VARIÉTÉS
DAKS 100
"Uehî"
Bail.
IMpub».
Schaw d'Ecosse
Tardite d'fslanrte
Dans les circonstances parliculières où celte cul-
' ture comparée a été faite, la variété dite de Rohan a
présenté la plus forte proportion de matière nutritive
et de fécule ;
Les recherches que j 'ai faites sur la pomrae de terre
DES YÊ6ÉTAUX. 367
outre, elles contractent un goût eictrèmement désagréable. Après avoir constaté que la composition reste exactement la même , avant et après la congélation, M. Payen a étudié le tissu amylacé au microscope. U a TQ que l'amidon d'un tubercule gelé offre des grains réunis en paquets arrondis, ayant un diamètre 4 et 5 fois plus grand que celui des grains de fécule de la plus forte dimension. La pulpe restée sur le tamis est une réunion de celhiles, remplies de fécule pour la plupart. Ainsi, par l'effet des changements de volume dans les liquides successivement congelés et liquéfiés, l'adhérence entre les cellules est détruite : elles doivent donc se séparer par le moindre effort, sans résister, pour ainsi dire, à l'action de la râpe, sans se laisser déchirer ; le plus grand nombre restent intactes et gardent l'amidon qu'elles contiennent. On comprend aussi comment les pommes de terre rendent à très-peu près toute leur fécule, quand elles sont traitées avant le dégel. C'est qu'alors les cellules scellées par l'eau congelée, présentent une résistance suffisante pour être entamées par les dents de la râpe. Le plus souvent les tubercules qui ont été gelés sont moins farineux, en même temps qu'ils ont une saveur sucrée très-prononcée ; cela tient, sans doute, à ce que la végétation était déjà développée avant l'époque de la congélation : et l'on sait qu'il y a toujours formation de sucre aux dépens de la fécule, durant la germination.
Les pommes de terre dégelées acquièrent rapidement une saveur acre, une odeur vireuse insuppor-
table, à ce point, que dans la plupart des fermes on les jette au fumier : c'est que par Teffet du gel, les sucs renfermés dans les tissus sont mis en liberté ; et, par le fait de la température plus élevée qui accompagne et suit le dégel, ces liquides sur lesquels l'air peut alors exercer plus directement son action, se comportent comme tous les sucs végétaux abandonnés à eux-mêmes, ils se putréfient. L'odeur putride, l'àcreté développées dans la pomme de terre, sont d'autant plus marquées, que, dans la plupart des variétés, il existe, précisément au-dessous de Tépiderme, une couche plus ou moins profonde, plus ou moins colorée en nuances fauves, rougeàtres, violettes. Ce tissu, vu sous le microscope, se montre complètement dépourvu de fécule ; mais il recèle des principes colorants à odeur vireuse (1).
* Ces principes, qui communiquent d'aussi mauvaises qualités aux tubercules dégelés, paraissent solubles ou tout au moins destructibles par une exposition prolongée à l'air libre. Ainsi, lorsqu'on étend sur le sol les pommes de terre altérées par la gelée, qu'on les laisse laver par les pluies et se dessécher spontanément, elles durcissent, blanchissent, et peuvent ensuite être conservées pendant un temps très-long. U n*est pas un cultivateur qui n'ait retrouvé, à cet état, lors des labours du printemps, des tubercules oubliés sur les champs. Ce moyen a d'ailleurs été mis plusieurs fois en pratique ; et l'on pourrait peut-être le recom-
(I) Payen, Journal d'Agriculture pratique, 1. 1, p. 498.
mander, s'il était établi que les pommes de terre ne perdent pas, dans ces circonstances, une grande partie de leur principe le plus nutritif. Talbumine. Quoi qu'il en soit, c'est par une méthode analogue à celle dont il vient d'être question, que les montagnards des Andes conservent et rendent plus facilement transportables les tubercules dont ils font la base de leur nourriture.
Dans les parties les plus escarpées des Cordillières du Pérou, presque à la limite supérieure de la végétation, là où l'on aperçoit à peine quelques misérables champs d'orge et de quinoa^ on récolte dans les anfractuosités du terrain divers tubercules, comme la macaj l'oca, Vulluco. Pour les conserver, on les expose pendant plusieurs jours aux actions alternatives de la gelée et du soleil. Â ces hauteurs qui atteignent quelquefois 4,000 mètres, il gèle constamment pendant les nuits sereines, durant lesquelles l'air n'est pas très-agité. Dans le jour, les rayons d'un soleil ardent dessèchent rapidement les tubercules dont les sucs aqueux ont été épandus dans le tissu amylacé par l'effet de la gelée. Après la dessiccation, on peut les garder intacts pendant plus d'une année, en les emmagasinant à l'abri de Thumidiié.
Dans les mêmes localités, on apprête un aliment, la caya, avec plusieurs variétés d'ocas qu'on laisse dans l'eau jusqu^à ce que la putréfaction se manifeste ; alors on les étend sur une couverture, pour leur faire subir successivement l'action de la gelée nocturne et de la dessiccation au soleil. L'oca devient d'un gri
foncé ; et quand on le cuit, il répand une odeur trèsprononcée de cuir pourri. Lacaya^t la nourriture usuelle des Indiens.
Le chûno blatico ou moray est encore un aliment fort estimé des Indiens de Junin, de Cusco et de Puna ; on l'obtient i^vec des pommes de terre dont la saveur est des plus aipères, en les introduisant dans un sac que l'on plonge dans l'eau pendant la nuit, en ayant soin de le retirer au lever du soleil ; on continue cette opération pendant quinze ou vingt jours, après lesquels les pommes de terre soumises à ces immersions sont foulées aux pieds, afin d'en exprimer le suc. Le marc est exposé ensuite au serein et au soleil ; et au bout de quelques jours, on obtient un chûno de la pluB grande blancheur.
Enfin les Indiens se procurent la potame de terre sèche {papa seca), en faisant cuire d'abord les tubercules, les pelant et les exposant à la gelée de la nuit et à l'ardeur du soleil, jusqu'à ce qu'ils soient entièrement desséchés. On nomme cette préparation cho^ choca;(\fis{j comme le chûno, un aliment sain et assez agréable. ' '
I^ pomme de • terre. ivient sur les terrains les plus variés, lorsque l.e.dimat lui est favorable et que le sol est suffisamment riche. En général^ cette plante occupe, comme les betteraves, la première sole fumée, destiné^ ensuite à porter des céréales d'automne. On plante les tubercules quand on n'a plus dégelées à redouter ; dans l'est de la France, la plantation est ordinairement terminée vers la mi-mai. On place les
semences^à la distance d'environ 30 centimètres, dans uYi des siUjODS tracés par la chàiruey ks. lignes ou sillons ensemencés étant sépai^ par; un intervalle de 50 à 70 centimètres, I espace. sMfifis$inip6ur faire intervenir les attelages as un cheval dans les buttages. On bine lorsque les tiges sortent déterre. Quand lé& plants ont une hauteur de .25 à. 30. centimètres^ on donne un premier buttage. Dans les terres disposées à se dessécher, il faut butter peu profondément; sur les plateaux élevés de. l'Amérique, où l'on a souvent à redouter ta sécheresse naturelle du climat, j'ai observé de fort belles cultures qui n'étaient pas buttées.
La pomme de terre,.comme toutes les plantes sarclées, exige des façons assez considérables ; mais ces façons tout en étant au profit direct de la sole en culture, réagissent encore très-utilement sur les céréales qui.djQivent suivre^ M.. Crud estime à 140 les journées de travail dépensées sur un hectare ayant reçu 48,000 kilog. de fumier (1). Ce résultat approche de celui enregistré à Bechelbronn (2).
En Europe, la récolte des tubercules a lieu vers la fin de l'automne. Dans les Cordillières intertropicales, où la durée des cultures dépend principalement de la chaleur d'un climat très-peu variable, la plante reste dans le sol de quatre à sept mois, selon qu'elle est cultivée à une plus ou moins grande élévation
(1) Crud, Économie théùrique et pratique d Agriculture^ t. U, p. 147.
(2) BoussingauU, Comptes rendus de l'Académie des Sciences^ l. XIV, p. 252.
au-dessus du niveau de la mer. Elle réussit le mieux sous l'influence d'une température moyenne comprise entre Î3' et 18<». A la vérité, dans Venezuela, on la cultive encore dans quelques localités où la température n'est pas éloignée de 24*; mais je doute que cette culture soit très-avantageuse. Dans les régions chaudes et humides, la pomme de terre donne beaucoup de fanes et peu de tubercules ; j'en ai récolté de fort mauvaises à Riosucio de Enguruma, village situé à 1800 mètres de hauteur absolue, où la température moyenne et constante est d'environ 22''.
Les rendements des cultures de pommes de terre, constatés par divers observateurs, sont :
LOCALITÉS
ntODviT rim bictari
(semeocei déduiies).
Prune ,
Palalioat (dii années d'observation},
Autriche (treize observations)
Brabaot
Flandre occidentale
Pays de Waes
Pays de Tongres
Angleterre (moyenoeî
Angleterre (moyenne)
Irlande
Alsace
Alsace (Beehelbronn)
Rnviroos de Paris
Venezuela (Amérique méridionale).. .
En hectolitres
Igl («)
En poids.
AUTORITÉS
Thaër.
Moellinger.
Burger.
Schwertz.
Schwertz.
Schwertz.
Schwertz.
John Sinclair.
Schwertz.
A. Toung.
Schw2rtz.
Le Bel et Boutsin-
Dailly. [gauli.
Codaizi(2).
U existe évidemment un certain rapport entre la
(1) Je prends 80 kil. pour le poids de Thectolitre pesé immédiateinoiil après la récolle.
(2) C'est le rendement des deux récolles que Ton fait en une «^ciilc année.
quantité de semences confiée à la terre et celle des tubercules récoltés; on sème en Alsace de 15 à 25 hectolitres par hectare. Dans certaines localités on prodigue la semence, dans d'autres on n'en emploie , pas assez. Des expériences précises ayant pour objet de fixer, pour certaines conditions de sol et de climat, la limite favorable de la quantité de semence à employer, seraient d'un haut intérêt pour la pratique.
Depuisquelquesannéeslapommede terre estatteinte d'une maladie qui a fait éprouver des pertes considérables aux cultivateurs. À un certain moment, et presque instantanément, on voit sur un champ présentant l'aspect le plus satisfaisant, les tiges se flétrir et prendre une couleur noire; à la surface des tubercules, on reconnaît des taches livides : ces taches se propagent de l'extérieur à l'intérieur. Les parties affectées par la maladiedurcissentparla cuisson; maison a généralement observé que la pomme de terre malade peut sans inconvénient être consommée par les animaux. L'inconvénient de la maladie, inconvénient qui, s'il persistait, suffirait pour restreindre considérablement la culture de la pomme de terre , c'est d'empêcher la conservation des tubercules. En effet, la pourriture se propage avec une incroyable rapidité dans les caves et dans les silos, pour peu qu'il y ait dans la masse quelques pommes de terre atteintes de taches morbides, ce qu'il est fort difficile d'éviter, quelques soins qu'on apporte au triage de la récolte avant d'emmagasiner. Il est des tubercules à
la surface desquels on n'aperçoit pas l'indice de la maladie y quoique cependant ils portent les germes de rinfection, germes. qui se développent plus tard.. Aussi assure-t-on mieilx là conservation lorsque, après un certain temps, on soumet les pommes de terre • des caves et des silos à un nouvel examen ; mais par là on est entraîné dans de nouveaux-frais; ;<
On ignore les causes de la maladie des pommes de terre ; on a seulement fait la remarque que certaines variétés en sont- moins facilement atteintes .que d'autres. En i 847 , par exemple^ nous avons reconnu, dans notre culture, que les pommes de terre jaunes tardives ont le plus souffert. Les hàtrves rouges, àtuberçules ronds et gros {Steinthaler)^ ont été moins fortement attaquées .pe les jaunes tardives. On n'a pas observé de traces de l'infection dans la variété jaune printanière ; mais ces résultats ne se sont pas présentés par*-; tout de la même manière. D'ailleurs, on possède une variété très-jaune tardive dite Hosenmùller qui a le mieux résisté , dans noire sol , depuis l'invasiôa de l'épidémie. On s'accorde cependant à reconnaître, qu'eufgénéral, les variétés hâtives sont moins exposées à l'affection morbide que les variétés tardives ; aussi a-tron conseillé de cultiva principalement les pom-^ mes de terre printanières, on a même été jusqu'à proposer l'abanden de la culture des vaiiétés tardives.
Il est si avantageux de récolter de bonne heure les plantes sarclées, qu'il devait nécessairement 7 avoir une raison pour qu'on n'ait pas donné là préférence
aux pommes de terre précoces ; cette raison^ c'est la faiblesse du rendement. J'ai cru devoir, dans les circonstances présentes, déterminer exactement le produit d'une de ces variétés afin d'avoir un point de comparaison. Dans ce but j'ai cultivé simultanément, dans le même terrain, avec les mêmes façons, la HosenmûUer, et la printanière dite de la Saint-Jean.
Le sol, bien homogène, avait été fumé en automne avec 500 quintaux de fumier par hectare. On a planté sur des surfaces d'un are chacune, à raison de 13 hectolitres par hectare, soit 10 kilos i /2 par are :
1^ Des pommes de terre de la Saint-Jean ;
2° Des pommes de terre jaunes [HosenmûUer) . . Les récoltes (semences non déduites) ont été:
Hàlives iOOkil. par hectare 10,00bkîl. Tardives i73 — . 17,300
Nos cultivateurs pensent que, toutes circonstances égales d'ailleurs, les variétés très-précoces ne donnent que la moitié du rendement des bonnes variétés tardives. Le résultat obtenu est un peu moins défavorable ; on voit, en effet, en déduisant les 1 3 hectolitres (1040 kil.) de semence, que l'hectare a rendu :
Hâtives 8,960 kil.
Tardives 16,260
Il faut avouer que la différence constatée n'est pas de nature à encourager la culture de la pomme de terre précoce, et que ce serait un singulier moyen d'échapper aux conséquences fâcheuses de la maladie des pommes de terre que d'adopter une substi-
tution occasionnant à coup sûr une perte de près de moitié dans le poids de la récolte. Si l'on est loin d'être fixé sur la nature de la maladie des pommes de terre, il y a quelque chose de plus fâcheux encore : c'est que pas un des mille procédés indiqués pour la prévenir ou pour la combattre ne peut réellement être considéré comme efficace.
On a conseillé d'introduire dans lesol, de la chaux, des cendres ; et comme on assurait en avoir obtenu d'excellents efiets, nous avons cru devoir vérifier les résultats annoncés. La surveillance de ces expériences a été confiée à M. E. Oppermann.
Expérlenee sar Feniplol de la eltaoK et des cendres^
On a choisi quatre pièces de terre situées les unes à côté des autres sur le versant d'une légère pente et dans des conditions identiques d'exposition, de cultures et de fertilité. La plantation a été faite à la charrue, à raison d'environ 13 hectolitres par hectare, au commencement de mai, et la récolte à la fin de septembre. L'espèce de pommes de terre plantée était la rouge mi-hâtive.
Pièce de terre N* 1 de 1 1 ara 65 o'a reçu oi chaux ni cendres
(ie 12 ares 90 a reçu 940 lit.
de chaux jetés daos les sillons
de 16 ares 80 saoi adjonctioD de chaux ni de cendres. . .
N» 4 lie 21 ares SI a reçu 12 heclolitres de cendres de bois jetés dans les sillons....