EXPLOITATIONS. 1882. 1892. VARIATION
Au-dessous de 1 hectare. 2.168.000 2.235.000 + 3
De 1 à 40 hectares 3.362.C00 3.329.000 — 1
Au-dessus de 40 hectares. 147.000 139.000 — 5,J>
Totaux 5.677.000 5.703.000
La petite propriété n'a donc pas besoin d'être sau- ! vée, car elle se défend fort bien tout seule et, quoi qu'on .en dise, rien ne fait présager pour le paysan une évolution semblable à celle que nous avons con- i statée pour l'artisan, à savoir, la dépendance crois- ' santé vis-à-vis du capitaliste, l'avènement d'une sorte i de fabrique collective rurale (*). Néanmoins, la petite | propriété a besoin d'être aidée tout comme la petite 1 industrie, et nous devons retrouver ici les mêmes ; moyens que ceux énumérés tantôt : .
Association pour la vente des produits; \
Association pour l'achat des matières premières et | des instruments;
Association pour se procurer les capitaux (2).
M (1) Il en est de même en Allemagne. Les recensements profession- | nels de 1882 et de 1895 nous montrent que durant cette période, la propriété de 2 à 20 hectares, c'est-à-dire la propriété moyenne, a ga- \ gné en étendue. Elle s'est accrue de 3 p. 0/0, ce qui est beaucoup en ] 13 ans, La très petite propriété au-dessous de 1 hectare et la grande : propriété de 20 à 60 hectares ont diminué. Il est vrai que la très grande " i propriété, au-dessus de 1.000 hectares, a augmenté de 13 p. 0/0. i
(2) On pourrait ajouter une autre forme d'association : celle pour Vas- j surance. Non point l'assurance contre les mêmes risques que ceux que ] nous avons vus à propos des ouvriers, non pas les risques personnels — i car pour ceux-là le fait même d'être propriétaire et producteur indépen- ! dant constitue l'assurance la plus efficace, — mais contre les risques qui i menacent ses biens : incendies, grêle, épizootie. L'assurance mutuelle est la forme la plus économique et peut rendre des services réels à la petite propriété. On compte (1900) 2.284 sociétés d'assurance mutuelle agricole.
M 11 est à remarquer que l'assurance mutuelle contre la mortalité du bétail a pris un développement prodigieux. Ces petites sociétés sont aujourd'hui (fin 1904) au nombre de 4.769 (tandis qu'on n'en compte que 83 contre l'incendie, 16 contre la grêle et 2 contre les accidents). Elles comprennent 265.000 membres (ce qui ne fait qu'une moyenne de 55 membres par société), mais assurent un capital de 250 millions francs. Le département des Landes à lui seul en compte 852! L'Etat leur accorde certaines faveurs, non seulement en les dispensant des impôts du timbre €tde l'enregistrement, mais en leur donnant une subvention annuelle sur le budget qui vient d'être élevée à 600.0(X) francs.
Et en effet, nous allons les retrouver toutes les trois, mais auparavant nous devons parler d'une autre forme d'association qui domine toutes les autres et, en fait, tend plus ou moins à accaparer toutes ces fonctions, quoique légalement elle n'en aitpas le droit, je veux parler àe^ Syndicats agricoles. Ils ont pris une place importante en France, quoique moindre pourtant que celle qu'on leur attribue (^).
On sait que les syndicats agricoles ne datent en France que de la loi de 1884 et qu'ils ont pris depuis lors un développement rapide et inattendu. On pourra en juger par les chiffres suivants :