LA DISTRIBUTION DKS RICHESSES
établissement, et ils revendent, eux qui n'ont rien fait, les produits aux consommateurs et réalisent de très grands bénéfices. C'est Fart de prélever une dime sur la sueur du pauvre, et rien de plus. Mais les esclaves de Xénophon et de Caton se sont affranchis ; ils sont devenus des salariés , c'est à dire^ ils se sont loués pour leur propre compte^ et non plus pour celui des Xénophon et des Caton ; ç*a été là un immense pas dans la voie de liberté ; mais, à cette amélioration naturelle, n*est-il pas permis et consolant d'espérer qu'il en succédera une autre non moins libérale, et que les salariés de tant d'entrepreneurs bénévoles, d'intermédiaires superflus, d'exploitants, enfin, produiront et vendront pour leur propre compte , fourniront directement leurs produits aux consommateurs; et que la classe des intermédiaires parasites rentrera elle-même dans les rangs des producteurs véritables, dont elle n'eût jamais dû sortir, dont elle n'est sortie que par un abus déplorable, par une combinaison mauvaise de la division du travail, et contre les plus simples notions d'économie sociale (1).
(1) £n parlant ainsi d'an certain ordre d'intermédiaires , nous nV ▼ons pas Toultt faire allusion à la classe des négociants et des corn- OMTçants qui remplissent im rôle essentiel dans le mécanisme industriel ; il y a plus, nous ne pensons nullement attaquer aucune classe, et reiidre responsables les individus de ce qui est uniquement le ûdt de la constitution des choses sociales , qu'aucun en particulier n'a ùàte , que tous ont acceptée forcément, et dont tous aussi sont plus ou moins vksttmes.
Seulement, il nous semble qu'une fois éclairé sur le rdle qu'il remplit dans la société, sur l'obstacle qu'il met à l'amélioration du sort de
SOUDARITÉ FIITUIE DBS OI7VRI£M9. — JUAY^ ETC. 193
Cette organisation des spécialités nous parait donc féconde, et nul doute , elle le sera pour le siècle qui en a compris l'importance» et qui la porte déjà dans d'autres sphères non moins dépendantes de Téconomie sociale. Le peu d'écoles spéciales et d'applications que nous possédons montrent cependant par leurs résultats l'influence qu'elles ont sur le progrès des diverses professions qui y sont enseignées. L'école polytechnique, les écoles d'application des ponts et chaussées, de l'artillerie^ des mines, etc., l'école des arts et métiers de Chàlons et celle de Chartres, les établissements d'agriculture de Grignon, de Roville, etc., sont des institutions modèles plus ou moins imparfaites encore , mais qui prouvent que les sociétés modernes sont entrées dans la voie que prescrit une saine économie sociale, et qu'il ne leur reste qu'à développer, propager et vulgariser. Grâce à ces améliorations matérielles, l'art de l'ingénieur et celui de l'agronome promettent non seulement de se ^transmettre intacts à une série indéfinie de géné^ rations, mais d'être augmentés et perfectionnés par chaque génération.
Multiplier ces établissements , subdiviser les spécialités et les localiser en autant de groupes distincts qu'il y a de modes d'activité dans le grand
ses semblables , sur rmuliUté de sa foDction , sur le peu de droit qu*il a à prélever un tel bénéfice, tout homme religieux doit s*eflbrcer dV bandoDoer ce rôle , de ne Tesercer désormais qu'autant quMl irait de rexîflleiice de sa famille, et que jusqu'à ce qu'il puisse trouver une fonctioD plus en harmonie avec les devoirs d'un vrai citoyen.