‹ Économie rurale (volume 2)Chapitre 42 sur 78 · SB · texte numérisé non relu

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AUTORITÉS

Thaér.

Podewili.

Burger.

Burger.

Luner.

âcbmili. ' Scfamalx.

Burger.

Burger.

Daodolo.

Verra. ' Burger.

Aribur T#nf Arthur Young.

Schwerts* Sctiweru.

Lebel et BovMÎOKtult.

Mathieu de Dombasle.

Dailly. , 1'

SUtistiqaeeffleiellev

Blodgiet.

Huinboldt»

Codauf.

Le8 céréales ,. indépendamment de leur produit principale les grains farineux, procurent encore à la culture uqe matière trè&-importante pour l'éconbmie rurale ; c'est la paille, dont un établissement agricole européen ne saurait se passer sans de graves înccmvénients. Après avoir été utilisée comme litière, comme aliment pour le bétail, elle retourne au sol, et contri* bue puissamment à atténuer Fépuisement que lui fait toujours éprouver la récolte du blé. La quantité de

(1) J'ai adopte 77 kll. pour 1; poids de rhecLolilre de froment. Les chiffres suivis d'un astérisque S( nt ceux indiqués par les auteurs. Les chiffres qui n'ont pas d'astérisque ont été transformés.

paille sur laquelle on peut compter dans une ferme est naturellement subordonnée à l'extension des soles de céréales : il est donc utile de connaître le rapport existant entre le poids des tiges et celui des grains. Ce rapport est assez variable, par la raison qu'il dépend de plusieurs circonstances. Ainsi, le froment récolté à la suite d'une année pluvieuse, contient peu de semences et beaucoup de tiges ; dans les années sèches, c'est le contraire qui arrive. Des semailles très-drues en donnent toujours beaucoup relativement au grain ; enfin le climat exerce sur les deux produits que nous considérons , l'influence la plus marquée. Les différences que l'on observe d'une année à l'autre, par l'effet de conditions météorologiques très-différentes, se réalisant dans une même localité , dans les mêmes terres , ne sont pas moins prononcées. J'en rapporterai un exemple : Tannée 1840-41 et l'année 1841-42, ont donné à Bechelbronn des récoltes de céréales très-peu satisfaisantes. Durant la première , les pluies ont été trop fréquentes ; pendant la seconde, la sécheresse a été trop prolongée. Dans ces deux circonstances opposées, le poids de la paille à celui du grain a été :

En 1840-41 :: 100:24 En 1841-42 :: 100 : 90

Aussi cette dernière récolte a occasionné une disette de litière dans notre établissement. Dans les années ordinaires, nous obtenons environ 38 de froment pour 1 00 de paille , rapport peu différent de ceux indiqués par divers observateurs.

Pour 100 de paille :

Thaër admet 50 de grain.

Podewils 35

Burger 41

Block 33

Dierexen 39

Schweriz 44

On moissonne le blé avant que la dessiccation de l'épi soit très-avancée ^ car alors le grain, se détachant avec facilité, tombe pendant la coupe. On a recommandé de faire la moisson avant la parfaite maturite, quand la paille n'a pas encore entièrement perdu sa teinte verte, on laisse alors mûrir en javelle. Il y a sans doute moins de déperdition de grains pendant la moisson ; mais si le temps n'est pas favorable , on est exposé à voir se développer de la moisissure dans l'épi.

On coupe les céréales avec la faucille, la faux ou la sape. La faucille ébranle moins les tiges, il convient, pour cela même, de l'employer à scier les blés mûrs dont le grain se détache facilement. La faucille laisse ordinairement des chaumes d'un décimètre au moins. Lefaucilleur couche sa gerbe sur des liens de paille de seigle disposés à cet effet; avec cet instrument, un homme scie ordinairement 20 ares de blé dans sa journée , on compte un botteleur pour quatre faucilleurs. En travaillant à la faux , on coupe dans une journée une surface de 60 ares. À la sape, on estime que le même travail abat le blé contenu sur 40 ares.

Dans le voisinage de Strasbourg, on donne à la ta*

che, 20 francs pour couper, botleler et chaîner la récolte d'un hectare de froment, et de plus, on nourrit les hommes (au nombre de 1 2) employés ordinairement pour exécuter ce travail. La nourriture d'un travailleur étant évaluée à 0 fr. 75 c, il en résulte que la dépense s'élève à 29 francs (1).

La séparation du grain de Tépi se fait par le battage au fléau , ou à l'aide de machines à battre. Dans les contrées méridionales, le dépiquage s*exécuie en faisant trotter des chevaux sut les gerbes étalées à la sutfaee du soL

Un homme bat dans sa journée 80 gerbes de 8 kiL 50 pouvant rendre 250 litres de blé nettoyé, avec upe machine à battre , construite d'après les ifidioation& de M. Mathieu déDembasie, on obtient 4 à 5' hectolitres dd grain par heure , en faisant agir quatre chevaux qu'on doit relayer assez fréquemment. M. Jaubert de Passa dépique sur l'aire, 5200 gerbes, pesant chacune, en moyenne, 7'''''5, en employant le travail de 24 chevaux et celui de 15 hommes (2),

Le blé nettoyé par le crible et le ventilateur est emma^tsiné. Les greniers oii on le conserve doivent être parfaitement établis, carrelés ou planchéiés avec soin, les fenêtres grillagées afin que les animaux nuisibles ne puissent y pénétrer.

Dans lesgreniers , c'est surtout le charançon qui at-

(1) Renseignement communiqué par M. Oppermann.

(2) Jaubert de Passa, Mémoires dé la SodUé d'Agneulture.

DBS VÉGÉTAUX. 423

;taque le hlé, pour se nourrir de la loatière farineuse ; «cet insecte se multiplie avec une effroyable Tapidit^. On a coûstdtéy par exemi^ey que lorsque la t^oipérar tore ne s'abaisse pas au-dessous de il degrés^ il suffit de 12 paires de charançûes dans un hectolitre de blé pour qu'il surgisse une population de 75,000 individus, dont chacun consomme, par aunée, 3 grajuo^ pour sa subsistance, IndépendaunEnent de la perte éprouvée par ce qui est mangé, le blé restant s'alitère par suite des moisissures et de la fermentation que font naître les grains avariés.

Le moyen le plus efficace d'éloigner Icis charan;çons consiste à mettre en mouvenmit, à remuer fré^ quemment la nlasëe de blé à conserver ; c'est dans cfe but que de temps à autre on la déplace à la pelle ; ob a même proposé des greniers mobiles dans lesquels^ en dépensant peu de forces , on met en mouvement des quantités considérables de Mé, tout en favorisant la dessiccation. Ces appareils ingénieux > se recoitir mandent pour la conservation des grains accumulés dans les magasins destinés à assurei^ la subsîstanee des populatîonSé .

Suivant M. Payen, on doit considérer le geain de blé comme formé : 1** de Tépi^rme ; i!" du pMsperme^ ou cellulose rempUe de matières aartées<et grasses ; 3** d'une zone de cellules minces contenant du gluten et* de Tamidon; 4'' d'une' zone ^le^elltiles dans lesquelles l'amidon est plus ! volumineux. 'Les trois premières zones forment, en grande partie, le<son et les recoupes.

ije blé est sujet à plusieurs maladies occasionnées par ren^ahissement de certaines plantes parasites : il est quelquefois noirci par de petites particules qui se fixent sur la tige, les feuilles et le grain; c'est ce qu'on nomme la puccinie des graminées; au microscope, on aperçoit de nombreuses plantules à pédicelle blanc terminé par une capsule oblongue.

La rouille {uredOy rubigo vera) se développe, à la surface des organes de la plante, à l'état de petites taches blanches recouvrant une poussière jaune extrêmement ténue, formée de capsules sphériques privées de pédoncules. L'air est certainement le véhicule qui transporte au loin les sporules de l'uredo. On attribue la rouille du blé aux brouil-lards secs, aux brumes, aux fortes rosées; la vérité est qu'on ignore encore les causes qui la déterminent.

Le ''charbon' {uredo carho; nielle; usiilago) est un champignon microscopique, de forme sphérique; il s'attache à la surface des grains et, d'abord incolore, il se remplit d'une poussière noire. Quelquefois le grain est seulement moucheté; on en obtient alors une farine de couleur bise; mais l'invasion de l'uredo peut être telle, que le périsperme du blé soit converti en une matière charbonneuse sans odeur.

La carie {uredo caries; nielle). Ce champignon ne s'observe pas à la surface du grain , il se développe dans l'intérieur qu'il remplit d'une substance noire et fétide.

DES TÉGÉT^tJX. 425

Les globules de la c^^^ sont beaucoup plus gros que ceux du cb»**oii •

La mouture a pour objet de briser le périsperme et âc réduire l'intérieur du grain en farine. Après que le blé a été parfaitement nettoyé , on le fait arriver entre des meules assez écartées pour que la substance ligneuse ne soit pas broyée; c'est une espèce de décortication que l'on fait subir au grain ; et pour prévenir autant que possible la désagrégation du périsperme et des téguments, on prend la précaution d'humecter le blé quand il est trop sec. Le produit de cette première mouture est séparé par le blutoir, en farine blanche, en gruaux et en son volumineux. Les gruaux sont passés sous les meules plus rapprochées; on obtient une secondé farine blanche, et des gruaux produisant encore une certaine quantité de farine et de nouveaux gruaux : enfin de ces derniers, on se* pare de la farine bise, et des issues ou recoupes, formées en grande partie des parties hgneuses et dures qui avoisinent l'enveloppe des grains.

C'est ainsi qu'on procède à la préparation de la farine, dans presque toute la France. En Angleterre, on triture complètement le froment par une seule opération. Les meules sont rapprochées en conséquence, et comme elles doivent être animées d'une vitesse fort considérable, qu'il se développe par cette raison une assez forte chaleur, on fait passer le produit de la mouture par un réfrigérant, afin de prévenir les inconvénients qui pourraient résulter de l'accumulation de farines échauffées.

, Les réraltats comparés Aq ces deux nàoiltdres, obtenus avec 100 kil. de blé, ont ei4. :

* . ' «fltiit. frwiçâigtaL

Farine propre au pain blanc. . . S8 1 ^^ . ^ (n

Farine à pain bis 14 { â|

Groftetpetil soh........\.... ^ 13

Déchet 2 3

La pMportion de farine fournie par les céréales ne dépend pas seulement de la mouture , mais aussi de la nature du grain. Le blé rend :

Pour iOO kil. 78 de farine, suivant Syrington, 83 Lurzer,

85 V, Dombaale.

Une farine est blutée à 10, à 15 pour 100, cpiand par le blutage on a retiré de 100 kilogr, de graio moulu 10 à 15 kilogr. de son.

Pour la confection du pain destiné aux troupes^ o« em{doie des farines blutées :

RftUoa d« péia poar on homme.*

En France, à Paris, à iSp. iM 750 gr.

— dans d'autres places, à 10 »

En Algérie, blés durs, à 4 )»

— blés tendres, à ••HVs *

En Belgique, blé pur, à 0 775

Sardaigne, blé pur, à 6 735

Bavière. Ve froment, */e seigle, Ve orge à- <0 900 '

Prusse, seigle pur, à •.... 0 i,000^

Espagne, froment pur, à 10 670

L'hectolitre de farine blutée à U pour 100 pèse 105 kilogr.

Le son retiré du froment est loin d'être une sub-

stance privée de propriétés alimentaire^. Son exclusion de la farine contribue peuV-étre plus à la bebtfté qu'à la qualité du pain. Une analyse de son de fro*

ment a donné:

Gluten et albumine.: ii,9

Amidon et devtrine '•» Gif 5 ' i

Matières grasses ..,.« 5,5

Ligneux et cellulose 4,1

Substances minérales.;..'. 3,0

Ea^ •^.. ...... JIM

Vépeauire {triticum speXta) a le grain tellement enfermé dans ses écales, qu'on ne peut Ten* dégeler par le battage ; aussi dans les pays où l'on cultive cette espèce de froment, les moulins sont pourvus de meules à décaler. Sch^ertz s'est livré, dans, le Wurtem^ berg^ à des expériences multipliées pour déterminer le rendement de Tépeautre en farine. D'après ce pra^ ticien, on récolte en moyenne, par hectare, 48 hectolitres d'épeautre, l'hectolitre pesant 42^*^24. Au moulin, iOO kilogr. de cette céréale ont donné :

Grain. ...i...... 74.6

Ecaies. •.«•••••• AôfO

Déchet 4,6 . . .

Le rapport delà paille au grain décalé est : : 1 00:87. Et de 100 kilogr. de grain, on a retiré :

Farine 90,0

•. Son 8,7

Déchet, t. ••••••• i«3

Dans un litre de grand épeautre décalé il y a 30,000 grains ; quand l'épeautre est véiu, le litre n'en admet plus que 5,380. La semence est ordinairement faite avec des grains revêtus de leurs écales ; on en emploie, pour un hectare, de 4 à 6 hectolitres. Avec la première dose , on met 2 grains par décimètre carré de terrain ; avec la seconde dose , 3 grains pour la même surface. Le rendement de Tépeautre , semence non déduite, serait par hectare, d'après M. Yambûller, 2,600 kilogr., résultat conforme à celui obtenu par Schwertz à Hohenheim.

La qualité de la farine est d'ailleurs assez variable, suivant le froment dont elle provient ; elle renferme plus ou moins d'humidité, plus ou moins de gluten , enfin, des proportions diverses de la substance ligneuse, selon que cette substance se laisse triturer avec plus ou moins de facilité. Les blés d'origine méridionale sont plus durs, plus cornés que ceux du nord; ils paraissent plus riches en principes azotés; comme ils renferment moins d'humidité, ils se conservent mieux, et c'est, sans aucun doute, à la forte proportion d'eau que contiennent les froments de nos contrées , qu'il faut attribuer le peu de succès des essais qui ont été faits pour les emmagasiner dans des silos. Les froments nouveaux d'Alsace, par exemple, contiennent quelquefois de 16 à 20 pour 1 00 d'humidité ; or, j'ai constaté par diverses expériences qu'il est à peu près impossible de les garder, sans qu'ils s'altèrent, dans des vases hermétiquement fermés. Pour que la conservation ait lieu, il faut ré-

duire la proportion d'eau contenue à 8 ou 10 pour 100, et c'est environ la quantité d'humidité trouvée dans les blés durs et cornés des pays chauds. Ainsi, dans mon opinion, on s'exposera toujours à des mécomptes si , dans les places de guerre , on met les approvisionnements de froment français en silos, quelque soin qu'on apporte d'ailleurs dans la construction.

La farine des céréales, particulièrement celle du froment , absorbe une grande quantité d'eau ; elle forme alors une pâte d'autant plus liante et élastique, qu'elle contient une plus forte proportion de gluten ; nous avons, en effet, reconnu au principe azoté du blé, la propriété remarquable de s'étirer, de s'étendre comme une membrane , quand il est humide. Cette propriété, il la communique à la pâte que l'on prépare pour faire le pain , en y introduisant du levain ou de la levure de bière. Par l'action du levain, il se dégage du gaz acide carbonique qui fait gonfler la masse , retenu qu'il est par la consistance , pour ainsi dire membraneuse qu'elle présente. Lorsque la pâte est levée y on la cuit dans un four chauffé à 250^ ou 300*. Par la cuisson, les bulles de gaz retenues dans son intérieur se dilatent : il se produit , en outre, de la vapeur aqueuse, la pâte se soulève encore et acquiert plus de légèreté. Quelle que soit d'ailleurs la température élevé du four, le pain, en raison de la grande quantité d'humidité qu'il retient , n'acquiert pas , au-dessous de la croûte , une chaleur sensiblement supérieure à 100\

La farine , pour pouvoir être pétrie , absorbe' environ 55 à 70 pour 100 d'eau. La quantité de pain qu'on obtient dépend nécessairement du degré de cuisson ; mais en général, dans la fabrication du pain blane de Paris , qui est bien cuit y on compte que 100 kilogr. de fariné donnent 130 kilogr. de pain. Dans les campagnes , le pain est généralement moins cuit qu'à Paris : il retient plus d'eau. À Bechelbromi, on fait avec 100 kil. de farine, 140 kil. de pain. À Roville , M. Mathieu de Dombasle en obtenait 1 45 à 146 kiL

Dans les boulangeries militaires, 100 kil. de fa* rine rendent 92 à 93 pains de munition , pesant chacun 1"*',5 : soit, en tout, 139 kil. Pour cuire cette quantité de pain, on brûle 35 kil. de bois seCé

D'après un très^and nombre d'essais que j'ai eu l'occasion de faire sur les farines, je crois pouvoir admettre que celles provenant de blés récoltés en France contiennent 0,16 d'humidite. Avec cette don*» née, on trouve que :

Matière sèche. Cau.

Sur 100, le pain blaoc de Paris contient 64,9 35,4

le pain de Bechelbronn 57,i 42,9

le pain de Roville 56,0 45,0

Des analyses que j'ai entreprises pour rechercher si du pain bis-blanc , distribué à la classe indigente de Paris,, eu 1847, était aussi riche en principes azotés que le pain blanc^ m'ont conduit aux résultats suivants :

j j , Paio Uaoe. Pua bii*bUae.

Gluten, albumine 7,0 6,5

i- , Amidon, dexirine 55,3 56,3

Matière grasse •. • 4,2 .0,2.

Phosphates 1,0 1,0

Eau 36,5 36,0

iOO,0 100,0

Ces irésultats parient d'eux-mêmes; j'ajouterai que le pain de deuxième qualité préparé à Paris , et que les aafioeiations charitables ont eu quelque peine à faire accepter, est certainement supérieur en qualité à celui qiie nous consommons à la campagne.

Dans. 100 parties de pain tendre des boulangeries de Paris, il y en a 83 de mie et 1 7 de croûte ; le pain des manutentions militaires renferme, sur 100 parties, 80 demie.

A poids égal , et pour la même quantité d'eau qui s'y trouve retenue, le pain est d'autant plus nutritif qu'il n été confectionné avec une farine plus riche en gluten; .c'est donc commettre une fraude préjudiciaMe aux intérêts du consommateur, que d'y introduire de l'amidon. C'est cependant ce qui se pratique presque ouvertement quand la fécule de pommes de^ terre est à bas prix ; la falsification commence souvent chez le meunier, et se continue ensuite chez le boulanger.

Ce n'est pas seulement avec la fécule de pommes de terre qu'on falsifie la farine de froment, la fraude y introduit encore, selon les circonstances, des farines de féverole, de haricot, de maïs, de sarrazin. Les légumineuses moulues, quand elles entrent dans la

farine pour une proportion supérieure à 5 pour 1 00, lui communiquent une saveur désagréable ; la pâte ainsi additionnée lève difficilement et produit un pain mat, lourd.

M. Donny , en mettant à profil quelques-unes des propriétés de l'amidon, a imaginé un procédé fort délicat pour reconnaître les falsifications de la farine det)lé.

FeUsificaticn par la fécule de pommes de terre. On étend la farine sur le porte-objet d*un microscope. Une loupe montée, amplifiant de 20 à 25 fois suffit pour ce genre de recherches. On humecte la farine avec de l'eau contenant 2 pour 100 de potasse caustique. Les globules de l'amidon des blés n'éprouvent presque aucun changement, tandis que ceux de la fécule se gonflent considérablement d'abord, puis s'étalent en plaques minces, transparentes. On peut rendre le phénomène plus apparent encore, en colorant la matière au moyen d'une goutte de solution d'iode, puis séchant avec précaution . S*il s'agit de rechercher la fécule dans le pain, on écrase une particule de mie dans deux gouttes de la solution de potasse placées sur le p<H*te*objet de la loupe montée : ensuite on colore par l'addition de la solution d'iode. On aperçoit, alors, si le pain est falsifié, les grains de fécule trèsdistendus et colorés en bleu.

Falsification par les farines de maïs ou de riz. On malaxe la pâte faite avec la farine suspectée, sous un filet d'eau, au-dessus d'un tamis, l'eau entraîne à travers le tissu du tamis, l'amidon qu'elle laisse bientôt

DBS VÉGÉTAUX. 433

déposer dans un vase placé à cet effet. C'est cet amidon qu'on examine' à la loupe. Si la farine de blé est falûftée^ on découvre, au milieu des glcAules d'amidon, des filigments anguleux^ demi^ranslucides, que ren^ ferment toujours les farines de mais et de riz^ et qu'il est impossible de méconnaître, quand on les a observés une seule fois.

Falsifieation de la farine ou du pain de seigle par la farine de graine de lin. C'est une fraude assez fréquente en Belgique et dans le nord de la France. On délaye, sur le porte-objet, la farine avec quelques gouttes d'une solution de potasse contenant 14 pour 100 d'alcali. On découvre^alors, avec une forte loupe, de petits corpuscules bien caractérisés, ayant une apparence vitreuse, de forme carrée ou rectangulaire, possédant le plus souvent une couleur rouge. Ces corps fragmentaires proviennent de l'enveloppe de la graine de lin ; on les aperçoit aisément dans la farine ou ' dans le pain de seigle, alors même que la graine de lin n'y entre pas pour plus d'un centième.

Falsification par les légumineuses. Après avoir ta* misé la farine de blé dans laquelle on soupçonne de la farine de haricot, de pois, de fèves, on en met une petite, quantité sur le porte-objet, puis on la mouille avec une solution de potasse contenant 10 à 12 pour 100 d'alcali. Les globules amylacés $e désagrègent et disparaissent, et l'on voit, à la loupe, les débris, les lambeaux de tismi cellulaire qui accompagnent toujours la larine de légumineuses.

C'est par le lavage de la farine de froment réduite

434 DE LA CONSTITimON CHIMIQUE

en pâte qu'on se procure le gluten ; mais celte mé<thode ne permet pas un dosage exact ; il est impossible, en l'employant, de retenir tout le gluten, l'amidon en entraine toujours une partie ; on perd d'ailleurs l'albumine végétale à cause de sa solubilité dans l'eau. En outre, la dessiccation du gluten est longue, délicate, et si l'on aspire à une certaine précision, on doit le séparer des matières grasses qu'il renferme. J'ai pensé qu'on arriverait plus sûrement et plus rapidement à la connaissance des principes azotés d'une farine en déterminant la proportion d'azote ; opération facile, donnant des résultats d'une grande exactitude, et n'exigeant certainement pas plus de temps que l'extraction du gluten et de T albumine par les procédés ordinaires, si l'on y comprend la dessiccation toujours longue et incertaine de C3s mêmes matières. D'ieiilleurs la détermination précise des principes azotés est, sans aucun doute, le point essentiel de l'analyse des grains ou de leur farine, par la raison que c'est surtout la proportion de ces principes qui fixe comparativement la valeur nutritive des farines.

Les substances azotées que nous avons signalées dans la farine du froment ont, à très-peu près, la même composition ; la proportion moyenne de l'azote y est de 0,16. Avec cette donnée, il est évident que si une farine, par exemple, renferme 0,04 d'azote, on peut en conclure que cet azote représente 0,25 de gluten, d*albumine, ou de caséine, desséchés*

C'est en dosant l'azote des farines d'un assez grand nombre de variétés de froment que j'ai essayé de dé-

terminer le gluten et Talbumine qui s*y trouvaient. Les blés examinés avaient été récoltés dans la même année au Jardin des Plantes, et cultivés par conséquent dans un même sol bien fumé et dans des conditions climatériques parfaitement identiques. Indépendamment des matières azotées, on a cherché à évaluer aussi exactement que possible le^r-uantités respectives de son et de farine ; dans ce but on a broyé le froment dans un mortier d'agate, et l'on a séparé la farine à l'aide d'un tamis de soie. Le poids du son et de la farine réunis, a toujours été moindre que le poids du froment avant la porphyrisation. Cette perte est due à deux causes, ainsi que je m*en sliis assuré : l'une, que Ton peut négliger dans ce genre de recherches, provient de ce que, pendant la porphyrisation, les matières commencent à se dessécher; l'autre, de ce que la farine la plus subtile s'envole pendant le tamisage. Il est donc préférable, après avoir pesé le son, de doser la farine par différence. Dans l'exécution du travail dont je vais présenter les résultats, j'ai été habilement secondé par la coopération de M. Le Bel.

Tableau.

DE LA. COnaiTrUTTON CHIMIQUE

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La quantité de gluten et d'albumine contenue dans ces farines est beaucoup plus forte que celle qui est généralement indiquée ; j*ai donné des raisons qui expliquent jusqu'à un certain point cette pl^s Jforte proportion de matière azotée. Je dois ajouter maintenant que tous les blés dont les farines. ont été soumises à l'analyse, avaient été cultivés dans un sol trèsriche, circonstance qui , comme Ta démontré He^mbstaëdt^ exerce l'influence la plus directe sur Paugiuentation du gluten dans le blé.

On savait déjà, par les expériences de Tessier, quiç la proportion du gluten dans une même espèce de froment varie considérablement, suivant la nature 6t la quantité du fumier donné à la terre. Mais c'est à Hermbstaëdt que sont dues des observations comparatives, sur l'action des excréments de divers animaux dans la culture des céréales.

Les excréments employés dans les recherches de cet habile agronome avaient toujours été desséchés à l'air, à la température de 12,5\ On fumait des surfaces égales du même terrain ensemencées en blé d'automne, avec des poids égaux de fumier desséché. 100 parties de la farine du grain récolté contenaient :

Gluten.

Dans la zone fumée par : Turine d'homme 35,1

le sang de bœuf 34,2

les excréments d'homme.. 33,1

de mouton. 22,9

de chèvre.. 32,9

de cheval.. 13,7

.midon.

Son

cl matière

tolubk,

huniidité,

Dans la zone fumée par excr. de pigeon. . 12,2 63,2 24,6

de vache... 12,0 62,3 25,7

Sol non fumé 9,2 66,7 24,1

On voit ainsi, qu'en général, car l'exception ne porte que sur la fiente de pigeon et de cheval, les blés fumés avec les matières les plus azotées ont donné la plus forte dose de gluten.

J'ajouterai, comme confirmant ces résultats Tobservation que j'ai recueillie en cultivant simultanément une même variété de froment , en {>lein champ , et dans une terre de jardin très-fortement fumée. Les grains récoltés ont ensuite été analysés, après avoir été desséchés à ll(r(l).

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