EN DÉCALITRES
PRODUIT
d'un arbre EN DÉCALITRES.
ans.
Dans une distillation faite il y a quelques années^ 11,67 hectolitres de prunes se sont réduits, après la fermentation, à 10 hectolitres de moût, dont on a
retiré 1 hectolitre d'eau-de-vie à 18*, soit à 46" de Talcoograde centésimal, c'est-à-dire que Thectolitre de prunes a produit 3,d4 litres d'alcool absolu.
Bananes. — ^Detous les fruits à pulpe, c'est peut-^tre celui du bananier qui est le plus généralement employé comme aliment. La banane forme la nourriture habituelle des habitants des régions chaudes ; entre les tropiques, sa culture est tout aussi importante que l'est celle (jles graminées et des tubercules farineux dans la zone tempérée. La facilité de cette culture, le peu d'étendue qu'elle occupe ; la sécurité, l'abondance et la permanence des récoltes, la diversité d'aliments fournis par la banane, suivant ses différents degrés de maturité, font de cette plante un objet d'admiration pour le voyageur européen. Sous un climat où l'homme sent à peine le besoin de se vêtir et de s'abriter, on le voit recueillir presque sans travail aucun une nourriture aussi abondante qu'elle est saine et variée. C'est le bananier qui a permis ce proverbe si consolant que l'on entend répéter sous la zone équatoriale : « Personne ne meurt de besoin en Amérique. » Dans la plus pauvre cabane, on accueille et l'on nourrit celui qui a faim.
Les botanistes distinguent trois variétés principales de bananier :
l"" Le musa paradisica , appelé /)/atono arUm dans l'Amérique espagnole.
2* Le musa sapientium ou camburi.
3^* Le musa regia rwnph ou platam dondmco.
DBS VÉGÉTAUX. 485
On a cherché à mettre en doute l'origine améri^ caine du bananier. Ainsi, Oviédo, dans son Historia natural de las Indias y affirme que cette plante fut portée des îles Canaries à Saint-Domingue par un religieux de Tordre des prédicateurs. Forster avait adopté cette opinion , corroborée, dit M. de Humboldt, par le silence absolu que gardent les premiers voyageurs qui abordèrent dans le nouveau monde. Cependant, le témoignage de l'inca Garcilasso de la Yega prouve évidemment que le bananier végétait en Amérique avant l'arrivée des Espagnols. Dans ses Commentarios reaies , il indique la banane comme la principale nourriture des habitants des climats chauds du Pérou (1).
Partout dans le voisinage de l'équateur, on cultive le bananier dans les endroits qui ne sont pas à une très-grande élévation au-dessus du niveau de l'Océan. La culture la plus profitable, celle dont les récoltes sont les plus abondantes et les plus hâtives, est toujours située dans les basses contrées, là où la température moyenne est de 24* à 27%5. On en jugera par le bas prix auquel descend la banane : sur les bords de la grande rivière de la Magdalena, j'ai payé un franc pour 100 kilogr. de fruits; la journée de travail d'un homme étant de deux francs environ, c'est à n'en pas douter l'aliment le meilleur marché qu'il soit possible de rencontrer.
En discutant la production du bananier à diverses
(1) Garcilasso, Commentarios reales^ 1. 1, p. 282.
486 DE LA CONSTITirnON CHIMIQUE
hauteurs, dans les Cordillières équaloriales, je suis arrivé nix oonclusiom suivantes :
-~ 24° '^''"'"* eilrtmemeal avautageuse.
__ .-^ culture ordinaire.
,-, culture désavanlageuse.
— le*! limite de la culture.
• Le bananier se propre et se plante par drageons ; il demande' no sol fiche,' humide, mais bien égOutté. La plantation se fait un peu avant l'époque des pluies : le terrain, débarrassé d'herbes, est remué à la pioche, aune profondeur de trois décimètres; généralement on ne donne cette façon que sur les points où le drageon doit être placé; on espace les plants à deux mètres au moins. Le plan donne plusieurs tiges, souvenl six- ou sept ; chacune d'elles est destinée à porter du fruit; quand il en sui^t un trop grand nombre, on en coupe une partie. Le temps qui s'écoule entre la plantation d'un drageon et la récolte
pées tout au commeiicement de janvier^ c'est-à-dire c|uatre<mois après la floraisom
Les soins à donner à une bananerie {plaUmar) sont peu nombreux : ils se réduisent à sarcler à Tentour des jeunes plants. Comme le bananier se renouvelle par les tiges qui surgissent continueUement du collet de la racine, on comprend qu'il peut donner des fruits indéfiniment. Quand la fructification est ac« coraplie, les feuilles se dessèchent et tombent pour faire place à celles qui concourent à la végétation nouvelle. Ainsi les cueillettes de banane se succèdent à des intervalles assez rapprochés, pour ainsi dire périodiques ; la même plante offre à la fois des fruits plus ou moins avancés , des régimes couverts de fleurs et de jeunes tiges qui se préparent pour l'avenir. Aussi, il n'est pas de culture plus rassurante que celle du bananier; les circonstances climatériques peuvent retarder quelquefois, sans jamais anéantir l'espérance du cultivateur. Les sécheresses extraordinaires qui partout, et particulièrement sous le climat brûlant de Téquateur, détruisent ou interrompent la végétation des plantations quand elles ne sont pas irriguées, exercent bien rarement une action désastreuse sur le bananier, dont l'ombrage oppose un obstacle permanent à l'évaporalioDde l'humidité. Durant la saison sèche, lorsque pendant des mois entiers le ciel conserve sa pureté, lorsqu'il ne tombe pas une seule goutte de pluie pour rafraîchir la terre, le sol abrité par le bananier est néanmoins toujours humide ; chaque matin on pourrait croire qu'il a été
arrosé pendant la nuit : cet effet salutaire est produit par le rayonnement nocturne des feuilles vers l'espace céleste. Ces feuilles^ dont l'étendue en surface est considérable, se refroidissent toujours durant les nuits étoilées, de quelques degrés au-dessous de la température de l'air ambiant; elles condensent alors la vapeur aqueuse contenue dans Talmosphère, et versent, au pied de la plante, Teau qui résulte de cette condensation.
Le produit d'un plaianar dépend d'abord du sol, du climat, et ensuite de la distance à laquelle sont placés les bananiers. On estime qu'en général, dans les climats très-chauds, un régime de grandes bananes pèse 20 kilogrammes, et qu'on peut obtenir d'un plant trois régimes dans l'année. Dans les régions tempérées, vers la limite supérieure du bananier, dans les Cordillières, on ne compte plus que sur deux régimes. Voici les données que j'ai pu recueillir sur le rendement annuel des platanars.
Produit par heelare. Autorités.
Régions chaudes, 27o,5 1 84300 kil. Humboldl.
Cauca (cucurusapé] , température 26<». . 150000 Boussingault. Ibagué, température 22** 64000 Goudot.
La pulpe de la banane est enveloppée d'une cosse assez épaisse se détachant facilement, et dont il faut tenir compte pour apprécier le poids de la matière réellement alimentaire. Plusieurs expériences, faites sur des fruits pris aux divers états sous lesquels on les consomme, ont indiqué pour le poids de la cosse dans la banane :
DES TÉOÉTAUX. 489
Amalorité A malorilé Yerle. imparfaite. complète.
Gosse 34,3 38,1 36,8
Pulpe 65,7 6i,9 63,2
iOO,0 iOO,0 iOO.O
La variété dite arton est la plus communément cultivée,; c'est aussi la plus pesante. Le camburi et le dominico sont beaucoup moins volumineux^ mais ils sont plus délicats, plus savoureux. Le fruit du bananier, parvenu à sa maturité, a la consistance d'une poire; sa saveur est sucrée et légèrement acide. Dans la variété arton y ai trouvé :