‹ Économie ruraleChapitre 4 sur 129 · DÉSIGNATION · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION

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^Zt. Calcaire du Jura (St-

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g g 9 Calcaire de Niâmes. .

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On admet en général qu'un sol dans la composition duquel il n'entre pas une quantité suffisante de matière calcaire ne parvient jamais à acquérir un haut degré de fertilité. C'est surtout l'opinion des cultivateurs anglais, qui appliquent la chaux avec une sorte de prodigalité ; et les grandes améliorations qui sont résultées de son usage à forte dose dans la culture des céréales ne permettent pas de la révoquer en doute. Toutefois, on pense généralement que le chaulage cesse d'être aussi efficace dans les terrains suffisamment calcaires ou qui reposent sur un sous-sol de craie ; cependant, comme la chaux caustique a encore pour effet de réagir sur certains principes du

(!) Berthier, Traité des Essais par la voie sèche, 1. 1, p. 613.

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soi, il £aut concevoir que, dans quelques cas, le chaulage n'a pas uniquement pour but d'apporter du calcaire* Au reste, la chaux, comme tous les engrais minéraux, ne produit d'effet qu'avec le concours des engrais organiques, et ne saurait aucunement les remptacer.

La constitution géologique d'une contrée semble être, à la première vue, l'induction la plus utile sur la convenance du chaulage. Les sols dérivant des roches plutoniques, dans lesquelles dominent le feldspath , le mica , le quartz , tireront probablement un bénéfice de l'introduction de la chaux. L*analyse directe éclairera sans doute avec plus de certitude encore, car il m'est arrivé de constater l'absence de la chaux dans des terres arables situées dans une région abondante en calcaire tertiaire. Enfin, le moyen recommandé par la prudence est d'entreprendre quelques essais préalables : c'est toujour par ïà méthode expérimentale qu'il faut procéder en agriculture, quand il s'agit d'introduire dans la pratique des opérations nouvelles. En Angleterre, on donne de 200 à 270 hectolitres de chaux par hectare de terrain argileux. Dans les sols légers, 130 à 170 hectolitres (1). En France, on en met beaucoup moins; 50 à 60 hectolitres pour la même surface, et un semblable chaulage dure sept à huit ans. Dans les environs de Lille, on ne fait pas un grand usage de la chaux, bien qu'en général le

(1) Sinclair, AÊgriGuUure pratique et raisonniez 1. 1» p. 420.

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sdl y 80ît peu calcdre ; mais la ehaut est employée dans la'prdportion de 40 hectolitres* par heetare* dans le voisin^ de Dunkergiie^' où Ton assure que sèé effets ' persistent pendant dix à douze ans (1).

La dose de chaux introduite dans le sol est d'ailleurs dans un certain rapport avec la durée que Ton attribue à Faction de cet alcali. La ' proportion adoptée est d'autant plus petite que le chaulage est plus fréquemment 'renouvelé. Ainsi, près de Dunkerque, on donne tou» les dix à douze ans 40 hectolitres de chaux; dans la Sarthe, suivant M. Puvis, oni en met -tous les trois ans 8 à 10 hectolitres. On pourrait conclure de là, qu'en moyenne, \e sol doit recevoir annuellement 3 hectolitres de chaux par hectare; mais, comme Tobserve cet habile agronome, les cultures n'en prélèvent pas chaque année une telle quantité; ce qui doit faire présumer qd'au bout d'un certain temps, la terre finira par Contenir assez de principes calcaires pour rendre les chaulages moins nécessaires.

De tous les avantages que présente la chaux vive sur les autres amendements calcaires, le plus saillant est sans contredit l'état de division extrême qu'elle acquiert par son extinction. La mouture, opérée par les moyens mécaniques les plus parfuts, ne la * transformerait encore qu'en une poudre grossière', en comparaison de la ténuité que' lui procure l'action chimique qui détermine sa combinaison avec l'eau ;

(1) Gordier, Agriculture de la Flandre française^ p. 260.

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en outre, cet état de division s'obtient sans aucune dépense de force, sans aucuns frais. Si Ton expose à Tair Ubre de la chaux vive récemment calcinée, elle se réduit en une poudre blanche extrêmement fine, rappelant Taspect et la ténuité de la farine ; cette désagrégation) est le résultat de son hydratation. La[ chaux, par ^n affinité pour l'eau, attire celle qui existe dans l'air à l'état de vapeurs. À cette première action de l'atmosphère en succède une autre : l'air contient toujours dans sa composition quelques dix millièmes de son volume de gaz acide carbonique. La chaux hydratée, en présence de ce gaz acide,* forme ua carbonate en abandonnant peu à peu de l'eau deconstitution. Pour chaque proportion d'acide unie à l'alcali, il y a une proportion d'eau éliminée, et, peu à peu, la totalité de l'hydrate se transforme en carbonate de chaux qui conserve le même degré de division. La transformation est lente; dans leprin^ cipe, l'échange de l'eau avec l'acide s'oâLécute assez ra|iidement ; mais à mesure qu'il reste moins d'eau dans la masse, l'affinité qui la retient à la chaux semble s'accroître ; aussi faut-il un temps' asseï: prolongé pour que l'échange soit coitaplétement réalisé. Il doit par conséquent arriver assez sonvent qu'en incorporant au sol la chaux délitée et carbonatée, on y introduit aussi de la chaux hydratée douée encore d!une certaine causticité ; mais il faut observer qu'une fois introduite et mêlée intimement à la terre, cette ' chaux doit' se carbonater promptement en totalité, p&rceque le sol et Feau dontil'est imbibé renferment

toujours une assez forte dose d'acide carbonique. En définitive, et bien qu'en agissant dans le principe sur de la chaux caustique, c'est réellement du carbonate de chaux extrêmement divisé que le chaulage porte dans le sol. Il était convenable de bien établir ce fait, parce qu'il simplifie l'explication du chaulc^e, en tant qu'avec M. Puvis on le considère comme une opération ayant pour objet de donner à la terre le carbonate de chaux qui lui manque. La chaux, introduite dans le sol à l'état caustique , passerait, comme je l'ai fait remarquer, très-rapidement à l'état de carbonate ; mais, donnée sous cette forme, elle pourrait sans doute, avant qu'elle fût saturée, réagir sur les matières organisées qui se trouveraient en contact avec elle, les désoi^aniser, favoriserjeur décomposition, en un mot, se comporter à leur égard comme elle le fait avantageusement dans les composts. D'un autre côté, elle agirait défavorablement sur les engrais déjàdécomposés.

Le moyen le plus usité pour répartir la chaux dans les terres consiste à la déposer en petits tas éloignés l'un de l'autre de 5 à 6 mètres, ayant chacun un volume de 20 à 30 litres. Lorsqu'elle est délitée, on rétend aussi également que possible. On est quelquefois dans l'habitude de recouvrir les petits monceaux avec six à huit fois leur volume de terre végétale. L'hydratation s'effectue également; et comme la chaux se gonfle en se délitant , il arrive que la terre se soulève et se crevasse. On s'empresse de boucher les fissures; et, quand la

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chaux est réduite en farine, on la mélange intimement avec la terre qui l'abritait avant de l'étendre. Ce moyen exige plus de main-d'œuvre, mais permet une plus exacte répartition. Quelquefois on éteint la chaux directement par immersion, et l'on transporte l'hydrate sur les terres labourées ; là, on répand à la pelle. D'après la connaissance que nous avons de la composition de l'hydrate de chaux, il est évident que cette méthode a l'inconvénient d'augmenter les frais de transport, d'abord parce qu'au moins un cinquième de la charge est de l'eau, et ensuite parce que le volume est presque doublé par l'extinction.

L'application de la chaux a lieu de diverses manières. Il arrive que l'on chaule et qu'on fume alternativement, ou bien on exécute les deux opérations simultanément. Enfin, il est des sols assez riches naturellement pour produire par la seule influence de la chaux. Dans tous les cas, la terre doit être bien sèche, et la saison la plus convenable est la fin de l'été. Dans un sol humide ou par un temps pluvieux, la chaux se distribue moins également ; elle se pelote en grumeaux, et si elle a encore une certaine causticité, elle peut en la conservant nuire aux racines par son action corrosive. Le chaulage produit d'ailleurs trèspeu d'effet dans les terrains très-humides (1). Lorsqu'on donne de la chaux aux pommes de terre ou aux betteraves, on la conduit sur les champs au prin-

(1) SchwerU, Pricefdes (TagricultuTe pratique, p. 290.

14 DES BNGEAIft anNÉaAOXf

tçmps, pour rincorpprer ^ avaat la.pos^ desrMtn*-

jbiercujesy OVL le repiquage, des jeunes plaiftts» > m*

Lie poini, principal auquel on doit v&'attachery 'e'eflt

d'pbtenirune diffusion parfaite dans le so};i après

ayoir. étalé la chaux sur toute. ia surface, (lu «chaïQp^ on her^ ^t l'on donne un double labour supeofioîeL Se^onM. Puyis, qui. a étudié dans le plus grajoididér t^jl les chaulagesdu déparUemeut de l'Ain ^3yPQ0.he<> tolitres de chau^ , donnés .successivement à. 32 hectan re^.de terrain dans l'espace , de n^uf annéesyont apporté une amélioration assez, prononcée pour doubler le rendement des céréales d'biv^r.

Dans diverses contrées, la chaux est préalablement mélangée avec des matLères végétales^ Âinsi^ daui la SarthCy on la prépara deux ou trois mois/ avant d'ev fairç.usageppur les terres à froment ou à sarrasin» Lorsr qu'41 s'i^t de chauler des prairies hautes, l'espèeq^jk compost qu'on emploie se fait une année à l'avanee»

On mélange un voJume; de chaux vive avec deux volumes de terreau, en straiifiant allernativementles deux matières de telle sorte que «Jie terreau iormf la;dermène assise^ Au bout de trois à quatre joura, k chaux fueey le tasi s'affaisse^ U s'ouvre des crevasses d'oui s'échappentid'abondantes vapeurs^; <^'est le mo^ ment de recfmper la masse pour eu mêler intimement tcHites les parties : >si l'on attendait, il se formerait, par l'jeffetde l'humidité, des grumeaux quirendraient le mélange, difficile. Huit ou dix Jours aprè» cette première opération, on en exécute une seconde, et la matière e^t mise en tas.

DBS SIfGRAJg HUfÉRADX. i5

JLa chwx ainsi préparée est port^psiur le champ labouré et hersé; oa la dépose en petits loonticules^ sur unei série de lignes. ^p^rallèlfiS; entre lesquelles «on épapid le fumier^ qu'on. enterre par un labour^ après l'aroir mélié aju çompqist^ .,

Pour chauler une prairie, la chaux vive est associée soit à du fumie^) soit à des bows^jà du terreau, à du gazon ;; on répapdleimélaoge |i la fin de Tbiven (I).

I)ai>s son impde d'action, la chaux doitètr^ considéra sousdeux: points de vue : à l'état de. chaux caustique, et à l'état de carbonate où elle passe toujours sub^quemonent.

Dans.JQs ixiélangea avec des débris de corps oi^a*nisés, k chauQi vive exerce une action immédiate. Ces débris se diviisent et se. modi£fent profondément; ils .^eviennwt bien^l^us vîte^ fertilisants que s'ils était introduits en nature dans le. sol. Des végétaux à texture ligneuse qui resteraient intacts dans la terre, durant des années, disparaissent promptement s'ils ont été préalablement traités par la chaux. Aussi, depuis bien I longtemps on fait usage de cet alcali pour accélérer la décomposition des matières végétales destinées à devenir des ienpais, en stratifiant les mauvaises herbesE^ les feuilles^ les écorces avec. de la chaux vive.

Une actions analogue s'exerce nécessairement dans les terres arables chaulées avecdela>ehaox récemment éteinte. Sansidoute cette chaux étant hydratée, elle n'agit pas aussi énergiquement sur les substances orga-

^kA.

(«) Pîervarl, Journal d'Agriculture, 2« série, t. 2, p. 241.

niques qu'elle rencontre ; mais son effet, avec l'aide du temps, finirait probablement par égaler celui de l'alcali caustique, si l'hydrate, une fois mêlé au sol, ne se changeait pas en carbonate extrêmement divisé, d'autant plus apte à pénétrer dans les plantes, qu'il se dissout plus facilement dans l'eau faiblement chargée d'acide carbonique ; ajoutons, que ce carbonate, par sa ténuité mème^ est dans la meilleure condition pour opérer, sur les sels fixes d'ammoniaque provenant des engrais, la réaction qui les transforme en carbonate volatil.

On attribue encore à la chaux un genre particulier d'action qu'elle exercerait dans les terrains argileux ; c'est que, suivant une observation de M. Fuchs, sous l'influence de l'humidité, elle mettrait en liberté la potasse engagée, en proportion très-minime, dans le plus grand nombre des argiles. ^

Mftme.

La marne est composée principalement de carbonate de chaux et d'argile; c'est un mélange, dans des proportions extrêmement variables, de ces deux substances. Quelquefois l'argile est remplacée par du sable; de là le nom de marne argileuse, très-argileuse, sablonneuse; elle contient depuis 10 jusqu'à 90 pour 100 de carbonate calcaire. Sa couleur présente toutes les nuances imaginables. On la rencontre dans les terrains peu anciens. Les assises supérieures des calcaires jurassiques sont souvent for-

mées d'argiles marneuses^ et on en suit le gi^ment jusque dans les dépôts les plus récents.

La propriété caractéristique d'un calcaire marneux, quelles que soient d'ailleurs les matières qui s'y trouvent mélangées, est celle de se déliter, de se réduire en poudre par l'effet des influences atmosphériques. Toute pierre à chaux douée de ce caractère est propre au mamage.

Le but principal qu'on se propose en donnant de la marne à un terrain est d'y porter le principe calcaire. Sous ce rapport, le marnage revient à l'application de la chaux. Dans l'un et l'autre cas on se place dans la condition la seule favorable à une bonne incorporation, celle d'une extrême division. L'utilité de cet engrais est reconnue depuis la plus haute antiquité, et son importance est si bien appréciée qu'on ne craint pas d'entreprendre des travaux souterrains assez étendus pour se le procurer (1).

Le délitement de la marne s'explique par ses propriétés physiques et par celles des éléments qui la constituent. Le calcaire très-<livisé forme avec l'eau une pâte assez peu cohérente pour qu'après sa dessiccation, elle tombe en poussière : c'est ce que prouvent les expériences de Schûbler ; et on ne saurait douter que, dans la marne, la faculté liante de l'argile ne soit en grande partie détruite par les particules de calcaire interposées dans la masse. La gelée, si efficace pour la pulvériser, agit évidemment en congelant l'eau dont elle

(1) Thaer, Principes raisonnes éf Agriculture, t. Il, p. 230.

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s'est imbibée pendant l'automne, earmon de sa na^ ture poreuse. L'eau, en se soiidiBanl, augmente no-, tablement de volume, et sépare, écarte, par son-exoansion, les molécules terreuses : c'est.un effist exactement semblable à celui de l'acUon du gel sur les pierres gélives. Cest ainsi qu'on Toit de la craie, poreuse, ne renfermant presque rien autre chose que du carbonate de chaux, se désagréger.enUèrement par la gelée, après avoir reçu les pluies d'automne, à ce point qu'on l'emploie pour marner.

La marne argUeuse, on le comprend &cikment, agit de deux manières sur les tentons; car, indépendamment des avantages qu'elle procure au sol en y portant du carbonate de chaux, elle l'améliorera encore par l'introduction de l'argile, si ce »ol est léger, sablonneux. Dans, un terraih fortement argileux le chaulage est peut-être préférable.

U convient donc 4e distinguer ces deux effets: l'un, mécanique, dépend de la présence de l'argile ou du saUe ; l'autre, chimique, provient du carbonate de chauxet équivaut au thaulage. Cest à ces deuX effets que las cultivateurs rapportent, généralement, tout<^ l'utilité qu'ils retirent du mamage. Cependant, il est à présumer qu'elle agit encore utilement sur le sol, en lui apportant d'autres principes fertilisants. Du moins, des analysesfaites sur plusieurs substances marneuses y ont indiqué de» matières azotées, des phosphates. Et cela n'a rien de surprenant, quand on réfléchit sur les circonstances géologiques dans lesquelles les dépôts mameuxse sont formés. J'ai dit que les calcaires argi-

leux répondent par leur âge aux formations les plus récentes; souventilssontaccompagnés de nombreux débris d'êtres oi^anisés, et Ton connaît plusieurs de ces dépôts formés presque en totalité de détritus de coquilles: tel est le falun exploité en Touraine. Il n'y a donc rien que de très-naturel à ce que des masses minérales d'une semblable origine renferment quelques débris des animaux et des plantes enfouis à l'époque où elles se sont déposées. Une marne de Lenguy (Yonne), a donné à l'analyse près de 0,002 d'azote. Une autre variété du département du Bas-Hhin en. contient plus de 0,001. La recherche des matières organiques azotées dans les marnes, comme cel)^ (l^s phosphates, doit donc s'ajouter à la détermination d^ sybst^ncea minérales; et il est possible que ces substances contribuent à l'action fertilisante vraiment extraordinaire des marnes de certaines localisés.

M. Kuhlmann a constaté, il y a plus de dix aos, que la plupart des pierres calcaires renferment de faibles proportions de carbonates alcalins; dès lora, il était perpiis de présumer qye les calcaires plus ou moins argileux, employés à l'amendeiKient des terres, contiendraient aussi de la potasse. C'est ce qu'ont établi des analyses de marnes, faites par M« Rrocker^

20 ^BS ENGRAIS MINÉRAUX.

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