‹ Économie ruraleChapitre 78 sur 129 · ST · texte numérisé non relu

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ANNEXÉS À l'iNDDSTRIE AGRICOLE. 483

Durant ces rechérdies, les veaux ont été nourris uniquement avec du foin de prairie de bonne qualité donné à discrétion, comme nous le pratiquons ordinairement. Toutes les vingt-quatre heures on pesait le foin que Ton mettait dans la crëdié,* éi on tenait compte de celui qui n'avait pas été eonsommé^ peu-dant la journée psécédente. Là durée de chaque observation partielle avarié de 2 à 13 jours. J'ai cru devoir indiquer l'époque de l'année à laqualle les recherches ont été faites, parce qu^il est possible que la saison ait de Tinfluence sur les çésuliats.

En résumé, pour 100 kilog. depoidà vivant de bétail, il faut par tête et par jour :

Pour 800 enlretioD, sans exiger du travail ou

du lait, selon Pabst 0,75 de foin.

~ ' Pour les bœufs d'altelage, d*aprèâ le même

observateur « 2»00

Pour les vaches laitières^ d*après Pabst ^ . . .• • 3,00

Perrault..... 3,12

Diaprés mes données : pour de très-grandes

Taches.. '2v73

Pour le bétail en pleine croissance 3,08

Pour de jeunes taureaux 3,1K

La distribution du fourrage doit être faite avec régularité, afin que le bétail ne mange pas avec trop d'avidité. Généralement la ration est distribuée en trois repas, en ayant encore l'attention de fractionner chaque distribution en deux ou trois temps ; cette précaution est surtout nécessaire quand on nourrit avec du fourrage vert. C'est dans l'intervalle des repas qu'il convient de faire boire le bétail ; on le

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conduit à l'abreuvoir matin et soir, mais durant les très-fortes chaleurs, il est prudent de le laisser boire trois fois par jour, surtout quand il reçoit de la nour* riture sèche.

L'eau doit être de bonne qualité. Cependant, lorsqu'elle ne tient pas en dissolution des principes évidemment nuisibles, le bétail s'accoutume à celle qui est trouble, sans qu'il en résulte rien de fâcheux pour sa santé.

Une question fort importante est celle de savoir combien une quantité donnée de fourrage produit d'accroissement de poids vivant ; sa résolution offre d'autant plus de difficultés que, généralement, les animaux sont rationnés avec des aliments de diverses natures, de sorte qu'en ramenant les nombres à ce qu'ils seraient avec un aliment unique, ils se trouvent affectés des erreurs commises dans l'appréciation des équivalents nutritifs. Je rapporterai les résultats obtenus à diverses époques dans nos étables en nourrissant du bétail jeune avec le foin seul.

1 00 kilog. de foin ont produit en poids vivant :

ANNEXÉS A l'industrie ageigolb. 485

Bétail de

kil.

3 à 6 mois.

9 mois.

9 mois.

iO mois.

10 mois.

16 mois.

i6 mois.

17 mois.

17 mois.

18 mois.

18 mois.

19 mois.

19 mois.

Moyenne

M. A. Dailly, par des observations faites sur des \eaux de 40 jours à deux ans, a trouvé 6^' 50 pour le poids vif développé par 100 kilog. de foin.

L'accroissement de poids doit être d'autant moins^considérable pour une quantité donnée d'aliment que le bétail est plus âgé; cependant, en pratique, et dans uneétable où on élève, on juge de l'effet de la nourriture par l'augmentation totale des animaux, mais s'il y a des vaches laitières, il faut tenir compte de leur proiluil»

Ainsi il résulte d'observations faites récemment à Bechelbrom par M. Le Bel, que l'étable, en consommant des fourrages non fermentes, a produit pour 100 kilog. de foin :

i^ expérience (107 jours). Poids vivant. • • • 3,32 kil.

Uit 6 lilr.

Fumier humide. 217 kil.

2* expérience (15 jours). Poids vivant. . • • 7.45 kil.

Lait 4,65 litr.

Fumier humide. 246 kil.

486 DE l'économie pEÇ ANIMAllX

En consommant des fourrages fermentes, Tétable a produit pour 100 kilog. de foin :

1 '* expérience (22 jours). Poids Tivant. . . . 5,S6 kil. '

Lait 4,07 litr.

Fumier humide. 212 kil.

2* expérience (15 jours). Poids rivant. . . • 4,41 kil.

Lait 4,19 litr.

Fumier 247 kiL

Dans ces expérienees la paille de litière a été de 21 kilog. pour 100 kilog. de foin consommé.

En moyenne, on a pour le poids vivant développé par 100 kilog. de foin. 5'"- 3.

On sait avec quelle avidité les herbivores recherchent le sel marin ; j' aï toujours cru, et jecrois encore, qu'il est bon de \e faire entrer dans leur alimentation : et, si les expériences de ces derniers temps ont fait justice des exagérations dans lesquelles on était tombé sur les effets' du sel dans la production et Famé* lioration de la chair, dans Tengraissement, je ne crois pas qu'elles affaiblissent l'opinion qui attribue au chlorure de sodium, donné à faible dose, une heureuse influence sur l'appétit, sur la santé des animaux.

J'ai constaté, par exemple, que des vaches, nourries uniquement 'avec deâ pommes de terre, n'ont supporté ce régime qu'autant qu'on ajoutait k la ration 70 grammes de sel.

En Angleterre, on donne, d'après un rapport de M. .Milne :EdwArd, SO à QO gr« par jour etipar tète de gros bétail ; aux veaux, 28 gr. ; àBechelbrom, nous

ANiN^XÉS A l'industrie AGRICOLE. 4^7

en avons donné jusqu'à 50 gr. à des vaches de 6 à 700 kilog. ; dans le Wurtemberg^ la dose de sel est comprise entre 15 et 30 gr. par tête.

La température des eaux de l'abreuvoir ne doit pas différer considérablement de celle de l'atmcH sphère de l'étable. Dans l'hiver, j'ai remarqué que les animaux répugnent quelquefois à prendre de^ea^ très-froide ; dans ce cas, ils ne boivent que le m^oins possible. Une eau trop chaude présente aussi des inconvénients, moindres . cependant que ceux résultant de l'usage d'eau extrêmement froide. Au reste, l'habitude fait beaucoupdans cette circonstani^. Le bétail des plaines de l'Amérique méridionale se désaltère à des .rivières dont la température atteint 30 à && centigrades. En hiver, l'eau de puits est la plus convenable, parce qu'elle e$t plus tempérée*

Dans les steppes de la zone équatoriale, on consir dère comme parfaitement avéré que le bétail ne pe^t pas vivre sans recevoir* du sel : c'est du oàoins ce qu'affirment tous les éleveurs des Llanos. Quan4 un troupeau prospère dans une steppe, c'est qu'ij existe un salado, c'est-à-dire un endroit où suinte de l'eau salée. Dans les savannes, dont le sol ne WQ^

4uit'pas des substances salines, l'éleveur en distril^e régujiièrement aux animaux qui ne manquent pap de se rassembler tous les jours à la mêpibe hem:e au lieu de la distribution. Sur te p^at^ap de k Nuepa Gramda^ on remplsuçe quelque^is. le; ,s^ nx^nn , par le sulfate de soude provenant de leau minérale de Paypa, près Tunja. C'est une

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source chaude, d'une abondance eitrémC; et qui se déverse sur le terrain environnant ; par une évaporation spontanée, le sol est couvert d'efflorescences de sel de Glauber que des Indiens sont constamment occupés à recueillir pour le vendre ensuite aux propriétaires de troupeaux. Ce sulfate de soude n'a pas d'autre débouché, et cependant il s'en fait un commerce considérable.

En Europe, de même que dans l'Amérique méridionale, on considère le sel comme indispensable à l'élève du bétail. Cependant, si le plus grand nombre des agronomes partagent cette opinion, il en est, et à leur tète il faut placer Mathieu de Dombasle, qui en contestent l'absolue nécessité pour l'entretien de la race bovine.

Le chlorure de sodium contient un élément, la soude, que Ton retrouve dans tous les fluides animaux. Aussi, au point de vue physiologique, un sel de soude est nécessaire, indispensable même dans l'alimentation. Dans cette limite, j'ai toujours compris l'utilité du sel marin. Mais ce que je n'adopte pas, ce sont ces opinions plus que hasardées qui accordent au sel des propriétés alimentaires. Je ne crois pas, par exemple, que 3^ de foin additionnés de sel nourrissent autant que 4^ du même fourrage donnés sans assaisonnement ; que, par son intervention dans une ration, 1^* de sel développe 10^* de chair ou de graisse. Au reste, on ne trouve nulle part la preuve de ces assertions, etj'entends par preuve, en matières agricoles, un résultat précis obtenu à l'aide de la balance ;

ANNSUb A l'industrib ageicole. 489

mais, comme on ne trouve pas davantage la pretiye de l'opinion contraire, j'ai cherché à déterminer, par expérience, quelle est l'influence du sel dans la nutrition du bétail. • '-

J'ai choisi dans nos étables six jeunes taureaux ayant à peu près le même âge et le même poidsi Je les ai répartis en deux lots, ainsi qu'il suit :

LOT »• i.

A, Agé de 8 mois, a pesé à jeûo, le 1^ octobre. 142 kil.

B, Agé de 8 mois 147

Gy Agé de 7 mois 445

Poids initial da lot n« 1 434

Rationné à 3 pour 100 du poids vivant, ce lot a reçu pour nourriture :

Da l*' au 25 oct. inclusiv., par jour. 13 kil. de foin et regain. Du 26 octobre au 13 novembre 14

Dans les quarante-quatre jours d'expérience, il a été consommé 591^ de fourrage : chaque jour ce lot a reçu 102^- de sel ; par tète, 34«'-

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