‹ Économie socialeChapitre 26 sur 49 · LA RICHESSE · texte numérisé non relu

LA RICHESSE

htgiri d^aisance du grand nombre dans le milieu économique futur. ^T tufthMI tMjoiirs de la pUshté IpèrÊoi k» lN>«iliie6^4*èbatacle «u BÛeiix n'est j^s uiM<}ttemettt dai6 Taoïsme é» rkhes. <-^ Y aura4-il toujours une queue de la civilisation? — A quelle^ conditions la richesse est iéghidie et désirable pour les sociétés et teé fùh dîvfdis* -^L^engératios du cuAe du eiède pour laridNtae, fnfl^ quée et justiBée 4 Quelques égards.— Quelles sont les conditions de bdnhêur et de dignité pour Thomme. — La misère. — L'aisance.-^ Ihiporinneè des tojus li)^énfi)ues dans* la preitnèr6«iiranèè.^Daiil qiiallts «^8flîM M Ut>avtet Ja ^llé et ta Moté» *-- I^rte proba^

de Thygiène publique sous Tinfluence debos agents économiques.

Si la proportion plus grande, la distribution plus équitable faite au salaire, est ainsi sollicitée par des motifs si divers et si puissants ^ et si la richesse nouvelle et incessamment croissante que les chemins de fer vont contribuer à créer et à faire circu* 1er vient encore ajouter d'ailleurs au bien-être général , et faciliter d'autant la bonne volonté des classes dont cette grande opération dépend en partie; si, d'un autre côté, tant d'individus, parmi les classes laborieuses, en Europe et aux États-Unis, capitalisent déjà, ou peuvent capitaliser moyennant prévoyance et tempérance, combien le nombre n'en sera-t-il pas augmenté, lorsqu'un salaire plus généreux, plus constant et presque garanti viendra les

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mettre bien au dessus du strict nécessaire, et que des cotebitiai^ns philanthropiques y ajouteront k r^^ ^èfve pour les accidents majeurs de la vie !.. .

Les classes nombreuses ayant plus de prévoyance, tenant au bien-être que leur pnometteUt leurs è))Argnes et leurs actions dans les associations, pulhile^ ront moins'; la population croîtra moin^ disproportionnément avec leurs ressourcés. Certes, il y aura encore des prolétaires^ mais en petit nombre, M là 'forte impulsion dotinée au travail et à la production les portera naturelleUient vers de nouveaux débouchés d'activité, où ils trouveront, à peu prèb toujours à temps , à se créer tm avenir : on défri*chéra, on desséchera, on émigrera, on colomsehi : caria terre veut être peuplée; car, pour produire*, pour suffire à la consommation de tous, force sera de demander aux terres incultes de riches moissons, et aux mines , aux carrières, des matières premiè^teS^ du combustible, etc.

On ne verra plus des masses de malheureux otbvrters comme en Angleterre, en Irlande, et même en Frsmce (Nord). L'ouvrier tiendra moins au pr^ugê du pays natal; il ira chercher le bien-^tre partout, et il aimera mieux le bonheur à Véitangèf' que ^ misère sous le tlocher qui Ta vu naître.

Le capital étant accessible à t^us, par Tordre^ pur le travail et récMomic; presque tous ayant reeû l'instruction et réducati<m et une proFessinn , tout auront Texistence sauve; et eeux que les infirmiték ou les maladies atteindrout trouveront certainement

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d^amplcs secours, soit dans les caisses de réserve des établissements industriels^ soit dans la charité publique, laquelle, avec les richesses et les impôts qui Tiendront à l'État, pourra être établie sur un large pied.

Le grand nombre sera consommateur, non plus seulement de pain, d'eau-de-vie, de pommes de terre et de fromage ou de charcuterie rare et malsaine, et de bière grossière, et de haillons sales, et de chaumières ou cabanes infectes, humides, asphyxiantes ; mais consommateur d'objets confortables , à un degré analogue à celui de la classe moyenne d'aujourd'hui ; et logé, vêtu comme on l'est dans une aisance honnête, avec une conduite réglée.

Évidemment, l'aisance générale sera une réalité et gagnera rapidement jusqu'au dernier ban des populations, jusqu'à celles qui croupissent dans une misère héréditaire, dans le bas-fond honteux des sociétés modernes. Oui ! elle ira chercher la dernière nudité, rassasier le dernier affamé, rendre l'énergie, Tamour du travail, et le sentiment de dignité personnel au dernier mendiant !••• Oui ! si l'imprimerie affranchit chaque jour l'esprit de l'ignorance, la vapeur et les chemins de fer vont, chaque jour, aflranchir le corps de la misère ! Et ces deux découvertes, en assurant le développement intellectuel , le bienêtre et la moralité du grand nombre, prépareront incessamment à l'humanité les plus belles destinées !

Mais hélas ! n'exagérons rien, pas même l'espoir de la perfection ; car, malheureusement, il ne faut

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pas s'attendre à voir rinflueuce des innovations ma* tërielles les plus salutaires aller jusqu'à tarir toutes les sources de la misère.

Il y aura de la misère tant qu'il y aura des pares* seuX| des imprévoyants, des dissipateurs; tant que la charité la plus évangélique^ tant que la solidarité la plus intime et la plus vigilante de part et d'autre ne viendra pas couvrir tous les désastres, fermer toutes les plaies y soulager toutes les infirmités^ et ne préservera pas tous les intérêts individuels des cas de force majeure, des catastrophes de la nature, et des misères propres de notre humanité! Mais cette solidarité ne peut pas être obligatoire, ni légale, car elle entraînerait à la paresse, à Tabus : ce serait une prime à tous les vices.

Chacun en ce monde est chargé de sa destinée : sans contredit, il faut qu'il trouve aide et protection dans le milieu social, mais non des lisières maternelles. Il n'y a que la famille qui puisse assurer le pain quotidien à tous ses enfants indifféremment, et l'on sait combien d^enfants gâtés abusent de ce dé* vouement paternel ; mais dans une société, il y aurait les exigences de Tenfant gâté, sans l'affection tendre en retour.

La société n'a point un patrimoine acquis ailleurs a offrir a ses membres ; elle attend d'eux tous, au contraire, la richesse, les lumières, la moralité qui la font puissante et heureuse.

Ce que la prévoyance sociale et la majorité des hommes se proposent, ce n'est donc nullement d*as-

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surer un minimum d'existence à ses membres, que;Is qu'ils soient y paresseux ou actifs, vertueux ou im*« moraux, dissipateurs ou économes, cela n'est ni praticable, ni désirable; mais tous doivent chercher et tendre effectivement à constituer un milieu ou rhomme de bonne volonté puisse vivre, se dévelop» per et arriver à Taisance. Tous sont appelés, et ce^* pendant il y en a encore bien peu d'élus.

Or, il faut le dire, l'obstacle est presque autant dans l'immoralité de ceux qui n'ont pas que dans l'indifférence impie et l'égoïsme ignoble de la plu-r part de ceux qui ont. Car il ne suffit paé que les classes élevées aient de la générosité, il faut encore que les classes inférieures fassent justice de leurs habitudes, de leur brutalité, de leurs prétentions impétueùsemeiit radicales et nivelantes.

Les passions des masses sont donc tout aussi fu« nestes à leur amélioration que celles des cesses riches. On demande pour elles, et elles-mêmes demandent des sacrifices aux riches en leur faveur ; mais c'est à elles à faire les plus grands, sinon les premiers. Avec leur ignorance, leur intempérance et leur entêtement, elles seraient même incapables de profiter durablement de ces sacrifices d'autrui.

En ce qui regarde le petit nombre des générations éternellement abâtardies qui font le côté désespérant dé l'état de société, il est à craindre, le progrés de la richesse devançant relativement celui des lumières et de TéducatiQu du cœur, des vertus de temr pérance, d'économie dans la massé, que chez les na-

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tions qui sont encore peu civiliséeat et s'émancipeat à peine de la ipisère, le surcroit de population appelé p^r ce développement prématuré ou exagéré de la^richesse,. ne demeure en dessous des exigences de son bien-être et de la civilisaiioU;^ et ne fasse consister ses plaisirs à puUiJér et à élever une plèbe grossière ^ malheureuse, ignora nte^ active peut-être^ mais corrompue^ et ne voyant que le présent. .

Certes^ on peut supposer que Textrème inégalité de richesses se reproduise un jour, qu*il y ait à jamais des paresseux, des dissipateurs d*un côté, et de Vautré, des thésauriseurs, des hommes avares^ vigilants, qui les dominent.

N'y aura-t-il pas toujours une queue de la civili* sation, composée de. gens ignorants, misérables et pervers? À mesure que la classe aisée augmente, la population n'i)ugmente^t-elle "pas aussi, et de manière à recruter |x>ur la classe italheureuse autant d'individus qu'il en est passé dans les rangs de Taiisance n^oyenne?

Tout cela dépend de chacun et de tous. Les hommes peuvent rétrogradei: jusqu'à une certaine limite, en fait de savoir, de moralité et de bien-être; ils peuvent se plonger dans toutes les ténèbres de l'enfance des sociétés, s'entr'exterminer; mais il est une botnié qu'ils ne peuvent dépasser, et où la Providence doit les ramener fatalement dans te progrès j sans cel4, il n'y aurait pas une loti il n'y aurait pas de raison pour quç les choses se passassent d'une façon plutôt que d'une autre, ou l'attribut divin de souveraine

22i LA DISTEIBUTION DES B1CHE50ES.

bonté ne serait plus compréhensible pour l'homme.

Or la loi parait é(re, d'après l'histoire entière, un progrès fatalement imprimé à l'humanité en masse, et librement servi ou combattu par chaque individu pris séparément; du moins, c'est la seule explication compatible avec la coexistence de deux faits en apparence contradictoires : le libre arbitre individuel devant un bien et un mal acceptés par la conscience générale, et la fatalité qui confond, subalternise et emporte toute volonté et toute puissance d'homme.

Quant au plus pi*ochain avenir de la généralité des hommes et des sociétés en Europe, nous l'avons dit.

La vapeur, avons-nous ajouté, affranchira le corps de la misère : et, par là, nous avons cru, voir se fermer en grande partie la plaie chronique la plus profonde des sociétés.

À cet égard, il est permis d'affirmer que l'âge d'or est devant nous : c'est l'ère dé la richesse qui s'ouvre ; mais la richesse est-ce un élément légitime d'un âge d'or bien entendu? la richesse, le luxe, sont-ils licites, ou, du moins, jusqu a quel degré le

sont-ils ?

Il suffit de considérer à quelle condition l'esprit de l'homme fonctionne, et ce qu'il est dans la misère.

Il ne faut pas se le dissimuler : les forces motrices stables et locomotives a la vapeur agissent comme ime prime à Teffusiou des désirs. Mais il faut enfin

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le reconnaître : la plus sublime prescription qui soit donnée à rhomme, la fraternité ^ la charité, commande et comporte la satisfaction des besoins du prochain, et le dévouement religieux n'a même plus de raison d'être si Ton n'admet pas implicitement la légitimité des besoins, et des désirs de bien-être dans les masses. En effet, il n'y a point de lumières, d'éducation, d'études, de témoignages affectueux et de sacrifices possibles, si l'on admet comme principe social la paurreté permanente et la privation des biens matériels.

La moralité ne résulte pas absolument des ma-* chines à vapeur ni de la bonne distribution des richesses, non ; mais leur application mène à des combinaisons qui font naitre cette moralité et qui favorisent la tendance instinctive des hommes à ob-* tenir une plus équitable distribution ou leur fa** eilitent la création plus abondante des biens, qui leur manquent.

Un solennel et imposant anathéme, mais absurde, mais exagéré, a été jeté dans le moyen-age, il y a je ne sais combien de siècles, contre les besoins du corps, contre le bien-être, le développement de l'industrie et l'accroissement de la richesse.

La morale chrétienne prescrivait la modération et la subalternisation des besoins matériels; des in-* terprètes égarés en prescrivirent l'abstinence, en défendirent en quelque sorte la satisfaction : d'un précepte sage et rigoureux on fit une superstition. IL 15

S86 LA PHT&IBUTIOlf DBS E1GBB86BS.

Voici dix-huit cents ans à peu prés employés uniquement par les .apôtres de la parole ëvangélique à répandre; à faire enseigner, à prêcher, à moraliser les individus. Cette tâche était nécessaire (elle le 3era toujours) et devait précéder toutes choses; car comment parler de s'enrichir mutuellement à des hommes qui ne concevaient pas encore qu'il fallait respecter l'existence les uns des autres, à des hom« mes forts d'iniquités, de violence et de guerre, en présence d'une foule inerte qui n'avait plus le sentiment de ses droits, ni la force de les faire respecter ou de les revendiquer par le sacrifice.

Mais, aujourd'hui, si l'œuvre de moralisation doit à jamais se continuer vigilante, infatigable et pure, le moment d'une création abondante de biens matériels, en vue d*une diffusion généreuse de l'ai-* sance parmi les pauvres, ces brebis favorites de l'église, ce moment est venu. A la pratique séculaire d'une aumône mal entendue, il faut substituer le travail productif qui procure à chacun des ressources suffisantes ; il faut que l'aumône se transforme pour tous en salaire, sauf pour le malade, pour l'enfant, le vieillard et l'infirme qyi recevront de la munificence nationale tout ce que ne leur pourront point donner leiu:s ressources propres ou celles de leur famille.

Au fond, ce ne sont pas seulement les lumières et les préceptes, ni même les sentiments sociaux qui manquent : ce sont aussi les moyens matériels.

Nul ne songe sérieusement à exploiter sou sem-

iiammm m i^ uchisab. 327

blable par droit du plus fort; eu général, ou oède toujours aux passions égoïstes, mais on ne cherche plus à les justifier.

Ce n'est pas la richesse qui est un mal, c'est Tabus qu'on en fait; mais, pour en empêcher l'abus, nui ne songera à en empêcher l'usage. Voilà pourtant à peu près à quoi, par une incdnceyable déviation de l'esprit du christianismei a abouti la pratique catholique vulgaire, et ce que son clei^é conseille encore volontiers. Le paupérisme, en Italie et en Espagne, en fait foi pour le présent^ et la situation de l'Eu* rope, depuis le mo7en-4ge, pour le passé.

Le clergé n'aurait pas dû oublier que, si le bienéti^ croit avec la moralité, la moralité croit également avec le bien-être. U n'aurait pas d& oublier que toutes les religions opt condamné la paresse, et que la religion chrétienne, plus particulièrement, la met au nombre des sept péchés capitaux : c'est donc bien positivement recommander le travail; qui travaille prie, c'est à dire qui crée de la richesse obéit à la loi de Dieu, fait une chose méritoire. Ainsi, plus on sera actif, plus on travaillera, plus on sera en voie de per* fection et dans l'esprit du christianisme : il ne restera plus pour y être tout entier qu'à accomplir une distribution de plus en plus équitable de ces richesses , en se montrant chacun de plus en phis généreux envers ses semblables; et d autant plus qu'on sera plus riche et plus fort. Les désirs sont bons : car eux seuls rendent la production possible et la population ; les désirs progressifs le sont

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également : car sans cela l'humanité serait immdbile en richesse, en population, en bien-être, en lumières, en moralité, et il n'y aurait aucune raison pour qu'elle ne fût point restée au point de départ, qui est l'état de nature de la bête ou du sauvage.

Mais ce qui n'est pas bon, ce sont les désirs ex-* orbitants, impatients, utopiques : car ils apportent une perturbation maladroite et funeste dans le mouvement vers le mieux et le retardent; car ils demandent qu'on improvise de nouvelles richesses, ils demandent plus qu'on a et qu*on ne peut donner, ils veulent qu'incessamment Ton sacrifie tout le présent à l'avenir.

Avec raison, on condamne les désirs exagérés, sans proportion avec les moyens de les satisfaire; mais, avec raison, on applaudit aux désirs qui inspirent l'activité y l'émulation, qui demandent la pâture pour l'intelligence et le bien-être que suppose le développement des facultés licites.

C'est un juste tempérament qui est ici de mise: sans cela il serait donc vrai que la perfection morale consisterait à se macérer, à s'anéantir dans la béa<« titude, dans le repos et le sommeil; et la léthargie intellectuelle et physique serait l'état normal de l'homme.

Sans doute le siècle a outre-passé; et il s'est étrangement égaré à son tour. Le débordement de la cupidité dont nous sommes encore témoins s'explique, sans se justifier, par l'exagération d'une prévoyance assurément légitime; les masses ont senti

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que leurs maux, leur misère morale, leur venaient en partie de la misère physique; que celte privation en-* traînait toutes les autres ; qu'il n'y avait ni liberté, ni savoir, ni dignité, difficilement de la bonne foi et de la vertu à attendre du dénuement et des insuffisances du corps; et, à toute force, on a voulu des richesses; c'a été l'idée fixe de beaucoup. De la préoccupation à l'excès il n'y a qu'un pas; et, Texcés franchi, la cupidité s'empare des cœurs et régne comme le fait général. Voilà le sens de ce déchaînement des passions concupiscentes et de la nouvelle idolâtrie du veau dor. Quand on le possédera, ce veau d'or, il y aura apaisement, et sans doute on vondra la richesse comme moyen beaucoup plus que comme but.

La sagesse conseille de se priver plutôt que de pécher; elle met le désintéressement au dessus de l'égoîsme, les besoins de l'ame, de l'esprit^ du cœur, au dessus des jouissances matérielles; mais elle veut qu*on assure à tout corps son nécessaire, à tous les besoins animaux leur exercice légitime; elle veut la santé en même temps que la vertu, ou plutôt lu santé en vue de la vertu.

Il est indéniable et clair comme le jour qu'un peuple, qu'un individu ne peut être libre, intelligent, vertueux , éclairé etheureux dans la misère ; que, pour être indépendant de son semblable, il faut que l'homme soit comme lui aisé, qu'il possède quelque chose, qu'il puisse vivre enfin. Donc un capital au plus grand nombre possible est la grande affaire

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du progrés et un acte souyerainement religieux. La vraie charité ne peut pas plus se passer de la richesse que de rintelligence et de la science : désor^ mais elle sera donc escortée de l'industrie, du travail et des lumières- La connaissance et le respect des lois morales, la connaissance et Tappropriation des lois de la nature aux besoins de Iliomme , voilà Tœuvre toujours progressive à laquelle sont appelées et travaillent les gé« nérations les unes après les autres. Voilà le devoir de chacun et l'intérêt de tous, qu'il s'agisse de fonder, de perpétuer, ou de perfectionner les sociétés.

Finalement, c'est à quoi s'usent la vie des individus et celle des sociétés : car voilà par où leur vient ce qu'ils aiment, ce qu'ils veulent, le bien, le beau, le vrai, le bon, Tutile, l'agréable, eu un mot le bonheur, la lumière, le savoir, la sagesse et la puissance.

Ces deux conditions impérieuses de bonheur et de dignité pour l'humanité sont dans une entière solidarité. L'une sans l'autre, elles sont impuissantes, ou à fonder, ou à maintenir une société ; mais la force initiale est réellement dans la moralité. On ne jouit en commun que lorsqu'on pense et qu'on sent déjà en commun.

Avant que les rapports se matérialisent , ils sont déjà dans l'esprit et dans la volonté : donc, le devoir d'abord, et la richesse ensuite, ou plutôt, simultané* ment la richesse. Jamais donc on ne tirerait de la richesse la moralité, et au contraire nous voyons les

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nations débuter par la foi et la croyance et lui devoir toute leur future splendeur.

Ainsi la charité, Fégalité et toute cette bonne inclination, fruit de Téducation et de la parole évnn-^géliques, sont à toujours une féconde voie de grandeur et de progrès pour l'Europe.

Mais y si la richesse n'inspire point les sentiments sociaux et le sacrifice, elle en facilita singulièrement la propagation; elle leur est surtout un puissant auxiliaire, et rien n'est plus curieux que d'apprécier la part du bien-être dans l'œuvre de la civilisation»

Ne sont«-ce pas de beaux sacrifices, agréables à Dieu, et profitables à Thuinanité, que ces fortes ▼olontés qui ont fait surgir les découvertes et les in^ ▼entions depuis Tère chrétienne? Que serait donc la civilisation européenne et le bonheur de Thumanitë sans tous ces merveilleux expédients du génie ! . . • •

La misère rend inquiet, chagrin, injuste dans le foyer domestique et dans les relations privées. Elle rend turbulent, factieux, mécontent sur la place publique, dur, intraitable, cruel dans la vengeance.

La misère est là mère des vices tout autant que la paresse : que dis-je? c'est elle qui engendre le plâs souvent la paresse.

La misère ! c'est l'ignorance , c'est la douleur, la maladie, la faiblesse ; c'est le crime, c'est la perversité sous toutes ses formes; c'est la déchéance du corps, et par elle, celle du cœur et de l'intelligence : c'eat la misère qui creuse la vallée de larmes ici^bas.

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