OBSERVATION X
Introdnetlon do seli^le cuit en reatplacenMut de l^Toine*
M. Puvis a annoncé que le seigle cuit, jusqu'à rupture du grain, remplace un volume d'avoine égal au sien dans la nourriture du cheval. L'expérience que nous avons faite est loin de confirmer l'utilité de ce régime. Par des essais préliminaires, nous avons trouvé que Thectolitre de seigle, pesant 75,6 kil., double son volume par la cuisson.
Les deux chevaux, mis en observation, étaient nourris depuis longtemps avec une ration diurne formée de :
312 DE l'alimentation des animaux
Foin lOkil.
Avoine 2,5 = 8 litres.
A TaToine on a substitué 5 litres de seigle cuit^ contenant 2,5 litres de seigle cru pesant 18,9 kil.
Le onzième jour, on jugea prudent de faire cesser l'expérience, dont voici le résultat :
l'« pesée, poids des cheyaux : 914 kil. cheval moyen 457 kjl. 2« pesée. 876 id. 438
En i i jours, perte 38 perte. 19
Comme on devait s'y attendre, ce régime, dans lequel de Veau remplace de l'avoine, était insuffisant; en le prolongeant, on aurait certainement compromis la santé des animaux qui le subissaient.
Le seigle légèrement cuit peut certainement prendre la place de l'avoine dans la ration du cheval, mais il faut qu'il intervienne suivant son équivalent. C'est ainsi que M. Dailly a nourri avec avantage les chevaux de la poste de Paris, à une époque où le prix de l'avoine, comparé à celui du seigle, permettait la substitution.
L'expérience si décisive et si habilement dirigée de M. Dailly m'a dispensé de continuer les recherches sur la valeur nourrissante du seigle.
La commission d'hygiène vétérinaire instituée au ministère de la guerre a fait des expériences nombreuses sur l'alimentation des chevaux de troupes; je présenterai un résumé succinct de ses travaux.
ANNBI&S A LA FEBME. 313
§ 1. — •«bstltutlon de l'avoine et de 1» paille au foin de la ration* — IVoarritnre avee nn seul fonrrage.
Six chevaux mis en observation furent choisis dans le 3* régiment de lanciers. On les plaça dans une écurie de l'école militaire, en les espaçant de un mètre quatre-vingts centimètres. Durant toutes ces expériences le capitaine instructeur, avec le concours d'un officier et du vétérinaire en premier, exerça une surveillance active. L'un des meilleurs brigadiers attaché au service de l'écurie fut chargé de la distribution des fourrages. Une bascule-balance permettait de peser toutes les vingt-quatre heures les animaux et les aliments ; la boisson était mesurée avec soin. Les six chevaux étaient soumis au même travail que ceux du régiment; chaque fois qu'ils rentraient des manœuvres, le vétérinaire les examinait avec attention et interrogeait le cavalier sur les remarques qu'il avait pu faire pendant qu'il était en selle.
Première expérience. — Variation dans la proportion des aliments.
Les chevaux, après être restés durant douze jours à la ration réglementaire, formée de :
Foitt. Finie.
AiroliM.
Ont reçu pendaDt24jour8,le8 n<" 1 , 2
Pesées, ayant : n® 1 444 k. n^
Somme 928
314 DE l'alimentation des aniaiaux
Après : n« 1 459 n« 3 425 n» 5 487 n"* 2 502 u*" 4 475 ii<* 6 462
Somme 96i 900 949
En 24 jours, gain. 33 perte. 2 perte. 3
Deuxième expérience. — Suppression d'un des aliments dans la ration. On procède par lots de 3 chevaux.
Ont reçu pendant 32 jours, lesn~ 1, 2, 3, paille 8 k. avoine 4, iOk.
4, 5, 6, foin 8 avoine 4,10
Pesées, avant: n« i 456k. n<> 4 476k. (i)
Somme i37< i444
Après : n"* 1 450 n<> 4 490
Somme 1335 1455
En 32 jours, perte. 36 gain. 11
Troisième expérience. — Ration formée d'un ali ment unique.
Ont reçu pendant 18 jours, les n~\, 2, paille 12 kil.
n~ 3, 4, foin 12 n^ 5, 6, avoine 12
Pesées, avant: n* 1 475k. n« 3 434k. n» 5 489k.
Somme 980 916 959
(1) Ces pesées ne répondent pas à celles de Texpérience précédente, par la raison que j'ai omis plusieurs expériences intermédiaires.
ANNEXÉS A LA FERUE. 315
Après : n<> 1 455 n<> 3 425 n^» 5 463 . n« 2 489 n» 4 462 n» 6 459
Somme 944 887 922
Eiii8 jours, perte. 36 perte. 29 perte. 37
Quatrième expérience. — Ration formée d'un aln ment unique. Les lots sont intervertis.
Ont reçu pendant i 5 jours, les n~ 1 , 2 foin 12 k.
n<* 3, 4 avoine 12 . n~ 5, 6 paille 12
Celte expérience a suivi la troisième.
Pesées, avant : 944 k. 887 k. 922 k.
Après : n» 1 465 n» 3 395 n« 5 496 n« 2 492 n» 4 477 n» 6 464
Somme 95? 872~ 960
En 15 jours, gain. 13 perte. 15 gain. 38
Cinquième expérience. — Ration formée par un aliment unique. Les lots intervertis^
Ont reçu pendant 18 jours, les n"" 1, 2 avoine 12 k.
n«- 3, 4 paille 12 n"* 5, 6 avoine 12
Pesées, avant : 957 k. . 872k. 960 k.
Après : n« 1 454 n» « 399 n« 5 499 n« 2 445 n« 4 472 n« 6 456
Somme 899 TtÎ 955
Enl8 jours, gain. 42 perte. 1 perte. 5
Sixième expérience. — Les chevaux avaient été mis pendant 25 jours à la ration réglementaire.
Ont reçu en 14 jours, les n<* 1, 2 avoine 4 k. paille hacbée 8 k.
n<*'3, 4 foin haché 8 k.
n*** 5, 6 avoine concassée 6 k.
Pesées, ayant : 917 k. 865 k. 042 k.
Après : n*" i 440 ' n« 3 393 n» 5 485
Somme 896 844 925
En i4 jours, perte. 21 perte. 21 perte. 17
Septième eay^érience, a suivi la sixième. — Lots formés de trois chevaux. On compare le seigle à Tavoine.
Ont reçu en 47 jours, les n<* 1 , 2, 3 orge 2 k. avoine 2 k. paille 8 k.
n*" 4, 5, 6 seigle 2 avoine 2 paille 8
Pesées, avant : n»* 1, 2, 3 : 1291 k. n~ 4, 5, 6 : 1374 k.
Après: n^l n*»2 n«3
perte.
Somme
En 47 jours, perte.
Huitième expérience j a suivi la septième. — Orge comparée au seigle. Lots de trois chevaux.
Ont reçu en 29 jours, les n~ 1 , 2, 3 orge 4 k. paille 8 k.
n~ 4, 5, 6 seigle 4 paille 8
Pesées, avant: 1259k. 1360k.
Après : n» 1 450 n« 4 452
Somme 1284 1367
En 29 jours, gain. 25 gain. 7
Neuvième expérietwe, a suivi la huitième. — Farine d'orge comparée au son.
Ont reçu en 20 jours,les n"" 1 , 2, 3 farine d'orge 4,i 01^. paille 5^. foin 3k.
n<»4,5,6 son 4,10 paille5 foin3 Pesées, ayant : 1284 k. 1367 k.
Après : n« 1 436 n« 4 449
Somme 1276 1377
En 20 jours, perle. 8 gain. 10
Observations. — Expérience première. — Le cheval no 4, à son entrée dans Técurie, buvait 35 à 45 litres d'eau par jour, aussi rentrait-il souvent en nage quand il revenait de la promenade ; son poil était terne ; il avait presque toujours la diarrhée. On l'a rationné à 20 litres d'eau : la diarrhée a cessé ; le poil est devenu brillant.
Le n"" 2 a beaucoup augmenté ; ce cheval mangeait fort lentement, et lorsqu'il était à l'escadron, une partie de sa ration était consommée par ses voisins; dans l'écurie expérimentale il a pu la manger en totalité ; cette circonstance a sans doute contribué à l'augmentation de poids qu'il a éprouvée. L'état des autres chevaux n'a pas changé.
Expérience deuxième. -^ Les numéros 1 , 2 et 3 sont restés dans les mêmes conditions de vigueur. Les numéros 4, 5 et 6 ont mangé toute leur ration d'avoine et de foin ; mais les cavaliers les ont trouvés mous; ils transpiraient beaucoup. Le numéro 6 a présenté le huitième jour les symptômes d'une congestion pulmonaire*
En 32jours, le loi mis à la paille et à l'avoine a bu 1580 lilr. d'eau, le lot mis au foin et à Tavoine 2021
Tout considéré, le régime alimentaire exclusif n'a pas été très-déravorable ; la santé des chevaux s'est conservée, et en somme ia perte n'a pas été aussi forte qu'on pourrait l'imaginer en examinant isolément les expériences.
Ainsi, au commencement les 6 chevaux pesaient 2845 kil. 51 jours après 2725
Perte totale 120
Perte par jour et par cheval. . • 0,39 k.
J'ajouterai que ces pertes sont probablement dues à quelques difficultés de pesage; et j'en vois en quelque sorte la preuve dans cette circonstance, qu'après le régime exclusif, dont l'effet aurait été une diminution de poids sur les animaux sans affaiblir leur vigueur, les six chevaux ayant été remis à la ration réglementaire pendant vingt-cinq jours, ont pesé alors 2724 kil., précisément ce qu'ils pesaient après les cinquante et un jours d'expérience, durant lesquels ils avaient été rationnés avec un seul aliment.
Expérience sixième. — Les deux chevaux ont mangé l'avoine donnée avec la paille hachée, en laissant environ 2 kilog. de paille.
Les deux chevaux recevant du foin haché laissaient dans le râtelier 4 kilog. de fourrage ; ils n'ont donc mangé, chacun, que 6 kilogrammes de foin hadié.
Les deux autres chevaux se sont bientôt dégoûtés de l'avoine concassée; ils en laissaient 3 kilog. par jour. Us .devinrent tristes, et s'ils n'eussent pas
320 DE l'alimentation des animaux
été muselés après leur repas, ils auraient mangé leur litière. Us ont perdu de leur énei^ie.
Expérience septième. — Les chevaux ont mangé l'oi^e, le seigle et l'avoine; mais ils ont laissé chaque jour 2 kilog. de paille dans le râtelier ; les chevaux nourris avec de l'orge ont montré plus d'énergie que ceux nourris avec le seigle.
Expérience huitième. — L'orge et le seigle ont produit à très-peu près les mêmes effets. Les chevaux préfèrent l'orge.
Expérience neuvième. — En moyenne, le poids des chevaux n'a pas varié.
§ s. — Expériences ■nr !• ■abttltutlon da foin nouTean an foin nnclen dans Pallmentatlon dot cheTnnz de troupes.
C'est une opinion généralement admise que l'usage du foin récemment récolté altère la santé des chevaux. Aussi le règlement concernant les subsistances militaires prescrit, sauf des cas extraordinaires, de ne pas distribuer le fourrage nouveau avant le 1*' septembre dans le midi de la France, et avant le 1" octobre dans le nord. Il nait de cette prescription de grandes difficultés pour le service. C'est afin de rechercher si les fourrages nouveaux influent défavorablement sur la santé des chevaux, que la commission d'hygiène vétérinaire a entrepris une suite d'expériences dans un des cadres du 3' régiment de hussards.
Première expérience. — Deux chevaux ont été soumis à la ration réglementaire, dans laquelle on a
AimBXte A LA FERMK. 321
substitué 4 kilog. de foin tout récemment récolté, à 4 kilog. de foin ancien. Ces animaux sont restés pendant deux mois et demi à ce régime contraire aux [M'escriptions du règlement ; néanmoins leur santé a été très- bonne ; ils ont constamment fait leur service. Deuxième expérience. — Deux autres chevaux ont reçu pendant soixante et quinze jours, pour ration, par tète.
kiL
Foin nouveau. 6,5
AToine 3,2
En doublant la proportion du foin, dans cette ration, on voulait rendre les effets du fourrage nouveau plus apparent. Les chevaux, après s'être montrés un peu mous pendant quinze jours, ont repris ensuite toute leur énergie; ils ont augmenté d'environ 16 kilog. ; le foin nouveau leur a été favorable.
Tromème expérience. — Deux chevaux ont été mis au régime du foin nouveau pour toute nourriture; chaque cheval en recevait, comme ration, 13 kilog. Cette alimentation exclusive a duré soixantequinze jours, pendant lesquels les chevaux ont continué leur service. Dans les trois premières semaines ils transpiraient plus que d'habitude ; mais cette disposition s'est promptement dissipée ; les chevaux ont été vigoureux; leur poids a augmenté de 10 kil(^.
§ s. — Expériences Rnr l'ange de Pavolne nowelle.
On attribue à l'avoine nouvelle des effets assez malfaisants pour que les règlements militaires défen-