‹ Économie ruraleChapitre 97 sur 129 · OMO · texte numérisé non relu

OMO

Baxter a obtenu des résultats intéressants sur raccroissement et l'engraissement des jeunes porcs. Quatre porcs âgés de neuf mois.

kil.

ont pesé au commencement de Texpérience. 208,28 21 jours après, leur poids a été trouvé de*. 282,22

Accroissement de poids vivant 73,84

Pour accomplir cet accroissement , il a été consommé :

heclol. kil.

Orge 1 ,09 pesant 68,7

Fèves 0,73 64,0

Malt 4,00 200,0

Arthur Young (1) , en nourrissant des porcs d'un an avec de la farine de pois^ a obtenu l'accroissement suivant :

kil. kil. kil. . liL

Len* 1 pes. avant 45,0; 35 jours apr., 74,6; gain, 26,6; p. jour, 0,76 Len»2 41,7; 42 id. 66,1; gain, 24,4; id. 0,69

Lea«3 3M; ^3 >id. 63,4; gain, 24,0; id. 0,38

Les observations que j'ai faites sur l'engraissement* des porcs trouveront naturellement leur place dans

(1) Arthur Youog, FeuiUê du eidUvaUur, 1. 1, p. S78.

BBS PORCS. 57 i

les considérations générdles que je vai^ développer 'sur la fttHmmtion de la graisse dans les animaux. ^

En s'appuyant sur la pratique des nourrisseurs/oii est assez naturellement conduit à* penser que les ma-i' tières sébacées de Torganisitae dérivent, en grande partie, des principes analogues aux corps gras qui préexistent dans les aliments végétaux; et, dans œtte hypothèse, la quanÉîté de graisse fixée ou sécrétée par un animal; dans un temps donné, serait à trèspeu près représentée par les substances solubles dans Téther et Talcool, mais insoluble dans Teau^ dont les fourrages sont pourvus. Ces fourrages présentent, ea effets comme nous l'avons reconnu, des proportions de matières grasses, suffisantes pour fournir la graisse que Ton rencontre dans certaines sécré^ tions. C'est ainsi que, dans le cas le plus gé^ néral, une Vache laitière reçoit dans sa ration une quantité de principes solubles dans l'éther qui repréh sente et au delà, le beurre 'renfermé dans s(mi lailL Uon sait, d'ailleurs, que Ton. favorise singulièrement rengraissement, en faisant intervenir dans ralimen<tation des tourteaux olés^neux, ou mieux encore', des' graines ou» des fruits riches en huile, comme le lin, le mais, les baies de palmiw; ajoutons que les ob^ servations' des physiologistes, particulièrement celles de MM. Tlèdoiann et Gmelin, montrent que lès sub^ stances grasses des aliments, divisées ou énulsioi»nées. pendant ht digestion, passent sans altérations profondes dans le chyle, et, de là, dans le âang, oà elles persistent, inaltérées durant un certain temps.

restant en quelque sorte à la disposition de Torganisme, pour les besoins de la combustion respiratoire, dans les occurrences où l'animal viendrait à être privé de nourriture. C'est ainsi qu'un individu gras résiste mieux à l'inanition qu'un individu maigre; c'est par la graisse accumulée, que les animaux hyver«> nants passent, sans manger, dans un engourdissement léthai^ique, la plus grande partie de la saison froide.

D'un autre côté , on a expliqué la formation de la graisse par une simple modification des principes à composition ternaire, qui entrent habituellement pour une forte proportion, dans la nourriture des herbi* vores; ainsi, d'après cette manière de voir, l'amidon, le sucre, la gomme , le sucre de lait pourraient se changer en corps gras , en perdant , sous Finfluence vitale, une partie de leur oxygène.

Entre ces deux opinions extrêmes , dont l'une voit la graisse toute formée dans les aliments, tandis que l'autre admet qu'elle est élaborée dans le sang et avec les matériaux du sang , vient se placer une opinion plus modérée, qui s'est fortifiée par la connaissance de certains phénomènes de fermentation observés dans ces dernières années , établissant que le sucre , en contact avec des ferments azotés , donne quelquefois naissance à des acides gras, à des huiles. On sait, par exemple, que le sucre produit de l'acide butyrique, lorsqu'il se trouve en présence du caséum en voie de putréfaction ; c'est également pendant la fermentation des pommes de terre , des betteraves , des céréales, du mare de raisin, qu'apparaît une huile

DBS PORCS. 573

que l'on considère aujourd'hui comme l'alcool de Tacide talérianique , acide primitivement découvert par M. Chevreul dans la graisse des cétacés. II serait donc possible que, dans l'acte de la digestion , le sucre ou ses congénères éprouvassent une fermentation spéciale ^ donnant des matières grasses qui , une fois formées, seraient absorbées par les chylifères. On le voit, cette opinion mixte se confond, au point de vue physiologique, avec celle qui soutient la préexistence des matières grasses dans la nourriture ; car, il importe peu que la graisse assimilable soit ingérée directement, ou qu'elle prenne naissance dans l'appareil digestif, appareil où les aliments sont encore en dehors de l'organisme. S'il en était ainsi, les animaux partageraient avec les végétaux la faculté de créer des corps gras, et cela probablement par des moyens analogues. On voit , en effet, l'amidon et la matière saccharine disparaître graduellement dans les plantes, à mesure que la substance grasse s'accumule dans leurs semences. La sève de certains palmiers est une abondante source de sucre, jusqu'au moment où le fruit devient une source d'huile non moins productive. Je mentionnerai encore, pour compléter ce rapide exposé des idées émises sur la production de la graisse, l'opinion qui attribue aux principes azotés des aliments la propriété de concourir efficacement à la formation du tissu adipeux ; c'est cette opinion que j'avais adoptée à l'époque où je fis mes premières recherches sur la valeur nutritive des fourrages , alors que je considérai leur élément azoté comme le plus

566 DBS PORCS.

Pommes de terre cuites. . . 5,50

■ Farine de 'seigle QM ' ' ''

Lait écrémé. ......t ;. 3gQ5. ...

Cette nourriture est diminuée graduellemerit jusqu'au deuxième mois qui suit le part, de manière qu'à cette époque la truie se trouve exactement à la ration d'entretien consistant en :

Pommes de terre cuites. lOUtr. pesant 7,50

La pomme de terre broyée est délayée dans de l'eau de vaisselle et du petit lait.

Les gorets commencent à goûter les aliments donnés à la mère vers l'âge de quinze jours, mais ce n'est que quatre ou cinq semaines après qu'ils sont dëlBnitivement sevrés ; jusqu'à cette époque, et alors qu'ils tettent encore, on leur fait boire du lait écrémé; après le sevrage, ils reçoivent du lait caillé. Nous avons donné à cinq gorets, au moment .de leur sevrage, par jour:

kil.

Pommes de terre cuites. 10,00

Farine de seigle 0,49

Lait caillé (écrémé) 3,00

Cette ration a été modifiée peu à peu ; on a diminué progressivement le lait caillé et la farine, en augmentant la pomme de terre, de sorte que vers le troisième mois la ration par tète a été portée à 5 y ou 6 kil. de tubercules cuits, délayés dans de l'eau grasse. C'est à ce régime que les jeunes porcs sont mis jusqu'au moment de leur engraissement.

DBS PORCS^. S6Ï

Nous avon^ vainement essayé de remplacer les pomkbes dé terre par les tourteaux dé cblza oiï de' cartiélihe; les pdrcs les ont refusés avec '6piniàtreté / ils ont aece^t^ au^ contraire les tourteaux de pavot et de noix. Us mangent aussi du tourteau d^ lin , et, dans la saison du trèfle, il nous est arrivé de les nourrir en partie av^c cette plante ; cette alimentation jointe à des bains fréquents, contribue à les maintenir en santé pendant la saison la plus chaude de Tannéèé Les porcs de cinq à six mois consomment, par jour, environ 9 )cii. de trèfle, quantité qui représente *i^,2 de trèfle fané.

Le porc engraisse à tout âge ; mais, comme il n'atteint son entier développement que vers quinze ou dix-huit mois, qu'il est alors suffisamment en chair, on croit que son engraissement ne doit pas avoir lieu beaucoup avant cette époque ; l'autre limite extrême d'âge parait être cinq ans. On admel qu'il faut douze semaines pour amener un porc à prendre une belle chair et un lard de 3 centimètres d'épaisseur. On compte seize semaines pour obtenir un animal réellement gras, vingt semaines pour obtenir le maximum d'engraissement (1).

Le porc demande à être rationné avec régularité. Après le sevrage, les gorets doivent manger cinq à six fois par jour. On diminue graduellement la fréquence des repas, et vers l'âge de deux mois ils n'en prennent plus que trois.

(1) Wolbfart, Journal d'agriculture, t. V, p. 257.

nourrissant, le plus important, celui qui sumsait seul au développement de la chair ries animaux y à la sécrétion riu lait, à l'engraissement. Au reste, aucune des hypothèses que je \iens de rappeler, n'est en op^position formelle avec celle qui reconnait^ dans les' matières grasses bien caractérisées des plantes, rori-' gine la plus directe, la moins contestable de la graisse accumulée dans les animaux soumis à un rêgioie surabondant.

La question de la production de la graisse pendant l'alimentation, a soulevé une controverse des plus vives; on a beaucoup discuté et trés-peu expérim^ité. J'ai doue cru faire une choi^e utile en entreprenant de nouvelles recherches. J'avais eu d'abord le projet de limiter mes observations à l'examen d'un seul point de la question; celui de savoir, s'il est possible d'engraisser des porcs, en les Dourrissanl uniquement avec des pommes de terre dans lesquelles, on le sait , il n'y a qu'une proportion insignifiante de matières grasses. Il est de toute évidence que, » l'amidon se convertissait en gi'aisse pendant FactedtU digestion.il y aurait,, en général, un avantage décidé à opérer rengraîssement avec les tubercules, puisque la porcherie n'aurait plus à supporter la dépense assez élevée qu'occasionne l'introduction des pois, du seigle, du mais dans la ration ; mais il m'a paru convenable de donner plus d'extension à mes expériences. C'est ainsi que j'ai été conduit à suivre avec une minutieuse attention le développement du porc depuis sa naissance, en tenant un compte exact des

DBS POHCS.

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576 DBS PORCS.

RÉSULTATS DB L*ABATTAeB DU PORC N* 4, FBflAlfT 60kil.55.

kil.

Lard sans la peau 9,47 \

Sain-doux ^'^liSkift

Autre graisse adhérente à Tinlérieur 2,84 [ '

Graisse retirée des os par rébuUition 0,87 j

Os dégraissés, bouillis et essuyés 3,87

Peau avec soies 5,01

Sang recueilli 2,17

Viande débarrassée de graisse (viande rouge). 24,03

Foie, langue, larynx, poumons, filet, bile, cœur. 2,83

Cervelle 0,12

Rognons 0,12

Estomac et intestins vidés et lavés 2,16

Rate 0,06

Vessie vide 0,05

Aliments ingérés, excréments, urine, pertes. . . 4,60

Quatre échantillons de pommes de terre ont donné à l'analyse :

A . • . 0,0021 de principes gras.

Moyenne.. 0,0018

On peut donc , sans crainte d'erreur sensible, admettre que 1,000 kilog. de pommes de terre renferment 2 kilog. de matière grasse.

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