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PERFECTION. ET EXTENS. DU TRAV. EN FRANCE

vent vendre assez des objets qu’elles créent pour payer les choses utiles qu’on désire, on fait naître une industrie nouvelle pour les fabriquer directement. On la fait même surgir alors qu’on aurait pu payer les produits étrangers au moyen des productions regnicoles existantes , parce qu’on peut développer deux industries au lieu d’une, l’industrie nouvelle et celle des travailleurs chargés d’approvisionner les nouveaux producteurs. Cette conquête a lieu au moyen d’un sacrifice seulement temporaire, si, par la protection, on peut porter l’industrie nouvelle au degré de perfection qu’elle comporte.

Nous savons que c’est particulièrement quand il s’agit de décréter une protection non encore admise dans les lois que les libres-échangistes se soulèvent et se récrient. Pour nous , malgré leurs vives insistances, nous pensons qu’il faut parfois favoriser la création d’industries nouvelles : il le faut parce que , souvent , travailler à les constituer ce n’est pas seulement donner de l’extension à son travail , c’est seulement conserver celui auquel on se livre. Les produits nouveaux, en effet, peuvent se substituer aux produits anciens ; ils les remplacent, ou lorsqu’ils ont une analogie évidente avec ces derniers, ou lorsqu’ils satisfont aux mêmes usages , bien qu’ils soient tout à fait différents , ou même lorsque leur emploi n’a rien de semblable : lorsque le coton , nouvellement introduit en Europe, se présenta sous forme d 'Indiennes, de Perses, de Nankin , ou que livré à l’état brut aux travailleurs de la vieille Europe, il devint dans leurs mains un des éléments les plus essentiels de la filature et du tis*

sage , n’est-il pas évident qu’il vint se substituer, en partie , aux étoffes de toute nature qui servaient antérieurement à l’habillement , à l’ameublement , etc. ? Plus récemment, quand la filature à la mécanique fut inventée, ne dut-elle pas produire la destruction parmi nous , au profit des étrangers , de la filature du coton , de 1 al aine , du lin , qui s’opérait à la main dans nos villes et nos campagnes? Ne pas favoriser l’établissement des nouveaux métiers sur notre territoire, n’était-ce pas nous priver d’une antique production ? Si les substances avec lesquelles on constitue les boissons chaudes peuvent, sans entraves aucunes, s’introduire sur nos marchés , n’est-il pas certain qu’elles feront une concurrence très-grande aux boissons fermentées , avec lesquelles elles n’ont qu’une analogie bien éloignée ? Lors qu’enfin un élément absolument nouveau et tout à fait sans ressemblance avec les autres s’introduit dans la consommation, par cela seul qu’il y vient prendre place, n’altère-t-il pas la position des autres produits , puisque les dépenses des individus et des nations sont bornées? ce que l’on donne à l’une est fréquemment enlevé aux autres ; un usage qui s’introduit fait disparaître un usage longtemps adopté : ainsi , quand il semble que par la protection on acclimate des fabrications nouvelles et qu’on étend le travail , on ne fait que remplacer des fabrications qu’on possède déjà et qui vont disparaître.

Mais il serait vrai que les produits nouveaux ne modifieraient pas les anciennes consommations, qu’il faudrait encore favoriser les créations d’industries qui 6e révèlent au génie des producteurs ; il faut

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