FROMENT RÉCOLTÉ EN 1836 DANS
la culture ordioaire. le jardin.
Carbone 46,10 45,51
Hydrogène 5,80 5,67
Oxygène 43,40 43,00
Azote 2,29 3.51
Gendres 2.41 2,31
U y avait dans le froment :
De la culture, gluten et albumine , pour 100, 14,31 Du jardin, id. 21,94
Davy admettait que les blés des pays chauds sont plus riches en principes azotés que ceux des climats tempérés ; mais il faut remarquer que les contrées
(1) Boussingault, Ànnaki de Chimie et de PhyHque, 1. 1, p. 225, 3* série.
DES YÉGIiTÂUX. 439
méridionales produisent généralement des grains durs et cornés, dont les farines contiennent plus de gluten que les blés tendres. On a trouvé, en effet :
Dans un blé dur d'Afrique. • . 3,00 d*azote; gluteu i8,7 Dans un blé des régions chaudes de Venezuela 3,50 — 21,9
Cependant, les observations rapportées plus haut signalent des froments récoltés en Europe, tout aussi riches en principes azotés, et elles établissent d'une manière trop décisive Tinfluence du sol sur la nature du grain, pour que l'opinion de Davy puisse être adjnise sans aucune restriction ; car la forte proportion de gluten trouvée dans les froments d'Afrique et de Venezuela pourrait dépendre tout autant de la fertilité du sol, que de la température élevée du climat.
M. Péligot a examiné quatorze variétés de blé ; on remarquera que le sucre , auquel on faisait jouer un certain rôle dans la fermentation panaire, ne figure pas au nombre des principes constituants des graines de froment.
Tablbau.
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DE LA CONSTITUTION GHOnQUB, D£S VÉGÉTAUX. 441
En moyenne la composition du blé peut être représentée ainsi :
SSin;;:::!::: *Î:J| Matières azdées.. 14,6"
Amidon 59,7
DexlriDe 7,2
Matières grasses. . • i ,2
Cellulose 1,7
Sels minéraux.... 1,6
Eau 14,0
Seigle {$ecale céréale) .Le seigle entre très-souvent dans l'alimentation de Thomme, particulièrement dans le nord de l'Europe ; il réussit dans les sols sablonneux qui se refusent à produire du blé. Dans la culture, cette céréale occupe la place du froment ; elle exige d'ailleurs les^ mêmes façons^ et occupe le sol. à peu près pendant le même temps. L'hectolitre de seigle* pèse en moyenne 75 kil. (1). On en sème envîrpn deux hectolitres par hectare. On récohe, déduction faite de la semence :
Tableau.
(1) Schwertz donne 72 kil.; à une autre source, je trouve 78 kil. A Bechelbronn, en 1842, j'ai obtenu 75k.,60. La pesée a été Taite rhiver, quelques mois après la récolte : cette même année, notre froment a pesé 80 kil. Thectolitre.
DE LA CONSTITUTION dUMIQUE
LOCALITÉS
Brabant
Flandre
Marche
Id
Id
AUembourg
Wurtemberg
Autriche
Palatinat
Angleterre
France (Meuse) ....
Alsace (Becbelbronn).
Trappes (Seine)
Finistère, Nord
Seine-el-Oise, H.-Alp.
PIODCIT PAt JIECTABB.
En Tolunw.
beclol.
9,6 il,0 15,6 20,2 19,5 18.1 28,2 19.9 17.4 20,5
Ko poidt.
ktlop.
AUTORITÉS
Schwertz.
Schwertz.
Podewils.
Thaêr.
Podewils.
Schmalz, Schwertz.
Schwertz.
Burger, Lurzer.
Moëllinger.
Arthur Young.
Schwertz.
Le Bel et Boussingault.
Dailly.
Statistique officielle.
Statistique officielle.
Dans un litre de seigle^ dit de la Saint-Jean , j*ai compté 41 ,667 grains; en semant à raison de 200 litres par hectare, on place 8 grains par surface d'un décimètre carré ; c'est une semaille bien plus serrée que celle du froment. Le seigle talle moins que le blé, et comme on le cultive assez souvent pour se procurer les liens nécessaires au bottelage des céréales , on est porté à semer dru, afin d'obtenir des pailles plus longues.
Les agriculteurs allemands établissent que 100 : 40 exprime le rapport du poids de la paille au poids du seigle. Thaêr adopte 100 : 50; Block, 100 : 33. Ce rapport est des plus variables ; en voici un exemple :
Paille. GrtiA.
A Bechelbronn , en 1840-41, nous atons eu 100 63
D'après Bûrger....... 52
Schwerlz 31
Moëllinger.... 56
Le seigle donne une farine moins blanche, moins fine que celle du froment. Gela tient à ce que l'enveloppe ligneuse du grain se broie en grande partie par les remoulages successifs. Aussi, pour obtenir un produit de bonne apparence, il ne faut retirer du seigle que 50 à 65 de farine. La pâte faite avec cette farine a peu de liant. Les expériences de M. de Dombasle montrent que la farine de fleur de seigle rend autant de pain que celle qui provient du froment : 100 kil. de cette farine ont fourni 145 kil. de pain.
Le pain de seigle reste plus longtemps frais que le pain de froment. A l'état ordinaire cette céréale contient :
Son 24
Farine bise 76
Du seigle récolté à Bechelbronn renfermait :
Gluten et albumine 9,0
Amidon et dextrine • 67,5
Matières grasses 2,0
Ligneux, cellulose 3,0
Substances minérales if9
Eau i6,6
iOO.O
Gomme le froment, le seigle est sujet àdiverses maladies ; la plus fréquente est l'ergot, cryptogame apparaissant sous la forme d'une excroissance cornue.
«44 DE LA COItSTITUTEON CBIHIQUE
ayant une certaine ressemblance avec l'ergot du coq. Le se^le ergoté doit être séparé par le criblage du bon grain destiné à la mouture ; autrement, le pain préparé avec de la farine infectée petit donner lieu à des liccideTits assez graves.
' Orge. On en connaît plusieurs variétés ; maïs la plus communément cultivée en Europe est l'oi^ à six rangs {hordewn vtdgare) : on la sème au printetaips.
L'orge d'hiver ou escoui^eon (Aonfewn hexastichum), que nous avons récoltée en 1847, pesait 62 "^,5 l'hectolitre. Ce poids varie de 60 à 65 kilogram.; en semant 245 Utresde semence sur un hectare, on a rentré :
Orge 27,09 hecL
Paille 2182 kOog.
L'escoui^eon contiendrait, d'après une pesée que j'ai faite, 14,775 grains dans un litre; avec la
Gluten et albumine id,4
Amidon et dextrine 63,7
' matières grasses 2,8
Lignemi ^ ceUiilose 2,6
Substances minérales • 4,5
Eau.. .'. 1 3,0
Orge {hordeum vulgare). On en obtient en moyenne, dans les cultures ordinaires^ 28 hectolitms par hectare, semences déduites; 1,764 kil. , si Ton adopte 63 kil, pour le poids de l'hectolitre. Le rapport moyen du poids de la paille à celui du grain, déduit de données d'ailleurs très-variables, serait, selon Schwertz : : 100 : 50.
Avoine {Avena sativa). On évalue le rendement moyen de l'hectare en terres ordinaires à 38 hectolitres du poids de 45 à 47 kil. Schwertz exprime le rapport de la paille au grain, par 100 : 60.
De l'avoine récoltée en 1841-1842 a rendu pour 100:
Farine 78
Son 22
Je trouve pour sa composition, par une nouvelle analyse :
Glnten et albumine i 1,0
Amidon et dextrine 61,5
Matières grasses 5,5
Ligneux et cellulose 4>l
Substances minérales 3,0
Eau i*.0
Nous semons ordinairement trois hectolitres à
l'hectare ; 1 00 grains d'avoine pèsent 3 ,25 •'^ ; en prenant pour le litre, le poids de 450 grammes, il contiendra 13,846 grains; on sème par conséquent 4 grains par décimètre carré de terrain.
J'ai recherché s'il y aurait avantage à semer plus dru. Sur une pièce fumée avec du tourteau de colza, à raison de 500 kil. par hectare, on a mis 4 hectolitres de semence ; on a récolté :
Avoine 45^27 hectol.
Paille 3176 kilog.
Balles et menue paille. . . . 680 — Déchet 202 —
En semant 3,5 *-^, on a obtenu 33,57 ^"^ d'avoine.
Ainsi, le rendement en grain comparé à l'unité de semence est resté le même, environ dix fois le grain semé. Mais en rapportant à l'unité de surface, on voit que, sur un hectare, la semaille la plus drue a donné un excès de produit de H ,7 ^****.
Jfats (2ea mdi^ . Le mais est le véritable blé des Américains. On s'accorde aujourd'hui pour reconnaître que cette plante est originaire du nouveau monde, et il est hors de cloute qu'elle a été introduite en Espagne bien avant les pommes de terre. En effet, Oviedo, dans un ouvrage imprimé en 1525, rapporte qu'il l'a vu cultiver en Andalousie et dans les environs de Madrid.
Lors de la découverte de rAmérique, les Européens trouvèrent établie partout la culture du maïs, depuis l'extrémité la plus méridionale du Chili, jus-
qu'en Pensylvanie (1); et dans le voisinage de l'équateur, depuis le niveau de la mer jusque sur les plateaux des Andes. Garcilasso décrit même avec détail la culture de cette plante chez les Incas^ l'engrais donné au sol pour en assurer la récolte. Au Cusco les Indiens fumaient la terre avec des excréments desséchés et pulvérulents ; sur les côtes, ils employaient tantôt le guano, tantôt, comme dans les terrains poudreux et peu fertiles d'Àtica, d'Atiquiba, de Chillca, des débris de poissons (2) .
L'usage du mais est très-répandu en Amérique : on en fait des galettes qui remplacent le pain ; par la fermentation, on en prépare une liqueur vineuse, la chicha. Avant la conquête, les Mexicains fabriquaient un sirop avec le jus exprimé des tiges. En décrivant à Charles-Quint toutes les denrées que l'on rencontrait sur le marché de Tlatclolco, Gortès dit : « On y « vend du miel d'abeilles, de la cire et du miel de « tiges de maïs I » Le maïs réduit en farine sert à faire des bouillies {masamora), et lorsqu'il est en épis et proche de sa maturité, on le mange cuit dans l'eau ou rôti. Dans les Cordillières tropicales, on voit la culture avantageuse de cette plante se maintenir depuis le niveau de l'Océan jusqu'à la hauteur de 2,800 mètres, c'est dire qu'elle prospère sous l'influence d'une température constante qui varie entre
(1) Humboldt,, £9«at politique sur la Nouvelle- Espagne^ t. II, p. 408.
(2) Garcilasso, Commentarios reaies, U I, p. 134.
27,5'' et {4* : cette circonstance explique com«ment elle a pu s'introduire aussè généralement eo Europe.
Le maïs réussit dans tous les terrains, quand ils sont convenablement fumés : j'en ai .tu des cultures admirables dans des sols sablonneux et daAs les terres les plus argileuses. Les façons qui lui conviennent sont celles que reçoivent les autres céréales ; le cli* mat seul doit décider sur l'opportunité de son intro* duction dans une localité, car il lui faut une chaleur suffisante et surtout l'absence d'une température trop froide, fût-elle de courte durée. C'est pour ces motifs que dans l'est de l'Europe on sème le mais au prin* temps, lorsque les gelées ne sont plus à redouter* 11 y aurait un avantage réel à faire des semences tardives, si par ce retard on ne s'exposait à un inconvénient grave, celui des gelées d'automne, lors de l'époque de la maturité. La susceptibilité du mais, re« lativement au climat, me parait tout à fait analogue à celle de la vigne; et je doute qu'il soit prudent de le cultiver sur une grande échelle, dans les endroits où le raisin ne réussit pas^ ordinairement*
Les semailles se font au plantoir ou à la main, en suivant le sillon ouvert par la charrue ; oh sème aussi au semoir.
La semence doit être placée à 3 ou 4 centimètres de profondeur; c'est ce qu'établissent les expériences de Bùrger. Cet agronome a constaté que les grains enterrés à :