ITALIE. ALLEMAGNE
Grands agriculteurs -. 5,86 \ «Q ft
Petits agriculteurs 25,03
Journaliers paysans 4, ,37 ' 2 8
Grands industriels et grands commerçants. 4,12 | ,l a
Petits industriels et petits commerçants. 24,47 j
Ouvriers salariés 8,75 5 9
Employés et professionnels 18,65 9,7
Sans profession ou mineurs 8,75 7,9
Totaux 100,00 100,0
des bourses de voyage pour les envoyer à l'étranger. Un certain nombre de ces banques cherchent à développer les associations coopératives de production ou autres. D'après la dernière statistique publiée (qui remonte à 1898) il y avait 51 banques populaires qui avaient prêté des fonds à des associaciations coopératives; il est vrai que le total de ces prêts n'atteignait pas même 100.000 francs (exactement 97.628 fr. 75).
Elles cherchent même à s'adresser à la catégorie des salariés proprement dits par l'institution des a prêts d'honneur » (c'est-à-dire sans caution et à très petit intérêt, 2 p. 0/0 généralement) qui est un des traits caractéristiques des banques populaires italiennes. C'est la Banque de Bologne, en 1875, qui a commencé. On les a beaucoup loués. Cependant en 1899 on a compté 49 de ces banques qui avaient fait 8.758 prêts pour une somme totale de 590.027 francs (soit en moyenne 69 fr. par prêt) : or il n'avait été remboursé que 4.719 prêts pour une somme totale de 309.673 francs. Ce n'est guère plus de la moitié. Ces résultats sont assez peu encourageants. C'est que le prêt d'honneur n'est pas une avance à la petite industrie : c'est une forme de prêt à la consommation; c'est un succédané du mont-depiété. Beaucoup de banques populaires ont pris la résolution de ne plus faire ces prêts qu'aux ouvriers qui sont membres de sociétés de secours mutuels et par là ont déjà donné des marques de prévoyance. Beaucoup de ces sociétés de crédit sont groupées en Unions régionales, dont la principale est celle de la province de Trévise, et depuis 4876 en une
« Fédération des banques populaires italiennes » dont le siège est à Rome et le président M. Luzatti.
Pour la Belgique, les sociétés de crédit urbaines étaient représentées par la « Fédération des banques populaires belges », et bien que celle-ci n'embrasse que 22 sociétés, le chiffre d'affaires de 422 millions de francs qu'elle donne serait assez respectable. Mais dans le Rapport sur l'Economie sociale en Belgique, M. Variez nous dit que « ces banques, constituées à l'origine pour servir aux ouvriers, ont petit à petit perdu ce caractère... et négligent la clientèle des petits. Leur essor s'est beaucoup ralenti et depuis 1892 on n'a plus vu une seule banque populaire se constituer en Belgique ».
La France n'a suivi que d'assez loin les pays dont nous venons de parler. Il semble cependant que la France étant, plus que beaucoup d'autres, un pays de petite industrie, de telles institutions y seraient particulièrement bienfaisantes. Les causes de l'indifférence de la population française^ en ce qui concerne le crédit coopératif, ont été souvent cherchées sans ! qg on ait pu trouver de réponse satisfaisante : il faut ! indiquer sans doute l'état de grande division des for- \ tunes qui fait que même les petits artisans possèdent presque tous un certain capital, l'absence ou du ] moins la bénignité relative du fléau qui dévaste TAlle- | magne, l'Italie et la Russie, l'usure, et surtout la i centralisation extrême qui fait de la Banque de France le seul dispensateur du crédit dans notre pays (*).
(.1) Le docteur Criiger, au Congrès du Crédit coopératif de 1900, en déplorant cette abstention de la France, faisait remarquer que cependant les Monts-de-piété y comptaient une nombreuse clientèle et que ces éta-
Nous verrons cependant, pour la coopération de i
crédit rural, qu'un mouvement assez vif se dessine, '
mais les institutions de crédit urbain ou banques po- ;
pulaires, ne sont guère qu'à l'état de curiosité. Dans -
la dernière statistique (i), il n'y a que 21 sociétés ^
de crédit urbain qui soient indiquées, et encore plu- :
sieurs sont-elles mixtes, c'est-à-dire à la fois urbaines j
et rurales, et même on peut dire que plusieurs peu- |
vent à peine être qualifiées de populaires. Ainsi, la ]
doyenne des banques populaires de France (2), la plus i
importante, la « Banque populaire de Menton » fon- |
dée en 1883, n'a que 551 actionnaires, sur lesquels î
il y en a à peine une soixantaine, d'après le tableau l
statistique des professions, qui puissent être considé- {
rés comme des ouvriers ou artisans. Du reste, le ca- ]
pital est de 284.300 francs ce qui représente, pour ^
ces 551 actionnaires, une moyenne de 700 francs l
par tête, chiffre déjà assez bourgeois. J
Les plus importantes de ces banques populaires, j
sont adhérentes à la fédération dite u Centre fédéra- ]
tif du crédit populaire en France » dont le siège est à i
Marseille et le président M. Eugène Rostand, mais j
blissements pourraient être remplacés avec grand avantage pour les em- î
prunteurs par des banques populaires. Mais ces deux catégories d'insti- ^
tutions répondent à des buts très divers : les IMonts-de-piété ne font guère -'
d'avances à la petite industrie, mais à ceux qui n'ont pas de quoi manger, >
ou du moins pas de quoi payer leurs fournisseurs; ils font le crédit à la ^
consommation — ce qui est la forme la plus détestable du crédit — mais |
non le crédit à la production. 4
(1) Dans le Bulletin du Crédit populaire de 1902. î Les deux seules importantes, celles de Menton et Lorient, ont fait en ^
1900, la première 18 millions et la seconde 15 millions de prêts, presque ;
exclusivement sous forme d'escomptes. i
(2) Cependant, d'après le rapport de M. Dufourmantelle au Congrès du | crédit coopératif de 1900, la première en date fut celle de Cannes en 1875. ) On voit en tout cas qu'elles nous sont venues de la frontière italienne. J
-comme elles ne constituent qu'une faible minorité dans ce groupement, nous renvoyons à la section suivante ce que nous avons à dire de cette fédération.
Naturellement il ne peut être question, avec d'aussi faibles efforts, de développer ni même de sauver la petite industrie, ni, comme le font les sociétés italiennes, d'aider les autres formes d'association coopératives. En ce qui concerne les associations de production, il y a à Paris une banque créée par ces sociétés •elles-mêmes, et qui par conséquent serait réellement coopérative, si pourtant la presque totalité de son capital ne lui venait de libéralités (voir p. 392). Mais son champ d'action est très limité, autant par ses ressources que par ses statuts.
Cependant, si modeste qu'elle soit, cette Banque représente le seul type de coopération de crédit qui ait été vraiment populaire en France, la coopération de crédit mise au service delà coopération de production. C'est cet idéal qui, dans la seconde moitié du second Empire, de 1863 à 1866, fit éclore plusieurs établissements de crédit populaire qui se proposaient précisément de reprendre l'œuvre avortée de 1848 en fondant la coopération de production non plus comme alors sur les pauvres épargnes des sociétaires ouvriers, mais sur la coopération de crédit (i).
Aujourd'huiencore, les sociétés coopératives de crédit ne sauraient mieux faire — tel a été le vœu formellement exprimé parle Congrès du crédit populaire de 1900 — que de chercher pour clientes les associations coopératives de production et de consommation.
(1) Quelques ouvriers fondèrent, dès 1857, une association qu'ils apipelèrent la Solidarité commerciale. Le mouvement de 1866, auquel
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