‹ Économie rurale (volume 2)Chapitre 41 sur 78 · Partie N<> 3 de 2 ares 06 sans chaux ni cendres · texte numérisé non relu

Partie N<> 3 de 2 ares 06 sans chaux ni cendres

* 231 kil. p. de t. saines 1 1,213 kil.

20 » » malades.... 971 »

12,184 kil.

Parlie N(> 4 de 2 ares 20 a reçu 100 lil. de cendres 271 kil. p. de l. saines 12,318 kil.

20 » » malades.... 909 »

13,227 kU.

En examinant les chiffres ci-dessus^ on ne peut certes pas en conclure que la chaux ou les cendres aient contribué à diminuer la quantité des pommes de terre malades, et à plus forte raison on ne saurait admettre que ces substances aient la propriété de les préserver complètement du mal. Mais si la chaux n'a pas produit, sous ce rapport, l'effet désiré; elle semble avoir exercé une influence favorable sur le produit de la récolte.

Topinambours {Ilelianthus tuherosus). — On croit généralement que cette plante est originaire de TAmérique méridionale. Cependant M. deHumboIdt ne l'a jamais rencontrée dans les régions tropicales; et selon M. Corréa, elle n'existerait pas davantage au Brésil. La propriété que possèdent les tubercules de l'hélianlhus de résister aux froids de nos hivers, plusieurs considérations de géographie botanique, font présu mer à M. Ad. Brongniart, que cette plante appartient aux parties les plus septentrionales du Mexique.

Le topinambour atteint quelquefois près de trois mètres de hauteur; sa floraison est tardive, et je n*ai pas encore vu mûrir sa graine. On le propage par les

tubercules qu'il produit^ et qui sont considérés avec raison coDàme une nourriture précieuse pour le bétail. Aune époque où la pomme de terre n'était pas trèsrépandue, le topinambour entrait assez fréquemment dans l'alimentation de l'homme : quand il est cuit, sa saveur rappelle celle de la chair d'artichaut.

Les tubercules de topinambour contiennent sur 100 parties, d'après une analyse de M. Braconnot (1) :

Sucre incristallisable 14,80

iQuIine. 3,00

Gomme '. 1 ,22

Albumine 0,99

Substances grasses 0,09

Citrates de potasse et de chaux i ,i5

' 'Phosphates de potasse et de chaux. ........': 0^20 ' -

Sulfate de potasse — 0,i2

Chlorure de potassium 0,08

Malates el tartrates de polasse et de chaux. . . 01,05 '

L4g9<}ux< f .,...!- » , - . . ; l,a6>' : i

SilicQ. , 0,03

Eau \.,: 77,05

Desteèherches récentes entreprises par MM. Payeh, Poinsot fetPerry, donnent une contposition peu différente :

(i; Braconnot, Annales de Chinrie et de Physique, t. XXV, pk 2i98, 2« série*,., .

Glucose et sucre i4,7

Albumine et autres substances azotées. 3,i

Inuline 1 ,9

Acide pectique 0,9

Pectine 0,4

Matières grasses 0,2

Cellulose 1,5

Substances minérales 1,3

Eau 76,0

J'ai trouvé dans les topinambours de nos cultures:

Matière sèche.. 20,8 Eau 79,2

Il est peu de plantes aussi robustes et aussi peu exigeantes pour le terrain : jusqu'à présent la maladie qui affecte la pomme de terre ne l'a pas atteint. Il réussit dans tous les sols, à la seule condition qu'ils ne soient pas marécageux. On plante ses tubercules exactement comme la pomme de terre, et à peu près à la même époque ; mais c'est une opération que l'on exécute assez rarement, par la raison que le plus généralement la culture de l'hélianthus est continue, qu'on la fait perpétuellement sur les mêmes pièces, et que lors de la récolte il reste, quoi qu'on fasse, toujours assez de tubercules reproducteurs dans le sol, pour qu'au printemps suivant le champ se trouve complètement couvert de jeunes plants. Cette impossibilité d'enlever la totalité des tubercules du sol, la faculté qu'ils possèdent de résis« ter aux froids les plus intenses de l'hiver, et de se re-

produire lors du retour de la belle saison, est un obstacle à l'introduction de cette plante dans les rotations. Il faut, comme Texpérience le confirme de plus en plus, consacrer à cette culture d'ailleurs si productive, un terrain en dehors de l'assolement régulier.

Des végétaux de la grande culture , le topinambour est un de ceux qui produisent le plus en consommant le moins d'engrais et en exigeant le moins de façon. Kade rapporte qu'un carré de topinambours placé dans un jardin était encore en plein rapport 33 ans plus tard, émettant des tiges de 2 à 3 mètres de hauteur, bien que depuis longtemps la plante ne reçût ni façon ni engrais (1).

Je pourrais citer plusieurs exemples de la facile reproduction de Yhélianthm ; je crois cependant pouvoir affirmer que, pour obtenir des récoltes abondantes, il faut que la plante reçoive du fumier. Au reste, c'est de l'engrais bien placé.

Le topinambour, comme toutes les plantes à feuilles abondantes et fortement développées, exige de l'air et de la lumière : on doit, par conséquent, l'espacer convenablement. Les plantations primitives se font en ligne ; mais dans les semis provenant des résidus de la récolte précédente, on détruit un grand nombre de jeunes pousses, afin d'aligner et d'espacer suffisamment les plants conservés pour la culture. Quand la végétation est déjà avancée on donne un ou deux binages et un buttage.

(1) Schwertz, Culture des Plantes fourragères.

liCfifeuillâs detopinambours sont employéencoume fourrage dans quelques localités. La cueillette se fait à diverses époques de l'année. H peut être lucrar tif de destiner les feuilles à là nourriture du bétail ; mais je crois qu'il faut opter entre la récolteueuvert et celle des tubercules. 11 m'a toujours paru. hors de doute que l'enlèvement prématuré des. tiges nuisait au développement desiraciites. iVnirm'éclairer.sur cette question j'ai fait, en 1847, l'expérience que je vais décrire. Dans une plantation de topinambours bien régulière, on a marqué deux surfaces A. et B, ayant chacune la moitié d'un are. Le 16 juillet, les tiges très^arnies de feuilles,, ayant près d'un mètre de hauteur, ont été coupées sur la surface A.

Elles ont pesé '. '78 kil.

Le 25 octobre, une deuxième coupe a pesé. . . SO

Les tiges et les feuilles ont été consommées avec

«^^primant la valeur outritive en foin, telle que je l'établirai plus tard, on a :

Culture A, ayant fourni du founrage vert et des tubercules,

Tiges et feuilles vertes 25,60tf kil. équivalent à Foin 6,2t)0 kil. Tubercules 5,940 id. • 2,070

Culture B, n'ayant pas fourni de fourrage vert,

Tubercules 24,060 kil. équivalent à foin 8,383

Si l'on ne tient pas compte des 9,600 kilog. de tiges sèchejs, cette expérience démontrerait qu'au point de vue de. la production.de la matière, alimentaire, il est indifférent d'enlever ou de. laisser les tiges vertes* Ce point ét^Ii, on «en tire cette conséquence : c'est que dans les cas ou le trèfle viendrait à manquer, on pourrait, utiliser la plantation de topinambours comme une sole de fourrage verL

Le produit en tiges ligneuses enlevées pendant l'hiver, sur un hectare, a été pendant plusieurs années : 14,100 kil. ou 53 pour 100 de tubercules; en 1847 : 9,600 kil., soit 40 pour 100 de tubercules.

Schwerlr évalue le rendement moven des fanes sèches de topinambours à 7 à 8,000 kil. par hectare.

Ce produit en ligneux, le plus souvent utilisé comme

combushble;^t considérable : adoptant le rendement le plus faible, celui indiqué par Schwertz, et prenant 400 kilog. pour le poids d'un stère de bois de chauffage, on trouve qu*un hectare de topinambours fournit par an l'équivalent de 19 stères de bois.

Le topinambour^ ne craignant pas la gelée, peut rester dans le sol pendant tout l'hiver ; il n'exige pas, comme la pomme de terre, d'être rentré à une époque dé terminée ; on le retire de la terre au furet à mesure des besoins ; en outre, il ne demande ni local ni soins aucuns pour sa conservation : son approvisionnement est uniquement commandé par cette circonstance, que durant les grands froids où la terre est durcie par le gel, il faut trop de travail pour le déterrer. Pendant l'hiver les tiges ligneuses de la plante sèchent sur place. Nous avons essayé, et cet emploi est peut-être plus profitable, de les faire entrer pour une certaine proportion dans la litière des porcs ; la moelle, qui en forme la plus grande partie, absorbe une assez forte quantité de déjections liquides.

Voici le produit en tubercules constaté en Alsace :

Hec(ol. Kilogr. Autorités.

Terres sablonneuses 128 10240 Schwertz.

Sols de première qualité. ... 319 25520 Kade.

A Bechelbronn (moyenne). . . 330 26400 Le Bel et BoussingauU.

Becheibronn, récoltes 1839-40 441 35279 1d.

Bechelbronn, récolte de 1847 24060 Id.

Carotte {Daucm carota) . — Cette racine entre assez souvent dans la culture, comme plante intercalée ; ainsi on la sème quelquefois avec le pavot. Quelquefois aussi elle est mise en dérobée à la suite des céréales d'automne. C'est un fourrage très-goùté des animaux, mais qui ne possède pas à beaucoup près la valeur nutritive exagérée que lui attribuent la plupart des cultivateurs. La carotte demande un sol profond

assez meuble et homogène, en première sole fumée, et une culture faite avec les plus grands soins. Schwertz, en prenant une moyenne de trois années, porte le rendement par hectare à (1) :

Racines 34000 kil.

Fanes verles. 12000

Dans une culture où cette plante avait été intercalée avec le madia sativa, nous avons obtenu à Bechelbronn, 14,222 kil. de racines. La carotte renferme une proportion considérable d'humidité, 87,6 pour 100 d'après plusieurs de mes expériences.

Les recherches des divers chimistes ont établi que le suc de cette racine contient du sucre, de l'albumine ; de la carottine , principe colorant cristallisable; de Thuile volatile, des matières grasses, de l'acide pectique, de la pectine, de l'amidon, de l'acide malique, des phosphates alcalins et terreux.

Drappier a retiré de la carotte 12 pour 100 de sucre cristallisable.

Écorces de cinchona. — Les écorces de quinquina employées avec tant de succès comme fébrifuge , appartiennent à différentes espèces de cinchonay arbres des montagnes de TAmérique méridionale. Dans le

(\) Schwertz, Plantes fourragères^ p. 278, traduct. de Schauenburg.

commerce on en distingue trois variétés principales : le quinquina gris, le jaune et le rouge. Le principe actif de ce médicament réside essentiellement dans les bases alcalines végétales qu*il renferme : la quinine, la cinchonine, et la cinchovatine récemment découverte par M. Manzini dans le cinchona ovata.

Les vertus médicinales du cinchona furent divulguées aux Européens, en 1638, à l'occasion d'une fièvre opiniâtre dont souflrait, à Lima, la comtesse de Chinchon, vice-reine du Pérou. Un corrégidor de Loxa qui, dans une semblable circonstance, avait été guéri par les Indiens, conseilla le quinquina. Le remède eut un plein succès; et, par reconnaissance, la vice-reine fit apporter des montagnes une grande quantité d'écorce pour être donnée aux fiévreux. Ce fut ainsi que le quinquina prit d'abord le nom de poudre de la comtesse. Plus tard, les membres de la compagnie de Jésus furent chargés de le distribuer, et il devint nécessairement la poudre des jésuites. Enfin, le cardinal de Lugo en ayant introduit l'usage à Rome,, le nouveau médicament y fut connu sous le nom de poudre du cardinal.

Avant que les précieuses propriétés du cinchona eussent été appréciées en Europe, les jésuites établis à Chuquiabo tiraient de leur mission de la rivière des Amazones, pour expédier en Espagne et en Italie, une écorce fébrifuge très-amère, provenant d'un arbre nommé par les Indiens quina quina. Cette écorce, déjà fort employée, disparut de la matière médicale;

mais son nom fut donné au médicament de Loxa (1).

Les cinchonas se rencontrent principalement dans* les forêts élevées, sous un climat tempéré et dans un sol pierreux. On reconnaît si le moment de la récolte est arrivé, à ce caractère que la face interne de l'écorce, détachée d'une branche, prend en quelques minutes une teinte rouge, jaune ou orangée, suivant l'espèce d'arbre ; si cette prompte coloration ne se manifeste pas, c'est une preuve que l'écorce n'a pas encore atteint toutes les qualités désirables.

On abat les cinchonas un ou deux jours avant de commencer la décortication ; l'opération est alors plus facile, et l'épiderme ne se détache pas. L'écorce du tronc et des branches est enlevée à l'aide d'un grand couteau, en bandes ou lanières que l'on fait aussi larges que possible. Les écorces sont placées sur des draps et mises à dessécher au soleil, en ayant soin d'isoler chaque fragment, afin de faciliter la dessiccation, et surtout pour favoriser V enroulement ; quand les écorces se touchent, qu'elles sont amoncelées, elles prennent souvent une odeur désagréable, due à un commencement de putréfaction (2) . Le quinquina,

(1) De La Condamine, Mémoires de V Académie des SdeneeSy année 1738, p. 232.

L'élymologie du mol quinquina, acceptée par La Gondaroine, mérite d'être rapportée. Ôut>ui,en langue inca, signifie enveloppe, Tètement, au figuré écorce. Les Indiens, pour exprimer une qualité supérieure, répètent plusieurs fois le même mot : ainsi, quinaquina pourrait se traduire par écorce des écorces, écorce par excellence.

(2) Ruiz, Quinologia,

une fois bien desséché, est expédié dans des enveloppes de cuir de bœuf.

D'après mes observations barométriques et les indications botaniques fournies par M. Goudot, les diverses espèces de quinquina sont distribuées ainsi dans les montagnes de la Nueva-Granada :

Htutenrt où ils toot Tempértture de trèB^aboadanU. U ttation.

Quinquina gris? C.lancifolia., 2000 mèlres 19<*

blanc, C. ot;a/i/b/ta . . 1300 2|o

rouge, C. obUmgifolia 700 24»

jaune, C. corcUfolia. . 600 25«

Pelletier et M. Gaventou ont trouvé dans le quinquina gris : 1* de la cinchonine unie à Tacide kinique ; 2* une matière grasse ; S"" des matières colorantes rouge et jaune ; 4* du tanin ; 5* du kinate de chaux ; 6* de la gomme ; T de l'amidon ; 8"" du ligneux (1). Dans le quinquina jaune et le quinquina rouge, ces habiles chimistes ont rencontré les mêmes principes^ et de plus du kinate de quinine.

Écorce de satde et de peuplier. — Les décoctions de ces écorces sont souvent employées avec succès pour combattre les fièvres intermittentes. En recherchant le principe actif de ces médicaments, M. Roux, pharmacien à Vitry-le-Français, a découvert dans Técorce du saule {salix hélix) une substance particulière amère, la salicine, dont l'effet thérapeutique est analogue à celui des principes fébrifuges des quinquinas.

(1) Pelletier et CaTentou, Ann. de Chim. et de Phys.^ t. XV, p. 313, 2* série.

On l'obtient sous forme de cristaux prismatiques. 100 parties d'eau dissolvent à la température ordinaire 5 parties et demie de salicine. La salicine se dissout dans l'alcool ; elle est insoluble dans l'éther et les huiles essentielles. Elle contient, d'après l'analyse de M. Mulder :

Carbone 56,8

Hydrogène 6,1

Oxygène 37,1

M. Braconnot a extrait de l'écorce et des feuilles du tremble {populus tremula) une autre matière cristalline, la populine. Elle a une saveur sucrée comparable à celle de la réglisse, elle est très-peu soluble dans l'eau et dans l'alcool. M. Braconnot admet dans l'écorce du tremble, indépendamment du ligneux : l"" de la salicine; 2"* de la populine; 3* une matière particulière, la corticine ; 4"" de l'acide benzoîque ; 5*" de la gomme ; O*" des tartrates de chaux et de potasse; T de l'acide pectique (1).

Liège. — Le chêne à liège est connu en Espagne ^ sous le nom à'alcamoque. Il forme des forêts étendues sur la pente méridionale des Pyrénées, où on le voit souvent établi sur des terrains arides et pierreux qui semblaient destinés à une étemelle stérilité. Le chéne-liége est pourvu de racines flexibles et vigoureuses rampant à la surface dénudée des mas-

(1) Btàconnoi, Annales de Chimie et de Physique, t. XLlV,p. 296, 2» série.

ses granitiques, contournant les blocs de rochers, jusqu'à ce qu'elles aient rencontré une fissure, un banc de sable, une alluvion^ où elles pénètrent profondément pour puiser la nourriture nécessaire à l'arbre d'où elles émanent, en même temps qu'elles le fixent solidement au sol. Parvenu à son entière croissance, Valcornoque s'élève à plus de 20 mètres de hauteur, et son tronc atteint ordinairement un mètre de diamètre (1).

Dans les Pyrénées espagnoles, la limite supérieure de la région du chène-liége est celle de la vigne, 500 mètres au-dessus du niveau de la Méditerranée. En France cet arbre donne de riches produits dans les communes de Passa, Lauro, Vives, 0ms, dont la hauteur moyenne est de 350 mètres. En Espagne, comme en France, le terrain primitif porte les forêts d'a2* comoques: et M. Jaubert de Passa, qui a si bien décrit les habitudes et la culture de cet arbre utile, dit positivement qu'il ne croit que sur les sols qui dérivent du granit, du gneiss, du micaschiste, des porphyres , jamais dans les terrains d'origine calcaire (2).

Valcornoque se reproduit spontanément sur les sols siliceux, au milieu des cistes et des bruyères ; mais cette reproduction est si lente, que le cultivateur a souvent un intérêt réel à la favoriser par des semis :

(1] Jaubert de Passa, Mémoires de la Société d^ Agriculture ^ année 1837.

(2) Jaubert de Passa, Mémoires de la Société d^ Agriculture , an] née 1837, p. 9.

et dans cecas, comme le remarque M. Jaubert, il convient de choisir les semences avec discernement. Il existe plusieurs variétés d'alcornoques. Celle dont le tronc régulier est recouvert d'un épiderme lisse et grisâtre, donne les produits commerciaux les plus estimés ; sa semence est renflée, assez grosse, d'une saveur douce. Les glands mûrissent depuis le mois d'octobre jusqu'à la fin de décembre ; on donne la préférence pour les semis à ceux dont la maturité a lieu vers la mi-novembre ; les autres sont employés à l'engraissement des porcs.

Les Catalans sèment les glands dans un sol labouré, en même temps qu'ils plantent la vigne. Pendant vingt ou vingt-cinq ans, la récolte du raisin compense les frais occasionnés par les soins donnés aux jeunes arbres; mais le produit de la vigne diminue à mesure que l'alcornoque l'ombrage en grandissant, et il arrive enfin une époque où les ceps dépérissent complètement. Dans sa première année, la croissance en hauteur du chène-liége va rarement au delà de 17 centimètres; à 4 ans il a de 40 à 50 centimètres. On l'élague avec soin jusqu'à ce que le tronc soit élevé de 2 1 /2 à 3 mètres ; Tarbre peut être alors âgé de vingt ans; avec son branchage, sa hauteur totale est d'environ 7 mètres, et son diamètre mesuré à la surface du sol se trouve compris entre 16 et 22 centimètres. Dès l'âge de 15 ans l'écorce a perdu le poli et l'aspect noirâtre qui caractérise les jeunes pousses ; elle est divisée en bandes longitudinales par de nombreuses gerçures.

La décortication de Talcomoque commence vers le 1 5 juillet et continue aussi longtemps que la sève reste en mouvement. Lorsqu'on le récolte, le liège forme de dix à douze couches dont chacune indique un dépôt annuel. Les deux couches externes constituent Tépiderme, les autres adhèrent fortement entre elles; et bien que d'épaisseur variable, elles présentent une masse homogène. On reconnaît que le liège doit être enlevé quand, vers la dixième année, il a acquis à l'intérieur une teinte légèrement rose. On écorce en pratiquant, à l'aide d'une hache, une entaille sur toute la longueur du tronc, en évitant de blesser les couches ligneuses ; on fait ensuite deux autres entailles en travers, aux deux extrémités. En faisant alors pénétrer le manche de la hache dans l'entaille verticale, on soulève et on ouvre, comme une porte, la section d'écorce comprise entre les trois coupures; le travail est des plus faciles quand la sève est abondante. Un tronc est ordinairement écorcé en deux opérations, qui fournissent ainsi deux pièces de liège.

L'écorce d'un alcornoque de vingt ans est toujours mise au rebut. L'arbre doit avoir atteint quarante ans pour que son liège ait une valeur commerciale. Un chêne séculaire peut fournir i 00 kilog. de liège. Le maximum de produit s'élève à 440 kilog., mais en moyenne on compte sur 50 kilog. de liège par arbre décortiqué (1).

(1) Jauberl de Passa, Mémoires de la Société d'Agriculture^ année 1837, p. 53.

Pour préparer le liège, les écorces séchées en magasin sont mises à tremper dans le but de ramollir l'épiderme et les couches adjacentes ; on enlève ensuite avec une doloire large et tranchante, toutes les parties noires, rugueuses, fendillées, adhérentes à la surface externe ; puis on plonge pendant un quart d'heure Técorce dans un bain d'eau bouillante, afin de lui donner de l'élasticité. Autrefois on produisait cet effet en brûlant la surface extérieure du liège ; cette méthode ne s'applique plus qu'aux produits de qualités inférieures. Quand on a communiqué à l'écorce l'élasticité, la souplesse désirables, on l'entasse pendant quelques jours dans un endroit humide. C'est alors seulement que le liège est livré aux ouvriers carrodorSy pour être débité en planches telles

qu'on les rencontre dans le commerce.

Dans une analyse du liège sec, M. Chevreul a trouvé (1) :

1* Huile odorante, 2" acide acétique, 3* acide gallique et gallate de fer, A^ matière coloranle et aslriageate,5<> principe azoté, 6<>cbaux 14,25

70 Matière analo£[ue à la cire (cérine), 8<* résine molle : 15.75

9^ Liège épuisé par l'eau et l'alcool (subérine) 70,00

La subérine donne, comme le liège, de l'acide subérique par l'action de l'acide azotique. Je ne crois

(1) Jaubert de Passa, Mémoires de la Société éTAgricuiture^ année 1837, p. 50.

pas qu'on puisse la considérer comme un principe immédiat ; car en la traitant par une dissolution de potasse, on dissout la matière grasse qu'elle contient encore, et il reste un résidu ligneux. La substance grasse et résineuse que l'on obtient en saturant la liqueur alcaline, est brune, très-fusible, et produit de l'acide subérique, lorsqu'elle est traitée par l'acide azotique. En soumettant le liège à l'action dissolvante de Téther dans un appareil de déplacement, j'en ai retiré une résine cristallisant en belles aiguilles blanches et soyeuses, composées de :

Carbone 82,6

Hydrogène il,2

Oxygène 6,2

100,0 FenlUei.

Les parties herbacées des végétaux ont toutes une composition à peu près semblable, si on les envisage d'un point de vue très-général. Les feuilles, les tiges vertes, contiennent toujours, avec la fibre ligneuse qui en forme en quelque sorte le squelette, de T albumine ou un principe azoté analogue, des matières sucrées et gommeuses, de la chlorophylle, de la cire, des substances grasses et résineuses, des acides libres ou combinés, souvent enfin des huiles essentielles- Tel est l'ensemble de la constitution que les chimistes assignent au trèfle, au foin, aux feuilles, en un mot à tous les fourrages verts. Cependant, à cette constitution que l'on pourrait appeler normale, vien-

nent quelquefois s'ajouter des matières particulières dont nous avons déjà étudié quelques-unes, et qui, par les propriétés médicales ou l'utilité économique qu'elles donnent aux plantes, font de ces dernières un objet important de la grande culture. Je me bornerai à considérer deux de ces plantes, le tabac et le thé, dont les feuilles, d'un usage presque universel, sont une source de prospérité commerciale pour les peuples qui les cultivent.

Tabac. -^Le tabac {nicotiana tabacum), originaire de l'Amérique, parait avoir été introduit en Espagne et en Portugal, vers le milieu du seizième siècle, par Fernandès de Tolède. On croit que son nom vient de ce que les premières importations se firent de File de Tabago, une des Antilles peu distante de la côte de Venezuela. Nicot, ambassadeur en Portugal, en fit connaître l'usage en France (1). Aujourd'hui la culture du tabac est répandue sur presque toute la surface du globe.

Cette plante demande un sol assez meuble, riche en humus : aussi vient-elle parfaitement sur les défrichements. En Amérique, sa culture et sa préparation sont à peu près les mêmes partout.

Dans Venezuela, on sème la graine en pépinière sur des fonds extrêmement riches; et au bout de quarante à cinquante jours, on repique les jeunes plants en les disposant en lignes éloignées d'à peu près 1°',2. Les plants sont espacés à environ 60 centimètres. On

(I) Journal d'^gricullure pratique^ l. H, p. 174.

recouvre ordinairement la plante repiquée avec une feuille de bananier, pour la préserver de l'ardeur du soleil pendant les premiers jours qui suivent la transplantation. Il ne tarde pas à se former un bourgeon à r extrémité supérieure, lorsque le pied de tabac est arrivé à une hauteur d'un demi-mètre. On coupe ce bourgeon et ceux qui pourraient encore se reproduire ; on enlève également les jets partant du pied de la tige principale. A l'aide de ces précautions le tabac devient touffu, les feuilles acquièrent une teinte bleue très-prononcée. On reconnaît qu'elles sont en état d'être cueillies, à l'apparition d'une tache d'un bleu foncé qui se montre près du pédicule. Les feuilles ne mûrissent pas simultanément, et une des préoccupations constantes du planteur est d'enlever soigneusement celles dont l'aspect présente tous les signes de la maturité.

Après la cueillette, les feuilles sont transportées sous des hangars où elles sont étendues deux par deux sur des claies disposées à cet effet. Le tabac devient jaune et flexible : c'est alors qu'après avoir enlevé la nervure principale, les côtes de chaque feuille, on les tord en forme de cordes que l'on met ensuite en pelotons du poids de 30 à 40 kilogrammes. Ces pelotons sont placés sur un lit fait avec des feuilles avariées et les côtes détachées. On couvre toute la masse et on la laisse fermenter pendant quarante -huit heures, en arrosant si le tabac paraît trop sec ; il se développe de la chaleur. Quand les cordes de tabac ont subi une fermentation suffisante, on les expose à l'air pour les faire refroidir ; enfin on les déroule, et on les suspend

SOUS les hangars pour favoriser le dégagement de Texeès d'humidité. On laisse le tabac suspendu jusqu'à ce qu'en l'exprimant il n'en sorte plus de jus. Si les ouvriers reconnaissent que le produit est marchand, qu'il a toutes les qualités exigées par les consommateurs, on donne au tabac en corde la dernière façon, ce qui consiste à en former de petites pelottes ou des carottes (manoques) du poids de quelques kilogrammes. Si au contraire on s'aperçoit que la fermentation n'a pas été poussée assez loin, on fait fermenter de nouveau.

La zone verticale de la culture du tabac entre les tropiques est très-étendue, on le récolte depuis le niveau de la mer jusqu'à une hauteur de 1800 mètres ; la durée de la végétation dépend, comme je l'ai déjà indiqué, de la température moyenne des différentes stations où la culture est établie. D'après les observations de M. Codazzi, faites dans la Gordillière orientale des Andes et dans la chaîne du littoral de Venezuela, la cueillette des feuilles commence, dans les régions les plus chaudes, cent-cinquante jours après les semailles. Dans les stations supérieures , là où le thermomètre se maintient à 1 8* ou 1 9*, les premières feuilles ne sont arrachées qu'au bout de sept mois et demi environ.

Dans l'Inde, à Geylan, le tabac se cultive presque exactement comme en Amérique. On s'oppose aussi à ce que la plante prenne un trop grand développement en hauteur, et on limite le nombre de feuilles de chaque pied, selon la qualité du tabac que l'on

veut récolter. En laissant la plante garnie seulement de dix à douze feuilles, on obtient un produit trèsrecherché. En conservant dix-huit à vingt feuilles, le tabac est loin d'avoir la même force. Enfin ^ enabandonnant la plante à elle-même, en permettant à sa tige de croître et de fleurir, on se procure une récolte abondante et un produit peu estimé. Les feuilles cueillies sur la plante parvenue à ce degré de développement, sont souvent livrées à la consommation après une simple dessiccation , sans avoir fermenté. Le tabac qu'elles fournissent est jaune, extrêmement doux et parfaitement convenable pour l'usage immodéré qu'en font les Cingales (1).

Si la culture permet d'obtenir un produit supérieur^ aux dépens de la quantité, il est cependant incontestable que le climat exerce la principale influence sur la qualité du tabac. Celui que l'on récolle dans les régions tempérées des Andes, en Virginie ou en Europe, ne saurait en aucune façon être comparé au tabac de la Havane, de Yarinas, de Giron, de la vallée du Cauca. La plantation m'a paru surtout avantageuse dans les localités dont la température moyenne ne descend pas au-dessous de 24^.

Le tabac est une plante des pays chauds ; là seule* ment, cette plante donne des produits de qualité irréprochable. Dans Venezuela, où sa culture est pratiquée avec une rare intelligence, et dans des localités où la chaleur du climat se maintient entre 25** et

(i) Stracban, PhilosophicaltrmsaeUimf, année 1702» p. 1164.

27% on compte que dix plants sont nécessaires pour produire 1 kil. de tabac ; et en moyenne, par hectare non fumé, on récolte assez de feuilles pour en préparer 1400 kilos. (1).

En Alsace, on sème vers la mi-mars, on repique dans les premiers jours de juin, et l'on récolte en automne. On suit à très-peu près le mode de culture déjà décrit, en laissant à chaque pied huit à dix feuilles. Schwertz évalue le rendement par hectare à 15 quintaux (2) .Thaer,en Prusse, le porte à 1 450 kilos (3) .

Dans toute l'Europe, la consommation du tabac prend un accroissement considérable. En France, la régie en a vendu en 1837, sous différentes formes, 14,143,791 kil. Durant la même année^ on en a récolté dans les départements où la culture est autorisée, 10,000,000 de kil. (4). La différence que l'on remarque entre le chiffre de la consommation et celui de la production territoriale, a été comblée par les provenances étrangères.

Selon les documents publiés par Tadministration, dans toute la France, en 1 841 , 8, 1 58 hectares en culture ont fourni 9,664,120 kil. de tabac, quantité cpii répond à un rendement moyen de 1 185 kil. par hectare (5).

Les propriétés du tabac résident très-probablement

({) Codazzi, Reswnen de la Geografia de Venezuela, p. 137.

(2) Schweriz, CtAivres de V Alsace, p. 284, trad.

(3) Thaer, Principes raisontiés d'Agriculture, t. IV, p. 192.

(4) Statistique agricole de la France.

(5} Id.

dans l'alcali végétal volatil qu'il contient, la nicotine. Suivant l'analyse de M. Posselt et Reiiuann, les feuilles de tabac seraient formées de (1 ) :

Nicotine 0,07

Matière extractire 2,87

Gomme 1,74

Résine verte 0,27

Albumine 0,26

Gluten i ,05

Acide malique 0,51

Malate d'ammoniaque 0, 1 2

Sulfate de potasse 0,05

Chlorure de potassium 0,06

Azotate et malate de potasse. . 0,21

Phosphate de chaux 0,17

Malate de chaux 0,72

Silice 0,09

Ligneux 4,97

Eau 86,84

Pendant la fermentation des feuilles il se forme toujours quelques sels ammoniacaux.

Thé. — Le thé, dont l'usage est si universel dans l'empire chinois, commença à être connu en Europe dans le dix--septième siècle, époque à laquelle il fut apporté par la compagnie hollandaise desIndes. En 1 669, l'importation du thé en Angleterre ne dépassa pas 56 kil. En 1833, la Compagnie des Indes en réserva pour la consommation de la Grande-Bretagne près de 11 millions de kilos.

L'arbre à thé atteint communément une hauteur

(1) Berzélius, TraiU de Chimie, l. VI, p. 280.

de i",5 à 2"',5« En Chine, il fleurit dès le commencement du printemps^ et porte des graines en décembre et janvier. Ses branches sont recouvertes de feuilles courtes, épaisses, d'un vert foncé et d'une forme elliptique. C'est une plante des plus vigoureuses, qui prospère depuis l'équateur jusqu'au 45* parallèle ; mais les districts où la culture parait la plus avantageuse, sont compris entre le 25* et le 33* degré de latitude (1). Le thé exige un climat humide, un sol léger et sablonneux. On ne fume pas, et on n'a pas égard à la nature des terres quand l'irrigation est praticable.

L'arbre est propagé par semis. On place plusieurs graines dans des trous creusés de manière à espacer les plants à un ou deux mètres. L'arbuste produit dès sa troisième année. La cueillette se fait à la main ; on enlève les feuilles, en ayant cependant la précaution d'en conserver quelques-unes sur chaque branche. Dans une même année, on fait deux à trois récoltes, selon l'âge de la plante; il est rare qu'on en fasse une quatrième. En Chine l'effeuillage commence vers le 15 avril, époque à laquelle les bourgeons folifëres apparaissent enveloppés d'un léger duvet cotonneux. Cette première récolte est très-faible, mais elle fournit le thé le plus estimé, le show cAtm, ou thé de première origine. La seconde cueillette a lieu en juin, quand les branches sont garnies de feuilles d'une couleur assez foncée ; ces feuilles^ très-abon-

(1] RobinsoD, A descriptive aocoimt of Aisam, p. 131. I. 26

dantes, sont inférieures en qualité aux bourgeons de la récolte précédente. Les Chinois les emploient pour préparer le thé urh çhun ou de seconde origine. On fait encore une troisième cueillette un mois après ; les feuilles dites alors son chun ou de troisième ongine, sont d'un \ert très-intense, coriaces : elles donnent le thé le plus commun.

Déjà des plantations considérables de thé sont établies dans l'Inde anglaise, dans l'Âssam, le Brésil ; et il n'est pas improbable que cette plante ne s^établisse un jour en Europe.

Au rapport dèGuillemin (1), qui a observé la culture et la préparation du thé au Brésil, les feuilles sont soumises à la dessiccation immédiatement après avoir été cueillies. On en place 2 à 3 kil. dans une chaudière de fer très-évasée, polie, dont l'intérieur peut avoir un mètre de diamètre, sur 30 centimètres de profondeur. La température du métal de la chaudière est entretenue à près de 100 degrés; un nègre remue avec les mains les feuilles dans tous les sens, jusqu'à ce qu'elles soient devenues souples comme un chiffon, à ce point qu'on puisse en former de petites pelotes. Quand elles ont acquis une souplesse suffisante, on les place sur une claie faite avec des lanières de bambou, et on les malaxe for* tement pendant un quart d'heure, de manière à en exprimer un suc verdàtre, d'une saveur désagréable. Les feuilles malaxées sont alors remises dans la

(0 GuillemiD, Rapport sur sa mittion au Brésil.

DBS VÉGÉTAUX. 403

chaudière ; on les dessèche complètement en les retournant sans ces6e avec la main, les séparant quand elles s^^glomèrent, les soulevant, les faisant voltiger pour les empêcher d'adhérer et de brûler au contact du métal. Durant cette opération qui se prolonge pendant une demi-heure, il se dégage une poussière abondante provenant du duvet cotonneux dont la plante est recouverte. Par cette dessiccation rapide , les feiiilles se roulent sur elles -< mêmes , se crispent , prennent l'aspect du thé du commerce. A sa sortie de la chaudière, le thé est passé dans un crible, dont les ouvertures carrées ont 3 millimètres : les feuilles les mieux enroulées, celles qui proviennent des bourgeons, passent à travers ; et après les avoir vannées , on leur donne un nouveau coup de feu y jusqu'à ce qu'elles aient pria- une teinte plombée grisâtre. Ce premier produit porte au Brésil lé nom de thé impé^ rial ou thé ucJdm. La partie retenue sur le crible est chauffée, vannée. et criblée : c'est le thé hyson fin. Le résidu de ce second produit est encore soumis aux mêmes opérations ; il donne le thé hyson commun. On obtient encore, et toujours par les mêmes moyens, le thé hyson grossier. Enfin, les feuilles brisées, non enroulées, les débris du vannage, sont appelés thé de famille^ parce qu'on le consomme sur place.

Pendant et après sa dessiccation , le thé répand une odeur herbacée peu agréable, qui se modifie avec le temps. L arôme des thés chinois leur est communiqué par une plante très-odoriférante , que Ton

croit être Volea flàgrans. On prétend aussi que le thé vert est coloré au moyen de l'indigo. Il est pos^ sible, cependant, que la couleur dépende simplement du degré de torréfaction. Guillemin ne nous a rien aissé sur le rendement de l'arbre à thé du Brésil. En Chine, suivant un manuscrit de M. Garpena , vicaire apostolique duFo Kien, un arbuste, dans une culture faite avec soin, produit annuellement pendant trente pu quarante ans, 1"** à !"*• ,5 de thé torréfié.

Le thé , d'après les analyses de M. Mulder, renferme les mêmes principes qu'on rencontre généralement dans les feuilles , et , de plus , une substance cristalline, la caféine, qui est aussi la matière active du café.

La caféine cristallise en aiguilles incolores d'un aspect soyeux, d'une saveur amère. Elle est peu soluble dans l'alcool et dans l'éther ; l'eau en dissout 1/40; elle se sublime sans éprouver de décomposition , et c'est par la sublimation que M. Stenhouse propose de l'extraire du thé (i).

H. Peligot a retiré de 100 parties de thé (2) :

Tbé. Caléioe.

Hyson 2,6 à 3»4

Poudre à canon 2,2 à 4,1

Le thé, à Tétat où on le trouve dans le commerce, renferme pour 100, de 8 à 10 d'humidité, et 31 à] 41 de matières solubles dans l'eau bouillante.

(1) Stenhouse, Ànnalen der Chemie und Pharm.^ t. XLV, p. 336.

(2) AimaUs de Chimie et de Physique, t. W, p. 129, 3* série.

La caféine est certainement le principe auquel le thé doit sa saveur amère et quelques-unes de ses propriétés. Les expériences ont d'ailleurs prouvé que cette substance, quand elle est administrée seule et à dose assez forte , ne produit aucune action fâcheuse sur l'économie animale^

Froment, — Cette céréale appartient au genre Trir' licum, qui fournit à l'agriculture un grand nombre d'espèces importantes.

On peut faire, dans les blés, deux grandes divisions: les froments proprement dits, dont le grain se sépare de la balle par le battage ; les épeautres, <)ont le grain reste adhérent à la balle.

Dans les froments on distingue :

r Le blé ordinaire sans barbe (triticum hibev'ntim), à paille creuse, comme le blé blanc de Flandre ; le blé de Hongrie ; la touselle de Provence ; le blé de Talavera, le blé rouge, etc., etc.;

2<* Le blé à épis barbus, comme la seisette de Provence; le blé du Cap; le blé barbu de Toscane, etc. , etc. ;

S^" Le blé renflé; le poulard ; le gros blé [T. turgir dum)j dont les caractères les plus saillants sont : un épi carré, barbu, la paille pleine, comme le blé géant ;

4<> Les blés durs ou cornés, tels que le blé de Po* logaey à longs épis, aux grandes balles, au grain trèsdur et presque transparent ; les froments cornés d'Afrique (r. durum)t à barbes très-longues et très-roides^

406 DE Lk GOI^STITUTION CHIMIQUE

au grain allongé, comme le trimenia de Sicile, Taubain rouge du Languedoc, etc.

Les épeautres comprennent :

L'épeautre non barbu {T. ^e//a); £. blanc, barbu, variété très-hâtive ; l'amidonnier, ou épeau* tre de mars ; l'amidonnier roux du Wurtemberg ; le petit épeautre {T. monocoaim) , variété très-rustique (1).

Le froment se sème soit sur jachère ,»soit sur les soles qui ont porté précédemment des plantes fourragères. Il exige un terrain consistant, frais, suffisamment calcaire. Il vient moins bien dans les sols sablonneux. Pour les semailles, on choisit des grains offrant tous les signes d'une bonne qualité, et cette précaution ne suffît pas toujours pour préserver la plante du charbon, de la carie, de la nielle, etc. Gn est dans l'usage, avant de confier les semences à la terre, de leur faire subir certaines préparations ayant pour but de détruire ]es germes des parasites qui, à ce qu'on assure, adhèrent à leur épiderme. Cette opération est appelée chaidage , parce qu'on a d'abord employé comme préservatif un lait de chaux dans lequel on laissait macérer les grains pendant quelque temps. Des moyens plus efficaces ont été recommandés ; on fait usage d'alun , de sulfate de fer, de sulfate de zinc, de sulfate de cuivre, de sulfate de soude , d'acide arsénieux. Tous ces moyens paraissent d'ailleurs conduire au même résultat. Nous

(1) Vilmorin.

DBS VÉGÉTAUX. 407

nous servons de sulfate de cuivre , comme on le fait du reste dans une bonne partie de ^Alsace, et je puis assurer que nos champs de blé tie sont jamais ipfectés. On compte 100 grammes de sulfate pour un hectolitre de froment; on dissout le sel daiis la quantité d'eau jugée nécessaire pour pouvoir y submerger le grain , qu'on laisse séjourner dans le liquide durant trois quarts d'heure environ . On fait égoutter le froment dans des paniers, puis on le sèche avant de lé semer.

L'emploi de substances toxiques, comme l'arsenic et le sulfate de cuivre , n'étant pas exempt de dangers, Matthieu de Dombaslé a proposé un procédé de chantage très-efficace au moyen du sulfate de soude et de la chaux i Voici comment on opère avec ces matières ; les proportions suivantes sont calculées pour un hectolitre de semence. On fait dissoudre 640 gr. de sulfate de soude dans 9 litres d'eau chaude. En même temps on prend 2 kilog. de chaux vive que l'on éteint ; la meilleure manière d'opérer l'eltinction est de mettre la chaux dans un panier qu'on plonge pendant un instant dans l'eau ; la chaux imbibée est déposée sur le sol oii elle ne tarde pas à tomber en farine (hydrate de chaux).

On introduit le Mé dans un grand baquet ; et pendant qu'on Tarrose avec la dissolution de sulfate de soude, on le remue à la pelle, afin que chaque grain soit mouillé. C'est alors qu'on répand la chaux hydratée, en continuant l'agitation pour que lé blé tort bien saupoudré. L'opération terminée, on verse la se-

mence sur le sol, elle parait sèche, et peut rester en tas pendant plusieurs jours sans éprouver d'altération, mais mieux vaut l'étendre en couche peu épaisse et la retourner de temps en temps jusqu'à ce qu'on l'emploie. Quand les matériaux sont prêts , on peut traiter uu hectolitre de blé en un quart d'heure.

L'époque des semailles du froment d'automne dépend évidemment du climat, et rien d'inutile comme ces dates précises indiquées par la plupart des auteurs. Ce qu'il ne faut point perdre de vue, c'est que la plante doit acquérir un certain développement avant l'arrivée de la saison froide, afin que les racines aient déjà pénétré à une assez grande profondeur, pour être à l'abri de la température rigoureuse de l'hiver. Dans chaque localité, l'expérience a enseigné le moment le plus convenable ; c'est une règle à laquelle il faut se conformer, et ce n'est jamais sans inconvénient qu'on s'en écarte. Dans l'est de la France, les semailles se font généralement dans la première semaine d'octobre. Dans l'hémisphère austral, dans certaines parties du Chili, on sème en avril le blé qui doit supporter les froids des mois de juin, juillet et août. La semence varie depuis i hectol. et demi jusqu'à 3 hect. par hectare. On s'accorde à reconnaître qu'on fait^ de bonnes semailles avec 2 hectolitres; mais dans une même localité, sur des champs contigus, on voit assez fréquemment employer des doses de semence qui sont dans le rapport du simple au double, sans qu'à ma connaissance du moins, aucune raison plau-

DES YËGÉTA13X. 409

sible ne justifie cette prodigalité ou cette parcimonie. C'est d'ailleurs une question de la plus haute gravité, que celle de savoir quelle est la proportion la plus convenable à employer. Celte question, on peut, on doit la poser de deux manières, selon que l'on considère le produit d'une surface donnée de terrain, ou bien que l'on envisage seulement le rapport de la récolte au grain ensemencé. Il est de toute évidence qu'en semant assez dru, on obtiendra plus par hectare qu'en semant très-clair; mais, par contre, des semailles claires rendront un plus grand nombre de fois la quantité de semence. Les raisons qui doivent déterminer dans la dose de grains à semer, sont nombreuses et trèscomplexes ; elles se déduisent évidemment de la valeur du fonds en culture, des prix de la céréale, des pailles, de la main-d'œuvre, des engrais. Ainsi, dans les contrées où la terre n'a presque aucune valeur, il peut être très-convenable de répandre peu de semence sur une grande surface , et d'épargner en même temps les façons du sol. Je me rappelle un champ des environs de Pamplona, où le froment était disposé en touffes isolées, toutes très-vigoureuses et extraordinairement chaînées de grains; la terre n'avait reçu qu'une préparation insignifiante , et néanmoins on s'attendait à récolter soixante à quatre-vingts fois la semence. C'était, à n'en pas douter, une culture avantageuse, et cependant j'ai la conviction qu'elle n'a pas rendu plus de 5 à 6 hectolitres de fro* ment par hectare.

Par les mêmes considérations, les premiers plan* teurs des Ëtats-Unis ont dû suivre une méthode à peu près semblable. «Un fermier anglais, ditWasbing-*' a ton dans une lettre adressée à Arthur Young, a doit avoir une opinion extrêmement désavanta- « geuse de notre sol, s*il apprend qu'une acre ne pro- « duît chez nous que 8 à 1 0 bushels de froment (7 à « 0 hectolitres par hectare) ; mais il ne doit pas ou- « blier que dans tous les pays où les terres sont à bon « marché, et où la main-d'œuvre est chère, on aime « mieux cultiver beaucoup que cultiver bien. »

En Alsace , nous considérons seulement comme profitable, une récolte dont le produit ne descend pas au-dessous de 17 à 20 hectol. par hectare; et dans cette circonstance jugée avantageuse , nous ne retirons tout au plus que huit à dix fois le grain semé.

Toutefois, il faut bien le reconnaître, dans ces cas extrêmes où la terre a une valeur aussi diiférente, puisque cette valeur peut varier dans le rapport de 1 à i 000 , il est, dans la dose des semences, des limites qu'il ne faut pas dépasser ; et il y aurait sans aucun doute une suite d'expériences curieuses et utiles à entreprendre, dans le but de déterminer la relation qui existe entre le produit des récoltes et la quantité du grain confié au sol. Je n'ignore pas que plusieurs résultats de ce genre ont déjà été publiés; mais je sais aussi que ces résultats, appuyés sur des renseignements assez vagues , n'ont pas été déduits d'un ensemble de faits nombreux bien comparables, observés dans des conditions climatériques variées, tels en un

mot qu'ils devraient l'être , pour faire cesser l%ceRtitude qui règne encore à ce sujet dans l'opinion des cultivateurs et des économistes les plus éclairés.

, Yoiciy d'après divers agronomes, la quantité de se* mence mise par hectare dans différentes contrées :

Hectolitret. Aotoritét.

Nord de rAngleterre i ,49 Arthur Young.

Blomfield , ADglelerre 3,25 Gourcy .

Prusse 2,40 Thaer.

Berne 4.42 Crud.

Genève 2,62 Pictet.

Nismes 2,02 —

Sicile ^20 De Candolle.

Dans les semailles, on cherche à répartir, aussi également que possible , yn certain nombre de graines sur une surface donnée de terrain. U doit par conséquent exister une relation entre la quantité de litres de semence à employer et le nombre des graines contenues dans un litre. Par exemple, dans une contrée où l'on obtient de bons résultats, en répandant sur un hectare 300 litres de froment, supposons qu'exceptionnellement on ait à semer un blé d'une nature telle , qu'à volume égal il renferme un nombre de grains double de celui qui se trouve dans la semence ordinaire. On voit que Ton pourra réduire cette semence à 150 litres, puisque, d'après notre supposition, il y aura, dans ce volume, tout autant de grains que dans les 300 litres du premier froment : dans les deux cas, un mètre carré de la surface ensemencée recevra la même quantité de grains de blé.

L'espace à laisser entre les plants ne saurait fixer le •

cultivateur sur la proportion de semence dont il doit faire usage , et cela par la raison que les graines ne lèvent pas toutes ; il y a d'ailleurs de jeunes plants qui périssent par suite des intempéries. Il faut donc faire la part des éventualités.

Pour me rendre compte, dans notre culture de froment y de la semence à employer et du nombre de plants et d'épis produits par cette semence, j'ai recueilli, en 1848, quelques observations propres à jeter un certain jour sur la question des semailles.

L'hectolitre du blé semé pesait 78 kilogrammes. 1 33 grains du même blé ont pesé 5 gr., 436 : le poids moyen d'un de ces grains était par conséquent de 0 gr., 0409,

Avec ces données, on trouve que l'hectolitre renfermait i ,907,090 grains de blé.

Dans de bonnes terres argileuses, convenablement préparées , on a semé en diverses proportions ; lorsque le blé approchait de sa maturité , on a compté, dans les diverses pièces, les plants et les épis contenus dans un mètre carré. Ces déterminations ont été faites avec un grand soin par M. E. Oppermann.

Voici les résultats auxquels on est arrivé :

4m f\km.

Rumel

Reilling. . .

Ebersbronn Lohren....

Litres.

Si

Hz

Les épis de TEbersbronn étaient les plus beaux , les tiges les plus fortes; les 380 épis comptés sur un mètre carré de cette pièce de terre valaient certainement autant, si ce n'est plus, que 410 épis du Reitling.

En prenant la moyenne y on voit qu'on a semé 211 litres de blé par hectare, et qu'il y a eu 4 grains répandus sur une surface de 1 décimètre carré ou 100 centimètres carrés. Or, par les résultats ci-dessus, on reconnaît que les plus petites surfaces de terrain occupées par un plant ont été de 43 centimètres carrés, surface à peu près double de celle qu'aurait prise chaque pied si tous les grains semés eussent levé. En semant, comme nous le faisons dans notre pratique, 2 hectolitres de froment par hectare, ou environ 4 grains par décimètre carré, nous employons peutêtre trop de semence : 3 grains par décimètre carré , ca 1 50 litres pour un hectare , suffiraient probablement ; mais il faut considérer que, dans les semis à la

main, on ne saurait compter sur une répartition assez régulière pour adopter un minimum.

Une fois fixé sur le nombre de grains qu'il convient d'étendre uniformément sur un mètre carré de terre à ensemencer, on déterminera la semence à employer pour un hectare, quand on connaîtra le nombre des grains contenus dans un litre. Cette donnée, on l'obtient en comptant les grains d'un décilitre de blé ; lorsqu'on dispose d'une balance suffisamment sensible, on peut déterminer le poids d'un nombre connu de grains; si d'un autre côté on connaît le poids du litre, on aura naturellement les éléments nécessaires pour calculer les grains renfermés dans ce litre.

Cette simple notion peut conduire à une économie notable de semence. J'ai vu, au printemps de 1848, un champ de blé ensemencé à raison de deux hectolitres pousser beaucoup trop dru , circonstance qui a été expliquée lorsqu'on eut trouvé que le grain récolté en 1847, bien que beau et très-dense, était cependant beaucoup moins volumineux que dans les années ordinaires; on avait mis près de 6 grains de froment par décimètre carré, quand on croyait avoir semé à raison de 4 grains.

D est indispensable de savoir combien il entre de grains dans un litre de froment, lorsqu'on en veut jeter sur le sol un nombre déterminé par mètre carré, par exemple 4 graids pour un décimètre carré. Le blé dit richeUe Manche , contenant 12,100 grains au litre, on devra en semer 331 litres

par hectare, c'est à peu près la dose adoptée dans les environs de Paris. Dans un litre de blé blanc de Flandre il y a 21,700 grains. Pour satisfaire à la condition énoncée, il suffira d'en semer 1 80 litres ; en effet, malgré la grande différence de volume des deux semences, dans un cas comme dans Taulre , rhectare recevra 4 millions de grains de blé.

M. Loiseleur-Deslongchamps a donné, pour divers froments, la quantité de grains contenus dans un litre.

VARlÉ'l'ÉS.

GRAINS CNicMs 4aM n Un.

Blé de Moncrolie

Richelle blanche •

Blé de Saumur.

Blé d'Odessa. . . • •

Blé du Gaucane. . • r . . . . - r t ^ 1 1

Blé blanc de mare

Richelle de mare

Blé blanc de Flandre

Aubain d^Odessa

Aubain de Tafiranrock

Blé tendre d'Odessa

Blé tendre de Galatz

Selsette roufire de Toulon

Blé de MarîanoDolÎT .......t--..f.Tt*.«-«>«t

Après avoir semé, on herse pour enterrer la semence; il y aurait plusieurs inconvénients à laisser les grains à la surface du sol : mais quelle est la profondeur la plus favorable à la germination du froment? Cette question a été examinée par un cultivateur du

département du Nord , M. Moreau. L'expérience a consisté à enfouir à diverses profondeurs des grains de blé. On avait disposé 13 zones de terrain , ayant des surfaces égales ; chaque zone fut ensemencée avec 150 grains (I).

HOMBIIOS

PBOFORDIUB

GRAIRS

HOMBBB

MOMBBB

sJ

des

à laquelle les crains ont élé pUcM

■IV HILLIIÙTBU.

ICTêj

• vft i50.

d'épis PAS SORI.

de ^aiiu récoltêi

PAft SOI».

iO

On voit que , pour le climat du département du Nord et pour la nature du sol dans lequel cette intéressante expérience a été faite, le résultat le plus avantageux a été fourni par les grains enterrés entre SO et 25 millimètres de profondeur. C'est, après tout, la profondeur à laquelle se trouvent placées les semences mises dans un terrain bien meuble et convena-» blement hersé«

(1) De Villeneuve, Manuel d'Agriculture^ 1. 1» p. 358.

En Europe, le fromeDt semé en automne occupe ordinairement le sol pendant neuf mois. Cette durée de la culture varie d'ailleurs considérablement avec les climats : dans la chaîne des Andes, elle est proportionnée à la température propre des localités.

Pour semer un hectare, y compris les hersages, on compte dans les environs de Strasbourg 0,8 journée d'homme, et 1,6 journée de cheval. Après une récolte de pavot ou de chanvre , on donne généralement deux labours ; après les pommes de terre, un labour ; après la navette, trois ou quatre labours.

En Amérique, le froment qui est aujourd'hui un produit très^important de l'agriculture, a été introduit d'Europe très-peu de temps après la conquête. Les premiers grains de blé furent semés au Mexique avant 1 530 ; ils avaient été trouvés par un nègre de Fernand Ck>rtès , parmi du riz destiné à rationner Tarmée (1). Quito doit le blé à un Flamand, le père José Rixi, moine de l'ordre de Saint-François; on m'a montré, dans le couvent de San-Francisco , le vase d'argent dans lequel étaient contenus les grains apportés d'Espagne.

Au Mexique, dans les cultures irrigables, et ce sont, toutes choses égales d'ailleurs, les plus productives, on arrose le blé à deux époques, lorsqu'il sort de terre, et quand il est près de monter en épi. Suivant M. de Humboldt, qui a recueilli des documents précieux sur

(1) Humboldt, Essai fKAitique sur la Nouvelle^ Espagne ^ t. 11, p. 420.

l'agriculture de la Nouvelle-Espagne, la richecee des récoltes est Traiment surprenante ; les sols irrigués rendent souvent de quarante à soixante fois la semence; (m considère 'comme un produit médiocre celui de seize pour un, et en prenant une moyenne pour tout le Mexique , ce rendement peut s'évaluer de vingtdeux à vingt-cinq (1).

- La culture du iroment est surtout profitable dans les localités tropicales possédant une température moyenne de 18* à 10*; néanmoins elle réussit encore là où l'on rencontre déjà des plantations de cafîers et de cannes à sucre, mais je doute qu'elle soit très-productive. Les limites extrêmes de la culture du blé dans les Cordillières répondent, d'après mes observations, dnx températures moyennes et à peu {n^ constantes de 12* et 23',5. H. Codazzi estime à bvnte-sept pour un, le produit moyen du froment dans Venezuela.

On admet en moyenne que l'hectolitre de froment pèse 77 kil.; ce poids varie cependant d'^rés la qualilé même du graiti. enlre 7t et 80 kil.

LOCALITÉS

ÀlkHUigue : Mogeli». ^

Giitiow.-./;;

Lavaothalc «

Sainl^Fluriai..,».....^.. ........

Saalfeldeo

DaQt ri.lt«obDiieKi 4 * • .

PuolU .7.

Hurnserbruna (Cariathie) ...••....

Lomhardie : terres irriguées

Id. terres aoa irriguée»...

W. Jd. ..>....**..

Uoyeoae de la Lombardie véDitieooe.

Ajkgltterrti le» naeiUeureseuliures.

— Moyeooe

Brabant el.Flandre, ..•.•..,..•.

JFrafiu : Alsace (après tafavcj

Aluce : fiecbeibroao

Boville (tfeurtb«>.< .,....«...

Envifuo» de Paris , ,.

Id. du Nord ....«

Id. Se{Qe-et-X)ifte '

Id. Oise

Loi, Lntèto.' Dordogne, Gantfel

Amériqite: kTe%i des Alleghaoys;

Id, Mrrssriebes

Id. terres médiocres...

Mississipi : tiarres riches ...........

* Id. ferries médiocres.... l...

Venesueki : yallée d' A rragua*

Id. clioMts ,teinp«réS

raoNiT rit iiaiu

(jNftsnesdadBife).

BBEfe

Page 1