LA DISTRIBUTION DES IIICHB9SB
Par opposilion, et par contraste naturel , laisance donne autant de biens que la misère cause de maux.
Ce qui est dans ce mot^ richesse pour le plus grand nombre, est incalculable : donner Taisance, c'est donner la liberté, la dignité, le déTOuement à rjiomme ; c'est épanouir son ame et la rendre accessible à tous les penchants sociaux, à toutes les inspirations nobles; c'est donner essor à son imagi<nation, et dorer pour elle la nature des plus briU lantes couleurs ; c'est féconder, en quelque sorte, la vertu ; c'est, en la donnant à chaque individu, en faire un citoyen du monde, un instrument du progrés! . J'entends l'aisance, au bout du travail, par le travail : car celle-là seule est désirable pour le plus grand nombre; et même, il faut encore que cette aisance soit de la médiocrité, ou plutôt une aisance qui comporte la sécurité pour les temps de crise ou de chômage, mais non la dispense illimitée du travail. L'homme qui , sans jamais être pauvre dans le présent, a toujours son avenir à faire, est dans la meilleure et la plus souhaitable situation pour luimême et pour les autres.
Or c'est encore là une tendance que favorisera la propagation des forces motrices et des moyens de transport économiques.
Aisé, l'ouvrier s'appartient, il sait résister à l'in-* justice qui vient de plus haut. Le maître réprime ses caprices tyranniques; les airs de hauteur ou de protection d'un côté, d'humilité servile de l'autre, font place à une mutuelle fraternité ou à une réci-
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procllé de bonne politesse. Le chef de famille trouve pour lui-même des loisirs qu'il consacre à l'étude ou à son édification morale^ et, ponr, ses enfants, les aisances nécessaires à leur éducation ; qui ne sera ni prématurée ni superficielle, et qu*il couronnera de l'ip nappréciable don de l'instruction professionnelle : car sa prévoyance ira jusqu'à lui faire envisager le sort de ses enfants, à modérer ses désirs et à concourir ainsi à un juste mouvement de la populati(m : alors n af^rait à la vie que le nombre d'enfants que la productioii actuelle peut nourrir et maintenir dans une situation aisée; et puis, plus de sujétion absolue en un lieu, à une seule branche de travail ! Fortifié derrière lui d'une rente sur l'État, d'une somme aux caisses d'é- ^pavffxe, d'une action dans une bonne entreprise, l'ouvrier est ouvrier partout; mais il n'est assigetti, esclave, serf, nulle part; et, dans les temps de crise, il peut attendre, patienter, ce qui prouve bien qu'à la rigueur le mal n'est pas tant d'être salarié que de l'être sans un petit capital devers soi*
En général, quelles sont les classes de la société qui font le meilleur usage de l'aisance, qui font servir la richesse à leur bien-être? Ce sont les classes moyennes f c'est à dire les classes les plus laborieuses, les plus désireuses de faire leur avenir, de se mainte* nir dans la position où les tiennent et les placent uniquement leur habileté et leur vigilance. Aussi les voyons-nous partout les plus fortes, les plus énei^i-* ques et actives, les plus constamment saines et bien portantes.
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En contribuant à Taugmentation prodigieuse des richesses, les véhicules économiques modernes con«tribueront donc à répandre tous les bienfaits qui suivent la possession du bien-être dans les masses , lorsqu'il est acquis et conservé par le travail et la vigilance.
L'hygiène privée et Thygiéne publique s*en ressentiront essentiellement ; la santé, au début de la vie, sera d'abord garantie aux nouvelles générations, et il en résultera les plus grandes conséquences non seulement pour leur moralité, pour leur bon^ heur et leur contentement, mais pour les relations et lliarmonie sociales : car les privations et les négligences du berceau sont plus funestes encore à la santé et au caractère moral des classes inférieures que les privations de la jeunesse et de Tàge mûr.
On ne tient point assez compte, dans la recherche des causes qui mettent le trouble et l'anarchie entre les hommes et dans celles qui décident les plus graves événements, des fatales et criminelles dispositions que mettent dans la volonté et dans le libre arbitre de l'homme le malaise du corps, les privations continues, les sourdes et lentes altérations des viscères internes principaux, et ces chroniques si vulgaires, si flréquentes dans les rangs extrêmes de la misère et de l'opulence, ici, à cause d'abus prolongés, là, à cause de privations constantes.
Quelles sont aussi les classes qui offrent le plus constamment une franche gaité 7
Les classes moyennes; précisément celles qui ont