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LA FUSION EUROPÉENNE

Si donc quelque peuple se livre à quelque mouvement cruel, à quelque méfait barbare, ou persiste dans des coutumes rétrogrades, on peut être sûr que quelque nation se chargera tôt ou tard du châtiment à ses risques et périls, envers et contre tous, si jamais la majorité des nations alors se trouvait (par impossible, suivant nous) ravalée vers le mal^ jusqu'à soutenir une cause pareille.

Dans la plupart des cas , ntil doute , la cause injuste aura contre elle la majorité des nations et la force ; et, si elle appelle Faction guerrière, celle-ci n'ira donc pas jusqu'à détruire Tétat matériel du pays envahi : car, alors qu'on est fort, on ne descend pas à ces vengeances basses; alors il y a mille moyens de forcer la volonté ennemie, c'est même lui inspirer le retour à la justice que de se conduire avec magnanimité à son égard. Le siège d'Anvers en est un exemple, l'affaire d'Orient aussi, et celle de Grèce, celle d'Alger, etc.

D'ailleurs le droit des gens va tous les jours s'améliorant. Pourquoi en Europe la guerre n'estelle plus escortée du viol, de l'incendie, de Tamour du pillage, des violences contre le sol et les édifices, aussi bien que contre les hommes? c*est parce que les peuples comprennent mieux leur intérêt réciproque? De plus en plus, la guerre se fait contre les volontés et les actes de l'ennemi armé, non contre ses richesses , non contre les habitations inoffensives; elle se fait contre le pouvoir et ses soldats, non contre la nation elle-même.

ou FEDERATION DBS PEUPLES. 433

On a dit que les peuples ne relevant que d'euxmêmes, que la justice s' arrêtant aux frontières, les peuples ne reconnaissaient que h, force pour arbitre et étaient seuls juges de la justice et de leurs droits; attendu qu'il n'y avait pas de force supérieure capable de les contraindre.

Or il y a aujourd'hui pour l'Europe une mesure commune du bien et du mal, des droits et des devoirs réciproques : il y a , en un mot , une morale européenne , c'est celle de l'Évangile ; elle astreint les gouvernements comme les individus, et pour elle, il n'y a plus de douanes.

Et puis^ il y a une force supérieure à celle d'un peuple, c'est celle de tous les centres réunis. Les alliances de ces derniers vingt ans n'ont^elles pas opéré comme si réellement il y avait une force, une justice, un tribunal européens institués? Quand même ce tribunal aurait jugé injustement aux yeux de certains esprits, cela empécheraitr-il la réalité de l'institution et ses développements ultérieurs ? Que de tribunaux ont condamné secrètement autrefois l'innocent , ou absous le coupable, avant que la justice fût constituée comme nous l'admirons aujourd'hui.

Pourquoi les alliances actuelles des gouverne-ments européens ne pourraient-elles pas être considérées comme une institution tutélaire qui germe et s'essaye? pourquoi n'y verrait-on pas l'origine du futur tribunal, du futur congrès pacifique des nations européennes, de V union Jédérative des États IL S8

^'Ef^vpe y (ilc^^ on pourra^U voir T^^alog^e ^^ns Tu^io^ des viagi-ci^^q ÉUts de VA^^^^î^M^du aor^?

N'^ivçias-^aus pas vu k\ Fraacç e( les £>9t$-ypis pf cadre F Angleterre paur médiatevir et arbitre? ae voyons-nous pas daps 1^ ^iége ^'A^^Y^^ii ^V^^^ ^ affaires d'Espagne, les efl^ts 4'\W système réftéchî çQtre le$ représç^ta^U 4es pç^ple^ dfi VEj^rçfe, d'intçrveoir çoxnme tr^^^nal c^us les querelles^ ç^ (1^03 les griefs ô^es nat^Oins prisçs iadivi4^elleIxv^^9 çt 4^ ae v^cour^v ï ^^ force armée qu'alors que \es ^cçiLsés oi\ les plaidew*s fésisiteut k Y^xéc^liptx 4^ jugement? Qu'est-ce donc^ si ce n'est pas l^un U^^ buml qui prélude?

^e^ n^çhines à vapeur, eu secoadwt pui^s^n-: ^leat Içt çij'é^tioç de^ richesses e( le dçveloppei^KÇA^ die rind^us^r^e^ eipi forçai^t ps^r lei^^ tçud^nçe à \mç. |^rQ.4^ctioa ei^ubérs^nte, en Qçcasionuan^ }fne. s^-, activité générale qui no^e; s\u;* \g miarçhé iutérle^if ua trop-plein, un eacoçibrement d'utilités réel^es,^ et qui, par une conséquence toute aatnreUe^ foy^ le^ producteur h, aller chercher ^u Ipi^ des délK^uçhés. et de^ relations nouvelles ; et les chemins de (/^^j ei^ facilitant les. voyages et eu iii^spiraifit l^e go^^ \ ^^ vont évidemment, avons-nous dit, hâter Tépoqu^ inévitable de la fusion des peuples ei^rop^en^. AJ9^" tons qu'elle ^ra d>illeursî pjçépvéç PW 4'ww*ft-5 brables influcnçea indir^^ qui y acbezainerçi^ les peuples à, leiu: i^su. Pe ce nombre sera^ Xu^ité de Uifigue.

l'uHITB n h^QWf DB MOmiAIBS, DB POIDS BT MBSCHBS.

•n N^Qmté c^BunercUe de Tunité de hnfo». — Tendances vers rooité de faogtie. * Tendances vers Tunité des poids et mesures. •« Id, vers INinill des noBBaks. «^Quetti eal k langu» qw a le llnB de etaoe de dei^eoir universudle. ^ Gommai a^ffectuere ce progrès vers la fusion ou l'unité d^s peuple^. — Que les tangues meurent et passent eoBiBie tout ee qui est bumaie ou dt Vh^

mùték-^fv qîirilft suite tk bkwmiiIi le% lengwee fmm MeM

de 99 trep^forONT oo périr, — ^ quoi Vmité existera et quand elle aure lieu. * Gonuoent s^aecompHra la flision des provinces. -^ Na« ttoBS^ •— EBpok et oetclBsleB.

Lei relsittont muhipUdea de» ccNniMfçuila f t des inéttslrielé enrepdtnt entre «m ndceBSÎtwoiit pra«t ehamemeiit, oi| qu'iU eennaieseiit toiitea les hngues Yivante» du eoatiiieAl, ou qu^ilâ en êàtifâMt qo^ qu'une qui sok la langue du eoouMvo»^ Odmoae k latin fut iQUgtQOips o^Ue de la science. Et U en ten imii ; ea? c'est rintérét prochain de tous. Les taya^nrenainateui:$» les savants,^ les artistes, con- «HUrimt égftlejpoKent à cette fin. Il est sensible que WÙ iK. voudra passer 9a yi^f, épuiser son activité à

afygfiudrQ quw^e qu vingt langnesi et que d, yn

commun accord tacite, comme tout ce qui est d'uni-

436 l'unité de langue^ de monnaies^

vcrselle utilité; on en choisira une qu'il suffise d'apprendre pour être compris par toute l'Europe.

C'est d'abord dans le monde commercial et le monde lettré que ce changement s'opérera. Déjà l'anglais et le français sont compris et parlés sur tous les marelles^ dans les capitales et dans les villes de deuxième ordre, par Télite des négociants^ par la diplomatie, les corps d'état, les législateurs, les publicistes. Il n'est pas douteux que ce sont ces deux langues qui visent et qui ont le plus de chances à l'universalité, et il est déjà oiseux de se demander quelles langues seront préférées : le fait a déjà répondu, et Ton eût pu comprendre qu*en effet ce devaient être celles que parlent les peuples les plus civilisés, les peuples qui, par leurs relations commerciales, par leurs livres, par leurs exploits, ou leur dévouement et leur génie, en un mot par leur puissance morale ou matérielle, sont partout, attirent le plus les regards, relient le plus les intérêts, dirigent le mouvement politique de toute la terre, réveillent l'activité, forgent les richesses et sonnent la trompette de l'espérance.

Un tel phénomène ne peut évidemment s'accomplir par la force ; il sera le résultat de l'utilité sentie. On se servira du français et de l'anglais, comme on se sert des machines et des modes de Paris et de Londres, parce que ce sont les meilleures, les plus utiles ou les plus belles^ et qu'on y trouve son intérêt et son plaisir.

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