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CHAPITRE IX

Les engrais d'origine organique laissent, quand les brûle, des cendres composées de matières tem ses et de sels alcalins. L'action de ces diverses s stances sur la végétation est de la dernière éviden et il est certain qu'un engrais organique, fût-il le { riche en principes azotés, le plus facilement assi lable, serait néanmoins incomplet s'il ne renfem encore les matières minérales que les plantes € gent du sol pour se développer et atteindre leur i turité. Les engrais organiques réputés les plus a( sont toujours abondamment pourvus de princi inorganiques ; le fumier de ferme en contient ] du quart de son poids, et les eaux d'irrigation r ferment constamment des sels en dissolution.

Cependant, les cultures répétées peuvent finir enlever au sol la plus grande partie des substai minérales utiles. Les sels contenus dans les fum sont quelquefois insuffisants : il faut donc, dans i tains cas, en pourvoir la terre, soit pour réparer pertes, soit pour activer des cultures spéciales.

La pratique a devancé la^ience dans Tapplication des engrais ou amendements minéraux. Si Teffet utile qu'ils produisent ne peut être contesté ; si les circonstances dans lesquelles il convient de les ad* ministrer, les conditions et les doses sous lesquelles il faut les donner à la terre, ont été de la part des cultivateurs l'objet d'observations longues et attentives, on doit convenir qu'on est encore loin de comprendre bien nettement comment ils agissent : c'est un motif de plus pour les étudier avec persévérance.

En examinait ies terrains soua le rapport de leur constitutiqp, opuB avons remarqué qu'il en est dan&

JesqueJs le principe palcaire manque, ou ne se trouve que4ansiune pro|M>rtion» insignifiante ; d'autres, au fontr^iire^ en sont abondamment pourvus, et Tobser^ vation semble prouver que la présence du carbonate dç phaux ajqute toujojurs.à leur qualité. La plupart 4eç tînmes terres à froment en contiennent en effet une certaine quantités

.. Qn introduit la chaux dans le sol à l'état de chaux calcinée^ou caustique : c'est le chaulage proprement dit. On l'applique aussi à Tétat de carbonate plus ou moins argileux, de marne : cette application constitue le mamage.

La chaux s'obtient en calcinant la pierre calcaire. L'acide carbonique se dégage par l'action de la chaleur, çt il reste de la chaux vive. En opérant avec

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précJBion sur dû carbonate de chaux d'une pureté parfoite/en le chauffant, )par exemple, dans un creu^ set de platine porté et maintenu au irouge blanc, on trouve que 1 00 .parties de ee sel donnent :

56,3 de cbauz caustique,

en laissant dégager

43,7 d'acide carbonique.

Mais les pierres à chaux sont loin d'avoir toujours cette composition simple ; elles renferment très-sou-* vent de Targile^ du sable, des oxydes métalliques, quelquefois aussi des matières charbonneuses. Enfin, le carbonate de chaux se rencontre fréquemment associé au carbonate de magnésie,. et constitue une espèce mioérale déngaéepar le nom de dolcmie.

La chaux carbonatée est une des rodies les plus communes : elle constitué des chaînes de montagnes, et on ia.trôufe dans toutes ks formations de Jà série géologique. Tantôt elle est en masse cristalline, gre-» nue, 4 texture saccharoïde^ comme. dfem& les terrains les plus anciens. Tantôt, et c'est son état le plus or* dinaire, elle est compacte^ à. cassiure unie, et mate, comme dans les roches secondaires, occuplant alors des batsins très-étendus de T époque la plus récente r telsso0t les gisements de la craie et du calcaire co* quillier des environs de Paris. .^>i û , :

La substance minérale avec laquelle on peut:Con* fondre le calcaire est le sulfate de chaux ; mais il est ^$é de distinguer ces deux sels : . le carbonate se dissout dans Tacide .cUoiiiydrique , en produi*

sant une effervescence qui se prolonge pendant toute la durée de la dissolution ; le sulfate de chaux pur n'est pas effervescent, et si à la première impression de l'acide il se fait un dégagement gazeux dû à rimpureté de la matière, ce dégagement cesse bientôt. Le sulfate de chaux est très-sensiblement soluble, et sa dissolution précipite par l'addition de quelques gouttes d'acide oxalique ou d'un oxalate. Le carbonate de chaux est insoluble. La dureté est très-différente dans les deux sels ; au3si, une propriété fort sim* pie, tirée de ce caractère, suffit pour les distinguer : on raye facilement avec l'ongle le sulfate de chaux, tandis que le carbonate ne se laisse pas entamer par le même moyen.

La calcination de la pierre à chaux s'exécute dans des fourneaux de diverses formes, selon la nature du combustible employé. L'intérieur de la chauffe consiste le plus communément en un vide conique, dont le sommet se trouve dans la partie inférieure. Le calcaire est disposé en morceaux dans cet es» pace; au-dessous de la grille qui le supporte, on entretient un feu de bois, de manière à porter toute la masse à la chaleur rouge. Souvent aussi on stratifié la pierre à chaux avec le combusjtible : c'est de cette façon que l'on cuit avec la menue houille, avec le lignite.

On estime que pour obtenir un mètre cube de chaux, on consomme un stère de bois de corde, pouvant être remplacé par deux mètres cubes de bonne tourbe, ou par un mètre cube de houille.

La chaux pure est blanche, très-caustique, infusible au feu de foi^e le plus intense. L'eau en dissout à froid environ 1/630; elle est moins soluble dans Teau bouillante, qui n*en prend que 1/1270. Quand on l'arrose avec de l'eau, en l'éteignant, comme on dit vulgairement, elle l'absorbe, la solidifie, et la température du mélange s'élève à près de BOO""; on obtient ainsi une combinaison d'eau et de chaux, un hydrate. La chaux une fois hydratée est beaucoup moins caustique qu'avant son extinction ; elle conserve cependant toutes ses propriétés alcalines.

On distingue dans les arts :

La chaux grasse^ dont le volume augmente considérablement quand on l'éteint. On s'en sert pour faire les mortiers destinés aux constructions.

La chaux hydraulique^ possédant la précieuse propriété de se solidifier sous l'eau, après quelques jours d'immersion. Cette chaux foisonne moins que la précédente, et dégage moins de chaleur pendant son extinction.

Les belles recherches de M. Vicat ont montré que la faculté de durcir par le contact de l'eau dépend de la présence d'une certaine proportion d'aigle dans la pierre à chaux. Par la calcination, les éléments de l'argile, la silice et l'alumine, réagissent sur la chaux ; il se forme des silicates de chaux et d'alumine avec excès de base. Par l'extinction, ces matières fixent de l'eau de constitution et se solidifient. Comme ces silicates sont insolubles, ils se conservent sans altération sensible, alors même qu'ils

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sont submergés. De nombreuses analyses ont prouvé que la chaux est déjà suffisamment hydraulique , quand la pierre avec laquelle on la prépare renferme 0^15 à. 0,20 d'argile; une pierre calcaire contenant 0iy30 d'argile donne une chaux hydraulique au plus hfiiit degré.

. Les chaux maigresj comme les chaux hydrauliques, foisonnent très-peu et ne dégagent presque aucune chaleur quand on les éteint; mais elles présentent cette différence essentielle, qu'elles ne se solidifient pas sous l'eau : par cette raison, elles ne sont d'aucune utilité. La chaux maigre provient des pierres c{J» caires daiïs lesquelles se trouve une forte proportion de carbonate de magnésie (1); On assure que cette chaux magnésienne, portée sur les terres, est nuisible à la végétation ; ce fait mériterait toutefois d'être constaté par des expériences directes.

-Il «n'est pas sans intérêt de isonnaitre la nature de la^pierre calcaire, soit qu'on la destine à la fabrication de la chaux, soit qu'on doive la répandre directement sur le sol. M: Berthier indique un moyen d'analyse suffisamment exact pour le but que peut se proposer un cultivateur, en entreprenant ce genre de recherche.

On délaye dans un peu d'eau 1 0 grammes de la pierre calcaire réduite en poudre et passée au tamis ; on ajoute peu à peu, en agitant continuellement , de l'acide acétique, qu'on peut remplacer, au besoin,

<1) Berlhier, IkoUédea Esêoi» pariatHMe sèehe^ 1. 1, p; 612.

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par les dcîdés taitrique ou- chiorfaydrique convenable*

ment étendus. On cesse d'introduire deVacide quand le magma ne fait plus effervescence. On évapore à * une douce chaleur, jusqu'à consistance u» peu épaisse, afin de se débarrasser de la phis grande par- . tie de Tacide mis en excès. On délaye dans un demilitre d'eau ; on filtre, pour rassembler et laver l'ai^ile, ' que l'on pèse quand elle est desséchée . à l'air ; on la calcine au rouge dans un creuset ; puis on la pèse • de nouveau : la perte qu'elle éprouve par la calcina- *

tion représente 1 eau qui s'y trouvait combinée. Dans la liqueur filtrée on verse de.leau dâ chaux tant > qu'il forme un précipité; on filtre aussi rapidement que possible, et on lave le dépôt retenu sur le papier avec dereau distillée ou de l'eau de pluie (t). Ce précipité est de la magnésie, mêlée aux oxydes de fer et de manganèse, s'il s'en trouve dans la pierre examinée; on calcine au rouge «tl'on pèse. Maintenant on prend 5 autres grammes de la, pierre cie^çâire, on } les calcine- à la chaleur blanche dans un creuset de platine^ et l'on détermine le poids du résidu; ce qui' manque répond àTacide carbonique et à Thumidité chassés par l'action du feu. Gomme on a opéré seulement, sur $ gammes, pour connaître • la quantité ' de ohaux contenu dans le résidu, il ne «'agira plus que? de retrancher du double de ce poids celui de . l'airgile doaë' directement.

{{) Dans le plus grand nombre des analyses de cette nature, on peut remplacer Teau distillée par Teau de pluie ou l'eau de neige.

Voici, d'après M. Berthier, la composition de di*- Terses pierres calcaires produisant de la chaux grasse et de la chaux hydraulique (1).

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