REMARQUES
Nourriture au trèfle.
10 jours de vert et 10 jours de sec.
Id.
Nourriture au regain
de foin.
10 jours de vert et 10
jours de sec.
Gomme je l'ai déjà fait remarquer, avant de tirer une conclusion, il fallait connaître l'étendue des variations accidentelles dans le poids de l'animal mis en observation. Plusieurs pesées consécutives, faites chaque jour aux mêmes heures, ont montré que la plus grande différence atteignait 6 kil. Ainsi, une différence de cet ordre ne saurait être sûrement attribuée à l'influence du régime. On voit, cependant, que les gains constatés à la suite de la substitution de la ration sèche à la ration verte ont été 5, 7 et 10,5 kil., résultats qui sont de nature à faire présumer qu'une même quantité de fourrage nourrit plus quand elle a été fanée ; mais il serait prématuré de prendre une semblable conclusion en présence d'ex-
périences aussi peu nombreuses. Ce que ces expériences établissent avec quelque certitude , c'est qu*un poids donné de fourrage sec ne nourrit pas moins le bétail que la quantité de fourrage vert qui la fournit.
Lgea trempés.
En se fondant sur la supposition que K trèfle ou la luzerne consommés en vert sont plus nourrissants qu'alors qu'ils ont été fanés, certains éleveurs sont dans l'usage de faire tremper les fourrages secs : dans l'opinion de ces praticiens, le foin, le trèfle acquièrent, par l'imbibition, des propriétés nutritives plus prononcées; 25 kil. de trèfle fané absorbent assez d'eau pour peser 100 kil. après une infusion de douze heures. On voit que, par l'humectation, ce fourrage sec se reconstitue en quelque sorte à l'état de fourrage vert.
On pouvait présumer, dans l'été chaud et sec de 1845, qu'une nourriture humide serait plus profitable au bétail que le foin qu'il recevait par suite de la rareté des herbages, la seconde coupe de trèfle ayant manqué assez généralement. Cette considération m'a déterminé à faire un essai comparatif, dans le but de constater l'effet du fourrage trempé. J'ai confié les détails de celte expérience à M. Eugène Oppermann, qui s'exerçait, à Bechelbronn, à la pratique de l'agriculture.
Quatre génisses, âgées de dix-sept à dix-neuf mois, ont été réparties en deux lots : l'un de ces lots, le
334 DE l'âLUIBNTATION DBS ANIMAUX
nM , a consommé du foin et du trèfle fané ; le lot n"" 2 a reçu le même fourrage préalablement trempé pendant douze heures. Chaque lot a d'ailleurs été exactement rationné à raison de 3 kilogrammes de foin pour 100 kilogrammes de poids vivant. Voici le résultat de la première expérience continuée pendant quatorze jours :