‹ Économie socialeChapitre 18 sur 47 · I. — Maladie · texte numérisé non relu

I. — Maladie

C'est la Société de secours mutuels qui est l'institution centrale, pivataie, comme disait Fourier, de tout ce chapitre ou, comme le disait Léon Say dans son rapport général, « la cellule embryonnaire autour de laquelle toutes les autres sociétés de prévoyance doivent se grouper » — exactement comme l'association professionnelle pour le chapitre du Travail, l'association coopérative de consommation pour le chapitre du Confort. Son but principal est bien l'assurance contre la maladie, et voilà pourquoi nous la faisons figurer dans cette première section : mais un grand nombre assurent aussi contre la retraite; quelques-unes, surtout aux Etats-Unis, assurent contre le décès; quelques-unes contre lé chômage; beaucoup n'ont d'autre but que l'épargne; enfin presque toutes, en France du moins, pratiquent l'assistance charitable puisqu'elles doivent une partie de leurs ressources aux libéralités des membres honoraires W. Mais nous ne parlerons, dans cette section,

-¥. (1) Ce^ que demandent actuellement les chefs de la mutualité c'est que TÉtat remette aux sociétés de secours mutuels le soin d'organiser les retraites pour les ouvriers, voire même l'assistance en général. Ils estiment que les sommes que l'État dépense de ce chef, si elles étaientremises entre leurs mains, seraient beaucoup plus économiquement employées.

Et même ils voudraient faire de la mutualité l'organe de l'hygiène sociale, car il est évidemment de l'intérêt des sociétés de secours mutuels de prévenir les maladies pour n'avoir pas ultérieurement à en payer les frais. Voy. ci-dessus, p. 218.

que des sociétés qui assurent contre la maladie.

L'aide mutuelle en cas de maladie est une des formes les plus antiques de la fraternité humaine. Cela s'explique assez. Cette aide mutuelle a été d'abord donnée sous forme de secours en nature et, assurément, elle réalisait mieux alors la solidarité sociale sous la forme moderne où elle se réduit à une cotisation versée. Cependant, il exj^te encore des sociétés de secours mutuels où « la veillée » des malades et des morts, ou bien l'exécution des travaux agricoles pressants, la moisson ou la fenaison, pourlecomptedes malades, sont des devoirs imposés aux sociétaires; celles-là sont rurales et très humbles, telle une des sociétés exposantes « la Vigneronne » de Vaux, dans TAin, qui ne compte que 33 membres.

Même sous la forme actuelle de simple société d'assurances, assurant à ses membres, moyennant une faible prime mensuelle qui varie de 1 fr.50à3 francs, les soins médicaux et les remèdes gratuits avec une indemnité de chômage, la société de secours mutuels est très ancienne. L'une de celles qui figuraient à l'Exposition, la Société de Sainte-Anne date de 1694. Il y en avait une d'Italie, 1' « Union pieuse typographique » de Turin, qui avait exposé le texte de son statut du 22 juin 1738. On pourrait d'ailleurs remonter jusqu'aux fraternités du Moyen âge et aux collegia tenuiorum des Romains.

Voici approximativement le nombre des sociétés de secours mutuels et des mutualistes par pays(i) :

(1) Il est intéressant de rapprocher ce tableau de celui donné à la page 172 pour les sociétés coopératives.

NOMBRE

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