‹ Économie ruraleChapitre 32 sur 129 · ÉPOQUES · texte numérisé non relu

ÉPOQUES

auqMlifls les planta

OBt été enlflTéi.

roiBS de la plante desséchée

par neetart.

•m m Si

19 mai 1844

9 iuiD

Accroissement du 19 maiau9 juia. ..

15 août, moisson..

Accroissement du 9 juin au 15 août..

k (*) Bn déduisant, pour la lemeoce. 150 kilo^ramnes oontcoant : carbone, 39,5; tiote, S kiIogniBiinc8{ oeodres, 3 kiiogrannes.

On reconnaît que si, avant la floraison, du 19 mai au 9 juin, il y a eu 751 kilogr. de carbone et 11 1/2 kilog. d'azote assimilés par hectare, les mêmes principes fixés dans la plante, depuis l'apparition des fleurs jusqu'à la moisson, ont été 728 kil. de carbone et 18 kilog. d'azote. Sans doute, et comme on pouvait d'ailleurs le prévoir, le dévelop-

DBS ASSOLBMBNTS. IM

pement de la matière oi^anisée, d'abord très-rapide, s'est ralenti à mesure que le végétal approdiait de sa perfection ; mais ce développement a encore continué avec assez d'intensité pour que le poids de la récolte, à Tépoque de la maturité, ait été double de ce qu'aurait pesé la plante, si on l'eût coupée lors de la floraison.

L'analyse montre, en outre, quelle a été la marche de l'assimilation des éléments constitutifs de la céréale, pendant toute la durée de la culture. Ainsi, en supposant que la végétation ait continué sans interruption, depuis le T'mars jusqu'au 15 août, on trouve les nombres suivants :

IfOMBBK

jours

éeonlé».

BN UN JOim BT BOB Vif HBCTABB. Il

irOQQM BB LA TftOBT&VOII.

Matièra

▼égéUle

séebe.

Carbone.

Matière!

minéralet.

Du l*** mars au 19 mai.

Du 19 mai au 9 juin..

Du 9juia au -15 août.

Assimil. moy. parjour.

J'avais rassemblé les matériaux nécessaires pour exécuter un travail du même genre sur une légumineuse ; mais l'accroissement survenu dans le poids de la matière végétale sèche a été tellement considérable entre la floraison et la maturation des fèves que j'ai été dispensé d'avoir recours à l'analyse. Ces ré-

sultats établissent qu'après leur fécondation, les plantes continuent à fixer les éléments du sol et de l'atmosphère.

§ a. Dm résidiiB des récoltes.

La substance végétale produite, dans le cours d'une rotation, ne se retrouve pas tout entière dans les récoltes : la terre en garde toujours une certaine partie. Il devient donc intéressant de rechercher la quantité de matière élémentaire laissée dans le sol par les différentes cultures. C'est un point qu'il est utile d'éclaircir dans l'intérêt de l'étude des assolements. En effet, les débris de la récolte actuelle influeront nécessairement sur les produits de la récolle prochaine ; et, dans le cours d'une rotation, la somme des résidus de récoltes successives doit être envisagée comme un supplément à l'engrais primitivement donné au terrain. Dans un assolement assez généralement adopté aujourd'hui, cette influence est manifeste ; c'est par elle que l'on explique comment une quantité de fumier, d'ailleurs fort limitée , suffit à la durée d'une rotation productive. Pour le trèfle, cette influence a frappé tous les yeux. Le froment, par exemple, en venant immédiatement après la plante sarclée, donne, dans nos cultures, 15 à 17 hectolitres par hectare ; après le trèfle, le^produit s'élève à plus de 20 hectolitres.

L'amélioration si évidente du sol par le trèfle a probablement lieu par les résidus des autres récoltes ; mais comme, dans certains cas, les débris abandon-

nés se bornent à compenser, à atténuer l'épuisement, leur effet utile est moins visible, moins prononcé. Que les résidus des plantes cultivées dans une rotation compensent en tout ou partie l'appauvrissement du terrain ; qu'Us ajoutent, dans quelques circonstances, à sa fécondité, c'est ce qu'on admettra sans difficulté : car il est bien clair qu'en adoptant des cultures laissant beaucoup de débris^ c'est précisément comme si l'on récoltait moins de produits sur une surface donnée. Mais quelle est la quantité de débris végétaux, restitués directement à la terre par telle ou telle culture? Quelle est, en un mot, la valeur de ces résidus considérés comme engrais? Les idées sur ce point sont peu arrêtées. C'est dans le but de les préciser, en substituant aux aperçus vagues des faits qui permettent d'ouvrir une discussion utile, que je me suis décidé à peser et à analyser les débris végétaux laissés dans la terre par les différentes cultures.

Ces expériences ont été faites sur des surfaces de terrain de 1 à 4 ares. Les racines de trèfle et les chaumes ont été. enlevés à la bêche: avant de les faire séchef, on les a débarrassés de la terre adhérente, par un lavage.

Les feuilles de betteraves et les fanes de pommes de terre ont été desséchées au four ; c'est sur ce produit sec, susceptible de se réduire en poudre, que l'on a pris les échantillons pour les analyses.

Dans le cours d'une seule année, on ne peut espérer d'avoir obtenu un résultat moyen. Les résidus

^02 DKS ASSULKMBNTS.

des récoltes doivent varit'r d'iiiie année à l'autre. J'ajouterai même que l'aiiniio dans laquelle ces recherches ont été eiilie|)tiscs a été peu favorable, parce que les récoltes oui éU; généralement mauvaises; mais les pesées de I s;](l |)ourrontétre répétées, afin d'atteindre un eliilTri; moyen : quaut aux résultats analytiques, ]c crois qu'on peut, sans crainte d'erreur bien grave, Us considérer comme définitifs.

■'«nett de poium<-Hda terre.

Une surface d'un arc. mesurée sur une pièce ayant souffert de la sécheresse, a donné 21,4 kil. de fanes vertes. Âpres nue dessiccation à l'air, ces fanes ont pesé 8,4 kil. Une éj;a!e surface, prise sur une pièce olfrant une belle ^ipparence, a donné : fanes vertes, 36 kil. ; séchées à lair, 7,i kil. On aurait ainsi, [wur un hectare de fanes \eilis, 2,870 kil.; sèches, 790 kil. En 1839, la réccdtc en pommes de terre a été de I2,i00kil. par hectare. 100 gr. de fanes séchées à l'air ont perdu, par une dessiccation à llD°,12gr. d'hiMni(lité.

ii[ilelt>nieiit sèches se rélectare.

Sur une surface de 4,24 ares, on a recueilli, deux jours après Tarrachement des racines, 444 kil. de feuilles.

25 kilog. de feuilles ramenées à l'état de sîccîté ont pesé 2,787 kil. Avec ces données, on trouve que les 444 kilog. de feuilles- vertes recueillies sur 4,24 ares devaient peser, sèches, 49,50 kil.

L'hectare a fourni :

Feuilles Tertes 40472 kilog.

Feuilles sèches 1 167

La récolte en racines a été, pour 1839, de 14,921 kil., c'est-ihdîre à peu près une demi-récolte; car en moyenne nous obtenons 26,000 kil.

Carbone 38,1

Hydrogène 5»!

Oxygène 30,8

Azole 4,5

Sels et terre 21,5

100,0 Ckavate die trowÊmnU

D'un are de terrain on a retiré 6 kil. de chaume séché à l'air. Sur un autre champ, une même surface a produit 8 kilog.

On a ainsi 700 kil. de chaume par hectare; mais comme le froment revient deux fois dans la rotation, il fout doubler ks résidus : soit 1,400 lui.

Le chaume perd 0,26 d'humidité quand ou le dessèche complètement à HO*".

En 1839, la récolte en froment, venue après plante sarclée et sur trèfle, n*a été que de 14,84 hectolitres par hectare. J'ai appliqué au chaume la composition de la paille.

BacUmi 4le trèfle*

Une surface de 1 are a donné 20 kil. de racines pesées après une forte dessiccation au soleil ; desséchées à Fétuve pour être pulvérisées, le poids s'est réduit à 16,98 kil.

100 grammes de racines en poudre ont perdu, par la dessiccation à 1 10% 8 gr. d'humidité. Ainsi les 20 k. de racines desséchées au soleil eussent pesé 15,47 kil. Un hectare aurait fourni 1,547 kil. de résidus de trèfle parfaitement secs.

En 1839, la récolte de trèfle, réduit en foin, a été bien au-dessous de la récolte moyenne.

C>OBipo«iiloM des i«elBee«

Carbone 43.4

Oxygène 36,9

Azole 1,8

Sels et terre 42,6

L'avoine termine Tassolement; ses résidus n'agissent donc pas sur la rotation actuelle, leur action

DES AfiSOLBMBHTS. 905

s'exercera sqr la rotation prochaine; de même que les débris organiques laissés dans la terre par l'avoine de l'assolement antérieur ont influé sur la culture présente.

En 1839, la récolte d'avoine s'est élevée au-dessus de la moyenne : elle a été de 2,031 kil. par hectare.

Un are d'une sole d'avoine a fourni 9,12 kil. de chaume séché à l'air : pour un hectare 972 kil.

J'adopte encore, pour le chaume, la composition de la paille telle qu'elle a été donnée précédemment.

Je résume, dans le tableau suivant, les résultats exposés précédemment, en y joignant la quantité et la composition de l'engrais consommé dans la rotation.

Tableau.

Pomme* de lerre.

Betleraves

Ml

Ml

g s s t gf

IS

Pi

s 1 1 1 Ip

.» 5 .* 1 gp

DBS ASSOLEMENTS* 207

Oayoitque les résidus des récoltes, enfouis successÎTement pendant le cours de la rotation, représen*tent en quantité et même en nature un peu moins de la moitié de l'engrais primitivement donné au terrain ; je dis un peu moins, parce qu'il faut se rappeler que dans la somme des résidus, les feuilles de betteraves et les fanes de pommes de terre ne devraient pas figurer ensemble ; l'un des résidus exclut l'autre, par la raison que les deux plantes sarclées n'entrent pas à la fois, suivant cette proportion, dans le même assolement.

Les matières organiques, cédées à la terre par les différentes cultures, expliquent donc comment on atteint la clôture de la rotation,' sans qu'il soit indispensable d'ajouter un supplément d'engrais en nature. Il est hors de doute que sans cette addition de matière élémentaire, la fertilité du sol s'affaiblirait beaucoup plus rapidement; car le résidu de chaque culture n'est autre chose qu'une partie de la récolte elle-même, destinée, comme je l'ai' dit, à Venfouissage en vert. C'est donc un véritable supplément d'engrais dont on doit tenir compte.

On remarquera que dans l'assolement de cinq ans, sur cinq récoltes il y en a deux, celle de la plante sarclée et celle du trèfle , qui cèdent au sol des résidus abondants et riches en matière azotée. Il est évident que ces récoltes agissent favorablement sur les céréales ; mais les données manquent pour apprécier leur utilité spécifique dans la rotation générale. Nous voyons, par exemple, que, malgré la forte proportion

a08 DES ASSOLEMENTS.

des résidus laissés par la betterave, cette plante affaiblit considérablement le produit du froment que Ton récolte après elle. La pomme de terre, bien que laissant beaucoup moins de débris, parait agir moins défavorablement. Le trèfle abandonne plus de résidus que la pomme de terre ; par cela même on conçoit qu'il favorise davantage la céréale qui vient après lui; mais, il faut bien le reconnaître, l'effet favorable de ces résidus est tellement prononcé, qu'il est hors de proportion avec ce que l'on pouvait en attendre, en les comparant aux débris des deux plantes sarclées. C'est que l'effet visible, appréciable, des résidus sur les récoltes immédiates ne résulte pas uniquement de leur masse, même en leur supposant des qualités égales; cet effet ap][iarent dépend surtout de l'action exercée sur le fond par les cultures qui les ont laissés. Si ces cultures ont été fortement épuisantes, on comprend que leurs débris enfouis, quelque considérables qu'ils soient, se borneront à compenser, à atténuer l'épuisement; et, dans ce cas, l'effet utile des résidus, bien que réel, pourra passer inaperçu, si on le mesure par le produit de la récolte prochaine. Si, au contraire, une culture a été peu épuisante, soit par le peu d'abondance des matières récoltées, soit parce qu'elle aura puisé dans l'air la majeure partie de ses principes élémentaires, l'effet utile des résidus sera toujours visible. Quand on discute, comme nous l'avons fait, la valeur relative de divers systèmes d'assolements, on évalue la quantité de matière élémentaire prise sur l'atmosphère par un en-

DES ÂSSOLEMËTfrS. 209

semble de cultures; mais la méthode générale qui a été suivie est muette lorsqu'il s'agit d'assigner à chaque culture en particulier la part qu'elle a eue au gain total. Pour répondre à cette question, dont la connaissance des résidus est un des éléments, il reste encore à déterminer pour chacune des plantes qui font partie d^une rotation , les quantités respectives de matière élémentaire fournies par le sol et par l'atmosphère; en d'autres termes, il reste à faire sur chaque plante, considérée isolément, ce qui a été essayé sur leur culture collective ; il y a là matière à un travail important.

S 4* De 1» matière minérale con tenue dans les enn^rals

\et dans les récolles.

Nous venons de considérer ia matière organique développée durant une série de récoltes successives. Pour compléter l'étude des assolements, autant du moins que le permet l'état de la science, il nous reste à examiner la relation qui existe entre les substances minérales des produits récoltés, et celles des engrais donnés au sol.

Nous avons déjà établi, d'une manière générale, que certains sels minéraux, certaines bases salifiables sont essentielles à la constitution des plantes.

L'importance de la discussion des assolements, considérés au point de vue de la matière inorganique, a été parfaitement comprise par Davy. « L'exporta- « tion des grains d'un pays qui ne reçoit pas en <x échange des substances capables de donner des

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