LOI DE PROGRËSSIOIV DU SALAIRE
des choses , c'est à dire, non pas la violence ( car, enfa^it, aucune amélioration subite, dans le salaire ou dans le bien-être, n'a suivi immédiatement la violence, la révolte, les conflagrations), mais l'effet du progrès des sentiments sociaux, des lumières, du besoin et des prétentions d'un côté ; et du sentiment de la validité ou de la légitimité de ces prétentions de l'autre. La légèreté des sacrifices partiels successivement réclamés^ et les compensations à ces sacrifices puisées dans les nouvelles occasions de fortune et de puissance offertes aux classes qui avaient à les accomplir, ont également favorisé ces heureuses solutions.Eniin les mœursnouveltcsquileur faisaient trouver de la honte à maintenir des privilèges qui autrefois faisaient le droit et l'ambition , l'orgueil , la puissance , la ressource et la richesse des classes supérieures leurs ancêtres, n'ont pas moins conspiré en ce sens émancipateur.
Dans l'avenir, et grâce aux influences des moyens et des forces économiques nouvelles, des sacrifices partiels, insensibles, analogues, s'obtiendront vraisemblablement en faveur des classes salariées. Leur part dans les bénéfices de la production sera plus abondante, plus équitable si l'on veut. Cette amélioration sera d'ailleurs facilitée admirablement par la position nouvelle des chefs d'établissements industriels en général.
Nous l'avons assez montré, le crédit s'affermissant et s'étendant prodigieusement dans le nouveaM milieu commercial et industriel que viennent
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créer les chemins de fer (c'est ^ dire les voyages et la publicité), les chefs d'établissements, le? capitalistes-entrepreneurs auront moins de risqi|es^ de chance? de pertes et de désastres. Les criseSi les chô* mages , les baisses je^ avilissements de prix subil^ p
les encombrements^ les trop-pleins, le^ productions aveugles seront, sinon évités, du moins iniinipr^nt p|us rares.
Or, c'est cette chance terrible du capitaliste et de l'entrepreneur, qui leur a valu jusqu'ici une part considérable da^s l'œuvre de la production en présence de l'autre élément de cette CBfUVre, le travail de l'ouvrier ; ou du moins , o'est ce motif qu'ils mettent en avant avec une apparente raison , comme le plus solide fondement de leurs prétentions à une part proportionnelle infiniment plus grande que celle du salarié.
Et, de toute justice, avec Torganisation actulle de l'industrie, pour que le travail pur et simple pût prétendre à entrer en part égale de bénéfices avec \^ capital et Thabileté combinés, il faudrait qu'il pût subir en même temps la part égale des perte?. Quf veut participer aux bénéfices sur le pied d'égalilé| doit participer aux pertes sur le même pied.
Mais évidemment le salarié ne le peut pas sur un pied quelconque; il lui faut quotidiennement un salaire assuré. Cette sécurité serait une immense compensation au taux de ce salaire, à la faible proportion 4tt salarié dans les bénéfices^ si rouvriez
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lobtenait rcellcment et avec régulai ilé, mais il n'en est rien.
Cependant^ d'un autre côté, il est non moins certain qu'à mesure que les chances de pertes deviennent moins grandes pour le capitaliste-entrepreneur^ il est juste ^ il est équitable^ il est plus facile que la part de bénéfice du travail augmente.
Yoilà^ espérons-le , l'admirable issue par laquelle s'échapperont petit à petit tous les ferments de discorde que recèle la question du salaire et du prolétariat, et qui semblent menacer l'avenir de perturbation et de violences ! ! !
Cette issue, les chemins de fer et les forces motrices nouvelles auront considérablement contribué à la préparer en fondant, en élendantet en affermissant la confiance et le crédîL Ce sera l'œuvre de leurs influences économiques et morales, disons-nous, combinées avec l'action bien autrement moralisante de l'imprimerie, de Téducation religieuse, en un mot, des lumières, de la publicité et des sentiments d'égalité et de charité fraternelles, qui tous concourent visiblement à fonder, à affermir, à universaliser la confiance et le crédit entre les hommes.
Sans cela , nous le répétons, si les idées morales et religieuses , si les sentiments plus généreux n'intervenaient point dans les rapports des hommes, dans le travail et dans la question du salaire, il n'y aurait pas de raison pour que le sort des masses esclaves des civilisations primitives se fût jamais amé-