‹ Économie ruraleChapitre 66 sur 129 · OXYGÈNE EXPRIMA · texte numérisé non relu

OXYGÈNE EXPRIMA

ea tir atmotphér.

litr.

J'ni admit qu*un homme brâle 16 à 27 gramm. d'hydrogène indépendamment dea iSO gramm. de carbone trouvés par M. Scharling.

Ces données ne sont pas sans utiHté dans la pra-^

tique, en ce qu'elles permettent d'assigner la limite de capacité des habitations de l'homme, des étables et des écuries. Ce serait une erreur, dont les conséquences pourraient devenir fatales, que de croire qu'en augmentant, qu'en doublant le volume d'air que nous venons de calculer, on assurerait pour 24 heures une atmosphère sufiSsante à l'individu qui y serait confiné. C'est que jamais un animal n'épuise, en respirant, la totalité de l'oxygène d'un volume d'air, par la raison que cet air, aussitôt qu'il est privé d'une certaine quantité d'oxygène, devient, par sa pauvreté même, tout aussi impropre à la vie que le gaz azote.

L'air, par exemple, en sortant des poumons de l'homme, n'a perdu que 4 à 6 pour 100 de l'oxygène qu'il contenait; s'il était aspiré et expiré de nouveau, il en perdrait encore quelques centièmes, que rem* placeraient quelques centièmes d'acide carbonique , et bientôt, c'est-à-dire au bout de quelques inspirations, l'air arriverait à être tellement appauvri d'oxygène et tellement enrichi en gaz acide carbonique, qu'il serait absolument impropre à la respiration. La nécessité où l'on est - d'expulser immédiatement l'air des poumons, quand il contient 3 ou 4 pour 100 d'acide carbonique, est une preuve de l'action nuisible qu'exerce sur nos organes un air pauvre en oxygène ; on sait, d'ailleurs, que les mineurs tombent asphyxiés lorsqu'ils restent plongés pendant une ou deux minutes seulement dans une atmosphère assez viciée pour ne plus contenir que 10 à 12 parties de ce

g^ pour 1 00 (1 ). On comprend dèslorsla nécesdtéd^assurerun renouyeUement convenabled'airy dansles endroits où sont réunis un certain nombre d'êtres viyants. Les chiffres que j ai posés indiquent assez que cette ventilation doit être très-active; en effet, on estime qu'il faut assurer un volume d'air 25 à 30 fois plus fort que celui qu'un animal vicie totalement dans un temps déterminé. Ainsi, à un homme enfermé dans une cellule, il faudrait, par heure^ 5 à 6,000 litres d'air pris à l'extérieur.

C'est surtout pendant la nuit, durant les heures de sommeil, alors que la clôture des localités est plusparfaite, que toutes les causes de ventilation accidentelles ont cessé, qu'il faut pourvoir à ce que la capacité du local soit suffisante pour que l'atmosphère ne s'altère pas de manière à rendre les conditions hygiéniques défavorables. Mais il ne faut pas non plus, en exagérant la ventilation, produire un trop grand refroidissement, car ce serait substituer une cause d'insalubrité à une autre.

Des expériences faites par ordre du ministre de la guerre ont montré que dans une chambrée d'une capacité de 341 mètres cubes, où vingt*cinq soldats avaient séjourné pendant dix heures un quart, l'air contenait 0,0032 d'acide carbonique en volume, proportion décuple de celle qu'on rencontre ordinaire-» ment dans l'atmosphère. En s'appuyantsur les données de M. ScharUng, on trouve que l'air de la chambre au-

(1) F. Leblanc, Annotes de Chimie et de Physique^ l. XV, 3' série*

rait dû renfermer 0^0094 d'acide carbonique.Àinsi, par l'effet d'une ventilation accidentelle, se produisant par les jointures des portes et des fenêtres^ la proportion d'açjde carbonique a été réduite au tiers de ce qu'elle aurait é(é dans l'hypothèse d'une absence complète de renouvellement d'air. En d'autres termes, les effets de la respiration des soldats sont comparables à ce qu'ils eussent été dans une chambre trois fois plus grande, maïs oii l'air ne se serait pas renouvelé. Dans cette expérience, chaque homme avait 13,6 mètres cubes d'air; c'est un chiffre un peu supérieur, 16 à 17 mètres cubes^ que la commission a proposé d'accorder à chaque soldat dans les chambres où il est enfermé la nuit, pendant huit à dix heures, et dont la ventilation a'ei^t qu'accidentelle (1). . L'acide carbonique émis par le cheval ou par le bétail est tellement considérable, qu'il ne faudrait pas songer à donner aux écuries ou aux étables des dimensions capables d'assurer à ces animaux lUn volume d'aijr suffisant même pour quelques heures. Ici la ventilation doit être permapente. En effet, une vache produisant en 24 heures environ 4 mètres cubes de.gaz acide carbonique, on voit que pour amener une atmosphère confinée, dans laquelle elle séjournerait pendant douze heures, à tenir 1 pour 100 de cet acide , il faudrait que cette atmosphère îùl à peu près de 200 mètres cubes. Or, il n'est pas possible

{{) Leblanc, rapport de la sous-comniîssion d'hygiène des casernes, Amales de Chimie et de Physique, U XXVil, a"" série.

392 GËNÉRALITÉS SIIR lA DIGESTION

d*assigner un semblable yolumé d'air confiné à un animal. La yentilation supplée à Texiguité du local : dans les écuries^ on l'obtient en établissant des cheminées, des ventouses, des yasistas béants. Dans une des écuries de la caserne du quai d'Orsay, une des dix-sept yentouses en communicai tion avec une cheminée de 8 mètres de hauteur a

fourni aux observations anémométriques un écoule- \ ment d'air de 334 mètres cubes par heure pour un

I excès de température de 4 degrés. Les dix-sept ven-

I touses de cette écurie établie pour 87 chevaux,

ont dû appeler du dehors, le jour de l'expérience, 5,000 mètres cubes d'air; soit 57 mètres cubes par heure et par cheval, quantité plus que suffisante pour assurer la salubrité. L'analyse a montré, en efiet, que dans cette écurie l'air se maintient à un état de pureté peu différent de celui de l'atmosphère.

Le sang, dans l'acte respiratoire, n'est pas détruit en totalité, les produits de sa combustion ne sont pas uniquement de l'acide carbonique et de l'eau ; une partie se transforme en substances organiques qui, n'étant plus propres à l'assimilation, sont incessamment éliminées par les voies urinaires; mais, avant de rechercher quelle est la nature de ces modifications, il faut connaître quelle est la constitution du sang.

le mng. — Dans l'homme, comme dans les animaux d'un ordre élevé, le sang est épais et d'un rouge intense : chez les animaux inférieurs, comme les insectes, les crustacés, c'est un liquide très-aqueux, et

ET sua LA RESPIRATION. 393

souyent incolore ; sa densité yarie de 1,050 à 1,057; il est alcalin.

Sous le microscope, le sang rouge offre à l'œil deux parties distinctes : un liquide jaunâtre, transparent : c*est le sérum, dans lequel nagent une multitude de petits corpuscules solides, opaques, que les physiologistes ont nommés globules du sang. Ces globules sont sphéro'idaux dans les mammifères, elliptiques chez les oiseaux et les animaux à sang froid .Leur diamètre réel varie, selon MM. Prévost et Dumas, depuis 1/30 jusqu'à 1/256 de millimètre.

Le sang rouge extrait des veines, le seul dont nous nous occuperons, se compose d'eau tenant en suspension ou en dissolution de l'albumine, de la fibrine, une substance colorante rouge , Vhématasine , des matières grasses et différents sels.

L'hématosine, que l'on obtient à l'état de pureté, offre cette particularité extrêmement remarquable qu'elle laisse des cendres uniquement formées d'oxyde de fer ; c'est que le fer entre dans sa composition, et par conséquent dans la constitution du sang.

L'hématosine contient en principes élémentaires :

Carbone. . . • 65,8

Hydrogène.. 5,4

Azote 10,4

Oxygène.... 11,7

Fer 6,7

Abandonné à lui-même, le sang se coagule en partie; au milieu d'un liquide jaunâtre, le sérum, on

iroit apparaître une masse moUe^ d'un brun rouge : c'est le ccUllot formé par l'agglomération des particules 4e fibrine. Le sérum contient l'albumine en dissolution. M. Lecanu, daos un travail remarquable sur le sang de l'homme^ porte à vingt-cinq le nombre des matières comprises dans ce fluide.

Eau 790,4

Oxygène, azote, acide carbonique libre

Fer

Ghlorhydrales de soude, de polasse et d'ammoniaque

Sulfate de potasse, de soude

Sous-carbonale de chaux et de magnésie. . . . Phosphate de soude, de chaux et de magnésie. ) it,0

Lacuite de soude

Sa?on à base de soude et acides gras fixes. . .

Sel à acide gras volatil odorant

Matière grasse contenant du phosphore

Gholeslérine

Séroline

Albumine dissoute dans le sérum 67,8

Globules ou fibrine i30,8

La composition des globules peut se représenter, suivant M. Lecanu, par :

Fibrine 3,0

Hémalosine (matière colorante rouge).. 2,3 Albumine 125,5

Les différences que présente le sang dans sa constitution portent principalement et presque exclusivement sur les proportions relatives de la partie liquide (sérum) et de la partie solide en suspension globules).

BT'fiW Uk IBflnBATIOM. 395

La matière solide est plus abondante chez l'homme que chez la femme, chez les adultes que diez les enfants et les vieillards, chez les individus bien nourris que chez ceux qui sont soumis à un régime peu substantiel (1). Le sang artériel diffère du sang veineux en ce qu'il est d'un rouge vermeil. L'analyse a été impuissante jusqu'à ce jour pour apprécier la cause de cette différence ; cependant l'on sait que c'est par le concours de l'oxygène de l'atmosphère que le sang artériel acquiert son caractère distinctif, et que dans cette circonstance il se produit de l'acide carbonique.

Le sang de bœuf privé d'eau est composé de :

Carbone... 52,0

Hydrogène. 7,2

Azote i5,l

Oxygène. . 21,3

Gendres.. • 4,4

Chauffé à 75 degrés, le sang se prend en masse par suite de la coagulation de l'albumine, du sérum et de l'hématosine.

Valbumine se trouve dans la plupart des fluides de. l'économie animale. Dans le blanc d'œuf elle est sans odeur, sans saveur ; elle rend l'eau visqueuse ; sa dissolution commence à perdre sa transparence vers 52 degrés ; à 57 degrés elle est coagulée com-

(1) Leeanu, AnnaUs dé Chimie et de Physiqne, t. LXVH, p. 57, 2* série.

396 GÉNteALITÉS SUft LA DIGESTION

plétement. Les acides forment avec l'albumine des composés insolubles.

Fibrine. — S'extrait du sang en le battant au moment où il vient de sortir de la veine ; elle est en longs filaments que Ton décolore en les malaxant sous un filet d'eau froide ; elle retient un peu de graisse qu*on enlève avec de l'éther.

Ainsi obtenue la fibrine est blanche et flexible ; par la dessiccation^ elle abandonne environ 30 d'eau pour 100. Alors elle devient cassante cornée, demi-transparente. Plongée dans l'eau^ elle reprend à peu près l'humidité qu'elle avait perdue, et avec elle, sa transparence, sa souplesse, sa blancheur.

Urine. — Une partie des matériaux azotés du sang éprouvent, pendant la respiration, de la part de l'oxygène de l'air, de profondes modifications ; c'est à ces matériaux, on n'en saurait douter, que sont dus l'urée, l'acide urique, l'acide hippurique, qu'on découvre à grand peine dans le fluide sanguin, parce que, étant impropres à l'assimilation, ils ne sont pas plus tôt formés, qu'ils sont expulsés par les voies urinaires.

L'urine est sécrétée du sang artériel par deux glandes, les reins, placés dans l'abdomen de chaque côté de la colonne vertébrale. Ces organes reçoivent le sang par une grosse artère qui se ramifie dans leur parenchyme; c'est là où s'opère la sécrétion. L'urine se rend dans la vessie en passant par un canal nommé uretère. Sa composition est variable suivant les animaux qui la sécrètent, et, pour une même classe d*a-

Sr WR LA RESPIRATION. 397

BÎmauXy sa nature est grandement influencée par la nature du régime.

Le principe en quelque sorte caractéristique de Furine est l'urée, dont la proportion varie d'ailleurs, considérablement. L'urée, dont j'ai déjà présenté les principales propriétés et la composition, forme avec les acides des combinaisons qui permettent de la reconnaître et même de la doser. C'est ainsi qu'en ajoutant de l'acide nitrique à de l'extrait d'urine, il se forme bientôt de nombreux cristaux de nitrate d'urée, combinaison peu soluble contenant à très- peu près 49 d'urée pour 100.

 l'urée se trouve souvent associé, particulièrement dans l'urine de l'homme, de l'acide urique qui se dépose quelquefois pendant le refroidissement. La présence d'un acide aussi peu soluble s'explique par la propriété qu'il possède de se dissoudre, soit dans le phosphate de soude, soit dans l'acide lactique (1).

Un autre acide de l'urine, l'acide hippurique , se trouve, tantôt libre, tantôt à l'état d'hippurate comme dans l'urine des herbivores. Cet acide s'obtient en cristaux incolores, peu sapides et aussi trèspeu solubles. Il suffit, en effet, pour s'en procurer, de verser de l'acide hydrocholorique dans l'urine du cheval ou de la vache ; quand ces liquides ont perdu l'alcalinité qu'ils ont ordinairement, qu'il y a une

(i) Les compositions de l'acide urique et de l'acide hippurique sont données dans le 1*' volume, p. 685.

398 GÉNÉRALITÉS SUR LA IHGESnûN

légère acidité, Tacide hippurique ne tarde pas à se précipiter. Enfin, il y a encore dans l'urine un peu de mucus proyenant de la \essie, une matière colorante et des sels qui, à part le sel marin, sont presque tous à base de potasse. La nature de ces sels est intimement liée à celle de la nourriture consommée. Ce sont, à n'en pas douter, les substances salines qu'on retirerait par l'incinération des aliments. L'incinération a lieu dans le sang, et c'est une nou* yelle raison en fayeur de l'analc^ie que nous ayons admise entre la combustion et la respiration. Si en incinérant un fourrage dans un creuset de platine, on obtenait une cendre riche en carbonate de potasse, parce qu'il renfermait des sels alcalins ayant un acide destructible par la chaleur, on peut ai&rmer que le bétail auquel on ferait manger ce fourrage, rendrait une urine fortement alcaline, et dans laquelle on retrouyerait du carbonate de potasse. Les graines de céréales laissent des cendres ne renfermant pas de carbonates alcalins ; aussi il arriye qu'un cheyal nourri exclusiyement avec du seigle rend une urine légèrement acide. C'est ainsi que l'urine de l'homme, acide à l'état normale, devient alcaline lorsque l'individu qui la sécrète mange des cerises, du raisin, des légumes, c'est-à-dire des aliments riches en sels de potasse à acides organiques, laissant pour résidu de leur combustion du carbonate alcalin. J'ai donné (1), d'après Berzélius, la composition de l'urine de

(1) !•' volume, p. 793.

rhomme ; yoici maintenant, suWant M. Lehmann, la composition moyenne de la même urine rendue dans les vingt-quatre heures :

Urée 32,91

Acide urique i ,07

Acide lactique. i,55

Elirait aqueux 0,59

Extrait alcoolique 9,81

Lactate d'ammoniaque 1,96

Sel marin et sel ammoniac 3,60

Sulfates alcalins 7,29

Phosphate de soude 3,66

Phosphates de chaux et de magnésie. 1,18

Mucus 0,10

Matières solides 63,72

Eau 936,28

J'ai déjà considéré l'urine au point de vue de son utilité comme engrais (1). Je me bornerai à ajouter quelques faits à ceux que j'ai exposés.

La quantité d'urée et d'acide urique sécrété dans un jour est plus considérable dans l'urine des hommes dans la force de l'âge, que dans celle des femmes, des vieillards et des enfants, ainsi que Ta constaté M. Lecanu :

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