‹ Économie socialeChapitre 34 sur 49 · LA PUISSANCE DBS NATIONS · texte numérisé non relu

LA PUISSANCE DBS NATIONS

J'entends y enfin , par moralité^ celle qui réalise toutes les vertus enseignées par les lois de la nature humaine, et qui sont contenues dans ce mot charité^ et dans les vertus privées , de tempérance , d'ordre et de prévoyance.

Partout y et toujours , entre les nations comme entre les individus , la puissance véritable est , en définitive , au plus éclairé , au plus actif, au plus courageux, au plus industrieux, au plus riche.

Lumières, actiyjté^ PQPT^g^i WPi*?^^^» richesses, puissance, d'un côté, et de l'autre , ignorance , paresse , pusillanimité , vices , pauvreté et faiblesse ^ fout cela se tient.

Pris séparémept, l'in^olUgeneet k «yoâf» 1« courage, même la moralité ( s'il peut y avoir de la moralité à rester misérable^ R^Uq^g qi^ iQ4iYi(ly|$ ), pe §Mlp$ept point* A 1» YqloQlé de faipe, il foui jeiadre les moyens d'exécuter, et ces moyens, la richesse seule les donne , c'est à dire l'industrie et le travail ^ ?i<îé? ^e? m8PhJnç§ 4cnDpmiq^i^ )e$ ptus

avancées.

Et peci p?t un wseignçmeqt pQW le» patip^jf q^i croiraient qu'il leur ^ffit dp r^ef opura^^seSi d'aipaer la Ijl^erjé < de fi^irci pr^vp 4^ gF?kn4 dévouement ppur $e maiptenîr \ 1^ tptp 4? Ift PÎ^iU** sation, et (jui dédaigneraieal: 4? PTPgrpsser ei» richesses avec les autres pevi()les»

N'pst-il pa4 évidepli que \^, pi^^pçq pQUtîque ne peut se (nfinif^^ter , }a gHPfr^ ?fi cpndpirei U conservation patipp^le ?p g^rantpr^ qu Vçc ^es jre#-T

sources ttbôndfthtéA qtlte éé crëé tine iialion pdr ritt^^ dustrie et par le commerce ?

Tout l'univers sait ifiié, si TAnglëtén^ k t)ti tehir dix âttS èli éOkëk Ift formidable puissance de Nàpo^ tëoû U rttfcéabler étiflh, ç*a étë par son or (1), ce qui tteill dire ^t lëè beuvrei productives de Son tndtistrieuse pôptilailoti, et par les prodiges de se& me^TtoilleuSeS màcliities , qui lui avaieut assuré U suprématie dânA le Êômmérce Universel.

8i une population UbmbteUse , éclairée , aisée , pleine de la videur ^t de l'énergie physique et morale que donneUt le bien-être^ le travail et la liberté^ et pouvant dispôset* d'une inimetise provision de toutes les nécessités de la conservation nationale, constitue réellement la puissance des empires ; nul doute, Tapplication de la Vapeur, des chemihs de fer, etc., peut modifieir siuguliéremetat la puissance relative des nations et les rendra arbitres ou esclaves, selon qu'elles auront utilisé ^lus ou moins ces moyens poUr le développement de la richesse et poùi^ lé perfectiounement intellectuel et physique de leurs populations.

Nulle puissaUde désormais ne peut espëret* se fait*e reSpectei" lil elle U^éi^t pbii forte : or elle hé peut être plus forte sans être plus riche , et elle né peut être plus Hche sans l'application de la vapeur, des ichemins de Pet* et de toUS les moyens de production les plus àvancéiS) et saUâ Tamour redoublé

(1) Voir la Note 4 à la fin du Voluhie.

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du travail , et une activité incessante et plus infatigable encore.

Elle pourra être morale, pleine de courage et de patriotisme ; elle pourra joncher le sol national du cadavre du dernier de ses citoyens, plutôt que de céder à la force , montrer toute la puissance du dévouement,..; toujours est-il qu'elle ne pourra m éviter Tassujettissement, ni empêcher Tenvahissement) ni assurer Texistence de ses populations : or le premier devoir et le premier indice d'une moralité bien entendue, c'est, pour une nation, de savoir se conserver, c'est sa défense; il n'y a pas de moralité dans la misère , il n'y a pas de moralité à en faire profession : misère et faiblesse sont synonymes.

Les puissances retardataires sentiront donc infailliblement et prochainement que l'imitation prompte s'offre pour elles comme une alternative dêtre ou de nêtre plus.

Voyez, leur dirons-nous, les populations esclaves ou en tutelle théocratique, celles sur lesquelles' s'appesantit un despotisme absolu , rigoureux et cruel ! sont-elles donc riches , éclairées , industrieuses, morales ? Voyez les peuples libres ! sontils donc misérables , ignorants , paresseux et immoraux ?

Il y a une évolution délicate et difficile à opérer en Europe : constituer peu à peu la société, l'organ niser pour la production et la consommation pacifiques, à rinstar de ce qui a été fait lorsqu'il s'est agi de constituer l'ancienne société pour la guerre,

pour la défense et la conseryation du corpe social qui naissait à peine*

Toute société est frappée de mort on d'impuis-sance : qui prétendrait désormais se passer de ri* chesses et d'un matériel plus savant de oonserration; qui ne se hâterait pas de mettre ses routes , ses canaux, ses ateliers, au niveau de ceux des Anglais et des Américains?

Il est aussi indispensable d'agir ainsi, qu*il le fut aux diverses nations , lorsque le canon , la poudre , les fusilsy les troupes réglées, la boussole, furent appliqués une première fois par une seule d'entre elles.

Dès qu'un peuple possède une marine à la vapeur et des voies de communication à la vapeur, force est à toutes les nations de transformer les leurs aussitôt : sans cela elles seraient exterminées dans les combats de terre et de mer au premier jour d'hostilité et de conflit.

On peut donc être assuré qu'avant un siècle, le monde civilisé aura transformé sa marine et ses voies de communication terrestres.

Là évidemment se marque le doigt de Dieu , qui force au progrès par l'intérêt même autant que par le devoir et la religion.

Un grand fait, qui doit changer la face du monde, s'accomplit incessamment depuis quelques siècles , et surtout de nos jours : c'est l'avènement de l'industrie ; c'est sa prédominance sur les préoccupations anciennes et populaires de guerre, de conquêtes^

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àé Hralitës et d'iniinitiëâ nâtidhales. L'àbUTllë hu-^ maine, d'improductive, de destrilctiVe et gùer^iërë qu'elle étdit firitlcipakmeht, dieriérit fêtidndadté et pat^ifiqiie.

Là puissahcè était àtl plus Fort dâtts l'art dé détruire; elle set^ ttu plus habile dans l'art de produire. Le toi des peuples , c'était, jiisqil'à iiôus, le roi de la guerre : aujourd'hui la suprématie sera au plus riche : autrefois elle était au phis brare , car la valeur personnelle dans les batailles a moins d'importance^ à ttiesure que les machines deviennent formidables. Rome fut le producteur guerrier |Jar excellence dans l'antiquité; aussi elle tient le premier rang.

La Rome de l'avenir sera aussi itidustrielle que la Rome de Tantiquité fut guerrière. La puissance tend donc à se déplacer. C*est une question de vîfe et de mort pour les peuples vieux ; et cette évoltition veut être prise en sérieuse considération , tibtt aeulement par les peuples paresseux oit k denli actifs I mai^ pslr les nations les plus laborieuses dé TEurope continentale : car au delà de rAtlàntiqtiei au delà de la Manche , dans le travail peu ostedsible des ateliers, s'élaborent deux puissances gigahtesques.

La Rome industrielle de l'avenir nait et prélude à ses grandeurs dans les ateliers , comme autl*efoi§ la Rome guerrière dans les camps.

Il y va, pour la France en particulier, dé la priorité. Serait-elle éclipsée dan* quelques siècles ; et

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ne prësentera-t-^Ue que la plus grande raine du dernier type de la civilisation catluriique ? A Tinte* rieur, c*est une question d'ordre, de bien-être, de moralité, de civilisation; à l'extérieur, c*est une question de puissance et de gloire.

Toutefois, si la France, en devenant industrielle, marchande , riche, une émule des Anglais pour la création des biens matériels , devait perdre les traditions de haute moralité sociale, de politique gêné* reuse, qui l'ont placée à la tète de la civilisation , mieux vaudrait qu'elle renonçât au premier rang dans la puissance matérielle , et qu'elle conservât intact le dépôt que lui a légué son passé historic^e ; mieux vaudrait qu'elle demeurât l'initiatrice du mouvement moral, en montrant l'exemple de la modération dans la richesse et celui de l'exaltation dans le dévouement , de la supériorité dans la science et dans les découvertes, dans les inspirations et l'enthousiasme des grandes et belles actions sociales.

Un point reste certain : c'est que mieux vaut être réduit â recommencer la création des richesses et l'aisance générale , que de recommencer à créer , â former des hommes et un peuple animés de sentiments de sociabilité élev^ , conservateurs des principes fondamentaux de la civilisation, disposés à soutenir envers et contre tous les prérogatives de l'homme libre , et donnant l'exemple des rappoits d*égalité, de fraternité et d'hospitalité cosmopolites.

Supposez la décadence romaine livrée à elle-même, II. 18

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ne liguant au moyeu âge que les Tieux principes sociauiL^ mais av«o beaucoup plus de richesses qu'elle ne lui eu a laissé; et , au contraire , faites le moyen âge aussi nu^ aussi pauvre et dépouillé ^ aussi aau-> Tage que possible , en y mettant un germe moral fécond f une pensée religieuse^ uu commandement moral et sublime; semcK'-y la graine évang^ique^ enfin p et vous verret sortir de cette effroyable barbarie^ de ces tén^res^ de ce chaos, un monde nou* ▼eau : la France et l'Europe du dix*neuviéme steoitsi***

Donc p la puissance future sera non pas au fim riche , au plus actif p au plus habile en industrie , mais au plue riche eC au {4us moral , au plus généreux et dévoué tout à la £hs ; et si aucun peiqile ne réttiit ces conditions p s'il en est un qui possède l'éhhnent moral et social à un haut degré , la vraie suprématie lui restera ou lui écherra , et il subaltemtsera înfaiUiUement l'élément matériel pur.

Le peuple qui fera œuvre de civilisation par exceUenoei ce aéra vers lui que se tourneront tou-^ jours TadiiiratioQ, l'amour, l'imitatioii dea nations; a est lut qu'elles feront le otntre et l'arbitre des évé« nsments^ et dont elles écouteront la parole ou soivroM riaipulsion ; autour duquel eUes se g^pouperont aâ Jour où une puissance mauvaise, qui ne venrait su tMia cMrc|irise politique qu'une question do mmfobamdj ifcmènk imposer son iniquité par la force brute.

h'EspÉgaei ie Aiitugai et l'ItaUe sont encore

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loin du degré d'activité productive que comporte l'éoiancipation d'un peuple» Ils auraient besoiq d'un grand élan vers le travail, vers la production manufacturière, et, pour cela, d'un système de probibi-*' tion et de resuriction habilement calculé et tournié en {jiartie oonlre l'Angleterre : mais cette ^im^ sance ne favoriserait sans doute pas lepr élan ; ici , elle peut se croire intéressée ^u/ar^nimte de l'ita^ lie, à Torgueilleuse paresse de la Péninsule : car ^U est industrielle avant tout , l'Ânçleterre ; et l'Espagne et le Portugal ont des richesses matérielles ajgriooles qui ne lui ôlent pas un seul marché, fSi ils sont pour elle un débouché important.

rïéanmoins les événements politiques qui agitent ces deux pays comme un volcan, sont un signe infaillible de leur prochaine émancipation industrielle. Tous ces événements, dans leur portée économique, sont comme les préliminaires obligés de la constitution pacifique du travail. Il faut bien rendre le sol à tme culture active , socialiser les propriétés , les dégager des mainmortes ecclésiastiques , des subs* titutions et de toutes les institutions féodales , qui sont le plus grand obstacle à la mise en valeur des richesses territoriales et à l'activité productive des classes moyennes, au bien-être du grand nombre.

Il est également infaillible qu^à mesure que finégalkë de r^MMtition des i^if^sses^ de génie «dus» triel, d'acti'vité^ de prospérité diminuera diez toutes les naCkms du globe , par la propagation de moyais écoDOBoiSques si oontraires à toutes les iné-

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