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360 COMPOSITION DBS PRINCIPES
tamis, et l'on reçoit dans un réservoir le liquide qui tient en suspension le principe colorant. On laisse déposer et on décante. Le roucou est recueilli à l'état d'une pâte extrêmement fluide, dont on commence la dessiccation dans une chaudière placée sur un foyer. Lorsque la pâte a acquis une consistance suffisamment épaisse, on la met dans des caisses peu profondes, et on la fait sécher à l'ombre. On n'enlève pas la matière colorante par une seule opération : la pulpe restée sur les tamis est broyée de nouveau et soumise encore k la fermentation ; l'on réitère ces manipulations jusqu'à ce que les eaux de lavage sortent incolores.
On conçoit aisément, d'après ce qui précède, comment le roucou du commerce est souvent aussi chargé d'impuretés. La méthode suivie à Santa-Fé de Bogota, oii l'on reçoit les fruits du roucouyer en nature, est préférable. Elle consiste à frotter fortement sous l'eau les graines : comme la matière colorante est seulement superficielle, on l'enlève ainsi en totalité, sans dissoudre le mucilage contenu dans l'intérieur des semences. On laisse déposer, on décante, on lave avec de l'eau fraîche ; et l'on obtient ainsi une matière rouge, d'une très-belle apparence. On la nomme achioie dans le pays, et dans l'économie domestique elle remplace le safran avec avantage. Les procédés suivis pour extraire le roucou indiquent assez que cette matière est insoluble dans l'eau ; l'alcool, et surtout l'éther, le dissolvent. Il est soluble dans les liqueurs alcalines, les huiles essentielles et les huiles grasses.
Le roucou possède la singulière propriété de se colorer en bleu indigo , par l'action de l'acide sulfurique concentré ; mais cette teinte bleue n'est pas permanente^ elle perd peu à peu son éclat, et passe successivement au vert et au violet.