MOYENNE
par
habitant
fr.
(l) M. Marie, dan^ son rapport sur la Classe 109, indique les dates de 1765 pour la caisse de Brunswick, 1778 Hambourg, 1786 Oldenbourg, 1787 Berne.
Ces chiffres se rapportent à 1897, ils doivent donc être un peu majorés aujourd'hui, mais les proportions Tespectives ne doivent pas avoir sensiblement changé. On voit que si la France occupe le second rang comme nombre absolu des déposants, elle n'occupe qu'un rang très inférieur, soit si l'on tient compte de l'importance des dépôts, soit si l'on compare le nombre des déposants à celui de la population. Dans cette deuxième colonne, qui est celle on se révèle le I mieux l'aptitude cà l'épargne de chaque peuple, nous n'occupons que le septième rang, dislancés par l'Allemagne, la Suède, la Norvège, la Belgique, la Suisse et surtout le Danemark que nous retrouvons ici, comme dans presque toutes les œuvres de l'Économie sociale, au premier rang. Il compte presque un déport sant sur deux habitants, donc plusieurs par famille. Hâtons-nous de dire qu'il ne faut voir dans ce ta^ ^bleau qu'un classement très approximatif, car les conditions sont si différentes pour chaque pays que [les chiffres ne sont pas comparables. Par exemple, m France, le maximum des dépôts est fixé à 1.500 francs, tandis que dans d'autres pays le montant des lépots est illimité. D'autre part, il est des pays où la [caisse d'épargne est le seul instrument de l'épargne, [tandis qu'il en est d'autres où, comme nous le dijions tout à l'heure, nombre d'institutions beaucoup kplus perfectionnées lui font concurrence. On ne saurait donc conclure de ce tableau que la France ne vient qu'au septième rang au point de vue de ses capacités d'épargne, mais encore moins nous donne-t-il le droit de conclure qu'elle doit figurer au premier! Actuellement, c'est-à-dire au 31 décembre 1900,
on comptait en France 10.680.866 déposants (soit 27.4 p. 0/0 habitants), et le total des dépôts s'élevait à 4.274.257.535 francs. Le nombre des déposants a augmenté, mais la moyenne par livret n'est plus que de 400 francs (i).
Le développement a été assez rapide, car lors de l'Exposition de 1889, on ne comptait que 6.840.000 déposants et 3.682 millions fr. de dépôts. Et, même en 1877, on n'avait pas atteint le chiffre de 3 millions de déposants ni le premier milliard de sommes versées.
Mais c'est une grande exagération d'affirmer, comme on le fait toujours, que ces milliards représentent « l'épargne ouvrière ». Voici comment se répartissent les livrets entre les différentes professions :
Patrons (industrie, commerce et agriculture) . 7,82 p. 0/0
Propriétaires et rentiers 15,51
Professions libérales, 2,07 —
Militaires et marins 2,02 —
Employés 5,37 —
Domestiques 10,5o —
Ouvriers de l'industrie 16,97 —
Ouvriers agricoles ft ,32 —
Enfants mineurs sans profession 28,26 —
Nomades 0,1 1 —
Total 100,00 -
On voit qu'il n'y a guère qu'un ouvrier sur sept
(l) Rapport du Ministre du Commerce de 1901. Cette réduction de la moyenne par livret n'implique pas d'ailleurs une réduction dans la capacité d'épargne : elle est due à une loi de 1895 qui a réduit les dépôts de 2.000 à 1.500 fr. (quoiqu'elle n'ait eu son plein effet qu'en 1900j.
* Au l^r janvier 1903 le montant des dépôts était de 4.430 millions de francs et le nombre des livrets de 11.298.000 : la moyenne des dépôts a donc encore diminué, 388 francs.
déposants et, si Ton compte les ouvriers agricoles avec ceux de l'industrie, cela ne fait encore que 28 p. 0/0. Les classes, sinon riches, du moins aisées^, les trois premières sur le tableau, représentent une proportion presque égale, 2o 7^ P- ^/^ ^^^•
x\Iais, ce qu'il faut remarquer surtout, c'est que ce stock respectable de plus de 4 milliards est constitué surtout par les gros dépôts et non par les petits. Par conséq.ueut, il est très vraisemblable que les trois premières classes de notre tableau, quoiqu'elles ne représentent que le quart des déposants, possèdent presque les neuf dixièmes du total des dépôts. En voici la preuve :