OUVRIERS
NOMBRE
NOMBRE
Travailleurs indépendants ou isolés. . .
/ de 1 à 4 ouvriers —
Établissements \ de 5 à 50 ouvriers. . .
occupant i de 51 à 500 ouvriers.
Iplus de 500 ouvriers.
Totaux
Du premier coup d'œil jeté sur ce tableau ressorlent les conclusions suivantes :
1° La grande industrie (en entendant par là les
(1) Publiée ultérieurement sous le titre : La Distribution des entreprises selon leur importance.
(2) Dans les tableaux officiels ne figure pas la première ligne, celle des travailleurs indépendants, et même ce n'est que par des évaluations approximatives que M. March a pu indiquer ce chiffre. Nous l'avons interpolé dans notre tableau afin d'embrasser l'ensemble de la population ouvrière, mais naturellement tous les pourcentages s'en trouvent modifiés.
Le total de 3.862.000 porté à ce tableau ne doit pas être confondu avec celui de 3.820.000 que nous avons donné à la page 86, car il ne se compose pas des mêmes éléments. Celui-ci, à la différence du précédent, comprend les femmes ouvrières, mais ne comprend pas les ouvriers et employés des transports ni du commerce. .
établissements qui occupent plus de 50 ouvriers) ne ]
possède qu'une proportion infime d'établissements, i
un peu plus de i/2 p. 0/0, et la très grande industrie i
(en entendant par là les établissements qui occupent 1
plus de 500 ouvriers) qu'une proportion infinitési- j
maie. Mais la grande industrie occupe néanmoins 1
plus d'un tiers (36 p. 0/0) de la population ouvrière ]
et la très grande industrie elle-même en occupe plus ■:
de 13 p. 0/0. ]
Mais ce qui est plus intéressant c'est de savoir si ]
elle s'accroît et dans quelles proportions? Nous pou- i
vous répondre à cette question, car un recensement ;
industriel qui a été fait en 1840 ne relevait que 4.330 >
établissements de plus 50 ouvriers et occupant au ï
total 543.000 ouvriers (sur lesquels 133 établissements j
de plus de 500 ouvriers occupant au total 122.000 :
ouvriers). Donc depuis soixante ans la grande indus- \
trie a presque doublé le nombre de ses établissements :
et presque triplé son personnel. Et si l'on veut ne l
considérer que la très grande industrie, celle-ci a tri- j
plé ses établissements et quadruplé son personneW^). ]
2° La petite industrie (en entendant par là toute •
entreprise qui emploie au plus 4 ouvriers) occupe J
toujours la plus grande partie du domaine industriel ^
si l'on compte les établissements (94 p. 0/0), mais \
elle n'occupe qu'un peu moins de la moitié de la po- i
pulation ouvrière (41 ,32 p. 0/0) (-). |
(1) En Allemagne, en comparant les recensements industriels de 1882 j fet de 1895, nous voyons que les établissements de plus de 50 ouvriers 4 lén 1882 étaient au nombre de 9.481 avec 1.554.132 ouvriers, et en 1895 ■;
lis étaient au nombre de 17.941 avec 2.907.329 ouvriers; ils ont donc en ^
reize ans presque doublé comme nombre et comme personnel employé. !
(2) L'industrie des transports n'est pas comprise dans le tableau. Si ,;
Est-ce à dire qu'elle perd du terrain ? Il semble, eu effet, qu'elle doit perdre au moins tout le terrain que la grande industrie a gagné. Mais cette conclusion peut être tout à fait erronée, car grande et petite industrie peuvent très bien s'accroître simultanément si la population industrielle augmente — soit par l'accroissement de la population, soit par le drainage de la campagne dans les villes. Et tel est en effet le cas par tout pays.
Le recensement de 1840 ne nous fournit pas, malheureusement, de données suffisantes en ce qui concerne la petite industrie pour que nous puissions faire la même comparaison que tout à l'heure, mais si nous prenons, avec M. March, le tableau des patentés depuis un demi-siècle et que nous comparions le tableau A, qui est celui des petits industriels et petits commerçants, avec le tableau C, qui est celui des gandes industries, nous avons les chiffres suivants :