LA DOCTRINE
Religion. La religion, s'il faut en croire les sceptiques, est condamnée par la science, qui réduit ses dogmes à néant, et par l'histoire, qui montre qu'elle pâlit à mesure que le bien-être et la prospérité se développent. Sur le premier point, Le Play se bornait a répondre que le monde lîni, avec ses phénomènes et ses lois, constitue le domaine propre de la science, tandis que le monde inconnu forme l'empire réserv.é de la foi. Ainsi séparées par d'infranchissables barrières, elles ne sauraient en réalité se combattre.
Quant à la seconde objection, l'histoire con-
qu'ils en fireut. C'est ce qui résulte des textes ci-dessous. « 11 faut suivre nos prédécesseurs partout où ils ont bien fait, et ne songer à l'invention que là où ils nous ont laissé des lacunes à remplir. » (Aristote, Politique, IV, IX, 5.)
« Périclès : Que pourraient faire les Athéniens pour recouvrer leur ancienne vertu ? Alors Socrate : Il n'y a point ici de mystère ; il faut qu'ils reprennent les mœurs de leurs ancêtres, qu'ils n'y soient pas moins attachés qu'eux, et alors ils ne seront pas moins vaillants. Sinon, qu'ils imitent du moins les peuples qui commandent aujourd'hui, qu'ils adoptent leurs institutions, qu'ils s'y attachent de. même, et ils cesseront de leur être inférieurs; qu'ils aient plus d'émulation, ils les auront bientôt surpassés. « (Xéuophon, Mémoires sur- Socrate, liv. 111, ch. 5.)
(( Ce qui a le plus contribué à rendre les Romains les maîtres du monde, c'est qu'ayant combattu successivement contre tous les peuples, ils ont toujours renoncé à leurs usages sitôt qu'ils en ont trouvé de meilleurs. » (Montesquieu, Grandeur et décadence des Romains, ch. I.)