CHAPITRE XX
CONSIDÉRATIONS HËTÉOROLÛGIQUES.
S I* Température.
Les phénomènes de la i^égétation s'accomplissent toujours sous Tinfluence d'un certain degré de chaleur. S'ils exigent , en outre , le concours de la lumiëre, de l'air, de l'humidité et de diverses substances inorganiques , il est néanmoins établi que ces agents ne contribuent au développement d'une plante qu'autant qu'ils sont favorisés par une température convenable, variable selon les différentes espèces végétales, et qui se trouve comprise entre des limites assez éloignées. Ainsi, la germination s'effectue depuis trois ou quatre degrés au-dessus de 0 jusqu'à quarante à cinquante degrés. Les plantes des forêts équatoriales prospèrent dans une atmosphère chaude et humide, et j'ai rencontré sur les montagnes des Andes une saxifrage au delà du niveau des neiges perpétuelles, à 4,800 mètres de hauteur absolue , près du point de la congélation constante.
Il esf des familles végétales qui ont besoin, pour exister, d'une atmosphère dont la température ne s'a-
considAratioms météorologiques. 67i
La profondeur à' laquelle se- trouTe la coticAe de tempimÈiÊTe itwcmable dép^d de la grandeur dek variatioDS thermotnétriqiies^qut ont lieu dam Vwsti durani le cours d'une année. Aussi , dam les hantas latitudes , cette profondeur est assez considérable ; à Parisv^ |Mur exemple^ M. Ârago «a *Umivé qu'à ^ mètres au-dessods de la Isurfàce du^ eol ^ «n thermomètre ne reste pas^^Dcore stationnaire. On tanqui^j au rester gue dansituh climat plus constaiiè^ cette profondeur soit défà beaucoup moindre, puictque si le climat d'un pays était absblument invariable, c'est-à^lire si là température de l'atmoqihërependailt famée eotièfè restait liai même tous les jours et à toutes tes heures, la température du sol se confondrait éritterameiit avec celle de Tair, de sorte cpie la eàuehe invariatie se trouvimiit préddémenià la surhoe du terrain. Or, le climat des régions équinoxiales étant, comme noiÉs le verrons bientôt, éminemment constant, et s'approchant àa ctk hypothétique que je viens d'énrâcef^ il était natunél.dé pem^ que la profondeur à atteinchre pour se pir^carcir la température moyenne d'un lieu pourrait être tellement peu comidérable,' qu'il de* viendrait facile d'employer le sondage pour la déter* miner. .;
Une-séfie d'observations que j'ai ra l'occasion de faire eit Amérique ^ entre le cinquième degré de lati* tude australe et le onzième de latitude boréale , a montré, en effet, que dans le voisinage de l'équateur, la couche d'invariable température se rencontre presque à la surface du soi. Dans des endroits abri*
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tés, comme le rez-de-chaussée d'une maison, une cabane dlndien , un simple hangar, le thermomètre placé dans un trou d'environ un tiers de mètre ne subit plus que des variations de un dixième à deux dixièmes de degré (1).
C était probablement sous l'influence de la chaleur interne du globe que, suivant M. de Humboldt, des animaux qui habitent aujourd'hui la zène torride ont vécu jadis au milieu des fougères arborescentes, des palmiers, dans le nord de l'ancien continent ; et Ton conçoit comment, à mesure que la terre s*est refroidie à sa surface, la dûtribution des climats est devenue presque uniquement dépendante de l'action solaire, et comment aussi, les tribus de plantes et dV nimaux, dont l'organisation exigeait une température plus élevée et un climat plus égal , ont disant graduellement (2).
Dans l'état de stabilité auquel semble être arriyèi' actuellement la surface du' globe, le soleil est considéré comme l'agent qui influe le plus directement sur la température de notre atmosphère. Cest en effet de la longueur des jours , de la hauteur du soleil au-dessus de l'horizon, que dépend la température que l'on éprouve. Aux époques où le soleil reste le plus longtemps levé , la terre reçoit nécessairement plus de chaleur qu*elle n'en perd pendant des
nuits de courte durée ; on sait aussi que les rayom
(1) Boussingaull, ^rmales de Chimie et de Physique^ t. M 2« série.
(2) Humholdt, Asie centrale, t. Hl, p. 9S.
solaires échauffent d'autant plus un corps sur lequel ils tombent j qu'ils arrivent à la surface de ce corps suivant une direction peu éloignée de la perpendiculaire; en outre, quand le soleil est moins élevé sur l'horizon, son action calorifique est grande* ment affaiblie, par la raison que ses rayons traversent une atmosphère plus dense et plus chargée de vapeurs. C'est à ces dernières circonstances qu'il faut attribuer le froid qui règne dans la zone tempérée durant l'hiver, et pendant toute l'année dans les régions polaires. L*inégalité dans la longueur des jours ayant une influence aussi prononcée, un lieu situé dans la proximité de la ligne équinoxiale , où cette inégalité est à peine perceptible, doit avoir durant l'année entière une température à peu près constante, parce que dans la nuit la terre perd en rayonnant vers l'espace, à peu près la même quantité de chaleur qu elle reçoit pendant le jour. Dans les latitudes élevées , où en raison de T inclinaison du plan de l'écliptique sur l'horizon, le soleil reste levé pendant des temps très-inégaux, suivant les diverses époques de l'année : cette égalité entre la chaleur reçue et celle qui est perdue par voie de rayonnement , ne se présente plus qu'à de rares intervalles , au moment des équinoxes. La température du sol, et par suite celle de l'atmosphère en contact avec lui, tendra donc à s'élever ou à s'abaisser, selon la position du soleil. Il arrive de là qu'un lieu en dehors des tropiques a, dans le cours de l'année, des températures très-différentes, ou, comme on dit ordinairement, des saisons
^74 coMsiDÉunoiis «ËrdoBOLoeiouEs.
fluB.«u^tiioinq marquées. Gomid6rong, pai* exemple, ^1lX^ poiiUB géi^rapbiques pris daios le même hémisphère, idont l'un soit dans le voisinage. de l'équatiBur, comme la côte de Guinée (latitude N. 5" li2), et l'autre plu» an nord, comme Paris (latitude N., 49' 1>|î), BOUS am«ns, pour ta température moyenne des B^isoDfl :
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