‹ Économie ruraleChapitre 30 sur 129 · TT · texte numérisé non relu

TT

sa* la)

Gaiu par an el (Mir heciare. ,

En parcourant ces dilltrents tableaux, ou

« zote peut entrer directement dans Toi^anisme (c des plantes, si leurs parties vertes sont aptes à le « fixer ; cet élément peut encore être porté dans les « végétaux par l'eau toujours aérée qui est aspirée « par leurs racines. Enfin, il est possible^ comme le « pensent quelques physiciens (1), qu'il existe dans a l'air une infiniment petite quantité de vapeurs ce ammoniacales. i>

g 2. DéTeloppemeiii siiecesBif de la matière T^gétale.

D'après les notions que nous avons acquises, il semble que les plantes doivent épuiser le sol pendant toute la durée de leur développement. Il y a cependant une opinion assez accréditée chez les cultivateurs ; elle consiste à croire que l'épuisement n'a lieu qu'à l'époque delà formation des semences, c'est-à-dire depuis le moment de la fécondation jusqu'à celui de la maturité. Cette opinion s'appuie sur ce fait généralement admis, qu'une récolte fauchée, lors de la floraison, appauvrit moins la terre que lorsqu'on la laisse mûrir. On sait, il est vrai, que de toutes les parties de l'oi^anisme végétal, les graines renferment, pour un même poids, la plus forte proportion de substances nutritives et de phosphate alcalin ou terreux. Mais, d'un autre côté, il est parfaitement établi que parmi nombre de végétaux regardés comme épuisant au plus haut degré, il en est dont on ne retire jamais de graines : tels sont

(i) Saussure, Recherches chimiques sur la végétation,

194 DES ASSOLEHENTS.

les choux, le pastel, le tabac. Enfin, il est bien reconnu que dans les pépinières, où l'on prépare les jeunes plants de colza et de betteraves, la fertilité du terrain diminue avec rapidité. Durant les premières phases de sa croissance, la plante accumule, dans son organisme, la matière qu'elle fera concourir plus tard à la perfection de la semence. On voit, par exemple, des plants enlevés du sol après leUr fécondation, donner des graines lorsqu'on les entretient hors de terre, mais dans un état convenable d'humidité. Quand un végétal est fécondé, la reproduction de l'espèce est assurée ; car, à la rigueur, elle s'accomplit sous les seules influences météorologiques; la matière accumulée se dirige vers le point où le fruit doit se développer ; la couleur verte des fruits s'affaiblit graduellement ; le sucre, l'amidon abandonnent peu à peu les tiges et les racines. Le trèfle, la betterave, après avoir porté des graines^ n'offrent plus qu'un tissu ligneux et insipide.

Par suite de cette élimination des principes succulents des racines, on conçoit qu'une plante mûre ne laissera plus dans la terre qu'une faible partie de ce qu'elle y aurait laissé avant la maturité. C'est évidemment à cette diminution dans la matière destinée à rester dans le sol, qu'il faut attribuer l'épuisement occasionné par les récoltes; mais de ce qu'il y a concentration des sucs de la plante vers un seul organe, s'ensuit-il nécessairement que la terre et l'atmosphère n'interviennent plus, pour ainsi dire, dans le phénomène de la végétation, et que tout le

DBS ASSOLEMBirrS. 195

travail accompli depuis la floraison s'opère uniquement avec les matériaux amassés dans le tissu de la plante? Cela est peu probable. En effet ^ après la chute des fleurs, les feuilles continuent longtemps encore leurs fonctions aériennes; et l'humidité qu'elles eihalent par la transpiration, prouve que les racines n'ont pas cessé de fonctionner.

Cependant, s'il estvrai qu'une plante, coupée lorsqu'elle est en fleur, contient déjà, à très-peu près, la totalité de la matière organique, c'est-à-dire autant de substance nutritive qu'elle en renfermera deux ou trois mois après, lors de la maturité, on conçoit que, sous le rapport de la production des fourrages, il deviendrait plus avantageux de faner certaines récoltes vertes que d'attendre le grain qu'elles pourraient donner plus tard. Ainsi se trouverait justifiée la méthode recommandée par quelques cultivateurs, de multiplier les semis et les coupes fourragèreis sûr là même sole annuelle, méthode dont le mérite est encore très-douteux aux yeux de bon nombre de praticiens, mais qui, si elle était fondée, aurait l'avantage, toujours si appréciable dans la culture, de produire le plus possible de fourrages dans un intervalle de temps limité. Aussi, laissant de côté la question secondaire de l'épuisement du sol, je me suis particulièrement attaché à vérifier la valeur d'une opinion dont les conséquences seraient aussi importantes, en étudiant, avec le secours de l'analyse, le développement suc^ cessif du froment pendant sa culture.

Le 19 mai 1844, j'ai choisi^ dans un champ àé ttô'^

ment, une place où la v^étation me parut bien uniforme ; là, j'ai arraché 450 plants, lesquels, débarrassés de la terre adhérente, par un lavage, et desséchés par une longue exposition à Tair, ont pesé :

Tiges et feuilles 277,4

Racines 46,0

Le 9 juin, époque à laquelle le froment entrait en fleur, j'ai pris, à la même place, 450 plants qui, desséchés, ont donné :

Epis en fleur Ii0,5

Tiges et feuilles 850,0

Racines 9S,5

Le 15 août, lors de la moisson, 450 plants ont fourni :

Grain 677,i

Épis et balle i54,5

Paille 027,5

Racines 121,0

Rapportant, pour faciliter la comparaison, Taccroissement constaté au plant moyen , on a

Le 19 mai, plant sans fleur 0,62 1

Le 9 juin, plantenfleur 2,36}/ ^'''^

Le \ 5 août, plant chargé de grain ... . 4, 1 8 | * '^^

On voit bue, depuis la floraison jusqu'à la moisson,

Taccroissement de la matière sèche a eu lieu dans le rapport de 100 à 177; c'est-à-dire que, dans cet intervalle, le poids de la plante a presque doublé.

L'analyse de ces récoltes successives a été faite en prenant, pour représenter chacune d'elles, des (quantités proportionnelles des divers organes.

COMPOSITION DBS PLANTS RÉCOLTÉS, POUR iOO PARTIES.

Page 1