voyons notre situation empirer. Ce sont surtout nos rapports avec l’Angleterre, les États-Unis, la Belgique, qui amènent ces changements; ce sont leurs produits ou leurs décisions législatives qui ont eu l’influence la plus décisive sur nos travaux ; ce sont
les traités que nous avons contractés avec ces puissances qui ont amené la décadence de nos grandes industries, et qui ont frappé notre marine, en particulier, de la manière la plus désastreuse.
Par les modifications successives qu’a éprouvées notre système économique nous avons vu la balance générale du commerce, qui présentait autrefois, en notre faveur, une différence de 100 millions, arriver , par un mouvement inverse , à présenter une différence en notre défaveur, qui est près d’atteindre également le chiffre énorme de 100 millions ; ce chiffre semble atténué cette année; mais cette apparence tient à ce que nous nous vendons à nous-mêmes , en Afrique, pour 89 millions, et que nous rapportons ainsi une partie des sommes que nous avons employées à payer notre armée et à pourvoir à notre défense. Il est donc vrai , qu’en la situation qui lui est faite par son régime des douanes, la France a une tendance à acheter les marchandises étrangères au moyen de son capital. Ce fait n’est pas contrarié par cette circonstance singulière que l’importation de métaux précieux dépasse d’une somme considérable l’exportation que nous en faisons , car le capital ne se compose pas seulement d’argent, il est formé aussi de rentes publiques, de titres divers qui donnent un revenu, de terres, etc.
On le voit donc , le caractère général du système qui régit actuellement nos rapports avec l’étranger n’est pas l’exclusion , ou une restriction trop forte , c’est plutôt une admission trop facile de ses produits, une défense incomplète de nos industries. Il
‘ne semble donc pas qu’on puisse songer à de larges réductions dans nos tarifs. A plus forte raison seraitil insensé de vouloir l’abolition de tout le système protecteur. Ce que nous avons dit suffirait pour montrer les catastrophes que ne manquerait pas de causer l’adoption d’une pareille mesure. Mais nous voulons aller plus loin : nous voulons rechercher si les conditions mêmes de la production française n’indiquent pas avec certitude que la destruction du système protecteur serait suivie d’irrémédiables désastres : c’est le moyen d’obtenir une conviction absolue sur la bonté de notre régime économique et de le mettre hors de contestation. Nous allons donc examiner si les branches principales de notre production sont en état de supporter la concurrence que pourraient leur faire tous les peuples, s’ils étaient appelés sans distinction à approvisionner notre marché.
Nous avons vu que la richesse de la France a sa source dans trois grandes classes de productions, les productions agricoles , industrielles , commerciales , que nous rangeons ici d’après le degré d’importance que nous leur avons reconnu. Nous avons donc à nous enquérir si dans chacune de ces classes , les travaux les plus essentiels recevraient une atteinte funeste aussitôt que les tarifs seraient supprimés.
Nous commencerons par examiner les effets de cette suppression sur les travaux agricoles. Nous n’avons pas besoin , pour le but que nous nous proposons, de rechercher l’effet de la liberté sur chacune d’eux, en particulier. La plupart des cultures se lient d’une manière
intime; elles sont presque toutes nécessairement et complètement subordonnées ; la terre a besoin pour être ameublie , nettoyée , fertilisée , de voir succéder à une récolte une récolte d’une autre nature. «Toutes se tiennent donc , en quelque sorte , et se présentent comme une seule production.
Il est quelques produits cependant qui forment des catégories spéciales , séparées des autres cultures ; parmi elles on classera :
La vigne qui donne. . 478,000,000 fr.
' Les bois 206,000,000
Les pommiers. . . . 84,000,000
Les vergers. .... 80,000,000
Les mûriers 42,000,000
Les oliviers 22,000,000
Les châtaigneraies. . 12,000,000
Ces cultures, celle de la vigne, entre autres, ne font pas assolement , et n’ont pas la propriété de fertiliser la terre. Si même les vignobles ont besoin d’être fécondés , il faut qu’ils demandent les engrais dont ils manquent aux autres exploitations rurales. Le vin peut donc être considéré séparément , il peut même être en lutte avec les autres produits.
Nous le considérons sous le point de vue de sa rivalité avec les produits généraux de la terre, quand nous nous occuperons des produits qu’on pourrait substituer à ceux qui sont protégés; il suffit en ce moment de l’indiquer. Les autres produits agricoles susceptibles d’être distingués ou ne sont pas protégés par eux-mêmes, comme le bois dont la production est liée à celle du fer , comme les vergers , les mûriers , les pom-
miers, etc., ou sont trop peu importants pour exciter des réclamations.
Nous n’avons donc qu’à nous occuper des produits liés entre eux par la loi des assolements. Nous avons à rechercher si ceux là ont un besoin incontestable de la protection qu’on leur accorde, et puisque l’un ne peut, peur ainsi dire , exister sans les autres , il suffît que nous recherchions ce que l’un. d’eux souffrirait, la protection cessant , pour savoir quel sort serait réservé aux autres. Il est essentiel seulement , pour être sûr de donner une base solide au raisonnement, de choisir le plus important : nous ferons choix du blé , qui par la surface du terrain qu’il occupe , le revenu qu’il donne au cultivateur, l’indispensable place qu’il tient dans l’alimentation des peuples, semble le but presque exclusif de la production agricole, dans la presque universalité des cantons de la France. Nous saurons évidemment ce que deviendra l’agriculture française, si nous savons ce que deviendra la production du blé, sous le régime de la libre concurrence : on sent parfaitement que si, au lieu de choisir le blé, nous faisions porter notre examen sur d’autres produits, les graines oléagineuses, par exemple, nts arguments seraient loin de perdre leur force. On sait que les graines étrangères envahissaient notre marché et qu’on n’a pu modérer leur invasion qu’en at antrecours aux tarifs considérables établis par la loi du 9 juin 18Û5.
Supposons donc un moment que les lois de douane soient abolies , que les céréales des contrées qui les fournissent au pt ns bas prix puissent se présenter sur nos
marchés; force sera à nos cultivateurs de livrer leur blé au cours qui sera établi d’après la valeur des blés étrangers; sinon de cesser de produire? La question ainsi posée est d’une solution facile.
En temps ordinaire le blé vaut à. Odessa :
fr. fr.
La qualité inférieure de 7,11 à 7,66 l’hectolitre.
La moyenne de. ... 8,21 à 8,76
La supérieure de. . • . 9,69 à 9,85(1).
Le fret d’Odessa à Marseille est de 34 à 35 francs le tonneau de 1000 kilogrammes ou de 15 hectolitres, compris le chapeau montant à 5 p. 0/0. Ce qui donne 2 francs 33 centimes par hectolitre, et porte pour Marseille :
Le prix de la qualité inférieure à 9 fr. 50 ou 10 fr.
— de la qualité moyenne à. 10 50 11 09
— de la qualité supérieure à 12 00 12 18
A ces sommes il faut ajouter :
Pour frais de commission , etc. , 10 p. 100. . . 1 fr. 21
Assurances 0 33
1 fr. 54
La première qualité valait. 12 18
On a un prix total de 13 fr. 72
(1) La basse qualité vaut, en moyenne, 13 4 14 roubles le schwert contenant 2 hectolitres 1/10 (2 hecU 112); le rouble vaut 1 fr. 13 4 1 fr. 15.
C'est donc par schwert 14 fr. 95 ou 10 fr. 10, et par hectolitre , 7 fr. 11 ou 7 fr. 66.
La qualité intermédiare vaut 2 roubles de plus par schwert, ce qui donne 8 fr. 21 , 8 fr. 76 par hectolitre.
La qualité supérieure vaut 2 roubles de plus par schwert, ce qui donne 9 fr. 09 , 9 fr. 85 par hectolitre.
Voici les cours des qualités Intermédiaires pendant six années ; ils peuvent servir de base pour former le prix moyen général.
1819 8 fr. l’hectolitre. 1822 9 fr. 03 l’hectollt.