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DE L'ÉCONOMIE DES ANIMAUX ANNEXÉS A L'INDUSTRIE AGRICOLE

De la production animale et de sa relation avec la toimation des

engrais.

Dans le cas le plus général, l'industrie agricole embrasse la propagation et Fengraissement du bétail, rélève ou tout au moins l'entretien des chevaux, la production des bétes ovines et celle des porcs. Les circonstances dans lesquelles il n'est pas indispensable aux cultivateurs de se livrer à l'élève sont de rares exceptions, et elles ne se présentent que là où il est facile de se procurer des engrais par la voie du commerce, ou bien dans des situations plus favorisées encore, lorsque, par exemple, la puissante fertilité du sol dispense de l'améliorer après qu'il a donné les récoltes. Dans la proximité des grands centres de population, on peut acheter des fumiers, et dans les r^ons tropicales, il n'est pas sans exemple de voir de riches plantations de cannes à sucre, de café, d'indigo et de cacao entièrement privées de ce que nous appelons en Europe Vécoiumie du bétail.

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Mais dans les conditions les plus ordinaires de la culture, on est obligé de se livrer à une ou plusieurs branches de cette économie, et il doit toujours exister une certaine relation entre le nombre des animaux à entretenir et Tétendue de la surface cultivée.

L'extension qu'il convient de donner dans un domaine à l'élève ou à l'entretien des animaux, l'espèce sur laquelle la spéculation doit s'exercer dépendent de circonstances trop variables pour établir des règles générales à cet égard. Dans telle localité on jugera convenable de créer et d'élever du bétail, dans telle autre on se bornera à élever ; ici, on consacrera la plus grande partie des fourrages à l'engraissement; là, on aura uniq«iement en vue la production du lait ; enfin, il est telle condition où Ton se limitera à l'entrétieii des bêtes d'attelage, où, ëil d'autres termes, à produire de la ^rce.

La- question de savoir si la culture des céréales ÔU délie des plantes industrielle^ est plus lucrative que Técopomie du bétail est fort souvent agitée; mais il est dei toute évidence que la solution dépend ' de la position commerciale dans laquelle se trouve placé le cbmdiiie, des prix moyens des différentes dentéeà qu'il est aptp à produire^, et d'une connaissance p!aiv faite de l'état du marché. Toutefois, en suppoMiit même qoe^la prodùctionides céréales fût jugée réelle^ ment plus avantageuse, il ne s'ensuivrait pas que le cultivateur dM s'y adonner exclusivement, à cause de la nécessîltâ de créer des engrais, et tout ce qui serait permis «ktns cette ooeurenee serait de redbreîiH

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dire autant que possible la branche d'industrie reconnue la moins avantageuse.

Dans un grand nombre de localités où la culture arable est établie et perfectionnée, l'économie du bétail semble présenter très-peu de bénéfices ; il arrive même souvent que le compte particulier de Téta- Me se trouve soldé en perte, lorsqu'on assigne au fourrage consommé le prix qu'on en aurait retiré sur le marché voisin. Cette perte, d'après la comptabilité de la plupart des agriculteurs, se trouve balancée par les engrais produits dont elle représente ainsi la valeur.

C'est d'après cette manière de voir que d'habiles agronomes considèrent le bétail d'une ferme comme un mal nécessaire (!)• Je ne saurais partager cette opinion. Le bétail n'est pas un mal, c'est une exigence de la situation . Il suffit, en effet, de se rappeler le principe que nous avons établi, en traitant des a&^ solements, savoir : Que^ dans aucun cas, il nestpos-^ sible d'exporter d^un domaine plus de matière orgà^ niquCy et particulièrement plus de matière organique azotée, que V excès en sus de la matière contenue dans les engrais consommés dans le cours 'de r assolement. En agissant autrement, on diminuerait infailliblement la fertilité normale du sol.

Ce principe admis, et je crois qu'il ne saurait être contesté^ il est clair qu'une partie des produits récol-

(1) Grod» Eccnomie théortque et pratique de V A^ricuUvire^ t. U,

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tés doit retourner dans la terre pour la féconder de nouveau ; et c'est précisément cette fraction des récoites fourragères, destinée à former les engrais, qui doit être consommée dans les étables. En raisonnant d'une manière abstraite, ces plantes fourragères, qui ne doivent pas sortir du domaine, pourraient être enfouies directement comme engrais, sans passer par le corps des animaux : leur action fécondante sur le sol resterait sensiblement la même, et c'est au reste ce que l'on pratique réellement toutes les fois que Ton fume, en enterrant une récolte en vert. Mais pour peu qu'on soit initié aux premiers principes de l'art agricole, on aperçoit de suite l'avantage de la pratique usuelle, qui consiste à utiliser d'abord comme fourrage les récoltes destinées à la production des engrais. En effet, nous verrons bientôt qu'en ajoutant à la partie de ces récoltes un supplément de plantes fourragères qu'il serait loisible d'exporter, sans déroger au principe fondamental que nous avons admis, on obtient la même quantité de fumier, et que de plus on transforme la totalité de ce supplément en forces utiles ou en produits animaux dont la valeur commerciale est supérieure à celle que possédaient les aliments avant leur assimilation. C'est uniquement le prix de cette partie des fourrages fixée ou modifiée par l'organisme qu'il convient de porter au débit de la force, de la chair, de la laine ou du lait produits par les animaux créés ou entretenus dans le domaine. Quant aux plantes fourragères purement transformées en engrais, on ne saurait, selon moi, leur assigner

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pour valeur le prix du marché, puisqu'il n'était pas au pouvoir du cultivateur de les vendre. Dans ma manière d'envisager la question, leurs firais de production, leur prix de revient, constituent un capital circulant, dont Tintérét annuel, évalué à un certain taux, exprime la valeur vraie du fumier employé dans le cours de la rotation. En un mot, à mes yeux, la valeur des engrais qui fécondent le sol est représentée par la valeur de la main d'ceuvre qu'il a fallu employer, par les frais généraux qu'on a dû supporter pour produire, par la culture, les Iburrs^es dont ils dérivent.

Je chercherai plus loin à éclaircir ce point par un exemple ; mais, pour bien comprendre cette appréciation de la valeur du fumier, il nous manque plusieurs éléments que je me propose de rassembler dans ce chapitre. Dans ce but, je présenterai d'abord les faits que j'ai pu recueillir, ou que j'ai été à même d'observer sur l'économie des animaux attachés à l'industrie agricole, et j'essaierai ensuite d'en déduire la relation qui existe dans la consommation des fourrages et de la litière, la production animale et la confection des engrais.

S 1. B6teU.

L'histoire des animaux sur lesquels s'exerce l'industrie agricole ne saurait entrer dans le plan que je me suis tracé. La connaissance des espèces les plus avantageuses à propager, l'amélioration des différentes races, exigeraient, pour être traitées plus con-

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venablement, un^ somme de connaissaaces pratiques que je suis bien loin de posséder. Comme la plupart des cultivateurs' doués de quelque instruction; je me suis borné à étudier las espèces qée nous entretenons^ et sur lesquelles il m'a été permis de faire dés dbser» iFations journalière^; Au reste, pour l'ensemble des xjuestions que nous avons à examiner, il suffit d'ex^ poser, trèsHsttccinctement , les principes généraux établis par les hommes i compétents, qui ont fait des animaux domestiques une étude particulière (t).

D existe entre les formes extérieures des animaux, leurs proportions et les organes internes essentiels aux fonctions de la ^ie une connexion étidente. Une poitrine large, élevée, est un indice dé l'ampleur des poumons et un signe d'une bonne constitution. La cavité pelvienne formée par l'assemblage des hanches et de la croupe doit être spacieuse dans les femelles, afin qu'elles puissent mettre bas avec facilité. Dans le bétail, une petite tète indique ordinairement une bonne race, et oeite condition rend d'ailleurs la naissance plus aisée. Chez les animaux réduits à l'état de domesticité, les cornes sont plutôt nuisibles qu'utiles, aussi un mode d'éducation opposé à leur développement ajoute un gain très-sensible à la production de la chair ou de la laine. La force d'un animal paraît dépendre beaucoup plus de la grosseur de ses

(i) CHne, Massachuseti agricultural repository and Journal; Spencer, Du choix des animaux mâles pouf V élève des hétes à cornes et des béttsàlaine; Journal <2^ Bixio, t. IV, p. 35.

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mu^çlj^.que de celle .de sa charpente osseuse , et il amve fréguemment que des animaux qui^ dans leur jeunes^^ n'teit pas: reçu une alimeniation suffisante, ont le tissu osseiilx extrémeEiènt développé. Une grjemde ampleur dads iss mfitsdbs est donc un mériis qu'il faut apprécier ;, seloii Spencer, c'est chez le hé* ilail un. signe certain que la chair des descendants sera mêlée de gras et de maigre dans les proportions YOulues pou:r constituer une bonne iriande. C'est par l'épaisseur de l'encolure que l'on reconnaît chez le Jbélier, comme che^ le taureau, le développement du système musculaire. Un cou mince est un défaut capital dans lesiormes que Ton recherche dans un reproducteur.

Onysiiit généralement deux méthodes po«ir perfec^ tionoér les formes extérieures : l'une consiste à n'employer constamment à là reproduction qiie les animaux les plus parfaits d'une même race et d'un degré de parenté très*-rapproché ; dans l'autre, ion &it accoupler des mfrles 'et des. ifiBmelles- d'une race voisine, possédant à un |dus haut degré le^ qualités que Ton désire transmettre à celle que Fon possède : cette dernière méthode est celle du eroisement.

Quand on: est déjà en possession d'une race qui approche du point de perfection où Ton pentt*aisonnablement espérer d'atteindre, ta vbie la plus prudente est de suivre la premièoe méthode, que l'on désigne par le nom de propagation de la race toîi-jours endedansy.

Bien que la convenance de la méthode par la-

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quelle on propage par eux-mêmes les animaux de la même famille soit généralement reconnue, on a cependant prétendu qu'au bout d'un certain temps cet accouplement réitéré entre proches parents exerça une influence défavorable sur la descendance. Les éleveurs qui ont soulevé cette opinion reconnaissent à la vérité que les animaux prennent des os moins gros, et montrent une disposition prononcée à engraisser; mais ils ajoutent qu'à la suite de ces avantages viennent de grands inconvénients. Selon eux, une race qui se perpétue dans la famille même devient, après plusieurs générations, moins robuste et plus sujette aux maladies; les vaches produisent moins de lait, et les mâles, en perdant de leurs formes masculines, finissent par être peu propres à la reproduction. Aussi divers agriculteurs anglais, qui partagent cette opinion, sont dans l'usage de remplacer les mâles par des individus bien constitués de la même race, pris au dehors. J'avoue que je n'ai aucun motif pour admettre cette influence fâcheuse de la propagation continue dans la même famiUe. Notre étable ne se renouvelle pas autrement depuis trèslongtemps, sans que poar cela la race, surtout celle des mâles, ait baissé en valeur ; nos taureaux se sont au contraire grandement améUorés.

Un principe dont il ne faut jamais s'écarter lors-* qu'il s'agit d'améliorer les formes d'une même race est, suivant M. Cline, de choisir des femelles nonseulement bien conformées, mais dont la taille soit assez au^essus de la taille moyenne pour se rappro-

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cher autant que possible de celle des mâles (1); le même observateur affirme que, lorsque le père est d'une ampleur de beaucoup supérieure à celle de la mère, la descendance peut réellement se détériorer. M. Gine voit la raison de ce fait dans ce que le volume du fœtus dépend de celui du mâle, et que, par conséquent, une femelle trop petite de taiUe ne dispose pas d'assez d'espace et ne forme pas une alimentation suffisante à son fruit, s'il est l'œuvre d'un mâle beaucoup plus volumineux qu'elle. Quoi qu'il en soit de cette explication, qu'il ne faut pas se hâter d'adopter, M. Cline rappelle que la grande amélioration de la race des chevaux en Angleterre, amélioration qui a eu lieu par les croisements de petits étalons, les barbes et les arabes, est une conséquence du principe qu'il soutient, et l'introduction des juments flamandes aurait encore été, par la même raison, une autre source de perfectionnement. Enfin , c'est pour avoir méconnu ce principe que, toujours suivant M. Cline, on est arrivé si fréquem** ment a des résultats désastreux dans les tentatives iaites en divers pays pour perfectionner la race chevaline. Ce judicieux observateur rapporte â cette occasion, qu'à une époque où les chevaux bais de haute stature étaient avidement recherchés, les fermiers du Yorkshire imaginèrent de faire saillir leurs juments par les étalons les plus forts qu'ils purent se

(i) Sinclair, Àgrieulture pratique et raisonnéêf t. 1, p. 193, traduct.

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