CHAPITRE V
Les principes immédiats dont l'histoire vient d'être esquissée, se rencontrent avec plus ou moins d'abondance dans différentes parties des plantes. Il est tel de ces principes qui domine dans les racines, tel autre dans les semences, dans les écorces, les feuilles, etc. Il convient donc d'examiner, sous le rapport de leur composition, celles de ces parties ou orçanes qui offrent un intérêt suffisant, par la généralité de leurs applications, ou par l'iraporlance qu'elles peuvent avoir dans la culture.
DE LA CONSTITUTION CHOnQDB, BTG. 363
la Nueva*^ranada. C'est , comme l'observe M. de Hnmboldt, précisément la marche suivie par les in* eas' dans leurs oonqiiètes (i). Ce précieux tubercule pavitt n'avoir été ititroduik &u Mexique qu'après l'in'» vasîon européenne, et il>ést 'biei^ avéiré( qu'pB ne le connaissait pas encore sous le règne de Montezuma; bien que, clans l'opinion de plusîeurssavants, la pomme de ierm ait déjà été trouvée en Virginie, par les premiers colons qui y furent envoyés par sir Walter Raleigh. On prétend qu'elle fut ensuite portée en Angleterre par Drake ; maison sait que longtemps- avant ce natigateur, en d&45, un marchand d'^esdaves, John Hawkins, avait gratifié l'Irlande de tubercules provenant des côtes delà Nueva-Granada. IVIrlahde, la nouvelle plante passa en Belgique en i590. Dans la Grandc'-Bretagne^ sa culture fut entièrement négligée jusqu'au nkoment oii Raleigh l'introduisit derechef, an commencement du dix^-septième siècle. Lorsque la pomme de terre arriva de Virçinie en Angleterre pour la seconde fois, elle était déjà connue en Espagne et en Italie.
On a constaté que cette plante est cultivée en grand :
Dans le Lancashire , depuis 1 684 .
En Saxe 1717.
En Ecosse 1728.
En Prusse 1788(2).
Dès l'année 1710 , la pomme de terre commença
(1) Humboldt, Essai politique sur la Nouvelle- Espagne , t. II, p. 451.
(2) Humboldl, Essai poHliqae^ clc, l. II, p. 461.
à se répandre en Allemagne ; comme on la cultivait dans les jardins , elle était réservée pour la table du riche; il ne fallut rien moins que la famine de 177 1- 1772, pour qu'on songeât à l'admettre dans la grande culture (1). On comprit dès lors que la pomme de terre peut suppléer au pain ; et une fois installée] dans les champs, on ne tarda pas à reconnaître toutes les re&sources qu'elle présente comme substancealimentaire. En effet, de toutes les plantes utiles que les migrations des peuples et les navigations lointaines ont fait connaître, dit M. de Humboldt, il n'en est aucune depuis la découverte des céréales, c'est-à-dire depuis un temps immémorial, qui ait exercé une influence aussi prononcée sur le bien-^tre des hommes. En moins de deux siècles, elle a pénétré dans la Npuvelle- Zélande, au Japon, à Java, dans le Boutan et au Bengale. Aujourd'hui sa culture s'étend depuis l'extrémité de l'Afrique jusqu'en Islande et en Laponie ; c'est un spectacle intéressant, ajoute l'illustre voyageur, que de voir une plante descendre des montagnes situées sous 1 equateur, s'avancer vers le pôle, et résister plus que les graminées à tous les frimas du Nord (2).
La pomme de terre, comme tous les tubercules, est une exubérance développée sur les tiges souterraines. Ses variétés, déjà fort nombreuses, offrent entre elles des difiérences assez tranchées, dans le volume, la forme, la couleur de la peau et du tissu.
(1) Thaer. Principes raisonnes d'Agriculture, t. IV, p. iiO.
(2) Humboldl, Essai politique, elc, t. Il, p. 463.
la saveur, le temps qu'elles exigent pour parvenir à la maturité.
Après Teau, c'est la fécule qui domine dans la pomme de terre ; on y trouve, en outre, une certaine proportion de matières azotées. On doit à Yauquelin
une recherche détaillée des matières solubles qui se rencontrent dans ce tubercule ; matières, dont le dosage a été négligé dans la plupart des analyses. Les principes solubles rapportés à 100 de pommes de terre sont:
Asparagine 0, 1
Albumine 0,7
Mnlicre azolée non définie 0,4
Citrate de chaux t,2
Citrate do potasse indéterminé.
Acide citrique libre id.
Phosphate de potasse id.
Phosphate de chaux id.
Yauquelin, en examinant 48 variétés de pommes de terre, a trouvé qu'elles contiennent sur 100 parties : r de 1 à 1 1/2 de parenchyme ; 2"" de 2 à 3 de substances solubles ou extractives ; 3° de 20 à 28 de fécule ; i"" de 67 à 78 d'eau (1).
M. Payen a déterminé les limites de la proportion de fécule, dansdes tubercules cultivés dans les mêmes conditions (2).
Tableau.
(\) Thénard, Traité de Chimie, t. V, p. 82.
(2) Payen, Journal d'Agriculture pratique, l. U» p. 110.
DE LA CONSTITimOK CHIMIQUE